anxa
87-B
15069
L'ABBAYE
DE ROSSANO
CONTRIBUTION
L'HISTOIRE DE LA VATICANE
Le sceau byzantin-calabrais ci-contre est extrait du Nicèphore
Phocas (Paris, Didot, 1890), de M.Schlumberger.
Baptiste HOGAN
MAG1STRO DESIDERATISSIMO
CARISSIMO
/
PRÉFACE
Bobbio et Rossano, je voudrais que ces deux: noms
fussent désormais associés comme les noms de deux
abbayes qui ont brillamment et presque également marqué
dans l'histoire littéraire de l'Italie. Des deux, en effet, il
nous est resté de grands souvenirs monastiques se ratta-
chant à l'histoire de la civilisation latine en Lombardie et
de la civilisation byzantine en Grande-Grèce, comme des
deux il nous est parvenu de très anciens et très beaux
manuscrits, entrés pour la plupart dans la bibliothèque du
Saint-Siège. Mais, moins heureux que Bobbio, si étudié,
si connu, Rossano est demeuré jusqu'ici dans un oubli
immérité. C'est sa revanche que nous voudrions lui pro-
curer. Dans le mémoire que voici, après une rapide
esquisse de l'histoire de la civilisation byzantine dans la
Grande-Grèce et particulièrement à Rossano, qui est de
cette Grande-Grèce médiévale le centre le plus important
et le plus littéraire, on trouvera l'histoire de l'abbaye basi-
lienne de Rossano, Sainte-Marie du Patir, et de ses rela-
tions avec les autres établissements basiliens de l'Italie du
midi; à la suite, une reconstitution aussi complète, j'espère,
qu'elle pouvait l'être, de la librairie de Sainte-Marie du
Patir, et quelques documents sur les diverses librairies basi-
liennes des Deux Siciles, de ces librairies dont la part a été
iv PRÉFACE.
si grande clans Ja formation des collections italiennes de la
Renaissance; enfin un essai sur les origines de la librairie
de Sainte-Marie du Patir, et à ce propos quelques vues
nouvelles sur les écoles calligraphiques grecques, vues
inspirées des belles découvertes de M. Delisle sur les
écoles carolingiennes. Au total, un épisode de cette Histoire
de l'hellénisme en Italie, dont on a dit avec raison qu'elle
était encore à faire et que c'était un des sujets les plus
rémunérateurs que la curiosité contemporaine ait laissés
à traiter. C'est tout le plan de ce mémoire.
Et je le livre tel qu'il s'est fait au cours d'un long et
beau séjour de plusieurs années en Italie, porté de ville en
ville, composé d'étape en étape : telles pages écrites au
Vatican, telles autres au Mont-Cassin ou à Grotta Ferra ta,
telles autres à Messine, ou à la Laurentienne, ouàl'Ambro-
sienne, telles notes crayonnées en voiture sur la route de
Bisignano, et ces lignes mêmes à Taormina. Si je le dis, c'est
simplement pour exprimer ce que je dois à l'empresse-
ment de bibliothécaires comme M. Anziani, M. Ceriani,
dom Rocchi, dom Amelli, M. de La Ville sur Yllou,
M. le professeur Caracciolo, surtout dom Cozza Luzi dont
la bienveillance m'a été si particulièrement précieuse, et,
dans celte sauvage, et belle, et lointaine Calabre, à l'amitié
de mon compagnon de voyage, M. Edouard Jordan, et à
l'accueil si cordial de confrères tels que M. Policastri,
primicier de Corigliano, et de M. Lavorato, théologal de
Rossano, de deux savants évêques, celui de Catanzaro et
celui de Mileto, et de bien d'autres encore, amis d'un jour,
que Dieu garde!
Juillet 1889.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION : LA GRANDE-GRÈCE BYZANTINE.
T. Géographie historique de la Grande-Grèce byzantine du vne au xie siècle,
p. i-iii. — Que la Grande-Grèce était un pays latin au vi° siècle, p. iv.
— Que ce ne sont pas des moines qui au vme siècle y ont apporté la
culture et les institutions byzantines, p. v. — Que la Sicile fut un pays
grec et d'une brillante culture au vu6 et au vme siècle, p. vi-vir. — Et
que les Grecs chassés de Sicile par les Arabes s'établirent en Grande-
Grèce et l'ont héllénisée, p. vnr-ix.
II. Institutions byzantines de la Grande-Grèce : centralisation impériale,
franchises municipales, hiérarchie épiscopale ; liturgie, droit, lettres,
art, p. x-xit. — Etablissements monastiques, combien rares à cette
époque, p. xin. — Légendes monastiques : SS. Elie, Luc, Vital, Jean
le Moissonneur, p. xiv-xv. — Saint Nil de Rossano, p. xvi-xvn. —
Quelles relations il y avait entre notre Italie grecque et l'Italie latine,
p. xviii. — De l'influence de notre Italie grecque sur la science et
les lettres d'Occident, p. xix-\x. — De son rôle politique au temps
des Otton, p. xxi-x\ii.
III. Conquête de l'Italie grecque par les Normands, p. xxni. — Que la
société grecque persista, en se transformant, sous le régime normand,
p. xxiv-xxv. — Influence de nos Grecs sur les Normands, p. xxvi-xxvn.
IV. Quelles sont les localités où survécut l'héllénisme, du xi9 au xme siècle,
p. xxvii. — Tarente, Lecce et la Terre d'Otrante, p. xxviii-xxix. — La
Basilicatc, p. xxix. — Le groupe de la Sila : Rossano et Crotone,
p. xxx. — Les Maléïnoi etThéophane Cérameus, p. xxxr. — Le groupe
de lAspromonte : Bova, Oppido, Gerace, Stilo, p. xxxii-xxxiii. — Les
couvents basiliens des Calabres, p. xxxm-xxxrv.
V. Du renom de nos Grecs en Occident : Roger Bacon et Robert Grosseteste,
p. xxxiv. — Contribution de l'Italie grecque à la culture latine du
xme siècle, p. xxxv. — Barlaam de Seminara et Léon Pilatos : té-
moignage de Pétrarque et de Boccace, p. xxxv-xxxvi. — Comment
l'Italie grecque se fondit dans l'Italie italienne, p. xxxvi. — Ce qui sub-
pi TABLE DES MATIÈRES.
sistaitde localités et d'abbayes grecques au xiv" siècle, p. xxxvi-xxxvii.
— Protection que leur accordait le Saint-Siège, p. xxxvii. — Constantin
Lascaris établi à Messine par Bessarion, p. xxxviii. Conclusion,
p. XXXTX.
Bibliographie, p. xxxix-xl.
CHAPITRE Pr : L'ABBAYE DU PATIR.
Sources, p. 1-2.
I. Les moines de Rossano au xi* siècle, p. 3. — Commencements de saint
Barthélémy, p. 3-4- — Il fonde l'abbaye de Rossano, p. 4- — Faveurs
qu'il reçoit de la cour normande, p. 4- — Réforme par lui inaugurée
du monachisme grec des Caîabres, p. 5-6. — Quel accueil il reçoit à
Rome, puis à Constantinople, p. 6. — La madone de YHodtgitria, p. 7.
— Protection qu'il reçoit du comte Roger II, p. 8. — Fondation du
Saint-Sauveur de Messine, p. 9. — Mort de saint Barthélémy, p. 9-10.
II. Deux colonies du Patir, p. 10. — Saint-Élie de Carbone, p. 11-12. —
Le Saint-Sauveur de Messine, p. i3-i5. — Ce qui nous reste du cartu-
laire de Sainte-Marie du Patir, p. i5-24.. — Catalogue des abbés de
notre monastère, p. 24. — Deux inscriptions grecques provenant du
monastère, p. 25. — Cens qu'il payait à la Chambre Apostolique, p. 26.
III. Réforme des abbayes basiliennes au xvie siècle, p. 27. — Réforme de
l'abbaye du Patir par le cardinal Sirleto, p. 27-29. — L'abbaye du
Patir au xvnie siècle, p. 3o. — Elle est incamérée au commencement
de ce présent siècle, p. 3o. — Ses ruines, état actuel, p. 3i-3?.
Excimsus A : Le chronographe de l'an io33, p. 33-36.
Excursus B : D'une homélie prétendue de Théophane Cérameus, p. 37.
CHAPITRE II : LA LIBRAIRIE DU PATIR.
Des librairies basiliennes d'Italie en général, p. 38.
I. La librairie de notre abbaye fondée par saint Barthélémy lui-même,
p. 38. — Le cardinal Sirleto et les manuscrits du Patir, p. 39-40. — -
Le couvent de Saint-Basile de Urbe, p. 41-42. — Dom Pierre Menniti
y recueille les manuscrits encore existant dans les abbayes basiliennes
à la fin du xvne siècle, p. 4^-43. — Ce qu'en possédaient alors ces
abbayes, p. 43-44. — Ce que fournit le Patir, p. 45. — La collection
de Menniti réunie à la Vaticane, p. 46.
II. Comment j'ai retrouvé dans la Vaticane les manuscrits du Patir, p. 47
— Inventaire sommaire de ces manuscrits, p. 48-68. — Du récolement
fait au xvi° siècle des manuscrits du Patir, p. 69-70.
Excursus C : Le codex patiricnsls du Nouveau Testament, p. 71-74-
TABLE DES MATIÈRES. vij
Excursus D : Le codex patiriensis de saint Hippolyte et de saint Denys d'A-
lexandrie, p. 75-77.
CHAPITRE III : ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR.
Objet et méthode de cette recherche, p. 78.
I. De la calligraphie en nsage dans les écoles de copistes à Constantinople,
du xe au xii8 siècle, p. 79. — Le style sévère, p. 80. — Le style riche,
p. 80-81. — Patirienses appartenant à ces deux styles, p. 8a. — Le style
carminé, p. 83. — Patirienses de ce style, p. 83. — Influence des écoles
constantinopolitaines sur les écoles provinciales, p. 83-84- — Le sert-
ptorium du Patir au xn8 siècle, et manuscrits qui en sortent, p. 84-85.
TI. Théorie de M. Gardthausen sur la minuscule grecque de l'Italie méri-
dionale, p. 85-86. — Critique de cette théorie, p. 86. — Manuscrits
copiés au xe siècle à Reggio, Bisignano, Malvito, Capoue, au Mont-
Cassin, p. 86-88. — Style de ces copistes, p. 89-90. — Qu'ils subissent
l'influence lombarde ou bénéventine, p. 90-91. — L'école gréco-lom-
barde du xie au xiii° siècle: manuscrits grecs copiés à Mili, Messine,
Reggio, Stilo, Squillace, Mileto. Taberna, Carbone, Rossano, Casole,
Nardo, Brindisi, Gallipoli, p. 92-96. — Copistes de Messine, de Casole,
de Soleto, de Gallipoli, de Galatina, au xive-xve siècle, p. 97. — Copistes
messinois de la Renaissance, p. 98.
III. Patirienses où nous retrouvons la manière de l'école gréco-lombarde,
p. 99-102. — D'un patiriensis grec copié par un scribe latin, p. 102. —
De quelques autres patirienses, p. io3-io4.
Récapitulation et conclusion, p. io5.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
I. Liste des monastères basiliens de l'Italie méridionale, xve siècle, p. io5.
II. Etat et liste des monastères basiliens de Calabre, xvie siècle, p. 109.
III. Censier du diocèse de Rossano, xve siècle, p. 117.
IV. Inventaire des manuscrits de Grotta Ferrata, xve siècle, p. 11S.
V. Inventaire des manuscrits de Carbone, xvne siècle, p. 120.
VI. Inventaire des manuscrits de Saint-Pierre d'Arena, xvie siècle, p. 123.
VII. Notice de quelques manuscrits de Saint -Philarète de Seminara,
xv° siècle, p. 124.
VIII. Notice de quelques mauuscrits de Saint-Nicolas de Casole, xive-
\ve siècle, p. 125.
IX. Inventaire des manuscrits du Saint-Sauveur de Palerme, xvii* siècle
p. 126.
viij TABLE DES MATIÈRES.
X. Inventaire des manuscrits du Saint-Sauveur de Messine, xvi* siècle,
p. 128.
XL Inventaire des manuscrits de SS.-Pierre-et-Paul d'Itala, xvne siècle,
p. i43.
XII. Souscriptions de copistes grecs d'Italie, p. i5i»
Index des imunuscrits cités
Index des noms propres.
INTRODUCTION1
LA GRANDE-GRÈCE BYZANTINE
L'invasion des Lombards en Italie (568), en brisant l'éphémère
unité byzantine réalisée par Justinien (552), avait laissé subsis-
ter plusieurs dominia byzantins, qui, enclavés dans le royaume
lombard, étaient destinés à lui résister jusqu'à la fin (y5 1) et
plusieurs même à lui survivre. Au nombre de ces débris de
l'exarchat d'Italie, Ravenne, Gênes, Rome, Naples, dont l'his-
toire est si connue, il faut mettre ce qu'on appelait à pareille
époque le duché de Calabre, pays presque anonyme alors, dont
l'histoire est obscure, le rôle minime, et qui cependant allait sur-
vivre non seulement au royaume lombard et au duché de Rome,
mais encore à l'hégémonie carolingienne, pour se trouver tout
à coup au xc-xi° siècle l'enjeu et le théâtre de la rivalité de l'em-
pire d'Orient et de l'empire d'Allemagne, et ne perdre sa qua-
lité de terre byzantine qu'à la conquête des Normands (io5o).
Il était arrivé, en effet, à cette Grande-Grèce du temps de
Justinien, que les Lombards, ceux de Rénévent, avaient eu au
début tous leurs efforts concentrés sur «Naples et sur la Campa-
nie, et que plus tard, pour s'attaquer à la Pouille et à la Calabre,
il leur avait manqué d'être gens de* mer, ce qu'ils ne furent
jamais-. Le duché lombard de Rénévent s'était donc établi dans
des limites qui laissaient à l'empire byzantin l'extrême midi de
Tltalie. Autharis balayant la « corne droite » de l'Italie jusqu'à
I. 13. Capasso, Le fonti délia storia délie provincie napoletane dal 568 al i5oo
[Archiv. stor. napolelan., 1876-77-80). H. Kiepert, Nuova carta générale deW
Jtalia méridionale (1882).
ji INTRODUCTION.
Reggio, et, les pieds clans la mer, s'écriant que « jusque-là vien-
drait la terre lombarde », n'est qu'une légende chère h Paul
Diacre, et la réalité historique est que les Lombards s'étaient
montrés seulement aux environs de Tauriano sur la côte tyrrhé-
nienne et à Canosa au nord de la Pouille, ceci vers 591-596, et
que ce fut à cette époque leur pointe la plus avancée. Constan-
tin Porphyrogénète, résumant à grands traits les résultats der-
niers de la conquête lombarde , pourra écrire que v les Lom-
bards se rendirent maîtres de tout le thème de Langobardie
et de Calabre, à l'exception d'Otrante, de Gallipoli et de Ros-
sano ».
Rétablissons la suite des faits. — A la fin du vie siècle, il ne
s'agissait point de « thème de Langobardie et de Calabre », mais
de 1' « éparchie de Calabre et de l'éparchie de Bruttium ». Le
sort des deux éparchies fut celui-ci. Les Lombards, prenant
contact avec l'éparchie de Calabre, se retranchèrent d'abord à
Canosa et à Acerenza, sur l'Ofanto et derrière le Bradano, et
laissèrent ainsi au basileus Bari, Brindisi, Oria, Lecce, Tarente,
Gallipoli et Otrante. Ce ne fut que peu après 663 que le duc de
Bénévent entama l'éparchie de Calabre, et que, prenant Bari,
Brindisi et Tarente, il ne laissa plus au basileus que Gallipoli et
Otrante. Pour ce qui est de l'éparchie de Bruttium, les Lom-
bards gagnèrent dès le début la rive gauche du Crati par Poli-
castro et Laino, mais ils ne la dépassèrent jamais. Au delà,
couverts par l'imprenable Sila, se pressaient les oppida byzan-
tins de Tempsa, Vibo, Tropea, Nicotera, Tauriano, Reggio,
Locres, Squillace, Crotone, Nicastro, et, en avant de la Sila,
Cosenza défendait la haute vallée du Crati, et Rossano la
corniche ionienne. — A la fin du vne siècle, l'éparchie de
Calabre, réduite à deux simples présides, vit son nom transporté
à l'éparchie de Bruttium, et ce qui subsistait des deux épar-
chies constitué d'abord en un duché, le duché de Calabre, puis
en un thème, le thème de Calabre. — Au ixe siècle, au moment
où le duché lombard de Rénévent fut démembré pour former
la principauté de Salerne et celle de Bénévent (85 1), le domi-
nium impérial continuant d'être en Pouille réduit à Otrante et
à Gallipoli, la Calabre byzantine n'avait perdu que Cosenza. La
rive droite du Crati lui restait toutefois, défendue maintenant par
INTRODUCTION. m
Bisignano, et, c'est Constantin Porphyrogénète que je cite,
tandis que la Sicile était aux mains des « Sarrasins athées », la
Calabre restait aux chrétiens avec Reggio, Hagia-Kiriaki (Locres-
Gerace), Crotone « et quelques autres villes sous le gouverne-
ment de son stratège».
Le dédoublement de ce thème de Calabre en deux thèmes,
celui de Calabre et celui de Langobardie ou «Italie», date de la
fin du ixe siècle. La Calabre byzantine s'était défendue contre les
Sarrasins de Sicile et d'Afrique, mais il n'en était pas allé de
même de la Pouille lombarde : Bari, Brindisi, Tarente et toute
la plaine avaient été conquises par les Sarrasins et avaient
constitué à dater de 853 le territoire du Soudan de Bari. C'est
alors qu'intervinrent les expéditions si heureuses de Basile Ier :
Bari enlevée aux Sarrasins (870), puis Tarente (880), la Pouille
se trouva reconquise par l'empereur tant sur le Soudan de
Bari que sur le prince de Bénévent, et devint une province
byzantine qui prit le nom de thème de Langobardie. Jusqu'au
milieu du xie siècle le thème de Langobardie et le thème de
Calabre vont constituer le patrimoine impérial. — A la fin
du xe siècle, les deux thèmes seront réunis en un gouverne-
ment, et les deux stratèges auront au-dessus d'eux une sorte de
vice-basUeus, le catopanus Italise et Calabriœ. C'est le moment
de la plus grande extension du dominium byzantin dans l'Italie
méridionale. La Langobardie comprend, en plus de la Terre
d'Otrante et de la Terre de Bari, tout le pays au nord de l'Ofanto,
c'est à savoir la cote jusqu'au mont Gargan et la plaine jus-
qu'aux premiers gradins de l'Apennin dont les Byzantins com-
mandent tous les passages (Troia, Ascoli, Melfi, Acerenza), et les
vallées du Basento et du Bradano, c'est-à-dire le pays qui
portera le nom de Basilicate, avec .les villes de Gravina, Matera,
Tricarico et Tursi. — En io5o, les Normands trouveront la
Grande-Grèce byzantine établie sur ces larges frontières.
Comment et. dans quelles limites cette province byzantine
s'était-elle peuplée de Grecs? Quelle culture ces Grecs y eurent-
ils? Comment enfin cette Grèce italienne survécut-elle à la
conquête normande pour se perpétuer jusqu'à la Renaissance?
Ce sont les questions préalables que je voudrais résoudre dans
cette Introduction.
IV
INTRODUCTION.
I
Procope, dans son histoire de la guerre gothique, passant en
revue les diverses populations qui « habitent les rivages de ce
golfe qui formaient jadis ce que Ton appelait la Grande-Grèce »,
énumère les Calabrais (Messapie), les Apuliens, les Bruttiens, les
Lucaniens; il nous montre, aux deux extrémités opposées de ce
« croissant de lune de mille stades de développement », Tarente
et Rossano, au-delà Reggio, plus au nord la « forteresse magni-
fique que les Romains appellent Acerenza », à l'est Otrante et
Brindisi; puis, dit-il, « passé la mer Adriatique, on rencontre pour
la première fois les Grecs ». Pour Procope la Grande-Grèce de
Justinien est un pays latin au même titre que le pays des Sam-
nites. — Telle aussi elle nous apparaît au temps de saint
Grégoire. Si nous exceptons Reggio, qui est un port où, comme
à Catane et Syracuse, on ne doit pas être surpris de trouver des
Grecs, toutes les villes de la Calabre sont latines : Tropea, dont
les belles inscriptions chrétiennes du ve siècle témoignaient déjà
que son Eglise était purement latine; Nicotera, qui est avec
Tropea une massa de l'Eglise romaine; Tauriano, Vibo, Locres,
Cosenza, dont les évêques se réunissent en synode avec celui
de Tropea, et sous la présidence du sous-diacre romain Sabinus,
pour juger du différend de l'évêque de Reggio et de son clergé.
De même en Terre d'Otrante, où Gallipoli est comme Tropea
une massa de l'Eglise romaine, où l'évêque d'Otrante est chargé
de visiter les églises de Gallipoli, de Brindisi et de Lecce (Lupia),
où l'évêque de Gallipoli est chargé déjuger l'évêque de Tarente,
et où nous voyons saint Grégoire conjurer le tribun d'Otrante,
nouvellement débarqué de Ravenne, de se montrer indulgent
pour les rustici que possède dans le diocèse de Gallipoli l'Eglise
romaine, locus ecclesiœ nostrœ prop?*ius. Des monastères existent
en maint endroit, fondés sous la surveillance de l'autorité
romaine comme celui de Tropea, foyers de latinisme comme le
monasterium Vwariense de Squillace. — Enfin cette société
que saint Grégoire fait administrer par des clercs romains est si
bien une société latine, que le représentant le meilleur de la
INTRODUCTION. v
latinité, de la « romanité », à cette époque, Cassiodore,
lui appartient. Les Aurelii en effet sont une famille calabraise,
et Cassiodore est né, il a grandi, il a débuté, il se retirera à
Squillace ; clarissime, corrector, moine, il nous révèle tout
ensemble l'aristocratie dont il est, le peuple qu'il a eu un
instant à administrer, la communauté où il achève sa noble vie,
et ces trois sociétés, qui sont tout Squillace et tout le pays, nous
apparaissent en lui purement latines. — On est donc en droit
d'affirmer, contre le sentiment des érudits italiens du siècle
dernier, que jusqu'aux premières années du vne siècle ce qui
demeura à l'empire byzantin de léparchie de Calabre et de
l'éparchie de Bruttium était un pays latin d'institutions et latin
de langue.
Aquelle époque et à quels événements devrons-nous rattacher
l'origine de la colonie grecque de la Grande-Grèce byzantine ?
La seule solution qui ait été donnée à ce problème est celle qui
explique l'origine de ces colonies par une émigration de moines
grecs chassés d'Orient par la persécution iconoclaste. Fr.
Lenormant, qui a fait sienne cette théorie et qui l'a si brillam-
ment exposée dans sa Grande-Gi'ècc, ne paraît pas avoir soup-
çonné qu'elle reposait uniquement sur Y Ilistoria translationis
mirifiese/imaginis B . M. Virginis exurbe Constantinopoli in civi-
tatem Barii, où nous voyons en effet des moines grecs du temps
deLéon Tlsaurien, fuyant de Constantinople avec la sainte image,
venir demander asilcà la « République de Bari », mais qui est un
texte de fabrication récente, une de ces falsifications du xvme siè-
cle si nombreuses dans la basse Italie, et comme Fr. Lenormant
lui-même en a si souvent dénoncé ! J'ajoute que, si d'aventure la
légende de Bari (légende commune à toutes les madones byzan-
tines ou vénitiennes d'Italie) avait quelque fondement, il n'en
resterait pas moins indubitable qu'un pays ne saurait êtrepeuplé
par des moines, gens œlcma in qua nemo nascitur. — C'est à une
cause plus générale et plus ancienne quej 'attribuerai l'hellénisa-
tion de l'Italie méridionale.
L'Italie du midi, à la fin du vie siècle et au commencement du
vne, entretenait avec l'Egypte et avec la Syrie de multiples rela-
tions. De même qu'à Rome en £89 on trouvait établi un EQMATION
AAEEANAPEQN, confrérie d'Alexandrins sous le vocable de saint
vi INTRODUCTION.
Mennas, de morne on trouvait à Palerme à la même époque des
Alexandrins, tels que ce Petrus alexanclrinus negotians linata-
rius, dont M. Salinas a publié l'épitaphe datée de Fan vingt de
l'empereur Maurice (601), ou tels encore que ces Alexandrins
qui, repartant pour Alexandrie après avoir abjuré en Sicile
le monophysisme, obtiennent de saint Grégoire des litterœ
commendatitiœ auprès du patriarche Euloge (602). Ailleurs nous
voyons saint Grégoire recommander au defensor de Sicile un
pauvre négociant syrien couvert de dettes. — Sur ces entrefaites
(6 10-61 4) toute la côte byzantine d'outre-mer avait été boulever-
sée par les Perses de Chosroès: Antioche et la Syrie, Alexandrie
et le Delta, la Libye enfin, avaient été ravagées et « réduites à
l'état de solitudes ». Puis, au lendemain des victoires d'Héraclius,
les Arabes avaient apparu: en quelques années ils avaient franchi
rOronte, le Nil, les Syrtes, la mer, conquis la Syrie, l'Egypte,
la Cyrénaïque et Chypre. Et le résultat de ces invasions avait été
de jeter sur les côtes d'Europe, non pas des moines persécutés,
mais des foules chassées par la peur et par la famine. — Ce fut
vers la Sicile et vers Rome qu'elles affluèrent. C'est exactement
l'époque où apparaît à Rome pour la première fois une colonie
orientale de réfugiés: le pape Théodore (642-649) appartient a
une famille syrienne, « de civitate Hierusolima », Jean V (685-
686) a une famille syrienne aussi, « de provintia Antiochia» ;
nombre ô^egumenarchia, comme les appelle le Liber pontificalis ,
s'établissent h la même époque, Saint-Sabas (un vocable pales-
tinien), Saint-Anastase ad aquas Salvias (un monastère cilicien),
d'autres encore comme ce monasterium Bo'ëtianum peuplé de
« nestorianitas monachos syros», dont le nombre et la théologie
inquiètent le pape Donus (-J-678). Et ce qui se passe à Rome se
passe mieux encore en Sicile, car la Sicile est le point naturel
de ralliement des Grecs émigrants des provinces byzantines
d'outre-mer : nous les voyons arriver de Rarca et de Tripoli
(Amaiï, I, io4), d'Alexandrie et de plus loin encore, de Syrie
comme les parents du pape Sergius, « natione syrus Antiochire
regionis, ortus in Panormo Sicilia? » . Saint Maxime a peint en maint
endroit de ses lettres la désolation de ces émierants dont il était
o
et qu'il semble avoir comme suivis en Egypte, puis en Afrique,
finalement en Sicile et à Rome, où il arrive pour le concile de
INTRODUCTION. vu
Latran (649), combattant sur toute la route le monothélisme qu'ils
apportaient avec eux.
Le concile de Latran s'achevait à peine (65o),. que l'on apprit
que les Arabes venaient d'attaquer la Sicile. Aussitôt l'exarque
reçoit l'ordre de se porter au secours de l'île, et sa campagne
ayant échoué misérablement, l'empereur arrive en personne.
Constant II débarque àTarente, en terre impériale; il traverse,
armes a la main, le territoire lombard, gagne Rome, et de Rome
Naples, Reggio et Syracuse. A Syracuse il s'établit avec la pen-
sée, assure-t-on, d'y fixer la capitale de l'empire : du moins il
va y fixer pour six ans (il y fut assassiné en 668) le centre poli-
tique et militaire du gouvernement et faire de Syracuse le siège
d'une partie de la cour et Je quartier général de l'armée. — Le
premier effet de cet événement fut une sorte d'éviction de la
population indigène, tenue en suspicion par l'élément byzantin
(n'accusait-on pas le pape Martin d'avoir attiré les Arabes?), et
surtout écrasée d'impôts nouveaux, « per diagrapha seu capita
atque nauticatione. . . et alia multa perpessi sunt, ut alicui spes
vitro non remaneret », dit le Liber pojitîficalîs . Cependant et par
conséquent la population grecque devenait prépondérante et
maîtresse. Le corps d'armée byzantin donnait naissance à cette
aristocratie militaireàlaquelleappartenait le pape Conon (i"68j),
« oriundus pâtre thraceseo, educatus apud Siciliam ». Les hautes
charges ecclésiastiques passaient à des clercs grecs : le siège de
Syracuse à une créature de l'empereur, le grec Georges; le
« vénérable monastère ad Baias » à un moine syrien; l'évêché
d'Agrigente à saint Grégoire, qui fut un des orateurs grecs en
renom de la fin du vne siècle. — Et sans transition, comme si elle
eût été dès le premier jour une vieille Eglise, l'Eglise grecque
de Sicile se trouva étroitement associée à la vie de l'Eglise by-
zantine. On vit l'abbé du monastère ad %Baias élu patriarche
d'Antioche (681); un diacre de Catane prononcer le sermon de
clôture du concile de Nicée (787); la Sicile donner à Rome des
papes grecs et à Constantinople un patriarche (Methodius, -[- 846);
les patriarches (Tarasius, -j- 806) adresser des encycliques aux
évêques de Sicile, et ceux de Syracuse et de Taormina se com-
promettre avec Photius et être condamnés à Constantinople par
le huitième concile; la Sicile enfin avoir sa part de production et
vin INTRODUCTION.
d'éclat dans l'histoire littéraire de l'Eglise grecque avec des auteurs
comme ce Grégoire d'Agrigente, et aussi Pierre de Sicile et
Joseph l'Hymnographe.
Je veux en venir à ceci, à savoir que la Calabre, qui ne faisait
qu'un avec la Sicile (r) KaXocêpiaç aTpaf/\y\q ôouxoctov r\v xf\q azpocx-fiyioot;
StxeXîaç), a participé à la révolution politique et sociale qui s'est
produite en Sicile au cours du vne siècle. Sans doute le change-
ment aura été plus lent : la Calabre n'a point de centras tels que
Païenne ou Syracuse ; le voisinage inquiétant des Lombards rend
le pays moins sûr ; les ressources économiques enfin y sont
moindres qu'en Sicile. C'est ainsi que tous les évêques de Ca-
labre sont présents au synode romain de 680, comme ils l'ont
été au concile de Latran (65o) : Vibo, Crotone, Tauriano, Tropea,
Squillace, Locres, Rossano, ajoutons Tarente et Otrante. Mais
déjà pourtant, à cette date, c'est l'évêqne de Reggio qui est choisi
pour représenter les membres du synode romain au concile œcu-
ménique qui s'ouvre à Constantinople (681), avec le titre « d'apo-
crisiairedu siège apostolique» .Acinquante ans delà, les diocèses
de Calabre sont assez acquis à l'hellénisme pour que Léon
l'Isaurien puisse y confisquer tout ce qui est patrimoine de saint
Pierre et mettre les évêques de Calabre sous la juridiction du
patriarche de Constantinople, malgré les protestations du Saint-
Siège. En 787, au concile de Nicée, l'épiscopat calabrais apparaît
en corps : Vibo, Crotone, Tauriano, Tropea, Nicotera, Carina,
Gerace (ou Hagia-Kiriaki), Reggio, tandis que Tarente et Cosenza
cités lombardes, restent fidèles aux synodes romains (74^).
L'Eglise de Calabre est devenue byzantine d'obédience et de
langue, et cette transformation a été l'œuvre obscure de la
seconde moitié du vne siècle et des premières aminées du viu°.
Là est, à mes yeux, la première origine de la colonisation
byzantine en Calabre : les Grecs y sont venus peu à peu de
Sicile à partir de la seconde moitié du vne siècle. Sans doute la
vie grecque est en Calabre, pendant tout le vme siècle, sans aucun
nom, sans aucun monument qui la révèle : la Sicile attire tout à
elle. Mais au ixe siècle l'intense culture grecque de la Sicile
s'éteint, et aussi soudainement qu'elle s'y était produite au vne.
L'invasion arabe, Palerme prise (83 1), puis Messine (842), puis
Syracuse (878), enfin Taormina (902), une résistance longue et
INTRODUCTION. ix
sanglante suivie d'un écrasement terrible, c'en est assez pour
expliquer cette ruine subite et radicale : à la fin du ixe siècle, il
n'y a plus en Sicile ni monastères ni sièges épiscopaux, la pro-
priété ecclésiastique y a été supprimée, la liberté politique des
chrétiens abolie et leur condition civile rendue intolérable par le
poids des impôts : ajoutez les courses de pirates et des famines de plu-
sieurs années. — Que devient alors la population grecque de Sicile ?
Chassée par les vicissitudes de la résistance et par le plan même
de la conquête arabe, du versant de Païenne sur le versant de
Syracuse, nous la voyons se ramasser à l'extrémité orientale de
l'île, autour de Taormina, et de là émigrer en masse. Le Pélo-
ponèse en recueillera une partie : ce sont ces « exilés » que se-
court saint Pierre, évêque d'Argos, ainsi que le raconte sa Vie\
ce sont ces émigrés de Catane à Patras, dont est saint Athanase
évèque de Méthone. Mais c'est surtout la Calabre qui est le
refuge naturel des chrétiens chassés de Sicile : nous retrouverons
des Grecs de Castro-Giovanni, de Catane, de Taormina à Reggio,
à Hagia-Kiriaki (Gerace) et dans toutes ces petites villes épisco-
pales grecques qui apparaissent en Calabre précisément au
ixc siècle, Hagia-Severini, Paléocastro, Aysili, Cerenzia, Evriali,
Nicastro, Bisignano, Cassano. — De cette migration nous trouve-
rons la tr/cedans toutes les vies de saints calabrais du ixe siècle
et du commencement du xR : je citerai celle de saint Elie le
Jeune. Elie est né à Castro-Giovanni, en Sicile, et il est tout en-
fant lorsque ses parents, prévenant le sac de Castro-Giovanni par
les Arabes (809), se réfugient dans un petit port proche de Catane.
Elie grandit là, et, s étant fait moine, il émigré. Il a espéré
trouver un refuge en Epire, mais les autorités byzantines sur-
veillent avec une rigueur extrême les abords de l'empire, et le
gouverneur de Buthrotum, prenant Elie et ses compagnons pour
des Sarrasins déguisés, les empêche de débarquer. Ils se réfu-
gient en Calabre et s'établissent aux environs de Tauriano. Le
cas de saint Elie lui est sûrement commun avec mille autres.
Et là est la seconde source de riiellénisation de la Grande-
Grèce byzantine : je dirai même que c'en est la source principale,
car la culture byzantine de la Grande-Grèce n'a quelque éclat
qu'à dater du xe siècle, comme si elle n'était que la suite et
l'héritage de la culture grecque de la Sicile.
b
X
[NT II ODU CïION.
I [
Dans les deux thèmes que constitue la Grande-Grèce, le gou-
vernement impérial est représenté par un nombre très restreint
de fonctionnaires. Ils sont pour la plupart étrangers au pays
et appartienent à la noblesse aulique. A la tête du thème est
le stratège, c'est-à-dire un général faisant fonction de vice-basi-
leus et réunissant à ce titre entre ses mains les attributions de
gouverneur civil en même temps que de chef du corps d'armée.
Au-dessous de lui deux fonctionnaires : le vestiarius imperialis
préposé à la êaaiXixrj (ràxeUa, c'est- à -dire au service du fisc et
des finances, et le jadex thematis à la tête de l'administration de
la justice civile et criminelle, tous deux simples ministres du
stratège. Il n'y a pas trace d'appel à Conslantinople. Le stratège
n'a. pas de chef-lieu de résidence : il est représenté dans chaque
cité par un %o%ox-r\pr\Tf\c, ou lieutenant gouverneur, comme lui offi-
cier, soit tourmarque, soit taxiarque : auprès du xor.oxripy]xy]çf les
chartularii ou agents inférieurs du fisc et les xpltat ou juges.
Mais, tandis que les T07îOTripy]Tat sont le plus souvent des étrangers,
les chartularii et les kritœ paraissent avoir été toujours des gens
du pays. Le corps d'armée d'occupation, équipé aux frais de
l'empire et composé de mercenaires, se recrute pour une part
dans le pays même, mais aussi ailleurs, souvent fort loin : les
historiens normands décrivent les troupes impériales comme for-
mées de Calabrenses, et encore de Vénitiens et d'Arabes, mais
surtout de Cappadociens, de Thraces et de Macédoniens. Leur
temps fini, ces mercenaires restent souvent dans le pays où ils
ont servi : on a vu à tort dans ce fait des colonies militaires.
Sous la réserve de cette centralisation administrative et de
cette sorte d'état de siège, l'indépendance de chaque castro reste
entière, chacun ayant son clergé, sa justice, son fisc, sa milice à
lui, et ne relevant d'aucun autre. Le clergé se compose de
i'évèque, des clercs de la [xsyâlri éxxXvjo-ia (archiprêtres, prêtres,
diacres, sous-diacres, chartophulax ', skeuophulax), et des hatholiki
et protopapœ des églises suffraganles. L'existence d'une noblesse
INTRODUCTION. xi
ou orclo est obscure, on trouve cependant des grecs du pays,
riches, se décorant du titre de senator, comme sont les Maléïnoi
de Rossano, et exerçant dans chaque Castro une sorte de patronat
héréditaire. Le castro a son 6a<riXcxèç vorâptoç, son vopuxoç, son
/aptouÀâptoç, la plupart du temps clercs. La législation qui règle
les contrats est non pas le droit lombard, comme on Fa dit à
tort, mais bien le droit romain, celui des novelles, ainsi qu'il
convient à des populations qui n'en ont jamais connu d'autre.
Chaque castro est obligé de tenir sur pied un certain effectif
d'hommes d'armes pour sa propre défense et à la réquisition du
stratège : ces milices portent le doiti de xovuoupot et xovuapaToi, dont
les historiens normands ont fait conterait.
La liturgie en usage dans les églises grecques de Calabre est,
tant pour le calendrier que pour le rituel, celle de Constantino-
ple : à peine si quelques fêtes d'origine locale, comme celle de
saint Fan tin ou de saint Elie le Spcléote, s'y introduisent-elles au
xic siècle; les fêtes d'origine romaine, comme celle du Corpus
Christ i , sont des importations latines postérieures au xme siècle.
Mais le rituel de Constantinople n'a pas dû être à l'origine le
rituel exclusif de nos églises de Sicile et de Calabre, et c'est
un fait bien remarquable que les seuls manuscrits anciens que
nous possédions de la liturgie syrienne et de la liturgie alexan-
drine, celle dite de saint Jacques et celle dite de saint Marc,
nous viennent l'un de Rossano, l'autre de Messine, comme si en
mainte église de Sicile et de Calabre le rituel d'Àntioche et
d'Alexandrie avait été un temps en usage. J'en dirai autant de
la liturgie dite de saint Pierre, qui est une traduction grecque
de Yordo missœ romain tel qu'il était constitué vers la fin du
vnc siècle, traduction grecque dont nous n'avons qu'un manu-
scrit, lequel vient de Rossano.
Les évèchés de Calabre avaient été rattachés, on l'a vu, par
Léon l'isaurien (-[- 74O? à la juridiction du patriarche de Cons-
tantinople, mais l'organisation ecclésiastique du thème de Cala-
bre et du thème de Langobardie ne datait que de Léon le
Philosophe (-j- y 11). La novelle qui réglait Yordo thronorum
de la Grande-Grèce distinguait trois provinces ecclésiastiques :
Otrante était un archevêché, mais sans suffragants; Reggio était
métropole de Vibo, Tauriano, Nicotera , Tropea, Amantea;
xii INTRODUCTION.
Nicastro, Cosenza, Bisignano, Cassano, Rossano, Crotone et
Gcracc; Hâgia-Severini était métropole de Cerenzia, Evriati
(Umbrialico), Aysili (Isola), Paléocastro et Gallipoli, cette pro-
vince toute nouvelle étant comme une substitution de la province
ecclésiastique supprimée de Sicile.
Le clergé calabrais d'alors a peu marqué dans l'histoire litté-
raire. On peut citer Marc d'Otrante, qui fut un mélode renommé
en son temps assez pour qu'une pièce de lui ait pris place dans
le triodion de Constantinople ; et, au commencement du xie siè-
cle, Nicolas, archevêque de Reggio, dont nous avons une com-
pilation en forme de commentaire des épitres de saint Paul. Tout
cela est fort pauvre.
Mais Fart byzantin a laissé en Calabre de plus remarquables
vestiges : le baptistère de Hagia-Severini (Santa-Severina), la
petite église Saint-Marc à Rossano, la Cattolica de Stilo, la basi-
lique ruinée de la Roccelletta [Vêtus Squillacium). A cette der-
nière appartenait ce bas-relief représentant la Panagia en costume
d'impératrice du vic siècle, que Len or niant a signalé le premier
et qui est le plus beau modèle que l'on connaisse de la sculpture
byzantine à cette époque : cet adorable bas-relief que j'ai vu
en 1889 au bord de la route qui mène de Catanzaro à Squillace,
toujours sur la petite fontaine où Lenormant l'a vu, est sûre-
ment une épave apportée là d'un pays plus riche et plus cultivé
que n'a jamais été la Calabre. J'en dirai autant du somptueux
évangile pourpre à lettres d'argent (vi-vne siècle) que possède le
chapitre de Rossano : les miniatures qui le décorent et que j'ai
eu la bonne fortune de pouvoir étudier en 1889, appartiennent à
la tradition ancienne de l'iconographie biblique traitée avec
un art qui n'a rien de provincial. Je ne puis rien dire de l'icône
achèropite de la cathédrale de Rossano, cette antique image
étant depuis des siècles si parfaitement tournée au noir qu'on
n'en saurait reconnaître le moindre trait.
Au total cependant la vie grecque de la Calabre aux xe-xie siè-
cles serait bien insignifiante, n'étaient les moines, leurs couvents
et leurs légendes.
Les diplômes byzantins nous font connaître quelques mo-
nastères : Saint-Mennas, près de Rossano, donné à La Cava
en jo86, « sous Alexis Comnène empereur », par une pieuse
INTRODUCTION. xiii
famille de Rossano; Saint-Adrien, donné à La Cava en 1091,
par « Romain, moine, humble archevêque de Rossano »; dans
l'intérieur de Stilo , Saint-Léonce en faveur duquel un jugement
est rendu en 10^9 par « Etienne, vicaire impérial, protospa-
thaire, stratège du thème de Calabre »; le couvent fondé par
« Mavrozicos, taxiarque », sous le vocable de saint Léon, évêque
de Catane, dans l'intérieur de Hagia-Ririaki, « thème de Ca-
labre » ; Saint-André, proche de Hagia-Kiriaki, semble-t-il, et
donné en io53 à La Cava; Sainte -Marie novuTepàxou (Montis
Jratî), dont les privilèges sont confirmés en io34 par Constan-
tin Opos, « patrice et catapan d'Italie »; Saint- Ananias , près
d'Orioli, dont l'higoumène est mentionné dans une donation a
lui faite par« Nicon, moine, et son fils Oursoulos, tourmarque »,
en ioi5; enfin Saint- Nicolas, fondé par une famille grecque à
Monopoli, et en faveur de laquelle nous avons une charte d'Ar-
gyros, « duc d'Italie, de Calabre, de Sicile et de Paphlagonie ».
Les seuls établissements qui paraissent avoir eu quelque im-
portance matérielle, sont l'abbaye de Saint-Pierre à Tarente,
fondée vraisemblablement à la fin du ixe siècle, privilégiée par
« Constantin, protospatliaire du Chrysotriclinium, stratège de
Langobardie », par « Michel, patrice et catapan d'Italie »,
par « ^lichel , proconsul, patrice et catapan d'Italie », etc.;
et, près de Cassano, la riche abbaye de Sainte-Marie de Kur
Zosimo. Tous ces diplômes sont du xe et du xie siècle.
Mais, mieux que les diplômes, les légendes nous font pénétrer
dans la vie de ces humbles moineries calabraises. Les couvents
patronnés et rentés étaient l'exception, en effet. Le moine était
alors bien plus souvent ermite, et de là en Calabre et en Terre
d'Otrante ces grotte où Ton relève encore des traces d'inscrip-
tions pieuses et d'images peintes à la détrempe : ainsi au cap de
Leuca les grotte de Casamiscia, ou de San Cristoforo à la Cala del
Orso, d'autres ailleurs, presque toujours dans des falaises ou
dans les hauts rochers, comme les laures d'Orient. Le mona-
chisme était aussi une fraternité, un tiers ordre, où chacun avait
un métier et gagnait son pain : la profession de virginité y était
toute la religion et la vie commune un accident. S'il arrivait
que des frères se groupassent, ce ne pouvait être sans l'agré
ment et sans la surveillance de l'évêque : à l'évêque appartenait
xiv INTRODUCTION.
la nomination de l'iirgoumène. Les moines ne pouvaient pré-
tendre à posséder de biens immeubles non pins qu'à recevoir
aucun ordre sacre. Le droit canonique grec avait multiplié les
prescriptions pour tenir la confrérie dans l'infime dépendance
et dans la pauvreté. Et c'était justement aussi cette condition
qui faisait des moines la partie la plus détachée, la plus mobile,
la plus historique de la population. Ils sont toute l'histoire de
la Grande-Grèce byzantine et quelle histoire !
Saint Elie (fin du ixe et première moitié du xe siècle) est un
moine sicilien « de la montagne de Saint-Nicon » : il a vécu
là dans la pratique des plus austères' vertus, lorsque les Sarra-
sins arrivent et exterminent les moines ses compagnons. Il
échappe au massacre 'par miracle, s'embarque sur le premier
navire qui fait voile, et arrive à Rome où il est recueilli dans
un œenodochiiun , puis rapatrié par la charité romaine. Le voici
établi aux portes de Reggio, en compagnie d'un vieux moine,
Arsène, s'occupant uniquement à prier et à travailler la terre.
Un instant ils sont obligés de fuir tous deux, car ils ont appris
que les Sarrasins vont débarquer en Calabre, et alors ils gagnent
Patras où l'évèque les accueille avec charité et les supplie de
demeurer; mais ils reviennent bientôt après aux environs de
Reggio, que saint Elie ne quittera plus. Arsène mort, Elie ne
reste point solitaire, car nombre de moines lui demandent d'être
leur père : on s'installe dans d'anciennes carrières, et bientôt
autour de saint Elie le Spéléote s'est formée une grande co-
lonie monastique. Quand les Sarrasins venaient, raconte son
biographe, saint Elie se retirait plus avant dans la montagne,
pour rentrer au monastère quand ils s'étaient éloignés; parfois
on demandait asile au caslro le plus voisin. Mais un jour on fut
surpris, à l'improviste les Sarrasins cernèrent le couvent et ils
allaient en forcer l'entrée, lorsqu'une nuée miraculeuse enve-
loppa la sainte demeure, et les infidèles épouvantés battirent
en retraite. — Saint Luc de Corleone est contemporain de saint
Elie le Spéléote; comme lui, il quitte la Sicile pour fuir le joug
des Sarrasins, et comme lui il va d'abord à Rome prier au
tombeau des Apôtres. Au retour il vient demander la robe mona-
cale à un higoumène calabrais, Christophe, « in montibus qui
vocantur Mulœ (?), » et ensemble ils s'établissent «ad territorium
INTRODUCTION. xv
Mercuriense » (le mont Mercure), proche de la « Cassiana civitas »
(Cassano). Là Christophe ne tarde pas à mourir, laissant à
Luc la direction de ses frères, une communauté de « terrestres
angeli », qu'il gouvernera jusqu'à sa mort. — Saint Luc d'Ar-
mento (mort dans la seconde moitié du xe siècle) est né à Cas-
tro-Giovanni en Sicile, et lui aussi il quitte la Sicile pour venir
demander à la Calabre un asile tranquille. Il s'arrête quelque
temps auprès de saint Elie le Spéléote ; mais sachant, dit l'hagio-
graphe, que les péchés sans nombre qui se commettent dans
la contrée vont attirer sur elle la colère de Dieu et que la Ca-
labre va devenir « la proie de chiens dévorants », il quitte Reggio,
et s'en vient d'abord à Noa, puis il pousse plus loin. Au bord de
l'Agrumento il trouve un monastère abandonné, Saint-Julien ; il
le rebâtit, et bientôt la solitude se peuple de moines. De Sicile
la sœur du saint le rejoint et fonde tout près un couvent de
nonnes. Arrive l'expédition d'Otton et la pacifique colonie est
menacée : elle doit se réfugier tout entière à Armento, et c'est là
que le saint mourra. Il n'aura pas eu à affronter l'armée ger-
manique, mais les Sarrasins ne lui auront pas manqué; ils se
présentent en effet un jour, et alors le vaillant abbé monte à
cheval, prend la tète de son monde, moines et lais, et taille en
pièces le^ infidèles. — - Saint Vital, comme les autres, est né en
Sicile, à peu près à la même époque que saint Luc d' Armento
qu'il rencontrera un jour sur sa route, et comme lui il est venu
demander asile à la Calabre, puis à la Basilicate; chacune de
ses étapes, Castro-Roseto , Monte-Raparo , Sant-Angelo de
Asprono, Saint-Elie de Massaniello, Armento, Rapolla enfin où
il meurt, marque un pas de plus dans la marche en avant de
riiellénisme calabrais. Lui aussi enfin il se trouve unjour en pré-
sence des Sarrasins, et on nous le montre, après qu'il a protégé
la fuite de son monde, restant seul pour faire front à l'ennemi:
mais Dieu est avec lui, une splendeur l'enveloppe et les Ismaé-
lites sont terrassés.
C'est l'âge héroïque des moines batailleurs et thaumaturges;
c'est l'âge aussi des moines mendiants et errants, des caloyers
en guenille que le clergé des villes tient à distance et que la
population regarde de mauvais œil. Saint Jean « le Moisson-
neur » rencontre des paysans qui fauchent, et ceux-ci de l'in-
\vi INTRODUCTION.
sultcr, « comme c'est F ordinaire aux moines de l'être », ajoute
humblement le biographe. Et la Vie de saint Nil nous apprend
qu'à l'époque de la jeunesse du saint on voyait rarement des
moines par les villes : « Rare était leur robe, pour ne point dire
méprisée » . — « Qu'allez-vous faire au milieu de ces animaux
sauvages? » disait-on à Nil. Et n'est-ce pas un compagnon de
Nil qui, cheminant un jour par le pays, est poursuivi à coups
de pierres par une bande d'enfants qui crient : Sus au Bulgare!
sus au Franc! sus à l'Arménien! Cette génération a peu con-
tribué à la culture. « Parum quasdam litteras novi », disait
saint Vital à un catapan de Bari. Le psautier suffisait, encore
saint Elie ne voulait-il pas qu'il fût trop bellement écrit : aussi
voyons-nous ses moines très occupés à bûcheronner et à faire
de la résine, et si dans un passage il est question de la cellule
où. a demeuré le « vénérable calligraphe », c'est pour nous
apprendre qu'il n'y est plus et qu'elle sert de chai.
Tout autre est la génération qui suit, plus assise, plus con-
sidérée aussi, plus cultivée surtout, et dont Nil de Rossano est le
plus illustre exemple. S'il appartient à Rome par la fin de sa
carrière, il est à nous par sa naissance et par la plus féconde
partie de sa vie. Né à Rossano, et, dès l'enfance, remarqué pour
la sagacité de son esprit et la politesse de son caractère, il a eu
une jeunesse orageuse : Rossano est une ville si pleine de pièges
pour la vertu d'un jeune homme, dit son biographe. Mais
Dieu le veut à lui : les amours coupables sont brisées d'un
coup, il part sans dire adieu à sa maîtresse ni à l'enfant qu'il
a eu d'elle, il part en chantant le psaume Viam mandatorum
tuorum cucurri cum dilatasti cor meum, et il va cacher « la fleur
de sa jeunesse » dans la communauté du mont Mercure. Là Nil
rencontre les « célestes et admirables pères Joannes le Grand,
Fantin l'Illustre, Zacharie l'Angélique... ». Il y rencontre sur-
tout des hommes appliqués aux saintes lettres autant qu'à la
louange de Dieu. A l'aube on se mettait au travail : de prime à
tierce on copiait, c'était du moins l'occupation cle Nil, « qui copiait
d'une main rapide et serrée, et qui remplissait un quaternion
par jour » ; de tierce à sexte, on récitait le psautier; de sexte
à noue, on lisait, « on étudiait la loi de Dieu et les œuvres des
maîtres », jusqu'à savoir par cœur des discours entiers de saint
INTRODUCTION. xvn
Grégoire de Nazianze; de none au soir, c'était le temps de la
récréation, on se réunissait pour la collatio et on lisait l'Ecriture
en commun. Il arrivait alors que ses frères demandaient à Nil
de commenter la lecture : avec quelle joie ils recueillaient les
paroles pleines de doctrine qui tombaient de ses lèvres. Il leur
semblait, reportant leurs regards sur le saint bigoumène Fantnr,
qu'ils étaient admis à entendre saint Paul en présence de saint
Pierre. On lisait de même saint Grégoire de Nazianze : il était
la somme des moines, on discutait les passages difficiles et on
rivalisait à les bien entendre. Ajoutez saint Basile, saint Atlia-
nase, saint Jean Chrysostome, saint Eplirem, Tliéodoret,
Théodore Stoudite, saint Jean Damascène : autant d'auteurs
familiers à notre saint. Nil vécut dans ce milieu de moines
lettrés, dialecticiens, exégètes ; à son tour, il devint le chef de
la communauté du mont Mercure, et lorsque, l'âge venant,
il dut songer à prendre un second, il choisit Proclus, dont
l'iiagiographe fait ce bel éloge que « c'était un homme d'une
science universelle et qui avait fait de son âme un trésor des
livres sacrés et des livres profanes ».
Une tradition plus policée apparaît dans les moineries cala-
braises du xe et du xie siècle. On est en relation avec l'Athos,
le Stoudion et les grandes communautés byzantines. Saint Elie
de Tauriano est allé à Jérusalem et au Sinaï, et il meurt à Salo-
nique, à mi-chemin de Constantinople où il allait quêter.
Saint Luc d'Armento a fait de même le pèlerinage des Saints-
Lieux. Les moines perdent leur pittoresque sauvagerie, la so-
ciété gagne des éléments supérieurs de culture. Et l'influence
s'en fera sentir au loin.
Nos Grecs de Calabre et de Langobardie en effet ne vivaient
point à part et les yeux tournés vers l'Orient seul : mais ils
étaient au contraire en perpétuelles relations d'échanges avec
l'Italie lombarde et jusqu'avec Rome. Saint Nil, à l'époque où il
était encore au mont Mercure, était dépêché à Rome par son
bigoumène pour acheter des livres. Et plus tard, lorsque le
même saint Nil quitta le mont Mercure pour venir demander
asile au Mont-Cassin, il fut reçu comme un compatriote par le
prince de Capoue et comme un frère par les Bénédictins, qui
l'invitèrent, lui et ses moines, à chanter au chœur, et les éta-
xvni INTRODUCTION.
blirent dans un de leurs prieurés, Saint-Michel in V allelucio. —
Dans toute l'Italie méridionale lombarde apparaissent les traces
de l'influence byzantine et d'établissements byzantins. Bari, toute
latine qu'elle fut et rebelle à l'influence grecque, était le siège
du catapan d'Italie et de Calabre; les actes publics, ceux même
d'Argyros, y étaient rédigés en grec; et le commerce avec
l'Orient grec y avait fixé une colonie de familles grecques,
riches et puissantes. Longtemps plus tard on trouvera encore à
Bari une église de Saint-Nicolas des Grecs. Brindisi, ruinée par
les Sarrasins en 977, rebâtie peu après par le catapan Lupus
Protospatha, eut des évêques grecs jusqu'à la conquête nor-
mande, assure Nil Doxapatri. A Trani, elle aussi rebelle à l'in-
fluence grecque, et où, comme à Bari, le rite resta toujours
latin, nous trouvons l'église byzantine de Sainte-Marie de Dio-
7iisio, avec la précieuse inscription d'un tourmarque, Deuterios :
KE- BOI0II- TON- AOTAON- SOT- AETTEPHON- TOPMAPKH- Naples,
grande ville latine gouvernée par un duc byzantin, comptait
des paroisses grecques, dont une de Sainte-Marie in Cosniedin,
et au moins un monastère grec SS. Sergii et Bacchi. Le lec-
tionnaire grec des évangiles n° 196, aujourd'hui à Saint-Péters-
bourg, a été copié à Salerne en 1022, de même que le saint
Grégoire de Nazianze Laurentianus XXV, 26, appartenait à
pareille époque à des gens d'Amalfi. A Capoue, au xe siècle,
nous trouverons des Grecs réfugiés de Sicile et un monastère
byzantin; à Gaëte, en 909, un notaire qui signe « Léo greco
latinus presbitero et scriva civitatis ujus ». A Bénévent,
en 1 195, on mentionnera encore une église de Saint-Nicolas des
Grecs. — Détail plus significatif peut-être, à partir de la fin du
ixe siècle les marchés de l'Italie méridionale se couvrent de
monnaies byzantines : Radelgis et Siginulfe, en 85 1, comptent
par besants, « bizantei aurei »; et, dès cette époque, les « solidi'
beneventani » font place aux « solidi constantiniani », aux « ro-
manati », aux « michalati », à peine mêlés de quelques « mara-
butini » arabes. Enfin les relations entre Grecs et Lombards sont
assez usuelles pour que la lex et consuetudo Romanorum ait
force de droit coutumier en pays lombard (c'est le cas de tant
de contrats portés au Codex diplomatie as Cavensis), de même
que dans des Tipàxeipa vônwv provenant de la Grande-Grèce (tel le
INTRODUCTION. xix
Parisiniis gr. 1 384) on rencontre des fragments de traduction
grecque de la lex Langobardorum au milieu de novelles impé-
riales.
Réciproquement les relations de la Latinitas du midi de
l'Italie avec la Remania sont constantes. L'illustre et riche
famille patricienne d'Amalfi, les Mavro-Pantaleo, possède un
palais à Constantinople ; et c'est à elle qu'on doit les portes de
bronze du Mont-Cassin (celles-ci datent de 1066), de Saint-
Michel au mont Gargau, de la cathédrale d'Amalfi, de la basi-
lique de Saint-Paul hors-les-murs, admirables œuvres de
repoussé et de nielle exécutées à Constantinople. Didier, abbé
du Mont-Cassin [\ 1087), pour « aorner le pavement de la
eglize de marmoire entaillié et diverses paintures », fait venir
« de Costentinoble et Alixandre homes grex et sarrasins »,
parce qu'il « non trova in Ytalie homes de cest art », comme
s'exprime Aimé. Le même Didier attire et retient au Mont-
Cassin ce Constantin l'Africain, le premier qui ait vulgarisé en
Occident la médecine grecque et arabe : « Evolutis omnibus
bonis medicorum auctoribns, veteribus et niodernis, . . . maxime
Grœcis qui adhuc in hac facultale (ut in aliis multis) Latinis
prrestant, contraxi in arctum... omnia qua? possunt perfectum
medicum/ efficere », dira Constantin dans la préface de son
manuel, dédié à l'abbé du Mont-Cassin. Salerne, précisément
à la même époque, voit grandir son école, qui ne fait elle aussi
que répandre en Occident la médecine grecque : tel le lom-
bard Gariopontus, dont le Passionarias est une simple adapta-
tion de Galion, tel Alfanus, archevêque de Salerne (-j- io85), et
aussi poète et médecin, auteur de la traduclion latine du nepl
cpÛCTewç àvOpwuou de Némésius. Je n'oserais ni embrasser ni contre-
dire l'opinion émise récemment, et d'après laquelle Irnérius
aurait puisé dans l'Italie méridionale la connaissance du droit
romain, dont il devait au début du xn° siècle fonder l'enseigne-
nffent à Bologne et rapatrier l'usage en Occident. Mais c'est
bien décidément en Italie méridionale qu'il faut chercher
l'origine d'une bonne part des traductions latines qui ont permis
à nos langues romanes de puiser dans la littérature byzantine
tant de légendes et de romans devenus peu après si populaires.
Léon, archiprêtre de Naples, envoyé à Constantinople par les
xx INTRODUCTION.
ducs de Naples Jean et Marinus (941-965), « cœpit inquirere
libros ad legendum », et rapporte « historiam continentem cer-
tamina et viclorias Alexandri régis Macedonire », le pseudo-
Callistliène, qu'il met en latin aussitôt : ce sera une des sources
des poèmes d'Alexandre. Toute pareille et de la même époque
serait, selon M. Gaston Paris, l'origine du roman des Sept sages,
de la légende des saints Barlaam et Joasaph, de celle « du
magicien Héliodore, devenue celle de Virgile en arrivant à
Naples », de celle de saint Alexis, de sainte Catherine d'Alexan-
drie, de saint Nicolas, de saint Arétbas, de saint Georges, de saint
Chris topbe, sans omettre surtout la légende de sainte Marie
l'Egyptienne, la plus ancienne peut-être, mise en latin par un
certain Paul, diacre de l'église de Naples, et dédiée à Charles
le Chauve (f 877).
C'est qu'aussi la période qui va de l'avènement de Basile Ier
à la mort de Nicéphore Phocas (867-968) a été la belle époque
de l'influence byzantine en Italie. Le rôle de l'empire franc
avait pris fin avec Charles le Chauve, celui de l'empire germa-
nique ne devait commencer qu'avec Otton le Grand (-j- 975) :
cet interrègne d'un siècle appartint à l'empire byzantin. —
Maître de la Calabre, de la Pouille, de la Basilicate, de la
Capitanate, et (nominalement) de la Sicile, maître d'Amalfi,
Sorrente, Naples et Gaè'te, le basileus avait vu le prince de
Salerne solliciter la symmachie, ce qu'on pourrait appeler le
protectorat de l'Empire (887), et pareil protectorat imposé au
prince de Bénévent et au prince de Capoue (892). Guaymar,
pour ne citer que cet exemple, avait dès lors porté le double
titre de princeps et d' imperialis patrie ius,' et daté ses actes de
l'année des « très saints et très pieux empereurs ». Je lis dans
une charte de donation faite en 899 par Guaymar au couvent de
La Cava, la clause «... ut nullus basilico, nec stratigo, nec pro-
tospatharius, aut spatharius candidatus, aut spatharius, aut
gastaldus, aut qualiscumque alius reipublicae hactionarius, vel
qualiscumque alius servus sanctorum imperatorum habeant
potestatem » sur la chose donnée, si bien le reipublicœ hac-
tionarius est désormais partout. — C'est la prise de Bari sur les
Sarrasins (868) qui a décidé de l'hégémonie en Italie, aux
dépens de Louis II, au profit de Basile Ier : dorénavant, à
INTRODUCTION. xxi
protéger l'Italie contre les Sarrasins, il n'y aura plus que le
basileus, et ses stratèges, et ses drongaires. En 916, le pape
Jean X et le roi Bérenger Ier sollicitent l'aide de Constantin
Porphyrogénète pour chasser les Arabes du Garigliano. Et plus
tard (962) Otton le Grand, à peine aura-t-il ceint à Rome la
couronne impériale, ne pensera pas pouvoir l'assurer mieux
qu'en sollicitant, pour son fils Otton II, la main de la fille du
basileus, la princesse Théophano, si bien le basileus est
maître et tuteur de la meilleure partie de l'Italie.
Rome seule y manquait, mais nul doute que de Basile Ier à
Nicéphore Phocas le monde byzantin n'eût lentement marché à
la reprise de Rome. Il y comptait encore à cette époque tardive,
le xe-xie siècle, une colonie, des églises, des couvents : Sainte-
Marie in Cosmedin ou in scliola grœca, Saint-Georges au
Vélabre, Saint-Mennas, Saint-Boniface, Saint-Césaire in Palatio,
Saint-Laurent hors-les-murs, Saint-Anastase ad aquas Sahvias,
Saints-Etienne-et-Silvestre, Saint-Erasme. Le fils de Théo-
phano, le jour de son couronnement à Rome (mai 996),
était acclamé par la foule en grec et en latin, « hebraice, grœce
et latine fausta acclamantibus ». Et un moment vint où un
retour singulier de la politique put faire croire au parti grec
qu'il étajt redevenu le maître des destinées de Rome. — Otton II,
sous prétexte de revendiquer la dot de Théophano, avait envahi
F « Italie », enlevé Bari, puis Tarente, et aurait conquis la Calabre
à la suite, s'il n'eût eu son armée taillée en pièces à Stilo parle
stratège (juillet 982). Il était mort sous le coup de cette défaite
(décembre 983). Le basileus n'avait plus devant lui en Italie
qu'un enfant, Otton III. Rome, lassée de la domination alle-
mande, se constituait en respublica romana, et Crescentius,
patrice de cette nouvelle république et chef du parti romain,
tournait si bien ses regards vers Constanlinople, qu'en mai 997,
expulsant le pape allemand Grégoire V, il faisait élever sur le
siège pontifical Jean XVI, lequel était un grec, et un grec de
Calabre, et un calabrais de Rossano, et qui revenait à peine
d'une ambassade à Constanlinople. — Mais ce triomphe du parti
romain et du parti grec ne fut que d'un jour, et la revanche
d'Otton III immédiate et sanglante. C'est à ce moment que
saint Nil, qui, brouillé avec le Mont-Cassin, s'était fixé à Gaëte,
XXII INTRODUCTION.
parut à Rome. Peut-être y venait-il pour suivre la fortune de
Jean XVI, lequel s'était ouvert à lui de ses desseins ; mais il
ne put qu'intervenir auprès de l'empereur pour sauver la vie
de l'infortuné pontife. Et c'est une page d'histoire d'une rare
noblesse que le récit de l'entrevue d'Otton III vainqueur et de
saint Nil, celui-ci, touché jusqu'aux larmes des paroles du
vieillard et lui demandant en grâce de demeurer à Rome, ou
seulement ad aquas Salvias, et l'autre, blessé de la duplicité
du pape et de l'empereur, refusant tout, et reprenant le chemin
de Gaëte en disant fièrement au prince : « Je ne demande
qu'une chose à Votre Royauté, qui est le salut de votre âme ! »
Saint Nil pourtant allait bientôt après revenir, non point à
Rome, mais à Tusculum, au couvent grec de Sainte-Agathe, où
il devait mourir (iooo), et non sans avoir jeté les fonde-
ments de ce qui de\int l'abbaye de Grotta Ferrata, illustre
et durable monument de cette ardeur de propagande que la
société byzantine portait si vivante en elle.
III
La fin du xe siècle et les premières années du xie virent le
succès définitif du Saint-Empire, l'Italie devenir germanique et
le basileus réduit à la Grande-Grèce. En Grande-Grèce même
bien des causes allaient rendre de plus en plus fragile l'éta-
blissement des Byzantins.
D'abord la lutte perpétuelle avec les Sarrasins : les chroni-
ques du xc et du xie siècle ne mentionnent que prises de villes
par les Sarrasins, Reggio (90 1), Hagia-Agathi (922), Tiriolo
(930), Hagia-Kiriaki (986), Cassano (10 1 4 et io3i), Bisignano
(1020), et je ne parle pas de la Pouille, où, autour d'Oria
notamment, l'alerte ne cesse, pas. Et partout la lutte avec ces
corsaires (car ils courent le pays et ne s'y établissent pas) est
sanglante et ruineuse : « Fuit excidium Tarent! [a. 927] et
perempti sunt omnes viriliter pugnando, reliqui vero deportati
suntin Africam Sarraceni comprehenderunt sanctam Chiriachi
civitatem [a. 986], et dissipaverunt Calabriam. . .. » Et ainsi du
INTRODUCTION. xxui
reste de la chronique de Lupus. L'auteur de la V ie de saint Nil
fait gloire à Rossano d'être la première cité de Calabre :
Pourquoi? C'est que, et tandis que toutes les autres tombent
tour à tour aux mains des Sarrasins, seule elle leur échappe
grâce à la protection miraculeuse et toute spéciale de laPanagia.
— En second lieu, le basileus était dans son propre dominium
un souverain étranger et détesté. Les reipublicœ hactionarii
étaient d'une cupidité et d'une dureté intolérables : qu'on se
rappelle ce jtidex Italiœ et Calabriœ à qui saint Nil refuse de
faire aucun présent, et ce qui s'ensuit. En Calabre, où la popu-
lation est grecque, on voit, en 921, tout le pays se soulever
contre le stratège Jean Muzalon, et se donner à Landolphe,
prince de Capoue. En Langobardie, où tout est latin, où les
municipes ont gardé leurs gastaldi et leurs bajuli latins, les
juges le droit lombard, le clergé le rite latin et l'obédience à
Rome, et dont Luitprand pouvait dire à Nicépbore Phocas,
« Terram quam impcrii tui esse narras, gens incola et lingua
italici regni esse déclarât », l'animosité contre les Grecs était
universelle. Pour tout éloge de l'évêque Bizantius (~[ io35),
l'Anonyme de Bari disait : « Fuit piissimus pater orfanorum,
atque terribilis et sine metu contra omnes Groecos ». De là, au
xie siècle, les continuelles insurrections de Conterait ; de là
l'insurrection de Mélo (-j- 1020), encouragée par le pape
Benoît VIII et par l'empereur Henri II; et, lorsque le catapan
ne suffisant plus à assurer sa frontière du nord, eut dû prendre
des Normands au service de l'empire et leur confier la garde
de Melfi et de Troia, de là l'attitude d'Arduin leur chef, lequel,
« feignant qu'il estoit dolent de la grévance » que les gens de
Langobardie « souffroient de la seignorie de li Grex, lor pro-
meltoit de vouloir fatiguier et travailler pour lor délibération».
On sait comment les Normands se mirent, en iozji, à
« fatiguier » pour cette bonne œuvre, et comment, en io6r,
ils avaient donné congé à la dernière garnison impériale qui
tint encore en Grande-Grèce. Je n'ai pas à entrer dans le détail
de cette conquête, que l'on trouvera dans Les Normands en
Italie de Delarc : je voudrais seulement marquer les consé-
quences qu'elle eut pour nos Grecs de la Calabre et de la Terre
d'Otrante.
*
XXIY INTRODUCTION.
Les Normands arrivaient avec un droit public nouveau pour
le pays, le feudalisme, un droit privé nouveau aussi, la cou-
tume normande, et, par-dessus tout, un régime ecclésiastique
non moins nouveau, celui de l'investiture par le prince en même
temps que de l'obédience au pape. Ce dernier point était parti-
culièrement formel et menaçant. Que Ton se rappelle les
termes du serment de Melfi (105g) qui faisait du duc de'Pouille
et de Calabre le ligius homo du pape, et ce au moment où le
siège de Constantinople s'appliquait à marquer avec tant d'â-
preté et d'éclat sa séparation d'avec celui de Rome, où le pa-
triarche Michel Cérulaire excommuniait les légats de Léon IX,
et où l'évêque d'Otrante était des premiers à souscrire à cette
sentence, engageant solennellement avec lui tout le clergé grec
de Grande-Grèce.
La politique souple et « réelle » des Normands trancha les
mille nœuds dé cette situation. Ils conçurent du premier coup
ce que devait être le gouvernement d'un pays qui était, et qu'ils
voulurent voir rester lombard, grec et arabe. Normands, ils
laissèrent aux uns et aux autres leurs coutumes, et, pour ne
citer que cet exemple, les Grecs continuèrent de se marier
« alla grichisca ». Féodaux, ils distribuèrent le pays en fiefs;
mais les villes ou castra, devenues des communes, gardèrent
leurs institutions antérieures, et nous y rencontrerons jus-
qu'au xmc siècle les archontes décorés des noms sonores de
catapans, d'exarques, de stratèges et de sénateurs, et jusqu'à
la persistance du vieux nom de thème. Je ne croirais pas que
la propriété et la fortune des Grecs aient souffert du change-
ment de régime, et que les barons normands aient été autre-
ment durs que les hactionarii impériaux. — Les églises furent
plus éprouvées : en moins de trente années, Tarente, Otrante,
Santa Severina, Reggio, c'est-à-dire les quatre églises métro-
politaines, et, parmi les suffragantes, Cassano, Bisignano,
Cerenzia, Umbriatico, Isola, Nicastro, Tropea, furent latinisées
et de personnel et de rite; sans parler des deux sièges nouveaux
et normands de Mileto et de San Marco. Mais cette latinisation
rapide, comme elle fut exécutée à coup sur! A Squillace,
l'évêque grec Théodore Mesimerios, un bilingue, étant mort
(1096), le siège est latinisé, et la charte de Roger s'en exprime
INTRODUCTION.
XXV
ainsi : « Ego Rogerius, Siciliœ cornes et Calabriae, ingemiscens
quod in tam nobili civitate, ubi tôt sunt Christicolœ, ubi tanta
viget ISormandorum copia, pontificalis et latina nondum extiterat
ecclesia..., quoniam in curia nostra Squillacensis ecclesia sic
muta erat, sic inntilis erat..., sic a laudibus divinis tacita »
Et il fonde un chapitre, et il dote l'église, et il installe un
évêque. Remarquez bien le considérant ubi tanta viget Norman-
dorum copia. Là, en effet, où les Grecs étaient en nombre, le
clergé resta grec : ainsi à Bova, à Gerace, à Crotone, à Ros-
sano, etc. Et même en maint endroit où l'évêque était désor-
mais latin, on laissa subsister comme des chorévêques grecs,
ayant juridiction simplement personnelle : ainsi à Stilo, à
Oppido, à Paléocastro. Puis, le nouveau régime définitivement
assis, la cour ne mit plus aucune différence entre les prélats de
rite grec et les prélats de rite latin. — Quant aux moines, le
droit féodal, en leur reconnaissant la faculté de posséder, allait
modifier profondément leur établissement. On peut avancer
que tout ce que le monacbisme détenait de biens-fonds, sous le
régime précaire qui était le seul dont il fut capable, tout dis-
parut à la conquête normande : au Mont-Cassin échut Saint-
Pierre de Tarente; à la Sainte-Trinité de Yenosa, Saint-Nicolas
de Morban; à La Cava, Sainte-Marie de Kur-Zosimo, Saint-
Georges de Piscopio, Sainte-Marie de Pertusia, Saint-Pierre de
Bragalla, Saint-Adrien deRossano. La Sainte-Trinité de Mileto,
fondée en 1081 par Roger, fut dotée d'églises et de couvents
sis à Gerace, à Paléocastro, à Stilo, à Squillace, autant d'an-
ciennes fondations byzantines. Mais, cette « liquidation » une
fois ainsi faite au profit du monachisme latin, le patrimoine du
monacbisme grec se reforma ; il se reforma sur un base juridique
nouvelle, qui allait lui permettre un développement qu'il
n'avait jamais connu auparavant; ce sera l'histoire des grandes
fondations basiliennes du commencement du xiie siècle. — Les
Grecs de Calabre et de Pouille purent ainsi continuer à vivre
avec leur coutume, leurs franchises, leur culte, leur langue.
Restait Rome. Mais tous les griefs de Rome contre les Grecs se
renfermaient dans une question d'investiture : ni au concile
de Melfi, en io5(), ni même au concile de Bari, en 1099, ni
dans les divers séjours de papes en pays normand, nulle part
c
xxvi INTRODUCTION.
ne fut soulevée la question des azimes, ou du samedi, ou du
célibat ecclésiastique. Au surplus les Grecs ne devaient con-
naître de Rome que son légat a latere, et ce légat était Robert
Guiscard lui-même, et après lui les Roger.
On vit mieux encore, et une fois de plus Grœcia capta fer uni
victorem cœpit. On vit les fils des Hauteville helléniser et le nou-
veau dux Apuliœ, Calabriœ et Siciliœse donner pour successeur
régulier d'Argyros. Le basileus lui-même (c'était le faible
Michel VII) s'y prêta, pensant ressaisir ainsi une ombre de ses
anciens droits sur l'Italie méridionale : en 1077, il alla jusqu'à
solliciter pour son fils Constantin la main de la fille de Robert
Guiscard. Et peu après, Constantin VII détrôné et sa suc-
cession ouverte, Robert Guiscard appareilla vers Constanti-
nople, « versus Romaniam animum intendens » (le mot est de
Geoffroy Malaterra), c'est-à-dire aspirant à monter en personne
sur le trône impérial à la façon d'un général byzantin, d'un
Nicéphore Botoniate (1078) ou d'un Alexis Comnène (1081). —
Robert Guiscard mourut en route : Boëmond, son fils, fut du
moins prince d'Antioche en même temps que de Tarente ; et
le grand-comte Roger, son frère, comme plus tard le roi
Roger, son neveu, dans la pompe toute byzantine de la cour
de Palerme, ne renoncèrent jamais à l'espoir de conquérir
la Romania. La monarchie normande eut une flotte grecque
commandée par des amiraux grecs. Elle eut une chancellerie
grecque, empruntant à Byzance le protocole de ses actes, —
Poyéptoç êv Xpcenroi tw 0ew eùtyeêYjç xpaxacoç prjç xal xPt<7Ttav&v êorjOo;, etc.
— comme aussi le dessin et la légende de ses sceaux et de ses
monnaies. Elle eut, à côté même de ses troubadours, des poètes
grecs : tel cet Eugène, qui célébrait en vers politiques les
vergers fleuris de Palerme :
Eî<r\ 7iap' r\\j.Xv èv IIavop[X(p fî) tcoXsc
IlXecaTwv cpuTôiv oévSptov xs xapiu^wv yévv)
Ko» TravToSxrcàiv àvOéœv 7to)ar/p6tov.
et le roi Roger, entouré de ses évêques latins, sous le feu des
mosaïques byzantines de sa chapelle palatine, put entendre
des prélats grecs de son royaume le prêcher en grec, et le
saluer du nom d'eùaeê/,; poiGileùç et de « majesté impériale ». —
INTRODUCTION.
XXVII
Un moment vint même, c'était vers n43, où la cour de Pa-
ïenne sembla assez pénétrée par l'esprit grec pour que le
patriarche de Constantinople pût espérer obtenir du roi Roger
qu'il lui restituerait la juridiction des églises de Sicile, de
Calabre et de Pouille. Etait-ce le vœu secret du clergé grec du
royaume ? On peut le penser. Une négociation fut entamée, et
il nous en reste le mémoire Sur les cinq patriarcats, rédigé
par le « protoproèdre des protosyncelles » de Constantinople
Nil Doxapatri. Nil, qui était un orateur disert et un légiste,
s'appliqua à démontrer que Rome était un siège de même
ordre que les quatre autres sièges patriarcaux de la chré-
tienté, l'Eglise étant un corps dont le Christ était le chef et les
cinq patriarches les cinq sens. Mais quoi! pouvait-il penser
que le roi-légat s'accommoderait jamais de ce gallicanisme
byzantin?
On comprend maintenant que la conquête normande, loin
d'étouffer l'hellénisme de la Grande-Grèce, ait été au contraire
pour lui l'occasion d'une renaissance, et lui ait procuré deux
siècles d'une vie intense encore et très largement nationale. Il
me reste à en déterminer les principaux foyers.
f
IV
Tarente est entre toutes une ville latine : le cartulaire du
couvent de Saint-Pierre, lequel est devenu un prieuré de La
("a va, enregistre cependant des actes de donation rédigés en
grec par des Grecs de Tarente, jusqu'en 1228. A Lecce, ville
latine, on trouve des clercs grecs encore en i3i3. A Brindisi,
sous Charles II d'Anjou, la municipalité demande l'institution
d'un notaire grec, « parce que nombre d'habitants de la ville se
servent du grec dans leurs* contrats » ; et en 1369, l'archevêque
recourt à la reine Jeanne pour réduire des prêtres grecs établis
dans la cité et qu'il accuse d'être « ignorants, de condition vile,
de réputation détestable, et uniquement occupés de négoce ».
— Au sud de Lecce, le pays est tout grec. Citons Soleto que
nous retrouverons plus loin, Aradeo où l'église gardait encore
xxvm INTRODUCTION.
trace de fresques byzantines au siècle dernier, Nolia où à pa-
reille date on lisait encore des inscriptions grecques de l'époque
normande, Fulciniano, Taurisano et Cerrate où Ton en voit
encore, Zollino dont nous avons un diplôme grec de i4oi,
Galatone où Bessarion prit le secrétaire qui raccompagnait au
concile de Florence, Altiste, San-Cesario, Calimera, San-Pietro
in Galatina, Maglie, etc. San-Stefano enfin (près de Vaste), où
M. de Simone a relevé Tépitaphe grecque d'un prêtre d'Antio-
che. — Gallipoli était évêché grec : au xiie siècle, on y comptait
au moins trois églises grecques distinctes de la cathédrale, et
un monastère grec (Saint-Maur in anaphorario), dont on voit
encore l'église décorée de fresques et d'inscriptions byzantines;
au xme siècle, les diplômes grecs y parlent d'un exarque, de
juges, de notaires, de tabellions, de maîtres d'école, de clercs,
tous grecs de langue et de noms; en i32p, l'évêque était un
basilien de Saint-Nicolas de Calamizi; en i33i, un basilien du
Saint-Sauveur de Messine. Le rite ne devait être latinisé
qu'après ce dernier. Nardo avait été à la fin du xic siècle, sem-
ble-t-il, siège d'un chorévêque grec; en 1262, un visiteur
apostolique envoyé par Clément IV en écrivait « tanta se hilari-
tate perfusum, ut in Graeciam transfretasse videretur » ; l'usage
du rite grec s'y maintiendra jusqu'au xvie siècle.
En Terre d'Otrante les monastères de saint Basile s'étaient
multipliés. Le Liber taxarum cite un monastère à Patù ; deux
près de Lecce, Sainte -Marie de Ferrât is et Sainte-Marie de
Cantataedri; Sainte-Marie de Lovito, près d'Alessano; Saints-
Pierre-et- André de insula , Sainte-Marie de Calzano , San-
Vito, pourTarente; Saint-Nicolas de Casole, pour Otrante. —
San-Vito del Pizzo paraît avoir été à l'origine une colonie de
moines venus d'Orient et établis en 11 17 par Raynald arche-
vêque de Tarente : c'étaient peut-être des moines venus de
Syrie à l'époque de Boëmond II, quand Tarente avait avec
Antioche les relations que l'on sait. En 1267, le Saint-Siège
fera de San-Vito un prieuré de Casole. — De tous les couvents de
l'Otrantin, Saint-Nicolas de Casole est de beaucoup le premier.
Il date de 1099, et est une fondation de Boëmond : doté et
privilégié par les deux Boëmond, puis par le roi Roger, les deux
Guillaume et Frédéric II, immédiatement sujet du Saint-Siège,
INTRODUCTION. xxix
Saint-Nicolas est la plus riche abbaye grecque de.; l'Italie méri-
dionale (le Saint-Sauveur excepté). Quatre de ses premiers higou-
mènes sont saints, Joseph (-J- 1 12 7), Victor (-j- 1 1 53), Nicolas (-[- 1 190),
Hilarion (-j- 1201); le septième est un poète, Nectarios (-J-I235).
Un poète! Il semble que ce soit le privilège de ce coin de terre
de les produire. Nous avions eu Marc d'Otrante au vine siècle.
Au xme nous avons Jean d'Otrante, un paatXixèç ypa^aTcxoç, et
Georges de Gallipoli, un x«pToçOXa5, qui célébreront en vers
politiques les hauts faits de Frédéric II. Pour le xne, voici
Nectarios de Casole et Jean Grassos, son disciple. Saint-Nicolas
de Casole restera jusqu'à la fin (il fut détruit par les Turcs
en 1 48 1 ) une abbaye littéraire, la plus littéraire de toutes les
abbayes basiliennes : on y lisait Aristote et Aristophane, on y
copiait Callisthène et Quintus de Smyrne. Galateo, qui l'avait
vue debout, en faisait cet éloge souvent cité : « Hic monacho-
rum magni Basilii turba convivebat : hi omni veneratione digni,
omnes literis grœcis et plerique latinis instructi, optimum sui
prœbebant spectaculum. Quicumque grœcis literis operam dare
cupiebant, iis maxima pars victus, prreceptor, domicilium, sine
aliqua mercede donabatur : sic res graeca, quœ quotidie rétro
labitur, sustinebatur ».
Enfre la principauté de Tarente et le duché de Calabre, clair-
semées et comme égarées au midi de Salerne, voici un groupe
de localités grecques. C'est Saint- Jean de Piro, riche abbaye qui
possède des grangie à Policastro, à Sapri, à Torraca, à Rivello,
à Maratea, à Trecchina, et qui sera un jour commende de Bessa-
rion : il est vrai qu'à cette époque moines et tenanciers auront
depuis longtemps cessé d'être grecs, « monaci graeci penitus
defecerunt ac paucissimi graeci in partibus illis reperiuntur », dit
une bulle de Sixte IV ( 1 47^). C'est un peu plus au nord, dans
le Valdi Mingara, un prieuré uni à Grotta Ferrata, Sainte-Marie
de Rofrano, avec des grangie à Laurino (S. M. de vitis), à
Diano, à Montesano, à Campora, à Sanza, à Sassano. C'est, plus
à l'est, dans la vallée de l'Agri et sur le versant du golfe de Ta-
rente, Carbone dont l'abbaye nous arrêtera plus tard, et autour de
Carbone plusieurs localités grecques, Episcopia, par exemple :
plus près de la mer, Albidona, Oriolo, Cerchiara; et enfin, plus à
l'ouest, Ajcta. La grécité de ces petits bourgs nous est attestée
xxx INTRODUCTION.
par des diplômes du xue siècle et du commencement, du xme,
mais il ne paraît pas qu'elle y ait persisté beaucoup au delà de
cette période.
Le cœur de la Sila, séduisante retraite pour des moines, avec
ses gorges sauvages et ses impénétrables forêts, n'a cependant
pas attiré les moines grecs dans ses solitudes. C'est un latin, le
bienheureux Joachim (-j- 1202) qui conquerra ce désert, en y
fondant San-Giovanni in Fior, et en y instituant Tordre de Flore.
Mais sur le revers de la Sila les Grecs sont pour longtemps
solidement assis. Santa - Severina , comme elle s'appelle dès
lors, siège trop important pour n'être pas donné aux Latins,
restera une cité grecque cependant : dans le propre chartrier
de Flore on trouve mentionnés, dans des diplômes grecs du
xme siècle, lé primicier de l'église métropolitaine, le grand
protopapas, l'exarque, les tabellions, les juges de Santa-Sevf-
rina, tous grecs.
Cerenzia, qui eut pour premiers évêques latins des disciples
de Joachim de Flore, aura cependant jusqu'au commencement
du xnie siècle des notaires et des tabellions grecs. Umbriatico,
encore au xme siècle, a au moins une paroisse grecque et des
tabellions grecs. A Isola, l'abbaye du Patir possédera un
prieuré, Saint-Constantin. Aux environs de Cantazaro, je relève
les localités grecques de Tiriolo, Maïda, Amato, Rocca-Felluca,
Cropani, Simeri, et à Catanzaro même une communauté grecque
assez considérable pour avoir encore au début du xive siècle son
tabellion et son protopapas. Le siège de San-Leone, supprimé
en 1 571 , avait pour titulaire en i3^g un basilien du couvent de
Saint-Nicolas de Flagiario (Nicastro). Taberna était grec,
témoin ce « fils du prêtre Basile de Taberna » , qui figure dans
un diplôme de 1242. Mais deux villes seront surtout réfractaires
à la latinisation : Crotone et Rossano.
Crotone avait, au xmc siècle encore, un chapitre, un évêque
grec, des tabellions et des juges grecs, enfin, à la tête du muni-
cipe, un catapan. En 12 17, Jean évêque grec de Crotone était
envoyé par Honorius III à la cour de Théodore Ange Comnène,
en Épire, pour négocier la mise en liberté du légat Jean Co-
lonna ; son successeur était par le même pape chargé de visiter
et de réformer les abbayes basiliennes des Calabres; et l'évêque
INTRODUCTION. xxxi
qui lui succède (ce sera le dernier évêque grec de Crotone),
Nicolas de Durazzo, « in latina et grœca lingua peritus »,
sera en 1261 envoyé par Alexandre IV comme légat de la cour
des Paléologues.
Rossano, élevé seul de tous les sièges grecs subsistants au
rang d'archevêché (sans suffragances), était comme la primatiale
de tout ce qu'il y avait encore d'églises grecques clans le duché
normand de Calabre. Le chapitre y était grec, comme le municipal
Les archevêques l'étaient aussi. En iio5, c'est Nicolas Maléinos,
un survivant de l'aristocratie byzantine (en 1093 nous trouvons
un Maléinos qualifié de protospathaire dans un diplôme de
Stilo), et d'une aristocratie encore riche et puissante. En 1167,
une donation faite par Jean, archevêque de Rossano, à l'abbaye
de Saint-Jean de Calovito, porte la souscription grecque de
vingt et un clercs du chapitre, parmi lesquels un Michel Maléinos
diacre. En 1193, l'archevêque, Cosmas, sera pris au Patir dont
il est abbé, et recevra la visite solennelle de Tancrède venant
faire ses dévotions à la Panagia achéropite de la cathédrale ; en
1240, ce sera un basilien de Bordonaro; en ia55, un basilien de
Carbone; en i3o7, un basilien de Saint- Adrien. Le dernier
titulaire grec siégera de 1 348 à 1 364- — Mais de tous ces prélats
grecs de race et grecs de rite, un surtout est à retenir, qui se
trouve être en même temps l'unique représentant de l'élo-
quence grecque au xne siècle, Théophane Cérameus. C'est bien
en effet à Rossano qu'il appartient, ce point a été établi par
Mgr Lancia di Brolo dans sa remarquable Histoire de V Eglise
de Sicile. Nous avons de Théophane un recueil de soixante-deux
homélies, d'une grécité élégante, d'une composition habile,
d'une éloquence ingénieuse et parfois émue, d'une érudition
toute grecque, et d'une clarté toute latine. Dans le nombre il
s'en trouve une prononcée dans la Cattolica de Reggio, une
dans l'église du Saint-Sauveur de Messine, une à Taormina,
d'autres dans la cathédrale de Palerme ou dans l'église Saint-
Étienne de Palerme, d'autres dans la chapelle palatine de Pa-
lerme, le reste dans la cathédrale de Rossano. Il y en a une
bien curieuse (la 55e), pour les compliments qu'il y adresse au
roi Roger présent à l'office, et pour la description qu'il y fait de
la chapelle palatine et de ses mosaïques. Et je ne veux pas
xxxn INTRODUCTION.
oublier celles (la iie et la nc) où Tliéophane mentionne en
termes exprès la madone achèropite de sa cathédrale.
Dans la grécité de l'Aspromonte la latinité avait fait brèche
de toute part, les Bénédictins étaient à Mileto, saint Bruno
i-f i ioi)et ses compagnons dans le diocèse de Squillace. A Reg-
gio, en 1090, on avait vu saint Bruno élu archevêque par le
chapitre, preuve que le clergé était latin : mais les Grecs y for-
maient cependant une communauté assez consistante pour y
garder jusqu'au xuie siècle leur prêtres, leurs juges et leurs
notaires. Autour de Reggio la grécité était au contraire très
compacte: Pentedattilo , Cardeto, Santa-Agata, Leucopetra
étaient des localités grecques. Bova était un siège épiscopal grec,
et le restera jusqu'au xvie siècle : les actes d'un synode diocésain
tenu à Bova à la fin du xvne siècle nous apprennent qu'on y
comptait encore cinq grandes paroisses grecques, chacune avec un
protopapas. — Sur la côte tyrrhénienne, Seminara était peuplée
exclusivement de Grecs au xne siècle, et dut le rester longtemps
encore. A Nicotera et à Tropea, l'église avait passé, dès la con-
quête normande, au rite latin, mais jusqu'au xme siècle nous y
trouvons des protopapas et des tabellions grecs. A Vibo, encore
en 1283, le clergé et la municipalité étaient grecs. L'abbaye
bénédictine de Mileto était obligée d'entretenir un protopapas
et un tabellion grec, encore auxine siècle. L'évêque de Squillace
(un siège qui avait passé au rite latin, dès le début) était lui aussi
tenu d'avoir au xme siècle un tabellion grec, et une partie de son
clergé était de rite grec; en ia44? nous y trouvons un « baioul »
grec. — Puis, au sud de Squillace, toute la côte était grecque :
Stilo, qui était ou avait été un temps siège d'un évêque grec ;
Oppido, qui l'était encore en i3oi, où l'évêque est chargé par
Charles II d'Anjou de traduire en latin quelques livres de méde-
cine et reçoit quatre once d'or pour sa peine et une pour son
copiste; et encore en 1 349» ou ^e titulaire est un basilien de
Sainte-Marie de Tireto; tout près d'Oppido, la petite ville
de Sainte-Christine; sur la côte, Paléocastro (Caulonia) ; mais
surtout Gerace (Hagia-Kiriaki) , qui, au xme siècle encore ,
avait tout son clergé grec, et sa municipalité présidée par un
« stratège ». A Gerace, l'évéché restera aux Grecs jusqu'à la fin du
xv(; siècle. Je relève dans le catalogue épiscopal les noms, en
INTRODUCTION.
XXXIM
ia53, d'un basilien de Sainte-Marie de Gala; en 1260, d'un
basilien de Saint-Nicodème de Mammola ; en 1279, d'un basilien
de Saint-Philarète de Seminara ; en i3i2, d'un basilien de
Saint-Philippe de Gerace; en i348, d'un Grec de Constantinople
nommé Siméon, et enfin, après plusieurs autres, d'Athanase
Chalkéopylos (1472- 1497), dernier évêque grec, lui aussi ori-
ginaire de Constantinople et ex-abbé du Patir.
Bova, Oppido, Gerace, Stilo étaient ainsi les quatre grands
centres de population grecque dans l'Aspromonte, centres
autour desquels s'était développé le groupe le plus nombreux
de fondations monastiques grecques que nous rencontrions dans
la Grande-Grèce normande. Autour de Bova, c'étaient les
abbayes ou prieurés de Sainte-Marie de Tireto, de Saint-Jean
de Castaneto, de Saint-Nicolas de Calamizi, de Sainte-Marie
de Trapezometa, de Saint-Michel de valle Tuchi, du Saint-
Sauveur de Calamano. Autour d'Oppido, Saint-Pancrace de
Scilla, Saint-Philarète de Seminara, Saint- Barthélémy de
Trigona, Saint- Jean de Lauro , Saint-Pierre d'Arena, Saint-
Fantin de Seminara, Saint-Elie de Calatio, Saints-Pierre- et
Paul de Ciano, Saint-Onuphre del C/iao, Saint-Laurent d'Arena,
Saint-Elie de Melicucca, Sainte-Marie de Rovito, Saint-Nicolas
de Droéi. Autour de Gerace, Saint-Philippe de Gerace, Saint-
Nicodème de Mammola, Saint-Biaise de Mammola, Sainte-
Marie de Popsi. Dans la région de Stilo et de Squillace, Saint-
Jean de Stilo, Saint-Grégoire de Staletti, Sainte-Marie de vetere
Squillacio, Saint-Nicolas de Magliotis, Sainte-Marie de Carra.
Cette liste est bien incomplète. — Tous ces monastères étaient
loin d'avoir la même importance. Le Liber censuum, à la fin
du xnc siècle, ne retient que Sainte-Marie de Carra, qui, décorée
du privilège de l'immédiateté par Alexandre II, paie à l'Eglise
romaine un cens de « I marabotinum ». Saint-Grégoire de
Staletti et Sainte-Marie de vetei^e Squillacio (la Roccelletta)
étaient deux humbles couvents ressortissant à l'évêque de
Squillace, mais qui revendiquaient l'honneur d'être la survi-
vance, qui du monasterium Castellense, qui du monasterium
Vivariense de Cassiodore. Saint-Jean de Stilo ne fut immédiatisé
que fort tard, mais tenait sans conteste le premier rang des
monastères de l'Aspromonte : c'est là qu'était vénéré le corps
1?
xxxiv INTRODUCTION.
de saint Jean le Moissonneur, objet d'un pèlerinage célèbre en
Calabre au xnc siècle, et cher à la dévotion du roi Roger et de
sa mère Adélaïde. Les ruines en sont belles : elles rappelaient
à E. Jordan l'art moitié normand, moitié arabe de la Martorana
et de San-Cataldo de Païenne.
Communes, églises, couvents, et c'est ce qu'il importe de
marquer à la fin de cette statistique, n'étaient point les unités
d'une diaspora sans liens : ils formaient au contraire une société,
où une même langue, un même culte, un même droit consti-
tuaient un lien étroit, solide et comme national. C'était ce
qu'avaient voulu les Normands, et après eux Frédéric II , —
voyez le texte grec des Constitutiones regum regni utriusque
Siciliœ de Pierre des Vignes ; — c'était surtout ce qu'ils avaient
réussi à réaliser dans leur royaume cosmopolite des Deux-Si-
ciles , et c'était une conception si exceptionnelle pour leur
temps, que personne ne sut la maintenir après eux.
V
Roger Bacon écrivait, vers 1271, dans son Conipendium studii
philosophiœ adressé à Grégoire X : « Sunt multi in Anglia et
Francia qui [grœco] satis instructi sunt, nec multum esset pro
tanta utilitate — il s'agissait d'interpréter la Bible grecque, —
ire in Ilaliam in qua clerus et populus sunt pure grseci in multis
locis; et episcopatus et archiepiscopatus et divites ac seniorespos-
sent ibi mittere pro libris et pro uno vel pro pluribus qui scirent
grœcum, sicut D. Robertus — Robert Grosseteste (-J- 12 53) —
sanctus episcopus Lincolnensis solebat facere, quorum aliqui in
Anglia usque ad liaec tempora sunt superstites. »
Mais ni Roger Bacon ni Robert Grosseteste n'étaient les pre-
miers savants d'Occident à s'adresser à la Grande-Grèce nor-
mande pour en avoir des hellénistes. Avant eux, Jean de
Salisbury [-\ 11 80) avait cité les traités de dialectique d'Aristote
d'après un « grœcus interpres natione Severitanus », et ce grec
de Santa-Severina est identifié avec « Enricus Aristippus »,
archidiacre de Catane, plus tard chancelier de Guillaume Ier.
INTRODUCTION. xxxv
A ce même Aristippe on devait une traduction latine du Ménon
et du Phédon de Platon, qui nous est parvenue. Il nous ap-
prend dans sa préface au Ménon que, concurremment, le roi
Guillaume lui avait demandé de traduire les « opuscules » de
saint Grégoire de Nazianze, et Hugues {-[ 1161), archevêque de
Palerme, les Vies des philosophes de Diogène Laerce. — La
cour normande, et plus tard davantage encore la cour souabe,
avaient été, si j'ose dire, comme un office de traductions soit
de l'arabe, soit du grec en latin. Rien n'est plus connu que la
lettre de l'empereur Frédéric II (1232), envoyant à l'université
de Bologne les versions latines qu'il a fait faire d'Aristote et de
ses commentateurs arabes, « compilationes variée quœ ab
Aristotele aliisque philosophis, sub grœcis arabicisque voca-
bulis antiquitus eclitre, in sermonialibus et mathematicis disci-
plinis..., quas adhuc originalium dictionum ordinatione con-
sertas et vetustarum vestium... operimento contextas, vel
bominis defectus aut operis ad latinre lingure notitiam non
perduxit ». Manfred envoyait à son tour à l'université de Paris
la même collection que Frédéric II, son père, avait donnée à
Bologne : il v pouvait joindre une traduction de plus, celle des
Magna moral ia d'Aristote. Nous l'avons encore, et l'on peut lire
en titre j Incipit liber magnornm ethicorum Aristotelis, trans-
latas de grseco in latinum a magistro Bartholomeo de Messina,
in curia illustrissiini Maynfredi serenissimi régis Sicilie, scientie
amatoris, de mandato suo.
C'était la contribution de notre Italie grecque à la culture
latine du xme siècle.
Au xivc siècle appartiennent deux noms de Calabrais, les
derniers que la Grande-Grèce aient donnés à l'histoire littéraire.
Le premier est Barlaam de Seminara, mathématicien et
théologien, protégé de l'empereur Jean Cantacuzène, protégé
du pape Clément VI,. résidant tantôt a Avignon, tantôt à
Constantinople, connu surtout pour ses controverses avec
Grégoire de Salonique et Georges Palamas, et pour avoir appris
le grec à Pétrarque. Le second est ce Léon Pilatos, que Pétrar-
que, qui l'avait connu à Padoue, recommanda à la Seigneurie
pour la fondation à Florence d'un cours public de langue
grecque (i35()), et auquel il demanda de traduire en latin
xxxvi INTRODUCTION.
l'Iliade et l'Odyssée. Pétrarque écrivait d'eux : « Aliquot
graecac linguae doctissimos homines nostra aetate Calabria habuit,
in lus duos, Barlaam monachum et Leontem Thessalonicensem ;
uterque mihi familiaris , primus etiam et magister fuerat ».
Et Boccace, qui les connut lui aussi tous deux, traçait d'eux
ce joli portrait : « Leontius quidem aspectu horridus homo est,
turpi facie, barba prolixa et capillitio nigro, moribus incultus
nec satis urbanus homo ; verum litterarum graecarum doctissi-
mus atque fabularum archivum inexhaustum, etsi latinarum
non satis adhuc instructus si t. . . Barlaam monachum [novi],
Calabrum hominem, corpore pusillum, praegrandem tamen scien-
tia, et graecis adeo eruditum ut imperatorum et principum Grae-
corum atque doctorum hominum privilégia haberet testimonia
nedum his temporibus apud Graecos esse, sed nec a multis
saeculis citra fuisse virum tam insigni tamque grandi scientia
praeditum ».
Le xive siècle fut pourtant l'époque où l'Italie grecque se fondit
définitivement dans l'Italie italienne. A la maison de Souabe avait
succédé la maison d'Anjou, peu intelligente des choses de l'Orient,
toute dévouée aux intérêts du Saint-Siège. En 1 270, je vois Charles
d'Anjou donner des lettres à un dominicain, fra Matteo de
Castellamare, « inquisitori heretice pravitatis in justitiariatu
Calabrie et Vallisgrati et terra Jordani a S. R. E. constituto ».
Ce fut toute la politique religieuse des Angevins. Par ailleurs,
la quatrième croisade et le démembrement de l'empire byzan-
tin qui en avait été pendant un demi-siècle la conséquence,
avait rendu formelle la sécession de l'Eglise grecque de la
latine, et dès lors avait commencé une période de querelles
acariâtres où l'accusation d'hérésie avait éclaté de part et d'autre.
Les Grecs d'Italie étaient ainsi mis en demeure ou de faire
secte à part, comme des Vaudois, ou de passer au romanisme.
Or c'était le moment, où, comme pour rendre plus aisée la
transition, la langue italienne devenait la langue commune des
deux Siciles, preuve que tout le mouvement social entraînait à
la fusion des nationalités. Les Grecs italiens devaient devenir
franchement et complètement Italiens, et ils le devinrent.
Il ne subsista plus que quelques rares îlots de la population
grecque ancienne. Signalons Altamura, qui possédait encore
INTRODUCTION. xxxvn
une église de Saint-Nicolas des Grecs à l'époque du pape
Jules III : j'ai sous les jeux an rescrit du cardinal Ranuccio
Farnèse, adressé « presbiteris elericis et capitulo collegiatae
ecclesia? Sancti-Nicolai Grœcorum », les autorisant à continuer
à célébrer en grec, malgré l'opposition de l'archiprêtre latin
de la ville. Signalons Soleto, dont on a publié une Visitatio
exécutée au nom de l'archevêque d'Otrante en 1607 ■ on J
voit que le clergé grec y comptait quatorze prêtres, un diacre
et sept clercs, en tout vingt-deux ecclésiastiques, seize ma-
riés, quatre veufs, deux célibataires ; mais on y voit aussi
que les prêtres savaient à peine lire les oraisons de la
messe, que l'arcliiprêtre ne l'avait jamais célébrée, et que le
diacre ne pouvait pas dire par qui il avait été ordonné. La
pauvreté de l'église passait l'ignorance du clergé ; quant à la
malpropreté, il vaut mieux n'en rien dire. Signalons enfin Bova
où la cathédrale, avec son chapitre et ses clercs, conserva le
rite grec jusqu'à la fin du xvie siècle.
Les monastères basiliens avaient partagé la décadençe du
clergé séculier, et, comme la plupart des paroisses grecques,
ils s'étaient éteints obscurément au cours du xive siècle : leurs
dépouilles étaient allées aux Cisterciens, aux Bénédictins, aux
Mendian/ts, le plus souvent aux barons. Il n'y avait eu à sur-
vivre que les monastères qui jouissaient du privilège de l'immé-
diateté : ceux-là, qui étaient en même temps les plus riches,
avaient pu, grâce à l'appui du Saint-Siège, défendre leur patri-
moine, et, grâce a leur patrimoine, se perpétuer; mais aussi,
exempts de l'autorité épiscopale, isolés au milieu de popula-
tions qui leur étaient désormais étrangères, ils ne pouvaient
manquer de tomber dans l'ignorance et dans le relâchement.
Il n'y a pas lieu d'insister sur cette décadence monastique,
dont nous trouverons sur notre route trop de traces. Disons
seulement que le Saint-Siège s'appliqua à y remédier avec un
infini respect pour la discipline grecque, que ces moines ne
laissaient pas que de représenter. Il lui eût été aisé, en effet,
de réunir ces quelques couvents, une cinquantaine au total, à
l'ordre de Saint-Benoît ou à celui de Cîteaux, mais il ne le fit
point. En i3^o, nous voyons Urbain V ordonner une visite
des couvents grecs, à l'effet « d'expurger leurs missels de quel-
SXXVIH INTRODUCTION.
ques erreurs qui s'y sont, dit-on, introduites » : mais on ne
trouve aucune trace de cette réforme liturgique dans les eu-
cologes basiliens. En 1 3^3, évidemment à la suite de cette
visite, Grégoire XI se borne à faire distribuer dans tous les
couvents de Tordre des exemplaires grecs de la règle de saint
Basile.
C'est là tout jusqu'à Eugène IV, époque à laquelle Bessarion
écrivait des moines grecs d'Italie, ces paroles souvent citées :
« La plupart, ignorants de la langue grecque, autant qu'Italiens,
ne savent pas même lire l'alphabet de saint Basile. D'autres,
qui ont appris à lire le grec, ne comprennent pas le sens de ce
qu'ils lisent. Un très petit nombre, un peu mieux instruits, l'en-
tendent que bien que mal ». Un chapitre général de l'ordre
de Saint-Basile, le premier qu'on eût vu se réunir, fut convoqué
par les soins de Bessarion et d'Eugène IV, en i446 : il y fut
décrété l'institution de visiteurs ordinaires, chargés de l'inspec-
tion périodique et de la réforme des couvents. Le pape et le
cardinal, qui comprenaient que la portion italienne de l'ordre
de Saint-Basile était le meilleur des arguments à faire valoir
pour réfuter les schismatiques, s'appliquaient à faire revivre
dans cet ordre la pure tradition grecque. Et c'est dans cette
pensée aussi que Bessarion obtenait, en i^6i, du pape Pie II,
qu'on établît à Messine « gymnasia grœca pro monachis graecis
seu calogeris, constituta prœceptori annua mercede aureorum
80 1. camer., solvenda a monasteriis basilianis ».
Nous touchons ici à l'extrême limite de notre sujet, au
moment où l'hellénisme monastique de la Grande-Grèce mé-
diévale et l'humanisme de la Renaissance se rencontrent. Le
« praeceptor », en effet, choisi pour enseigner au gymnase
basilien de Messine, après avoir été au début un moine émigré de
Constantinople, Andronic Gallinoto, était, dès i^6y, remplacé
par le maître helléniste de la Renaissance, Constantin Lascaris.
Désigné par Bessarion, stipendié par les couvents basiliens de
Calabre et de Sicile, Lascaris allait enseignertrente années durant
à Messine, et faire de Messine, pendant cette courte période,
l'heureuse rivale de Venise : c'était le dernier éclat que jetait
avant de s'éteindre l'hellénisme italiote. A Messine, Lascaris
rédigea la première grammaire grecque des temps modernes.
INTRODUCTION. xxxix
A Messine, il forma sa bibliothèque. A Messine enfin, il ensei-
gna, je ne disjpas aux caloyers pour qui Bessarion l'avait appelé,
mais du moins à d'illustres élèves, dont fut le cardinal Bembo,
un Vénitien. « Siciliam tetigimus », — écrivait Pierre Bembo à
son père (1492), lui confiant les mille regrets que Y « aëris mira
temperies » de Messine ne parvenait pas a consoler, — « sed
abstersit nobis omnera molestiam Constantini Lascaris huma-
nissima congressio, qui nos excepit libentissime. ... Erudimur
mira ipsius diligentia, tu m amore prope paterno. Omnino nihil
il I o sene humanius, nihil sanctius... »
Arrêtons-nous sur ce bel éloge du grand humaniste qui était
venu demander à la Grande-Grèce basilienne du pain et une
patrie, en lui rappelant à elle-même ses propres origines, et ces
émigrés qui sept siècles auparavant lui avaient donné cette
langue, cette nationalité, cette culture, bien finies dès lors et
dont le xvi° siècle ne pourra que recueillir pieusement les
reliques.
Le mémoire magistral de M. Capasso, signalé en tête, suffit à indiquer
les sources auxquelles j'ai puisé les faits classés ci-dessus. Il ne me reste
qu'à signaler quelques livres ou dissertations modernes que j'ai utilisés,
— - en outre du traité si estimable de Rodotà {DeW origine, progresso e stato
présente del rito greco in Italia, 1758), des beaux livres de M. Amari [Storia
dei Musulmani in Sicilia, 1 854-7*), T-<î>ncia dî Brolo [Storia délia Chiesa
in Sicilia, 1880), et de F. Lenormaut [La Grande-Grèce, 1881), enfin de la
précieuse collection de l'Institut archéologique du Capkole, la « Biblio-
theca Platneriana », et sans oublier les deux très vieux livres de Barrius et
de Galateus.
H. W. Schulz, Denkmàler der Kunst des Mittelalters in Unteritalien, Dresde,
1860
F. Hirsch, De Italioe inferioris annalibus seec. X et XI, Berlin, 1864.
V. Rose, Die Liike im Dio gènes Laertius und der al te ZJberselzer [Aristippus],
dans le Hernies, 1866.
D. Comparetti, / dialetti greci delC Italia méridionale, Pise, 1866.
A. Salinas, Di un antica iscrizione cristiana rinvenuta in Palermo, Palerme,
1869. (Un exemplaire à la bibliothèque de l'Ecole française de Rome.)
F. Hirsch, Das Herzogthum Benevent bis zum Untergange des Longobardischen
Reichs, Leipzig, 1871.
« Homunculus », Paralipomeni délia storia délia denominazione di Basili-
cata, Rome, 1875.
XL INTRODUCTION.
G. Beltrani, Document i longobardi e grcci per la storia delV Iialia méridio-
nale nel medio evo, Rome, 1877.
A. Rolando, Geograjia politica deW Ilalia impériale nei secoli IX e X, dans
Y Archivio storico italiano, 1880.
O. von Gebhardt et Ad. Harnack, Evangeliorum codex grsecus purpureus
rossanensis, Leipzig, 1880.
A. Engel, Recherches sur la numismatique et la sigillographie des Normands
de Sicile et d'Italie, Paris, 1882.
G. Beltrani, Due reliquie del bizantinismo in Puglia, dans Y Archivio storico
napoletano, 188-2.
F. Brandi! eone, // diritto romano nelle leggi normanne e sveve del regno di
Sicilia, Turin, 1884.
O. Hartwig, Die Uhersetzungs Literatur Unteritaliens in der normann/sch-
staufiwhen Epoche, dans le Centralblatt fur Bihliotliekswesen, 1886.
F. Brandileone, // diritto bizantino neW Italia méridionale dalV VIII al
XII secolo, Bologne, 1886.
C. Diehl, Le monastère de Saint-JSicolas de Casole, dans les Mélanges de
V École fi •ançaise de Rome, 1886.
M. Schipa, Storia del principato longobardo in Salerno, dans Y drchiyio storico
napoletano, 1887.
P. Batiffol, Inscriptions byzantines de Saint-Georges au Vélabre, dans les
Mélanges de l'Ecole française de Rome, 1887.
P. Batiffol, Das Archiv des Griechischen Collegs in Rom, dans la Rômische
Quartalschrift, 1888.
P. Batiffol, Ungedruckte Papstund Kaiserurhunden ans basilianischen Ar-
chivai. Ibid.
G. Mandalari, Fra Barlaamo Calabrese maestro del Petrarca, Rome, 1888.
L. G. de Simone (pseudonyme : H. Aar), Gli studi in Terra d'Otranto,
Florence, 1888 (en partie extrait de Y Archivio storico italiano).
N. Parisio, Due documenti greci inediti délia certosa di San-Stefano del Bosco,
Naples, 1889.
Th. Gsell-Fells, Unter-Italien (des Reiscbûcher de Meyer), Leipzig, 188g.
E. Jordan, Monuments byzantins de Calabre, dans les Mélanges de l'Ecole
française de Rome, 1889.
P. Batiffol, Chartes byzantines inédites de Grande-Grèce, dans les Mélanges
de l'École française de Rome, 1890. (J'ai dressé en tête de ce mémoire la
bibliographie diplomatique de la Grande-Grèce.)
DE
L'ABBAYE
ROSSANO
CHAPITRE PREMIER
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE
L'histoire de l'abbaye de Rossano a fait l'objet d'un petit livre
publié à Naples, en 1 7 1 7, sous le titre de Cronistoria del monistero
e chiesa di Scuila-Maria del Patire, et qui a pour auteur un
basilien, dom Mariano Rende, abbé du Patir dans les premières
années du siècle dernier. Rende a mis en œuvre la vie grecque
de saint Barthélémy de Simeri, que nous possédons dans le texte
original ; il y ajoute quelques détails de son propre fonds, une
description du couvent et des alentours, le récit de plusieurs
miracles opérés par la Vierge Marie en ce saint lieu ; il a eu en
main (assure-t-il) quelques diplômes, dont il cite deux (l'un
est apocryphe). Beaucoup de rhétorique dans le mauvais
goût italien gâte l'ensemble du livre, qui est au total de peu de
valeur, sans cependant être négligeable1. L'histoire de l'abbaye
de Rossano reste ainsi une œuvre à faire : mais les documents
I . Cronistoria \ del monistero, e chiesa | di S. Maria | del Patire | delV ordine di
S. Basilio magno \ scritta dal P. Maestro | D. Mariano | Rende | abate del medesimo
monistero\. Naples, 1 71 7, in-12, 117 pages (Rarissime).
1
2
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
qui nous restent sont si rares, et ils laissent subsister de si
énormes lacunes ! Pour les origines nous avons cette vie de
saint Barthélémy de Simeri, que je viens de citer ; mais, pour
la suite, le cartulaire du couvent, cartulaire où Ughelli a puisé
largement, n'existe plus ; nous n'avons que les diplômes copiés
et publiés par Ughelli, et quelques autres venus à nous par
accident ; la correspondance inédite du cardinal Sirleto fournit
quelques détails sur la fin du xvie siècle1. Pour la fin du
xviii0, on pourrait trouver quelques pièces dans les cartons du
municipe et des notaires de Rossano même ; on me les avait
offertes, je les avais acceptées, je les attends encore. Si peu
qu'il y ait là d'éléments pour écrire une histoire, je vais essayer
cependant de reconstituer et d' « illustrer » de mon mieux celle
de Sainte-Marie du Patir.
I
Il n'y a sur l'origine de l'abbaye du Patir qu'un document
de valeur2 : c'est la vie (en grec) du fondateur et premier higou-
mène du couvent, saint Barthélémy. On n'en connaît qu'un seul
manuscrit, daté de l'année i3o8, le Messanensis 29; une version
latine de ce texte grec avait été donnée par le Père Gaëtano, en
1657, dans ses Vitse sanctorum siculorum\ les Bollandistes ont
depuis publié le texte original, mais d'après une copie faite pour
1. Bolland., Acta sanctorum septembris, VIII, 810 et suiv. Ughelli, Italia
sacra (Rome, 1644-1662, tom. IX). Sur la correspondance inédite du cardi-
nal Sirleto, que l'on me permette de renvoyer à mon petit livre, La Vati-
cane de Paul III à Paul ^(1890), lequel est presque entièrement extrait de
ladite correspondance.
2. Ughelli ^IX, 382) a publié une autre pièce concernant l'origine du
sanctuaire du Patir; c'est, dit-il, un document « ex grœcis codicibus in la-
tinum versum, mihique a nobili viro eruditoque Carolo Blasco canonico
rossanensi transmissum ». Mais cette pièce renferme des erreurs si énormes
(un saint Nil, inconnu d'ailleurs, vivant jusqu'après 1080; Roger envoyé en
Calabre par son frère Robert qui vient d'être fait duc de Pouille, en 1090),
que je n'y veux voir qu'une forgery de basse époque et sans la moindre
autorité. — Elle a été reproduite par les Bollandistes {op. cit., p. 802), qui
pensent que Nil y est mis pour Barthélémy, et que la pièce tout entière
dépend de la vie grecque de Barthélémy. Je le croirais volontiers.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
3
eux au xviie siècle et assez fautive. Je citerai d'après le texte même
du Messanensis, que j'ai collationné en 1889. Quant à l'époque
précise où cette vie a été rédigée, on ne peut la déterminer que
par conjecture : je croirais l'auteur de la fin du xne siècle et
postérieur d'une cinquantaine d'années à la mort du saint (1 i3o)
dont il est l'historiographe. Je le résumerai brièvement.
Au moment où les Normands mirent la main sur Rossano
(1060), les montagnes qui avoisinent la ville et que la ville pro-
tégeait, étaient, comme au temps du grand saint Nil, remplies de
Jaurès monastiques qui en faisaient un véritable aytov opoç. On
voit encore dans la terre d'Otrante de ces sortes de laures :
cellules éparses, toutes du même plan, creusées dans les bancs
de tuf calcaire : chacune de ces cellules était l'habitation d'un
moine; souvent on y retrouve des restes des peintures dont elles
étaient à l'origine entièrement revêtues1. Et dans la montagne
du Patir on montre encore et j'ai visité la Grutta de santi
padri : dans un pli raviné de la montagne, au plus épais du
maquis, auprès d'une mince cascade, un creux de rocher abrité
par un petit mur, où une tradition locale, au moins antérieure au
xviie siècle, voit la propre laure de saint Nil.
Dans une laure de la montagne de Rossano vivait, vers les
dernières années du xic siècle, un moine nommé Barthélémy. Il
y était venu de Simeri, qui est dans le voisinage de Catanzaro,
attiré sans doute, après beaucoup d'autres, par la renommée de
l'aytov ôpoç rossanien, et il habitait avec quelques autres saints per-
sonnages au bord d'un torrent, Tipô; ttvt x£tWP<î> ™o MsXityjvou Xsyo-
pivw : nous verrons un Militinum figurer encore dans un censier
du diocèse de Rossano au xve siècle2. C'est là que Barthélémy
fut formé à la vie ascétique, là qu'il reçut « l'habit angélique »,
et c'est de là qu'il partit pour se retirer en un lieu plus solitaire
encore de la Sila, où il prétendait vivre la parfaite vie érémitique.
Cependant le renom de sa vertu, éclatant malgré lui, attira
auprès du saint ermite nombre de jeunes hommes désireux de
l'imiter, et, comme Barthélémy était tenté de leur donner congé
pour rester fidèle à la solitude, il fut détourné de ce dessein par
, 1. F. Lenormant, Gazette archéologique, 1882, p. isî3; et i883, p. 204.
2. Pièces justificatives, p. 117.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
une apparition de la Mère de Dieu, qui lui dit : « Cesse de rêver
de solitude, je veux te voir demeurer ici et y établir une école
d'âmes, ^xG>v 9povrtcrTrip:ov. » Il s'agissait de bâtir un monastère.
Le cas de Barthélémy, jusque-là assez banal, va se caractériser
à dater de ce moment. Le droit canonique byzantin, en effet, ne
reconnaissait pas aux moines la faculté de posséder : ils n'avaient
que l'usufruit de leurs monastères, la nue propriété appartenant
au particulier, au patron, qui les avait établis ou à l'évêque1. Il
était assez naturel que des réguliers préférassent le patronat d'un
riche laïque à celui de l'ordinaire. C'est ainsi que Barthélémy
eut recours, non point à l'archevêque de Rossano, mais h un
« homme puissant auprès des rois de la terre, Christodule Àm-
miras ». Ce « Christodule Ammiras », vraisemblablement de
race grecque, était un des grands officiers de la cour du comte
Roger, 1' « amiral Christodule » : son nom figure avec ce titre
parmi les souscriptions d'une charte du couvent du Saint-Sauveur
de Palerme, Christodulus iustitiarius et admiraldus , servus
domini mei magni comitis Rogerii, et il est mentionné dans la
plus ancienne charte du Patir, fidelem meum admiratum domi-
num Christodulum , comme l'appelle Roger2. Le biographe
ajoute à ce sujet un mot fort important : c'est que ce fut par
l'intermédiaire de Christodule que Barthélémy entra en rela-
tions avec Roger, disons mieux, avec la comtesse Adélaïde.
Je crois entrevoir là une suite curieuse de la politique nor-
mande.
Prise en 1060, Rossano, qui était une cité où l'aristocratie
grecque était nombreuse et solidement assise, ubi Grseci maxima
ex parte principabantur , Rossano avait accepté avec peine la
suzeraineté normande. En 1093, l'archevêque grec étant mort
et le comte Roger ayant voulu donner le siège vacant à un latin,
le mécontentement de la cité grecque s'était traduit en une
rébellion : Guillaume de Grantménil s'était présenté alors et la
ville s'était donnée à lui; Roger avait dû marcher contre là cité
rebelle, et il ne l'avait recouvrée qu'en lui promettant un arche-
1. Photius, Syntagma canonum, tit. XI (Migne, Patrol. gr., CIV, 835).
2. O. Caietan., Vitœ sanctorum siculorum (Palerme, 1667), animadv. p, 49»
Ughelli, IX, 387. Cf. Montfaucon, Paleeographia grxca, p.38i.
L'ABBAYE DE SAINTE -MARIE.
5
vêque grec1. C'est dire si le parti grec de Rossano était encore
un élément à ménager. Or à ce moment (ce devait être entre
iioi et no4) le comte Roger venait de mourir (juillet 11.01),
laissant deux fils en bas âge et la régence aux mains de leur
mère, Adélaïde; l'autorité de la comtesse, assurée en Sicile,
était précaire en Calabre, que le duc de Pouille ambitionnait de
rattacher à son duché. Les barons normands de Calabre étaient
fort sollicités en ce sens, mais il n'en pouvait aller de même
des Grecs, La politique de la régence devait dès lors travailler
surtout pour ces derniers ; et de là une orientation assez nouvelle
dans la politique normande à leur égard : au lieu de réduire ou
de négliger les Grecs, on va les combler pour les mieux attacher
à la suzeraineté comtale. Les fondations faites par la cour nor-
mande en faveur des Grecs de Calabre datent toutes de ces pre-
mières années du xuc siècle, et n'ont pas, je crois, d'autre sens.
A Rossano donc on ne se contenta pas de maintenir et de doter
l'archevêché grec, importante concession faite à l'aristocratie
grecque de la cité ; mais encore toute cette population à demi
errante de moines et d'ermites grecs, dont on ne s'était point
soucié jusque-là, on résolut de la gagner, elle aussi. Barthélémy
fut l'instrument de cette politique.
Il 'fut de plus l'instrument d'une notable réforme dans le
régime canonique du monachisme grec. Je l'ai dit déjà, le droit
canonique byzantin ne reconnaissait pas aux monastères la faculté
de posséder ; mais il n'en allait pas de même dans le droit
normand, aux yeux duquel un abbé était à cet égard assimilé à
un évêque ; c'était le régime des abbayes bénédictines établies
par le comte Roger à Santa-Eufemia, à Mileto, etc. La cour
normande entendait fonder et doter selon ce régime les abbayes
grecques qu'elle établirait, et voir ces abbayes baroniser comme
les autres. L'amiral Christodule, dit notre biographe, fit con-
naître Barthélémy à Roger et aux siens, auxquels le Seigneur
inspira de pourvoir libéralement à la fondation du monastère :
c'était le premier pas. Le monastère une fois bâti, Barthélémy,
sur l'ordre de la cour, reçut la prêtrise et fut fait abbé du mo-
i. Gaufr. Malaterr., Historia sicula, IV, 21 et 22 (Migne, Patrol. lat.,
CXLIX, 1199).
6
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
nastère : le passage du droit monastique grec au droit latin était
accompli. Et pour le consacrer, le monastère (chose inouïe dans
le droit byzantin *) fut déclaré exempt de la juridiction épisco-
pale : à telles enseignes que Barthélémy reçut la prêtrise des
mains de l'évêque de Belcastro, sufFragant de Santa-Severina2.
L'archevêque de Rossano, Nicolas Maléïnos, lequel appartenait
à une famille grecque très nombreuse et très redoutée, fit vai-
nement à cette nouveauté une opposition acharnée ; mais Bar-
thélémy, poussant à bout l'avantage du droit nouveau, partit
pour Rome et sollicita de la cour romaine le privilège de l'im-
médiateté. Le pape, Pascal II, y consentit sans peine, et l'im-
munité du Patir fut consacrée par une bulle datée de uo55.
L'abbaye grecque de Rossano était fondée ainsi par les Nor-
mands, sur le type des abbayes bénédictines, sous l'immédiate
juridiction de la cour romaine, et, cela fait, Barthélémy partit
pour Constantinople.
Car, poursuit notre hagiographe, les moines de l'abbaye
avaient besoin de manuscrits pour l'interprétation de la Sainte-
Ecriture, étant, à l'exemple de Barthélémy, très appliqués et
très exercés à cette étude. De plus, l'église élevée par Barthé-
lémy sous le vocable de la Mère de Dieu avait besoin de vases
sacrés et d'icones. Barthélémy, accompagné de quelques moines
de son couvent, partit pour la Nouvelle Rome, « la reine des
villes, » et s'en vint trouver les très religieux princes Alexis
(1081-1117) et Irène, lesquels tenaient alors avec une grande
gloire les rênes de l'empire. Il fut reçu par eux et par tout le
sénat avec une haute vénération, et il recueillit des dons nom-
breux et magnifiques, icônes, manuscrits, vases sacrés4.
1. Voy. cependant Millier, Historlsche Denkmdler in den Klostem des Atkos
(ap. Miklosich, Slavische Bibliothek, I, Vienne, 1859), p. i5i, où l'indépen-
dance spirituelle des moines de l'Athos est reconnue par l'empereur
Constantin Doukas, et l'évêque de Hierissos évincé de sa juridiction sur la
Sainte-Montagne (1060).
2. ruvaixô«o).tç, dit la vie de saint Barthélémy : j'identifie ce nom avec
le Gcnecocastrum du provincial d'Albinus et le Geneocastrum du Liber censuum
( éd. Paul Fabre, p. 24).
3. Voy. plus loin, page 16.
4. Le récit du voyage de Barthélémy au mont Athos, tel que le rapporte
notre hagiographe, me paraît très inconsistant : je ne m'y suis donc pas
arrêté. Il y est question d'un riche patricien de Constantinople, Basile Ka-
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
7
Je conjecture que c'est k cet épisode qu'il convient de ratta-
cher l'origine du culte rendu au Patir à la Mère de Dieu sous le
vocable de Nêa-Hodigitria. La cathédrale de Rossano avait une
icône miraculeuse, une image achéropite de la Vierge; l'abbaye
eut aussi la sienne, et ce fut une image de la madone constanti-
nopolitaine connue sous le nom de X Hodigitria, Notre-Dame la
conductrice, chère aux gens qui courent le péril de mer1.
Au xvie siècle , on vénérera encore au Patir une icône de
YHodigitria, et je l'ai vue moi-même dans l'église de Saint-
Pierre à Corigliano où elle est aujourd'hui, mais ce ne saurait
être celle de saint Barthélémy : c'est un panneau à fond d'or
peint sur ses deux côtés, portant au revers le Christ en croix
entouré de la Vierge et de saint Jean, de face la Théotokos à
l'Enfant Jésus sur ses bras (comme les madones de saint Luc)
avec l'exergue :
mp er
II NEA OAHrHTPIA
En bordure, au bas, une élégante inscription en lettres d'or nous
apprend que cette icône fut faite par ordre d'Athanase Chalkéo-
pylo^, archimandrite du Patir, lequel mourut en 1 497 2.
L'abbaye était donc fondée, dotée, privilégiée, meublée, et
n'avait plus qu'à se développer en paix. Elle devint vite une
communauté florissante et considérée. Notre hagiographe relève
avec complaisance que nombre d'higoumènes de laures du
pays et d'au delà demandèrent à y être admis comme simples
moines, et que la communauté fournit en peu de temps plu-
limeris, qui s'étant pris d'une grande affection pour saint Barthélémy, lui
aurait donné le couvent de Saint-Basile qu'il possédait au mont Athos. Saint
Barthélémy aurait réformé ce monastère (pu6[xc'(raç), et « c'est pourquoi
[j-é-^pt rr,ç <77j[j.spov, <x>; cpa<7c, t"o (J-ovaarrjptov xou KaXaêpou Ttapà toÎç eY^wpîoiç èuovo-
y-âÇETîu». Aucune trace de saint Barthélémy, ni de B. Kalimeris, ni du cou-
vent de Saint-Basile, dans l'histoire de l'Athos (voy. Langlois, Le mont
Jthos [introd. au Ptolémée photolithogr. de Didot], 1667).
1. Sur cette madone, voy. Jeta sanctorum octoèris,Yl\ï , 298, et G. Schlum-
berger, Mémoires de la Soc. des antiquaires de France, XLIV (i883), p. 22.
2. AQANASIOU • <I>IAiniIOY • XAAKEOI1TAOS ■ APXIMANAP1THS*
THI • MHTPI • TOT • 0EOT ■ SQTHPIAS • TÛN • IIPOSEPXOMENQN • XAPIN
Cf. Amato, Crono-istoria di Corigliano Calabro (Corigliano, 1884), p. 89
8
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
sieurs évêques aux églises grecques de Calabre. Il cite « Cos-
mas et Isaac, hommes très excellents et très saints, qui vinrent
se mettre sous la direction de Barthélémy, et firent tant avec
lui pour l'accroissement du monastère... » Il parle des étran-
gers et des pèlerins qui recevaient journellement l'hospitalité
au couvent. Il rapporte comment les pauvres y trouvaient tou-
jours porte ouverte, et comme, en un temps de grande famine,
Barthélémy nourrit par miracle toute la population du pays.
L'abondance régnait là avec la vertu, et la main de Dieu était
sur le monastère, témoin le jour où Barthélémy sauva par ses
prières un de ses navires sur le point d'être capturé corps et
biens par des pirates sarrasins, car le monastère possédait jus-
qu'à des navires, et les prières du saint abbé avaient une telle
efficace. Un événement imprévu allait même produire la vertu
de Barthélémy sur un plus grand théâtre.
Il était revenu de Constantinople à Rossano, lorsque « deux
moines d'un couvent de Saint-Michel de Mileto », — j'ai
montré ailleurs qu'il s'agit là proprement de l'abbaye béné-
dictine de Mileto1, — prenant ombrage de la prospérité de
l'abbaye grecque de Rossano, conspirèrent la perte de l'abbé ;
ils l'accusèrent près du roi Roger de concussion et d'hérésie. Je
ne vois pas bien ce que la concussion vient faire ici; mais le
chef d'hérésie est bien autrement significatif. Remarquez en effet
comme jusqu'ici aucune exception de doctrine n'a été soulevée
par personne ; Barthélémy est allé à Constantinople et à Rome,
il est l'obligé delà cour byzantine et le sujet de la cour romaine,
sans que, ni l'une ni l'autre, surtout l'autre, lui aient demandé
de répudier quoi que ce soit. Et notez que cette attitude de la
cour romaine à l'égard des Grecs, soit moines, soit clercs, de
l'Italie méridionale persistera jusqu'au delà du xme siècle;
abbés et évêques, alors même qu'ils seront sous l'immédiate
juridiction du Saint-Siège, ne seront inquiétés par lui ni pour
leur symbole, ni pour leur rituel. C'est un cas unique que cette
accusation d'hérésie portée au xne siècle par ces moines de
Mileto contre l'abbé de Rossano; et j'ai hâte d'ajouter que
l'abbé de Rossano en sortit indemne. La cause, en effet, fut
i. P. B., Chartes byzantines inédites de Grande— Grèce (ubi supra).
L'ABBAYE DE SAINTE -MARIE.
9
portée devant le roi Roger et Barthélémy mandé à Messine pour
y comparaître devant une sorte d'inquisition; mais le procès
tourna si parfaitement à la justification de Barthélémy, que
Roger lui offrit incontinent de fonder à Messine un monastère
grec sur le modèle de celui de Rossano.
Ce fut là l'origine de l'abbaye du Saint-Sauveur de Messine,
établie à l'endroit même où l'on avait pensé, dit-on, dresser le
bûcher de Barthélémy, c'est-à-dire à cette pointe de l'isthme
qui entoure de son croissant l'admirable port de Messine, une
langue de terre terminée par un phare, lingua fari. Au Patir
Barthélémy prit douze moines, qui, sous la conduite d'un autre
religieux du Patir, nommé Luc, établirent la première abbaye
grecque de Sicile. Le Saint-Sauveur, en effet, était un des tout
premiers monastères grecs que la monarchie normande insti-
tuait en Sicile; Barthélémy obtint qu'il aurait juridiction sur
tous ceux qui seraient fondés à l'avenir, assurant ainsi au mona-
chisme grec tel qu'il l'avait réformé comme un monopole et
privilège royal1.
Le Saint-Sauveur établi, Barthélémy rentra à Rossano pour
y attendre sa fin qui approchait. Il choisit pour lui succéder
dans la charge d'higoumène de Sainte-Marie un de ses religieux,
qui/ comme le premier archimandrite de Messine, portait le nom
de Luc ; il lui imposa les mains « ainsi que Moïse avait fait au
fils de Nun », et à quelque temps de là, le 17 août n3o, il
mourut. On l'enterra dans l'église même de l'abbaye, qui en
mémoire de lui ne devait plus s'appeler désormais que l'abbaye
du Père.
De saint Barthélémy de Rossano il ne restera point de souve-
nir littéraire comme de l'archevêque Théophane ou de Nec-
tarios de Casole: il n'aura été ni un orateur, ni un mélode. Et sa
physionomie de saint n'aura pas davantage le caractère singulier
et presque romanesque de celle de saint Nil. Barthélémy a été
un organisateur, il l'a été éminemment, mais rien de plus: il est
l'homme de la réorganisation monastique qui suit en Grande-
Grèce la conquête normande. Ce rôle lui marque sa place dans
1 . R. Pirri, Sicilia sacra (1647), ^1 4 et suiv. La date exacte de la fondation
du Saint-Sauveur n'est pas connue : on doit, je crois, la placer un peu
avant 1129. Cf. Bolland., Acla sanctorum septembvis, VIII, 806.
19 L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
l'histoire religieuse du moyen âge grec tout à côté de saint
Athanase et de saint Christodule, les deux initiateurs de la réforme
monastique au xe siècle.
II
Si nous voulons voir de près ce qu'est l'histoire d'une abbaye
basilienne du xnc au xve siècle, ce n'est pas au Patir qu'il
la faut chercher : Barthélémy en effet une fois disparu, la source
des renseignements est tarie. C'est a Messine et à Carbone que
l'on doit aller pour avoir quelques clartés sur cette période.
Carbone est, comme Messine, une colonie du Patir, non plus
en Sicile, mais en Basilicate *. C'est, dans une vallée ouverte au
midi, sur un affluent du Sinni, le Serrapotamo, une terre fertile
etgiboyeusede chênaies, de vignes et de châtaigneraies. Dès 1069 ,
nous y constatons l'existence d'un centre monastique : on nous
parle d'un higoumène, « le bienheureux Luc », qui, partant en
pèlerinage pour la Terre-Sainte, témoigne par écrit que son cou-
vent est une fondation de saint Luc d'Armento, lequel a eu pour
successeur le bienheureux Biaise, puis Mennas « qui fut fait
esclave », puis « Etienne surnommé Théodule ». A peine les Nor-
1. Sources : P. E. Santorio, Historia monasterii carbonensis (Rome, 1601);
P. Menniti, Chronicon carbonense (inédit), Archiv. Vatican., dossier Basiliani;
Ughelli, Italia sacra, VII, 108 et suiv. ; P. B., Ungedr. Papst-und Kaiser urk.
aus basilianischen Archivait (Rômische Quartalschrift, 1888, p. 36 et suiv.). Sous le
titre de dossier Basiliani, je désigne une layette de pièces du xvie au xvme siè-
cle provenant du couvent de Saint-Basile de Urbe, procès-verbaux des cha-
pitres, actes de visites, registres de lettres et autres pièces concernant le
gouvernement de l'ordre, enfin plusieurs manuscrits et brouillons de Men-
niti. Je ne saurais dire comment ce paquet est parvenu aux Archives du
Vatican. Voy. cependant quelques détails sur les archives romaines en 1798-
1799 dans le Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France pour
1889, p. io6-n3. Les pièces du dossier Basiliani ne sont ni classées ni
numérotées.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
mands sont-ils établis, que nous voyons une famille normande,
les Chiaramonti, prendre le patronat d'un couvent grec à
Carbone. Puis interviennent dans un patronat tout semblable
Robert Guiscard, Boëmond, Robert le Sénéchal, finalement
(ii 3g) le roi Roger. Tout cela est très confus. Ce qui est net,
c'est que, le couvent grec de Carbone ayant perdu son abbé,
Vital successeur d'Etienne surnommé Théodule, les moines
a grand" istanze e preghiere obtiennent pour abbé un moine de
Rossano nommé Nil.
Qui est ce Nil de Rossano ? Je le trouve mentionné comme
abbé de Carbone dans deux diplômes de Boëmond II, prince
d'Antioclie (1120 et 1126), dans un diplôme d'Alexandre
Chiaramonte (1126), dans un contrat daté de n 29, dans un
diplôme du roi Roger (1 132) ; il dut mourir entre 1 i36et 1 139.
C'est tout ce que l'on sait de lui, ajouté à ce fait qu'il était de
Rossano. Mais ce fait nous autorise, je crois, à voir en lui un disciple
de saint Barthélémy, mandé a Carbone pour réunir en une com-
munauté régulière sur le modèle de celle du Patir la population
monastique des montagnes de Raparo, et à voir dans l'abbaye
de Saint-Élie de Carbone une colonie issue de l'aycov 6po; rossa-
nien, selon ce que nous dit le biographe de saint Barthélémy, ut
muita ex hoc uno domicilia monachorum derwarint*.
Nil de Rossano, premier abbé de Saint-Elie de Carbone, a pour
successeurs les abbés Hilarion, Euthymius, Luc, Cyrille, Barthé-
lémy, Hilarion II : c'est la belle époque de l'abbaye, comme en
fait foi son cartulaire. J'y relève la charte (n45) par laquelle
l'abbé obtient justice contre le « catapan de la vallée duSinni»;
la charte (1 i5g) par laquelle l'abbé obtient gain de cause contre
l'évêque deMarsico par-devant l'archevêque de Palerme et l'abbé
de La Cava; la charte (1 167) par laquelle l'abbé est chargé parle
roi Guillaume II « de la réforme des monastères de Calabre, de
Pouille, de Sicile, et de la province de Salerne jusqu'au Lao » ; la
charte (1 172) par laquelle l'abbé obtient gain de cause par-devant
le roi Guillaume II, contre l'évêque d'Anglona ; la charte (1 1^3)
par laquelle l'archevêque de Bari reconnaît à l'abbaye la pro-
priété de l'église de Saint-Siméon sise à Bari et donnée par Robert
1. Bolland., Acta sanctorwn septembris, VIII, 818.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
Guiscard. Les faveurs de la cour normande, non plus que celles
de la cour souabe, ne manqueront pas à l'abbaye : tous les princes
normands figurent dans son cartulaire ou dans ses diptyques à
titre de bienfaiteurs insignes : Robert Guiscard, Boëmond, le roi
Roger, les deux Guillaume, Tancrède, ajoutons Constance et
Frédéric II. Carbone paraît avoir incorporé à sa mense toutes les
propriétés basiliennes de Basilicate et au delà : les monastères de
Sainte-Marie à Scanzano, de Saint-Nicolas à Pertoso, de Saint-
Nicolas à Senise, de Saint- André à Rotondo, de SS. Philippe et
Jacques à San-Chirico, de Saint-Michel à Castronuovo, de Santi-
Quaranta et de Sainte-Marie de Schiavoni à Cerchiara, de Saint-
Barthélemy à Tarente, de Saint-Michel à Raparo, de Saint-Phi-
lippe à Teana, etc., les églises de SS. Philippe et Jacques à
Sarcori, de Saint-Philippe de Palatiis à Senise, de Saint-Philippe
de Beniamino à Teana, de Saint-Siméon àBari, de Saint-Pierre <i<?
Guarino à Policoro, etc. *. La prospérité de notre riche abbaye
se maintient jusque vers le milieu du xme siècle.
Mais à dater de cette époque le déclin commence et il va se
précipiter. A la chute de la maison de Souabe, Saint-Élie a beau
passer sous la protection immédiate du Saint-Siège, les brèches
se multiplieront dans sa fortune : le cartulaire ne marquera plus
de donations princières, mais quelques legs insignifiants de par-
ticuliers, beaucoup de contrats de vente et trop de procès : les
barons du voisinage usurperont les terres abbatiales, et les uassali
ne payeront plus ni dîmes ni fermages. Les seigneurs de Bisignano
achèveront la ruine du couvent : c'est en 1477? l'abbé part pour
Naples pensant obtenir justice contre les Bisignani, mais ceux-ci
le dénoncent à Rome comme un « fauteur de rixes et un démo-
niaque » ; il est, sur un rescrit de Sixte IV, cité à comparaître
devant Tofficialité diocésaine d'Anglona, qui lui donne tort, le
déclare déchu de l'administration de l'abbaye, le jette en pri-
son, et la cour romaine sanctionnant l'arrêt met l'abbaye en
commencle. Saint-Élie de Carbone, qui ne comptait plus à ce
moment que cinq moines, n'aura désormais pas plus d'histoire
qu'une ferme.
i. Voy., à la fin du Chronicon carbonense, une liste, dressée par Menniti,
des propriétés et juridictions de l'abbaye de Carbone.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
r3
Autre est la fortune du Saint-Sauveur de Messine1.
Le bâtiment de style espagnol, flanqué d'une église de ce
même style pompeux, que Ton rencontre sur la gauche au sortir
de Messine par la route du Phare, San-Sah>atore de Grec/', n'est
point le couvent primitif, celui de saint Barthélémy. Le Saint-
Sauveur n'est là que depuis i54o, où Charles-Quint détruisit le
vieux couvent de llngua fari pour élever à la place le forte del
San-Salvatore qui commande encore aujourd'hui le port et le
détroit. Situé à l'origine ad apicem isthmi, au milieu du mouve-
ment des navires et des flots et comme entre la Sicile et la
Calabre, la grande abbaye grecque de Messine était dans une
situation incomparable, qui à elle seule l'eut désignée à être le
premier des monastères basiliens du royaume normand.
Ici encore, comme à Saint-Elie de Carbone, deux périodes
exactement coïncidentes : l'une de prospérité jusqu'au milieu du
xme siècle, l'autre de déclin implacable jusqu'au xve. Il suffit de
parcourir le cartulaire du Saint-Sauveur pour s'en rendre compte.
Voici d'abord une série de bulles pontificales consacrant Fim-
médiateté et les privilèges de l'abbaye, délivrées par Alexan-
dre III, Célestin III, Innocent III, Honorius III, Grégoire IX,
Alexandre IV, Clément IV, Martin IV, Nicolas IV, Boniface VIII,
Clément V, Jean XXII, Clément VI, Urbain VI, Calixte III,
Sixte IV, etc. Les bulles consacrent et protègent les droits
ecclésiastiques : voici qui les crée. La monarchie normande est
représentée par une longue série de chartes grecques : du roi
Roger, instituant, dotant et protégeant l'abbaye (n3o et suiv.);
lui conférant ( 1 1 36) la propriété de l'église de la Théotokos
tîjç pfvaç sise au mont Etua, ou (1140) du couvent de Saint-
1. Sources : Cartularium Sancti-Salvatoris Messanensis (inédit) dans le Vatican,
lat. 8201; R. Pirri, Sicilia sacra, III, i-5o; P. B., V archive du Saint-Sauveur
de Messine [Revue des questions historiques, 1887, p. 555 et suiv.); R. Starrabba,
Di un codice vaticano contenente i privilegi delï1 archimandritato di Messina
(Archivio storico siciliano, 1887, p. 4^5 et suiv.).
i4
L'ABBAYE DE SAINTE- MARIE.
Georges de Siacca élevé par le comte Roger en souvenir des
chrétiens qui furent massacrés là, vnep py-fair^ twv ènéïos âvaipeGsvcwv
XptffTiavôv ; exemptant (1146) de toute douane les bateaux de
l'abbaye, soit qu'ils viennent de Calabre, soit qu'ils viennent de
Sicile; confirmant (1148) à l'abbaye la propriété de la terre
d'Agro, que lui conteste « Amuras » et quelques autres ôç<pixiàXtoi.
Puis voici (1 167) un diplôme du roi Guillaume II et de sa mère
Marguerite confirmant au Saint-Sauveur la propriété de Saint-
Nicolas de Drosi; un autre, de l'empereur Henri VI (1195)
renouvelant tous ceux de Roger, de Guillaume Ier et de Guil-
laume II; autant (1196-1197) de l'impératrice Constance ; autant
(1200) de l'empereur Frédéric II, et du même (1210) la dona-
tion d'une terre en Calabre en payement des vingt-deux mille
trois cent cinquante florins d'or fournis par l'abbaye au chance-
lier du royaume de Sicile, cum pro exequendis servitiis nostris
apud Messanam pecunia plurimum indigeret.
Normands et Souabes ont fait du Saint-Sauveur une abbaye
opulente et puissante. Elle possède : en Sicile, l'église Saint-Léon
et l'église Saint-Etienne à Messine, Saint-Nicolas de Yse, Saint-
Jean de Psichro, Saint-Nicolas de Pellera (alias naXépcç), Saint-
Mercure de Traîna, Saint-Nicolas de Canne to (al. too KaXanîtÇou),
Saint-Nicandre de sancto Nico (too àyîou Ncxwvo;), Saint-Rarbaros
de Demenna, Saint-Pierre de Deca, Saint-Elie de Scala-Oliveri,
Saint Jacques de Calo, Sainte-Marie de Mallimachi, Saint-Pierre
de largo flumine (™a itXatù %oza\io^ , Santa- Venere de Venella
(ày. Ilapa<7xeu7) toS BsvéXou), Saint-Théodore de Milazzo (al. tov MuXwv),
Sainte-Anne et Saint-Nicolas de Monforte, Saint-Georges de
Troclo (tfflv TpôxXwv). En Calabre, elle possède Saint-Pancrace
d'Umbriatico, Saint-Nicolas de Drosi, Saint-Vit de Buzaiw,
Saint-Théodore de Nicotera, Sainte-Jérusalem, Saint-Conon,
Saint-Jean de Frulizano, Catona, Kerufulli, Tuchi. — L'abbaye
a juridiction en Sicile sur Saint-Nicandre de Messine, le Saint-
Sauveur too 7ip£aêuTépou SxoXaplou5 Sainte-Marie de Massa, Saint-
Pierre d'Agro, Saint-Philippe de Messine, Saint-Pierre d'Itala,
le Saint-Sauveur de Plaga (t^ç rcXaxàç), Saint-Elie de Embola,
Saint-Rasile de Traîna, Saint-Philippe de Demenna (al. de Fra-
galà), Saint-Michel de Rrolo, Sainte-Marie de Gala, Saint-Gré-
goire de Gesso. En Calabre sur Saint-Phil arête de Seminara,
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
Saint-Jean de lauro, Saint-Fantin, Saint-Pancrace de Scilla *.
L'abbé du Saint-Sauveur a ainsi juridiction sur presque tous les
établissements basiliens de Sicile. Il a seul le titre d'archi-
mandrite. Dans ses terres et obédiences il a banc de justice
au civil et « juridiction quasi épiscopale » au canonique. Il a
les insignes pontificaux et le droit de faire porter la croix devant
lui comme un métropolitain. Il est sûrement, avec l'abbé béné-
dictin de Montreale, le plus grand seigneur régulier du royaume.
Avec l'arrivée des Angevins le déclin commence. Aucune
trace de la maison d'Anjou dans le cartulaire de Messine, non
plus que dans celui de Carbone. Il faut descendre jusqu'au roi
Martin (1397) et *l Alphonse Ier (i422) pour rencontrer une in-
tervention de la cour de Naples en faveur de l'archimandritat,
pendant que nombre de ses droits sont envahis, que les bulles
pontificales fulminent en vain l'excommunication contre les usur-
pateurs de ses biens, et que le cartulaire s'emplit de sentences
de procès. Nous arrivons ainsi péniblement à la Renaissance et à
la date de i456, où le cartulaire enregistre une sentence du
cardinal camerlingue de la S. E. R., excommuniant les déten-
teurs de biens du Saint-Sauveur, à la requête de Pierre Balbo,
procureur du « Révérendissime cardinal de Nicée » : l'abbaye
vienj. d'être mise en commende et c'est à Bessarion qu'elle a été
dévolue.
Telles sont, pour ces deux abbayes issues de celle de Rossano,
les lignes générales de leur chronique du xn° au xve siècle : il
importait de les marquer pour suppléer aux énormes lacunes
que présente le cartulaire rossanien. Ce cartulaire en effet,
1. J'ai suivi rémunération de la bulle d'Alexandre III, Ier novembre 1175
(Jaffe, Regesta pontificum romanorum, n° 11S10). Notez cependant que Saint-
Nicolas de Calamizi était en Calabre, diocèse de Reggio, et non en Sicile.
Saint-Nicandre, diocèse de Messine, avait été fondé en iog4 par Roger :
voy. le diplôme de fondation délivré au « moine Biaise » dans le Vatican,
lat. 8201, fol 92. De Saint-Nicolas de Drosi le même ms. nous fournit plu-
sieurs chartes intéressantes, la plus ancienne est de ni3 et délivrée par
Roger [II] à 1' « abbé Méthodius » (//>/*/., fol. 97). La terre de Tucbi est
L'A BBAYE DE SAINTE - MARIE.
Ughelli l'a connu et utilisé : Plura et pêne innumera monumenta
in membranis tum grsecc tum latine scripta propriis libuit oculis
usurpare, nous dit-il1. Mais il y a fait trop peu d'emprunts à
notre gré, pauca exscripsimus : et aujourd'hui toute trace de ce
riche chartrier a disparu. Je vais dresser l'inventaire sommaire
des pièces que nous en connaissons.
1105. Roger, comte de Calabre et de Sicile, à Barthélémy,
abbé du monastère de la Sainte-Mère de Dieu ocligitria : il lui
confirme la propriété de la terre de Saint-Pierre de Corigliano,
de la terre de Saint-Maur de Rossano, laquelle comprend elle-
même les casalia de Cefalino, San-Giorgio et La Cona. Mes-
sine, septembre 6612 (MCIII), indiction 12. Charte grecque,
authentiquée d'une bulle d'or, souscrite par l'évêque de Messine,
Goffridus, et quelques barons2.
1105. Pascal II, souverain pontife, à Barthélémy : il exempte
le monastère de la juridiction du siège de Rossano, et le met
sous l'immédiate protection de saint Pierre. Cette bulle est
mentionnée dans la bulle d'Innocent III, que l'on trouvera plus
loin, et avec sa date dans [la souscription du Vatieanus 2o5o5.
Elle manque aux Regesta de JafFé (20 édit.).
1111. La comtesse Berthe de Loritello à l'amiral et protono-
taire Christodule : elle lui cède Saint- Apollinaire de Cojichili\le
Coscile], ci-devant propriété de 'Asxyiytivou ÏIopT^sXXYjç, pour que
donation en soit faite au monastère de la vswBYiYTjTpiaç Tousiavou et
au très chaste vieillard l'higoumène Barthélémy et à ses succes-
seurs.Fait à Messine, novembre 6620 (MCXI), indiction 5. Charte
grecque, authentiquée d'une bulle de cire, souscrite de huit noms4.
mentionnée dans un diplôme de Frédéric II, daté de 1202 (ibid., fol. i5);
le lazaret de Catona dans une bulle d'Innocent III, 23 juin I2i5 (ibid.,
fol. 44) ; Saint-Pancrace de Scilla dans un acte de son prieur, Néophite,
daté de 1829 (ibid., fol. 364). Sur ce dernier monastère, voy. Minieri-
Riccio, Saggio di codice diplom. (1878), suppl., I, 6, et A. Salinas, Di un di-
ploma grcco del mon. di San Pancrazio di Scilla dans YArchiv. stor. siciL, 1882.
1. Ughelli, IX, 385.
2. Ughelli, IX, 386: version latine ancienne. Incipit : Bonum et optimum
ante Deum est omnes benefacientcs.
3. Pièces justificatives, p. i54-
4. Montfaucon, Palxographia, p. 396 : en grec d'après l'original apparte-
nant alors à l'archive de Saint-Basile de Urbe. Incipit. : SiycXXcov yeva(ji.evov
-rcap' è|xoO BépTY)ç. Sur les Loritelli, voy. A. Engel, Numismatique, p. 46.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE. 17
1412. Hugues de Chiaramonte, fils d'Alexandre de Chiara-
monte, et ses frères, à Barthélémy, abbé du monastère de la
Sainte-Mère de Dieu néaodigitria : fis confirment à l'abbé et à
ses successeurs la terre de Saint-Apollinaire donnée « ecclesise
Patiri » par « Fulco de Balbeuerig Cbristodulo Ammiral » . Fait
li..., mars 11 12, indiction 5. Charte souscrite par Henri,
évêque de Nicastro, et quelques autres. Apocryphe1.
lifl 2. Fulco de Basugerio, à la requête de Christodule Am-
miratus, confirme la donation faite par ce dernier de la terre
de Saint-Apollinaire à l'abbaye de la Sainte-Mère de Dieu. Fait
à. .., novembre 11 12, indiction 5. Charte..., souscrite par Fulco
de Basugerio et quelques autres. — Rende dit de ce diplôme :
« E l'originale autentico in carta membrana, suggellata col sug-
gello del comte Ruggerio : conservasi nell' archivio del mo-
nistero, insieme colli stromenti2 ». Apocryphe.
1122. Mabilia [fille de Robert Guiscard] et Guillaume de
Grantménil [mari de Mabilia] à Barthélémy, abbé du mona-
stère de la Sainte-Mère de Dieu de néa odygitrea : ils lui font
donation de tout ce qu'ils possèdent entre les deux fleuves Crati
et Conchili [le Coscile, affluent de la rive gauche du Crati].
Suit la délimitation du domaine. Fait à..., août 663o (MCXX1I),
1. Ughelli, IX, 559 : en latin « ex Patiri tabulario ». Incipit : Ego Hugo
de Claramonte films Alexandri. Le diplôme ci-après du roi Roger (n3o) men-
tionne l'église de Saint-Apollinaire comme appartenant dès cette époque à
l'abbaye, et un Hugues de Chiaramonte comme ayant fait des donations à
l'abbaye. 11 n'y aurait donc pas lieu de s'étonner de voir au cartulaire figurer
à cette date des diplômes mentionnant et Saint-Apollinaire et Hugues de
Chiaramonte. Malheureusement pour notre diplôme, il appert du cartulaire
de Saint-Elie de Carbone que Hugues de Chiaramonte vivait vers 1074-
1077, et qu'il eut pour fils Alexandre et Richard de Chiaramonte, lesquels
vivaient encore vers 11 26- n 45 : d'où la difficulté d'admettre en 11 12 un
Hugues fils d'Alexandre. Ajoutez que l'abbaye n'a commencé de porter le
titre de Patir qu'après n3o. Ajoutez l'expression inouïe : « Fulco de Bal-
beurig. Christodul. Ammiral ». Autant de raisons de soupçonner ce diplôme
d'être de fabrication tardive. — Voy. plus loin, pag. 35.
2. Rende, Cronistoria, p. 89, en latin. Incipit : Ego Fulco de Basugerio
notum facio. Impossible d'admettre que cette pièce latine soit un diplôme
original du xne siècle, et que, émanant d'un particulier, Foulques de Basu-
gerio (inconnu d'ailleurs), elle soit authentiquée du sceau de Roger. Cette
pièce a pu être fabriquée à l'occasion du procès de l'abbaye du Patir contre
les Bisignani, en i5io. Rapprochez-la delà pièce apocryphe ci-dessus, attri-
buée à Hugues de Chiaramonte.
18 CHAPITRE PREMIER.
indiction i5. Charte grecque, souscrite par... (les noms man-
quent)1.
1128. Mabilia, « fille du bienheureux Robert Guiscarcl »,
à Luc, abbé du monastère de pâtre et matris id est norœ odi-
gytrea : elle lui confirme les propriétés et droits énumérés par
la bulle de N. S. P. le pape, c'est à savoir le droit de pacage
au printemps et en été sur les terres de la couronne à Isola, plus
la propriété de l'église de Saint-Constantin donnée à l'abbaye
par Jean, évêque dTsola, y compris les terres dépendantes de
ladite église et le moulin de Céramida, propriété à laquelle la
princesse ajoute la donation d'un groupe de terres attenantes à
celles de l'évêque d'Isola. Fait à..., février 6636 (MCXXVIII),
indiction 10. Charte authentiquée d'une bulle de cire,
souscrite du nom de Mabilia2. Apocryphe.
1150. Le roi Roger à Luc, abbé du monastère de la Sainte-
Mère de Dieu et véaç ôôyiyiTpîaç tou %axp6c, : il confirme à l'abbé, qui
vient d'être investi par « notre domination » de la charge abba-
tiale, toutes les propriétés que le couvent a reçues des princes
ses prédécesseurs, de lui ou d'autres donateurs : c'est à savoir,
dans le Val di Crati, la terre toO 'Actxyitttqvou Uop^èllriç, comprenant
l'église de Saint- Apollinaire, donation de l'amiral Christodule;
le couvent de Sainte-Marie ^xaXbwVj au diocèse de Mileto;
l'église de Saint-Constantin à Isola ; la terre de Saint-Maur,
donation de l'amiral Christodule; la terre de Rocca di Santa-
Severina, donation de Guillaume de Grantménil, et toutes autres
dépendances sises à Rossano, à Saint-Maur et dans le Val di
Crati ; sont confirmés tous les diplômes délivrés au monastère
par Hugues de Chiaramonte et Guillaume de Grantménil. Fait
à Messine, mai 6638 (MCXXX), indiction 8. Charte grecque,
authentiquée d'une bulle d'or, souscrite par le roi Roger5.
1. Ughelli, IX, 387 : version latine. Incipit : Qui in religioso et honesto
seu venerabili consentit persévérant. Sur Mabilia et Guillaume de Grantménil,
voy. A.. Engel, Numismatique, p. 2-3.
2. Ughelli, IX, 680: en latin. Incipit : Quoniam ego Mabilia de providentia.
Dans ce diplôme la date est fausse, car à l'année 6636 correspond l'indic-
tion 7; l'adresse est fausse, car Luc n'était pas abbé en 1129 et le mona-
stère ne portait pas le nom de Patir [de pâtre) avant n3o; enfin, en 1222,
lors du procès de l'abbé du Patir et du prieur d'Isola, aucune mention ne
sera faite de ce diplôme.
3. Montfaucon, Palseographia, p. 397 : en grec, d'après une copie de l'ar-
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE. 19
1164. Robert, évêque d'Umbriatico, confirme les privilèges
du prieuré de Saint-Étienne, fondé et doté par les rois Roger et
Guillaume, au profit de l'abbaye de Sainte-Marie du Patir, à
condition que, le 7 août de chaque année, le prieur donnera à
la cathédrale d'Umbriatico une mesure d'huile et trois cierges,
l'évêque s'engageant en retour à fournir au prieur les saintes
huiles. Fait à..., Ier décembre 6673 (MCLXIV), incfietion i3.
Charte grecque, dressée par Filotetto (?), moine abbé Sanctœ-M 'ci-
vilise (?), souscrite par l'évêque Robert1. Très suspect.
1189. Roger de Durci, commissaire royal, rend un arrêt dans
le procès pendant entre Nestorius, abbé du Patir, et un sieur
Gérard, au sujet d'un tenimentum aliéné illicitement, quarante
ans auparavant, par Cosmas, depuis archevêque de Rossano,
alors abbé du Patir. Fait à..., juillet 1189, indiction
1198. On lit dans le Liber censuum : « In archepiscopatu Rosa-
nensi qui nullum habet suffraganeum. . . , monasterium Sancte
Marie de Patiro imam unciam auri annis singulis, ratione exem-
ptionis per felicis recordationis dominum Innocentium III, anno
domini MCXCVIII, septimo kalenclas maii, pontificatus eius anno
primo concesse, prout constat per bullam eius que registrata est
libro secundo diversorum domini Paulipape II, fol. CCXVIIP. »
Cette bulle du a5 avril 1198 manque aux Regesta de Potthast.
Le texte qu'en donne le recueil manuscrit des Dwersn de Paul II,
— collât., y est-il dit, origiualibus aiitiquissimis bullis et con-
cordat, signé Gaspar Blondus, — ce texte est le même que
celui de la bulle d'Honorius III ci-après*.
chive de Saint-Basile de Urbe. Trinchera, Sjllobus grxcarwn membranarum
(i865), p. i38 : en grec, d'après une copie de l'archive de Naples. Incipit :
Eùaeëou; ôiavoéaç xoù (3a<nXcx-?îç <piXo<ppo<rvvï)ç. C'est une copie ancienne vidi-
mée par « Cosmas, humble moine et archevêque de Rossano » et quelques
autres, dont un auvà-uop MaXévoç.
1. Grotta Ferrata ms. Z, ô, XXXII : copie du xvir2 siècle. Incipit : Toi
ôe/eaSpicov {Jlyjv. Trjç ivôcx. iy' Etç ty]V npiôx-qv èyo) PoTcépxoç èXéco 6eou è'iziaY.oizoç
e'jpcaç.. A noter que ce prieuré de Saint-Etienne n'est mentionné dans au-
cune autre de nos chartes, non plus que celui de Sanctse—Marinœ .
1. Ughelli, IX, 389 : « Cosmas... cujus prima mentio in cartulario Patiri
habetur anno 11 87 et clarius in veteri membrana eiusdem scripta anno 11 89,
mense iulii, ind. 7, continente exemplar iudicii Rogerii de Durci, etc. »
Ughelli analyse seulement le document.
3. Liber censuum (éd. Paul Fabre), p. 23.
4. Archiv. Vatican., Paul '. Il '. Diver. cam. 1467 adi^o, lib. II, fol. 2i8'-220.
20
CHAPITRE PREMIER.
12IG. Honorius III à Nicodème, archimandrite du monastère
de la B. V. Marie de Patirio : à l'exemple de Pascal II, le pape
prend sous sa protection et celle de saint Pierre le monastère du
Patir et tout ce qu'il possède de biens, dont l'énumération suit.
C'est à savoir : la terre même où s'élève le monastère et tout ce
qui en dépend; l'église de Sainte-Marie de Orsino, celle de Saint-
Nicolas de Lista (y compris les ecclésioles de Saint-Biaise et de
Sainte-Marie de Câbla), celle du Saint-Sauveur à Brindisi, celle
de Saint- Apollinaire de Conchili, celle de Sainte-Marie de Scalito,
celle de Saint-Pancrace de Grœca, celle de Saint-Onufre in Ca-
lonati, celle de Saint-Nicolas de Peniga, celle de Sainte-Hélène
de..., celle de Saint-Constantin de Otece, celle de Sainte-Marie
de Alimento, celle de Saint-Nicolas de Donna, celle de Saint-
Denys de Casubono; les « casalia » de Crepacore, de Labonia,
de San-Giorgio, de Cefalino, de Lilacconi; un « casale apud
Cassanum », un autre « apud Rossanum ». L'abbaye aura le pri-
vilège du for pour tous clercs ou laïques qui dépendent d'elle ;
plus l'exemption de la juridiction de l'ordinaire, à charge toute-
fois de recourir à lui pour les saintes huiles, les ordinations et
les consécrations d'autels ou d'églises; enfin le droit d'instituer
notaires, protopapas et autres officiers dans ses « casalia » et
églises. Fait à Spolète, le 27 août, l'an Ier du pontificat, indic-
tion 4 1 •
1222. Luc, archevêque de Cosenza, désigné par le Saint-
Siège pour connaître du différend qui se débat entre l'abbaye
du Patir et le couvent de Saint-Julien d'Isola. au sujet d'un
tenimentum sis à Isola, se déclare incompétent, et envoie les par-
ties se pourvoir à leur choix devant la cour royale ou à Rome.
Fait à Cosenza, le 27 juin 1222, indiction 10, Charte latine,
authentiquée du sceau archiépiscopal, souscrite par l'archevêque
et trois de ses chanoines. — Dans cette sentence de l'archevêque
de Cosenza sont citées : i° « . . . Quasdam literas impériales apertas
cum setacera bullatas, quibus mandabatur justitiariis et camerario
Calabrise, ut non molestarent monasterium Patiri in possessioni-
bus... et omnibus quœ in eisdem literis apertis ipsi monasterio
1 . Ughelli, IX, 392. Potthast, Regesta pontificum romanorum, n° 35y. Incipit :
Regularem vitam eligentibus.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE.
2 I
imperialis auctoritas confirmabat » ; il s'agit vraisemblablement
là d'un diplôme de Frédéric II, empereur depuis 1220; — 20 une
sentence de Michel de Rossano, camerarius Calabriœ, confir-
mant au Patir la propriété du tenimentum de Saint- Julien d'Isola,
et tout ce que l'abbaye y tient des donations du comte Raynerius
Marchîsottus et du comte Etienne, son fils, laquelle sentence est
dite être rédigée en grec1.
1225. Frédéric II, empereur des Romains et roi de Sicile,
désigne Luc, archevêque de Cosenza, et Terrisius, évêque de
Cassano, à procurer un accord entre l'abbé de Saint*Jean de
Flore et l'abbé du Patir, au sujet de pâturages de la Sila que les
deux abbayes revendiquent chacune pour soi. Fait à Crotone, le
1 8 mai 1 223, indiction 11. — Ce diplôme est textuellement inséré
dans le suivant.
1225. Luc, archevêque de Cosenza, et Terrisius, évêque de
Cassano, font consentir les deux parties à reconnaître à Flore la
propriété des pâturages en question, au Patir le droit de pacage
sur les pâturages susdits, mais à charge au Patir de payer à Flore
le jour de Noël cinq mesures d'huile pure et de bonne qualité.
Fait à Cosenza, le 23 août 1223, indiction 11. — Charte latine,
authentiquée du sceau des deux évêques, souscrite par eux, déli-
vrée e# deux expéditions, l'une souscrite par l'abbé et douze
moines du Patir, l'autre par l'abbé et d©uze moines de Flore2.
1246. Guillaume, évêque de Strongoli, juge du différend qui
se débat entre l'abbaye du Patir et l'abbaye de Flore, au sujet
de l'aqueduc d'un moulin de l'abbaye de Flore, auquel le Patir
prétend avoir le droit de faire une prise d'eau pour le service
d'un moulin d'une de ses fermes, Sainte-Hélène, condamne Flore
à reconnaître le droit du Patir sur l'aqueduc, et le Patir à payer un
droit de mouture à Flore. Fait à Strongoli, mars 1246, indiction 4,
la 49e année du règne de Frédéric II. — Charte latine, dressée
par Pierre, notaire public de Strongoli, souscrite par Guillaume,
évêque de Strongoli et quelques notables. Y inclus la requête de
Flore et celle du Patir, cette dernière au nom de l'archimandrite
Nimphus, et souscrite par Barlaam, prêtre, moine et ecclésiarque
1. Ughelli, IX, 5o7 : en latin, « ex tabulario Patiri ». Incipit : Prsesenti
scripto notum facimus.
2. Ughelli, IX, 290. Incipit : Nos Lucas Dei gratta cusentinus.
22 CHAPITRE PREMIER.
du Patir, par Romain, Nicodème, Miletus (?), «Laurent, Germain,
Néophyte, Nectarios, prêtres et moines, par Nil et Sacca (?), dia-
cres, par Adrien et Jacques, moines du Patir1.
1275. Grégoire X, souverain pontife, « literas dirigit... ad
favorem monasterii de Paûrio contra detentores bonorum ejus-
dem... dat. Lugduni id. mardi2». Cette bulle était insérée dans
la pièce qui suit. Elle manque aux Regesta de Potthast.
1275. Roger, archevêque de Santa-Severina, publie la bulle
ci-dessus de Grégoire X. Fait à Santa-Severina, le 5 juillet 1275,
indiction, 35.
1281. Charles Ier, roi de Naples, à la demande d'Ambroise,
abbé du Patir, confirme les propriétés et privilèges de l'abbaye.
Fait à Naples, novembre 1281, indiction 9. Charte latine, vidi-
mée par Ange, archevêque de Rossano, et onze autres personnes4.
— Analysant cette pièce, Ughelli note que les donations, « mo-
nasterio ab regibus Siciliae aliisque principibus viris elargitae »
qu'elle confirme, ont été, avant d'être confirmées, traduites en
latin : « Donationes vero confirmatœ translata? dicuntur e grœco
in latinum. »
1285. Ange, archevêque de Rossano, donne a Paul, abbé du
Patir, l'église et le couvent de Saint-Nicolas de Calopezzato, à
charge de réparer et de desservir ladite église, d'y reconnaître
la juridiction de l'ordinaire et de payer à l'archevêque un cens
annuel de douze tarins d'or. Fait à Rossano, le 19 janvier 1285,
indiction 1 3, la 4e année de pontificat de Martin IV s.
1294. Charles II, roi de Naples, pourvoit à ce que les habitants
du casale de Crepacore, dépendance du Patir, lesquels ont été
chassés de leurs habitations « a guerre turbine », et se sont réfu-
1. Ughelli, IX, 728. Incipit : Rationis ordo requirit.
2. Ughelli, IX, 683.
3. Ughelli, IX, 683. « Subscripsit in fine in hœc verba : Nos Rogerius
Dei gratia Sanctse-Severinœ archiepiscopus, additis quibusdam groecis litteris
manus ejusdem, quemadraodum et alii testes eodem modo se subscripse-
runt, ut in exemplari ejusdem tabularii Patiri observavimus. »
4- Ughelli, IX, 400, donne une simple analyse de cette pièce, qui, dit-il,
« in sœpe citato Patiri tabulario extat ». Le vidimus de l'archevêque est
donné textuellement par Ughelli : « Ego Angélus Rossanensis, archiepisco-
pus grœcus, visis et perlectis authenticis priviîegiis et instrumeutis, hiis [sic]
translatis capitulis [sic] fideliter transumptis, propria manu suscripsi. »
5. Ughelli, IX, 401. Incipit : Humanarum rerum auctoritas.
L'ABBAYE DE SAINTE- MARIE. 23
giés à Corigliano, puissent revenir habiter Crepacore, et mande
au « justitiarius Vallis Gratis » d'y tenir la main. Fait à Foggia,
le 2 juin 1294? indietion 71.
1204. Charles II, roi de Naples, fait restituera l'abbaye du
Patir la barque de bac « ad passagium hominum et animalium
pra?tereuntium », que l'abbaye entretenait dans sa «borga» de
Racanello, et qu'avait fait supprimer Guillaume de Jlneto, sous
prétexte que la dite « borga » était sise sur ses terres de Cassano.
Le roi mande à Roger de Sangineto, « justitiarius Vallis Gratis »,
de faire exécuter cette ordonnance. Fait à Barletta,le 5 juin 1294,
indiction
1359. Théodore, archimandrite de l'abbaye zfiq NsoôiyiTpsfaç too
àyîou TCarpôç, cède en emphytéose au sieur ïoucppiôoç OOpaéAXoç, de
Corigliano, les bois d'oliviers sis au lieu appelé Pavoç sur le terri-
toire de Corigliano, et la terre dite twv /.aXâjjiwv, sise sur le terri-
toire de Rossano, pour vingt-neuf ans et contre une redevance
annuelle de huit tarins d'argent. Fait au Patir, septembre [1309] ,
la 8e année du pontificat d Innocent VI, « pape de Rome », sous
le règne de Louis [de Tarente, le mari de la reine de Naples,
Jeanne Irc], « roi de Jérusalem et de Sicile, duc de Pouille, prince
de Capoue, comte d'Anjou, de Provence, de Forcalquier et de
Piémont ». Charte grecque, dressée par Denys, yapxouXàptoç de
l'abbaye, souscrite par Nil, ecclésiarque , Jacques, Nicéphore,
Laurent, Gabriel, Paul, Romain, Nicodème, moines de l'abbaye3.
Il ne paraît pas que ces six derniers religieux sussent écrire.
1560. Gautier Nani, secretus du duché de Calabre, juge du
différend qui se débat entre l'abbaye de Sainte-Marie de Patirio
et le municipe de Rossano, au sujet de la délimitation de leurs
terres respectives : suit la délimitation des dites terres. Fait à
Rossano, l'an 18 du règne de Jeanne Ire, l'an i3 du règne de
Louis [son mari], « roi de Jérusalem et de Sicile, duc de Pouille,
1. Archiv. de Njiples, Reg. ang. 1294. M, n° LXXI, fol. 3-27. Incipît : Scri-
ptum est capitaneo et justiciario vallis gratis... Pro parte religiosoram. Inédit.
1. Ibid. Incipît : Scriptuin est Rogerio de Sangineto militi capitaneo et justi-
ciario vallis gratis... Habet religiosoram. Inédit.
3. Archivio storico italiano, 1868, p. 12-20 : publiée par J. Mûller, d'après
une copie du xvne siècle conservée à Grotta Ferrata. Les nombreuses erreurs
du commentaire de Mûller sont relevées par H. Aaar [Luigi deSimoneJ dans
le même Archivio, 1882, p. 238. Incipit : "Etsi ano x^ç èvo-apxou oWovoyAa.;.
24 CHAPITRE PREMIER.
prince de Capoue, comte de Provence, de Forcalquier et de
Piémont », en présence de Grégoire, archevêque de Rossano,
d'Aquinos, juge royal de Rossano, et de Léon Malenus, notaire
roval pour le duché de Calabre, etc. Charte latine, authentiquée
du sceau du notaire royal, souscrite en grec par l'archevêque et
par le juge de Rossano, en latin par les autres *.
1510. Ferdinand [V, roi de Castille], d'Aragon, de Sicile, de
Naples et de Jérusalem, et, en son nom, Raymond de Cadorna,
vice-roi des deux Siciles, confirme à l'abbaye du Patir la
propriété du casale de Saint- Apollinaire, que lui contestait
Bernardin de San-Severino, prince de Bisignano. Fait à Naples,
le 12 mars ioio2.
Au total vingt-cinq diplômes, dont trois apocryphes.
La liste des successeurs de saint Barthélémy, que Ton peut
tirer des chartes ci-dessus, est loin d'être complète ; nous rele-
vons les noms et les dates que voici :
Luc (i i3o).
Cosmas (i 1 49)-
Nestorius (i 189).
Nicodème (1246).
Nimphus (12 16).
Ambroise (1281).
Paul (ia85).
Théodore (1359).
Il faut ajouter à ces noms celui de Biaise, que nous aurons à
relever plus loin, et qui doit être attribué, je crois, au xive siècle,
enfin celui d'Athanase Chalkéopylos, dont nous avons vu le
nom inscrit sur l'icône de Corigliano. Ughelli, qui le mentionne
comme étant mort en 1487 évèque de Gerace, nous apprend en
outre qu'il était originaire de Constantinople. Il était en effet
de ces nombreux Grecs réfugiés à Messine après la prise de
Constantinople3, et nous avons même, composée par lui à
1. Ughelli, IX, 402 : « e veteri documente) tabularii Patiri ».
2. Rende, Cvonistoria, p. 92, donne le texte intégral du document « di
cui conservasi l'originale nell' archivio del Monistero ». Cf. Rodotà, Rito
greco, II, 193.
3. Voj. au British Muséum le ms. Harley 5662, copié à Messine, en i4?3,
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE. 25
l'époque où il était évêque de Gerace, et dédiée à Antoine Pe-
trucci, secretarius maior du roi Ferdinand V, une version latine
du livre de Lucien Sur la danse1.
C'est tout ce qui nous est venu de littéraire de l'abbaye de
Rossano. On y joindra deux inscriptions en vers politiques,
contemporaines de l'abbé Luc, chacune d'elles gravée « in
marmoreo vase », vraisemblablement deux bénitiers ou fonts
baptismaux :
a\
PHrOC KPATAIOT TOIG XPONOIG POrEPIOT
TOT 1IANOCIOT AOTKA TQN MONOTPOIIQN
APXEIN AAKONTOC CKEYOC EIPrAGTAI TOAE
riEMLITIi CAPAKOGTH nPOG E3AK0CIQ
EKTH TE XIAIAAI IIAPOAQ XPONQN
b\
TH KEAEYGEI TOY AriQTATOY HMQN IIATPOC KAI MErAAOT
APXIMANAPITOY KYPOY AOYKA MHNI MAPTIQ INAIKTIQNOC ir
ETOYC TXMr •
/ TON KOIAANANTA THN KOAYMBH0PAN AOTE
CQZOIC TANAOYA^ON TAIC iIPO$HTQN IIPECBIAIG
ÏG XG
NI KA
Ces deux inscriptions, relevées au Patir au siècle dernier, ont
disparu depuis.
par Léon Clialkéopylos. Le ms. Harley 5694 et le ms. Sloane 746 portent
en ex libris : a Libro Jo. Chalceopylus Constantiuopolitanus. »
1. Dans le ms. Parisinus gr. 3oi3. « Athanasii episcopi Hieracensis et
Oppidensis », porte la préface (fol. 1).
2. Placentini, De siglis veterum Grœcorum (Rome, 1757), p. 1 54 (cf. Boeckli,
C. I. G., 8727) : « In marmoreo vase, quod in templo nostri cœnobii, vulgo
Patiro nuncupati, servatur Régis potentis temporibus Rogerii, S. Lucamona-
chorum prxfecturam habente, pas hoc effectuai est , anno 6645 [MCXXXV1-IIJ.»
3. Placentini, op. cit., p. 116 : « In urna marmorea histralis aquae pro in-
fantibus baptizandis Jussu S. P. N. et magni archimandritm Lucœ, mense
marlio, ii/d. i3, anno 6643 [MCXXXV] : qui excavavit piscinam, o Verbum^ salva
Gandulphum prophetarum precibus. J.-C. vincit. »
26
CHAPITRE PREMIER.
Il faut renoncer à dresser d'une façon satisfaisante le terrier
de l'abbaye ; du moins nous savons ce qu'elle paye de cens à la
Chambre Apostolique. Elle est taxée dans le Liber censuum
à une once d'or par an, le Saint-Sauveur à un florin d'or.
Dans le Liber taxarum camerse apostolicse (xve siècle) elle est
portée pour 80 florins, le Saint-Sauveur pour 5oo, Carbone
pour 66. Ajoutons que dans le censier inédit cité plus haut du
diocèse de Rossano, censier daté de 1 4^7, l'abbaye est portée
pour un cens de quatre onces : « Archimandrita Ste Marie de
Patiro tenetur soluere untias quatuor1 ».
C'est dans ces quelques faits que se résume la courte histoire
de l'abbaye de Sainte-Marie du Patir du xiie au xve siècle.
Remarquez comment ici, de même qu'à Messine et de même
qu'à Carbone, la période de prospérité est close au milieu du
xme siècle, et comment la fin du xme siècle et le xive constituent
une période d'obscur déclin. Ce qui reste, après ce siècle et demi
de décadence continue, de la religion basîlienne du temps de
saint Barthélémy, lorsque le concile de Florence et le zèle de
Bessarion rappellent l'attention du Saint-Siège sur les mona-
stères grecs de l'Italie méridionale, nous le savons déjà; nous
allons le voir mieux encore dans les efforts faits au x\e et sur-
tout au xvie siècle pour réformer l'abbaye du Patir.
III
L'abbé du Saint-Sauveur de Messine écrivait, en i58i, les
lignes suivantes sur la culture et sur la vie des religieux grecs
de l'Italie méridionale : « Quanto alla lingua sono tutti cosi
ignoranti che dicendo io a un monaco, priore vechio e dei piu
principali, che mi déclinasse il nominativo rcaxyip, per esser il
primo nome del Pater Noster, non ne sepe dir niente, e, vedendo
che io ne conosceva la verità, mi confessarono tutti i monaci che
non sanno gramatica. Ma che dico io di gramatica ? Monaci ho
trovato cbe dicendo missa, quando arrivavano alla epistola et
ail' evangelio, bisognava accostarsi ail1 altare uno degli altri che
1. Pièces justificatives, p. 117.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE. ?9
sapesse légère manco maie et recitasse la epistola e l'evange-
lio, per ch' il resto délia missa, corne erano monaci vechi, lo
dicevano di memoria cosi difituosamente corne V. S. I. puo giu-
dicare. — Quanto alla vita poi sono cosi cattivi che non mi par
clie si debbano numerar fra monaci mali, ma fra laici pessimi :
e per dir in somma particolarmente délia dishonestà, ho trovato
in un monasterio tre diaconi fîgli di tre monaci di questa reli-
gione, et ho trovato tanto peggio » Il vaut mieux laisser le
reste inédit1.
Le chapitre général de Tordre tenu par Bessarion en 1466,
celui de i5o4 réuni à Saint-Nicolas de Calamizi par le cardinal
D. Grimani, avaient été impuissants à ranimer la ferveur dans ces
communautés isolées, restreintes, immobiles, à donner quelque
autorité aux abbés conventuels délégués des commendataires,
non plus qu'à inspirer aux religieux le respect d'une règle qui
ne les assurait point contre la famine : et le scandale en deve-
nait si public que Philippe II parlait de supprimer l'ordre. La
cour romaine pensa qu'il valait mieux le réformer, et commit
le soin de cette réforme au cardinal G. Sirleto.
Calabrais de naissance (il était né à Guardavalle près de
Stilo), grec d'éducation (il avait été élevé par un grec de Ta-
rente)^ helléniste de carrière, pourvu de l'évêché de San-Marco,
puis de l'évêché de Squillace et de l'abbaye basilienne de Sainte-
Marie de Carra, préfet de la congrégation dite de la Réforme
des Grecs, laquelle embrassait le service de l'Orient grec catho-
lique, le cardinal Sirleto connaissait de toute façon à fond les
conditions de la réforme qu'on lui confiait, et il s'y appliqua avec
une suite et une fermeté qui aboutirent. Mais ce ne fut pas sans
peine, et je dois dire que c'est du Patir que vinrent à Sirleto les
plus grands ennuis.
« J'avais toujours pensé, lui écrivait en 1667 le vicaire géné-
ral de Rossano, que Votre Eminence viendrait en personne
visiter l'abbaye ; j'aurais alors exprimé à V. S. Rme le désir de
l'archevêque et de tout son clergé, qui est de voir ces moines
rester dans leur couvent, où nous n'aurions cure de savoir ce
qu'ils font, au lieu qu'ils se répandent à Corigliano et ailleurs et
1. Àrchim. de Messine à Sirleto, 22 mai i58i (Vatican, lat. 6ig5. fol. 821).
28
CHAPITRE PREMIER.
s'y comportent disonestamente, tenendo le concubine, fando
tante sorte de industrie et mercantie, committendo molti eccessi
et delitti, senza super iore che le correga ». En i5^2, c'était au
tour des syndics de Rossano d'écrire à Sirleto pour le conjurer
de châtier les moines du Patir et de « mettre en leur place des
gens de bonne vie ». En 1 574, c'était l'archevêque (Lancelotti)
qui dénonçait à Sirleto l'abbaye comme « un asile d'hommes
dyscoles », et lui assurait qu'un brigand, un foruscito, pendu
naguère à Bisignano, avait avoué qu'il avait pour complices les
moines du Patir; et n'étaient-ce pas eux qui naguère s'étaient
jetés sur les troupeaux de l'archevêque en criant « Tue, tue ! »
et avaient roué de coups les deux clercs qui les menaient paître1 ?
Certes Sirleto n'entendait pas tolérer de tels abus, mais il se
heurtait au mauvais vouloir du commendataire, Fiescho, évêque
de Savone, toujours prêt à parler d'exemption quand Lancelotti
parlait de scandale. « Avec l'aide de Dieu, écrivait Sirleto au
cardinal Charles Borromée, le saint archevêque de Milan, nous
ferons ce qu'il faut faire ; mais puisque Mgr de Savone est abbé
commendataire de Sainte-Marie du Patir, je souhaiterais que
V. S. le persuadât de nous aider2. » Puis, lorsqu'une visite
générale des monastères grecs de l'Italie méridionale eut été
exécutée et un chapitre tenu à Saint-Philarète de Seminara pour
accepter la réforme (1679), — réforme qui faisait désormais de
l'ordre de saint Basile une congrégation ayant à sa tête un
général, élu par tout l'ordre, avec juridiction sur tout l'ordre
et droit de nomination et de déplacement des prieurs et digni-
taires de tout l'ordre, — réforme qui, maintenant l'exemption
de l'ordinaire, évinçait en outre les commendataires du spirituel,
la mense du couvent devant être distincte de la merise du com-
mendataire et fixée parle général; — et lorsque cette réforme,
confirmée par Grégoire XIII (i58o)3, eut été reçue partout sans
1. D. Francesco à Sirleto, 2 5 avril 1567 [Vatican, lat. 6184, fol. 262).
Syndics de Rossano an même, 10 septembre 1 568 et 14 juillet 1672 [Vatican,
lat. 6184, fol. 189, et 6i85, fol. 78). Lancelotti au même, 27 août 1574 et
18 février 1675 [Vatican, lat. 6ig3, fol. 84 et 21 5).
1. Fiescho à Sirleto, 18 mars 1674 [Vatican, lat. 6192, fol. 36). Sirleto à
Borromée, 2 mai 1576 [Vatican, lat. 6946, fol. 209).
3. Dullarium romanum (i638), II, 326.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE. 29
résistance1, il n'y eut qu'au Patir que commendataire et com-
munauté parurent conjurés pour lui faire échec.
En entendant parler de réforme, les moines se répandirent
en plaintes bruyantes, dont tout Corigliano retentit. Le prieur,
mandé à Rossano par le vicaire général, déclara « con multa
furia » qu'il ne reconnaîtrait jamais le général de l'ordre et qu'il
n'y aurait au Patir d'autre autorité que celle du prieur, « che in
tal loco fa corne esso vole et che non ha superiore nessuno ».
11 fallut recourir au bras séculier pour purger le couvent de cet
énerçumène et d'un sien confrère, ensemble une redoutable
paire de Tsxvoiuotoi. Fiescho, qui ne voyait en eux que des hommes
d'affaires « intelligenti délie cose pertinenti ail' abbatia »,
exigea qu'ils fussent réintégrés au couvent : la cause dut être
portée à Rome, et finalement le prieur, convaincu en outre
d'escroqueries, fut mis en prison avec ordre de l'y tenir sous
bonne garde. Entretemps Fiescho opposait mille chicanes à la
séparation de la mense de la communauté et de la mense de la
commende : ici encore on dut en appeler à Rome, et Sirleto fut
délégué pour vider la querelle de l'évêque de Savone et du
général". Dieu sait pourtant si Fiescho était un commendataire
tendre pour ses moines! En i58o, la portion congrue qu'il leur
faisait pétait loin de suffire à la subsistance des plus mortifiés;
quant aux bâtiments, c'est à peine s'ils comptaient six cellules
habitables, et les réparations, décidées quelque temps aupara-
vant pour remettre en état cinq nouvelles cellules et faire un
réfectoire et une cuisine, avaient été interrompues à peine après
avoir été commencées3.
La régularité rentra au Patir, et avec la régularité le silence
1. Ruflb (abbé général) à Sirleto, 20 août et 20 octobre i58o {Vatican,
lat. 6193, fol. 593 et 614). Cf. Sirleto à Mendoza, fin février 15^6 [Vatican,
lat. 6946, fol/ 209).
2. Sirleto à RufFo, 26 novembre i58oet 6 janvier i58i [Vatican, lat. 6946,
fol. 299 et 3o2). Le même à l'archevêque de Rossano, 20 mai i58i [ibid.,
fol. 3io). Toscani à Sirleto, 20 juin i58i [Vatican, lat. 6194, fol. 89). Vi-
caire général de Rossano au même, 22 juin et 17 août i58i [ibid., fol. 92
et 118). Archevêque de Rossano au même, 25 septembre i58i [ibid.,
fol. i46)- Jugement de Sirleto entre Ruffo et Fiescho, i58o [Vatican,
lat. 6792, fol. 3).
3. RufFo à Sirleto, 20 août i58o [Vatican, lat. 6ig3, fol. 593). Sirleto à
Fiescho, Ier novembre 1576 [Vatican, lat. 7093, fol. 309).
CHAPITRE PREMIER.
qu'elle porte toujours avec elle : l'abbaye grecque de saint
Barthélémy vécut deux siècles encore de cette demi-vie des
institutions vieilles au point de n'avoir pas la force de mourir.
Dans le dossier Basiliani de l'Archive Vatican je ne retrouve
rien d'elle, sinon un bref du 29 juillet 1702, accordant à l'abbaye
l'indulgence de l'autel privilégié pour le « suntuoso altare di
marmo », nouvellement restauré, sur lequel est placée 1' « anti-
chissima e miracolosa imagine délia Santissima Vergine». Ajou-
tons-y un contrat, daté de 1754, par lequel le Patir vend aux
Franciscains « una grangia nella terra di Scaliti, diocesi di
Mileto1 ». La communauté finit, partagée entre les travaux des
champs et les exercices de dévotion : chaque samedi, au temps
deMariano Rende, les gens des environs y venaient en nombre,
accomplir des vœux ou se confesser, et le i5 août, fête de la
Vierge, la foule y était si grande à gagner l'indulgence plé-
nière, que l'église ne la pouvait contenir2.
Aujourd'hui, de couvent ni de sanctuaire il n'y en a plus sur
la sainte montagne de Y Hodigitria. Supprimé à la suppression
générale des ordres religieux qui suivit de près l'arrivée au trône
de Naples de Joseph Bonaparte (1806), il est devenu dès lors une
simple ferme. — Nous y sommes montés, le 29 avril 1889,
mon ami Edouard Jordan et moi, à cheval, par des sentiers
extraordinaires, car les routes existent à peine sur ces hauts
lieux. Nous traversâmes des bois d'oliviers, pour remonter
ensuite le lit d'un fiumare desséché, le Cino, puis pour gravir
la pente abrupte et ravinée de la montagne à travers un maquis
de chênes, de buis, d'oliviers francs, fourré de myrtes en fleur
et de fougères, et pour atteindre après deux heures de marche le
petit plateau où s'élevait l'abbaye. — Il est plus vrai de dire
qu'elle subsiste encore, mais dans quel état! A gauche de l'entrée
est l'église, que le baron Compagna, propriétaire de la terre,
a fait naguère recouvrir et badigeonner : une abside flanquée de
deux absidioles en cul de four forme le chevet; la nef (plus
récente), partagée en trois par deux rangs de piliers reliés par
1. Registre de dom Sciommari, procureur de l'ordre, p. 48 et 83 (Archiv.
Vatican., dossier Basiliani).
2. Rende, Cronistoria, p. 104.
L'ABBAYE DE SAINTE-MARIE. 3i
des arcs en tiers-point, n'a jamais en de voûte; le chevet et le
portail latéral de droite sont romans, le portail de la façade
est ogival ; les murs de la nef ont dû être recouverts de fresques,
mais tout a disparu sous le badigeon; le pavé est de mosaïque
grossière, noire et blanche, et au bas de la nef on lit, en une
large inscription de mosaïque (xive siècle?) :
BLASIVS VENERA BILIS ABBAS
HOC TOTVM IVSSIT FIERI
Après avoir longtemps servi de grange, l'humble église abba-
tiale a dû à un vœu du propriétaire d'être nettoyée et cou-
verte : cependant, à l'époque où nous l'avons visitée on n'y
avait point encore relevé l'autel ni rétabli le culte, et ce veuvage
avait bien grand air. — La porte latérale de gauche de l'église
s'ouvre sur un cloître carré, sur les trois côtés duquel s'aligne
un étage de bâtiments, cloître et bâtiment en bonne bâtisse du
x.vne siècle, et dont une inscription nous apprend qu'elle est due
au cardinal Ch. Barberini, commendataire, et qu'elle date de
Mais depuis le cardinal Barberini, pas un maçon, j'en ai
peur, 1/ a passé par le couvent, à en juger par ce que l'on y
voit de toitures et de voûtes éventrées et de brèches aux murailles.
Quatre ou cinq familles de tenanciers ont niché dans les quel-
ques cellules qui tenaient encore. — Braves gens! ils nous ont
donné pour une heure une hospitalité aussi cordiale que simple :
j'ai béni le pétrin et les petits enfants; puis, pour nous faire
honneur, un gars ayant accordé une mandoline et attaqué une
chanson (ce n'était pas un Iwjitakiojil), tout ce que le Patir
comptait de jeunesses s'est mis a danser une ballata. Cela se
passait dans un angle ébréché du corridor abbatial, et j'aurais
dû en demander pardon à saint Barthélémy et à saint Basile...,
comme aussi d'avoir contemplé avec tant de complaisance
l'admirable horizon du Patir, qui m'en rappelait d'autres de
I. Eminentissiml principis | Karoli card. Barberini abb. commend. | pietate ac
munificentia \ templum fatiscens atriumque collapsum | instawata | anno Domini
1672.
32 CHAPITRE PREMIER.
la Grèce propre : la sombre Sila, la claire vallée du Crati, la
courbe si élégante du rivage de Sibari, puis, au delà, les lignes
neigeuses du Pollino, et à perte de vue, à nos pieds, la mer
Ionienne, dans l'exquise tiédeur et dans la fine lumière d'un
matin d'avril.
EXCURSUS A
LE CHRONOGRAPHE DE L'AN io33
A la date du 12 septembre 1890, on trouvera dans les Comptes
rendus des séances de ï Académie des inscriptions et belles -lettres une
notice de moi sur les sources de la Chronique de Cambridge. Cette
chronique arabe anonyme, dont nous ne possédons qu'un manuscrit,
lequel appartient à la bibliothèque de l'Université de Cambridge (de là
son nom), cette chronique a été éditée par M. Amari, après Caruso
(1720) etDi Gregorio (1790) *. M. Amari la tient pour un « vero gio-
eillo», et c'est eu effet un document de première valeur pour l'his-
toire de la Sicile au ixe et au xe siècle : j'en aurai dit tout le prix en
disant que c'est une chronique de même forme et de même valeur
que celle de l'Anonyme de Bari et celle de Lupus Protospatha.
J'ai démontré dans la notice en question que la Chronique de Cam-
bridge était une adaptation arabe non chrétienne d'une chronique
grecque chrétienne, et de cette source grecque j'ai donné un frag-
ment retrouvé par moi dans les marges d'un manuscrit grec de la
Bibliothèque Nationale.
Je n'ai pas à revenir sur cette démonstration et sur cette publi-
cation. /
Mais il importe de signaler un autre fragment de cette même chro-
nique grecque, fragment plus étendu et plus complet que mon frag-
ment de Paris. Il a été utilisé pour la première fois par Mgr Lancia
di Brolo2, à qui il avait été signalé par dom Cozza-Luzi II appartient
à la bibliothèque du Vatican, Vatican, gr. 191 2, recueil de fragments
divers mis ensemble au xvne siècle. Notre chronique grecque tient
un cahier de cinq feuillets, dont je conjecture qu'ils ont dû former
anciennement les gardes d'un manuscrit plus volumineux. L'écriture
est de bonne cursive gréco-lombarde du xie siècle.
En titre on lit :
-j- Xpovoypàçrjv <îùv Gw xocô&ç 01 k6ôo\Lr\v.ovza. e!a8e|ôcoxaaiv ip^^veutat xac 0?
lomoi êiyiyrjTat àito 'AôàjA....
Suit, sur le type de la Chronographia brevis de Nicéphore, une
chronique commençant à Adam et se poursuivant jusqu'à l'empereur
Michel et l'an du monde 6542 : Le basileus Romain régna cinq années
et il mourut : en sa place règne le basileus Michel. An 6S42. Cet expli-
1. M. Amari, Biblioteca Arabo-Sicula (1880), , 276-293. Cf. Préface, p. yn.
2. Lancia di Brolo dans sa Storia délia Chiesa in Sicilia.
3
34 EXCURSUS A.
cit de la première partie delà chronique marque exactement l'époque
où a été arrêtée et par conséquent composée cette chronique, l'an-
née io33.
La seconde partie de la chronique, complètement distincte de la
première, porte en titre :
•j* 'Acp' ou eî<7v}>.8ov ot Sapocxtvot eîç StxsXtav.
Nous retrouvons à partir de là le texte du fragment de Paris, et
quelque chose de plus. Je n'en donnerai pas une ligne, voulant lais-
ser à dom Cozza-Luzi, qui me l'a communiqué, tout l'honneur de le
publier. Je ne retiens que les cinq notes marginales de seconde main
qui accompagnent le document.
Dans le manuscrit de Paris, il n'y a aucun détail qui nous
puisse permettre de déterminer l'origine de notre fragment chrono-
graphique. Mais il n'en est heureusement pas de même du manuscrit
du Vatican. Là, en effet, en marge du texte de notre chronographe,
une main de bien peu postérieure à celle du copiste a ajouté quel-
ques notes singulièrement précieuses, l'une (fol. 7') est ainsi con-
çue : « L'an 6633 [=1 125], ind. 3,*par la miséricorde du Christ notre
Dieu vrai, j'ai reçu, moi Jean, prêtre de l'Invisible, la prêtrise en la
fête de Pâques ».
-J- to0 Itouç fiylo' tyjç ô' cvô. euôoxt|a yy aXy]6tvou 6u 7]|J.. e|ôei;a}j.. syà> tw.
îtpeç. tou aoJpaxoO [sic] ttjv lepcoauv/iv elç t. ewpx. j tou Ttao-ya.
■ Une autre (fol. 6') s'exprime ainsi : « L'an [6638=1129], ind. 8, je
suis devenu, moi Jean humble prêtre de l'Invisible, protopapas de la
cité de Gassano, au mois de septembre, le 3, un mardi ».
•j* Iv ïi. fîykr\ tvô. r\ lysvàp.. | lyw ca>. èltxyiaxoç, 7rpeç. tou | àopaTOU upto-
TOTiaTiàç affTSWç xaercavou ii.y). [ getz. eîç Tàç ô' r\\).kpa o' .
D'où il appert que notre chronographe était en n 29 aux mains
d'un protopapas de Cassano, à l'entrée du Val di Crati, à six lieues
de Rossano.
Une troisième note (fol. 6) nous donne les détails suivants :
« L'an 6639 [=ii3i], indiction 9, au mois de février, un mardi,
le 10 du mois, s'est reposé dans le Seigneur le bienheureux arche-
vêque de R..., le seigneur Nicolas ».
-j- tou Itouç jTxhft' tvô. 6' tw <pe. [J.7) . rjfx. y' eîç t. s' p.Y] . J àvercauaaTO iv xto
ô [xaxaptwTaTOç âpyiZ'Kiay.o'KOç po J|]||||||||||||| J x. vtxo^aoç.
Qui est cet archevêque ? Ce siège archiépiscopal de R.. . ne peut être
que Reggio ou Rossano. Or à Reggio l'archevêque s'appelait, préci-
sément en 1 1 3 i , Guillaume1. Reste Rossano, où, à la date de no5,
nous avons trouvé mentionné l'archevêque Nicolas Maléinos (voy*
1. Ughelli, IX, 436.
EXCURSUS A.
35
page 6) : serait-ce le même Nicolas dont on fixe ici la mort à l'an
ii3i ? La liste épiscopale de Rossano étant ici en déficit, l'identifica-
tion des deux Nicolas ne souffre pas difficulté1.
Une quatrième note (même fol.) ajoute : « L'an 6638 [= n3o],
ind. 9, au mois d'août, un mardi, le 29 du mois, s'est reposé dans
le Seigneur le très saint seigneur Rarthélemy notre père ».
-j- xoO Itouç f\y^kr\' ivô. r\ t&> \lt[. aùyoûffT. vjtcç 7)|j.é. y' | elq t. t6' tou
ccùtou evearto. \iy\. àvexocûatxxo ev xa> ô àyiwTaTOç | 7CY]p Yifx&v x. 6ap0oXto|jt.aïoç.
Et ce Rarthélemy ne saurait être autre que le fondateur de notre
abbaye. Où l'on voit que notre protopapas de Cassano s'intéressait
à l'archevêque grec de Rossano et à l'abbé de Sainte-Marie. Pourquoi ?
L'évêque de Cassano étant latin, le protopapas avait peut-être été
ordonné par l'archevêque grec de Rossano. Quanta l'abbé de Sainte-
Marie, il lui donne le titre de « notre père », titre qu'il n'a point
donné à l'archevêque. Serait-ce qu'il était attaché au service d'une
ecclésiole sise sur un cr.sale de l'abbaye et à la nomination de l'abbé?
Ne savons-nous pas, en effet, que l'abbaye possédait « un casale apud
Cassanum » (ainsi s'exprime Honorius III dans la bulle de 12 16) ?
Remarquez que ce casale n'est pas énuméré par le roi Roger dans la
charte de ii3o, ce qui permet de croire qu'il était une acquisition
postérieure à ii3o. Or une cinquième et dernière note (fol. 7) est
ainsi conçue : « Au mois de juillet, le 27 du mois, un lundi, l'an 6639
[= 1 1 3 1 ] , a été donnée cette terre de Cassano par le seigneur Alexan-
dre de Chiaramonte <fidéle> du très orthodoxe roi Roger. »
xa|crtavou rcapà xoù x. àXeîjàvôpou | toO xXspep.T. tou ôpOoôo^wTocTou pcyoç | pw-
yeptou.
« Terre de Cassano » n'est pas synonyme de « cité de Cassano » : il
s'agit là, non d'une ville, mais d'une terre, d'un casale. Est-ce le
« casale apud Cassanum » de la bulle d'Honorius III?
C'est une simple conjecture que je ne crois pas pouvoir affirmer
davantage. Il reste acquis que le Chronographe de io33 était en 1129-
1 1 3 1 aux mains d'un protopapas domicilié à Cassano et en relations
avec notre abbaye du Patir, dont il appelle l'abbé « notre père ».
1. La suite archiépiscopale de Rossano, en tenant compte des observa-
tions de Mgr Lancia di Brolo, serait ainsi restituée :
1091, Ro[main?] (-j- ioo,3).
no5, Nicolas (f ii3i).
1 i3i(?)-i 144, Théophane.
1 145 sqq. Deuys.
m
EXCURSUS B
D'UNE HOMÉLIE PRÉTENDUE DE THÉOPHANE CÉRAMEUS
J'ai dit [Introd., p. XXI) que l'on connaissait de Théophane Céra-
Migne (Paris, 1864) dans le tome CXXXII de sa Patrolog. gr. Mais il
en existe un certain nombre d'inédites, notamment dans un manu-
scrit grec de Madrid décrit par Iriarte1; et, au nombre des homélies
inédites décrites par Iriarte, il s'en trouve une, la soixante-cinquième
[Cod. Madritemis, XVI, fol. 176), intitulée : cO[xi)aa pvjôeïffa xoi[j.7]8évToç
tou àocôi^ou itaTpoç BapÔoXopiacou xai jjiepixT] ôi7\fr\aiç toO filou gcùtoO. Incipit :
IlaTptxrjÇ jj.v^jjl7jç éopT7]V ayofJLSV ari\i.epov.
Cette même homélie, mais sans nom d'auteur, se retrouve en grec
dans le Messanensis 29 (le même manuscrit qui nous a fourni le texte de
la vie de saint Barthélémy), fol. 11 1 , et c'est dans ce manuscrit que je L'ai
lue. Mgr Lancia di Brolo s'appuie sur cette homélie qu'il croit authen-
tique pour fixer la date la plus haute de la vie de Théophane2. Mon
sentiment diffère ici de celui du savant archevêque de Montreale.
Cette txepixr] ôt7fyy)crcç dépend de la vie grecque de saint Barthélémy de
Simeri : elle ne renferme pas un fait qui ne se retrouve dans ladite vie.
Si donc cette vie est de la fin du xne siècle, comme je l'ai conjecturé,
cette homélie devrait être reportée au moins au xme. L'auteur de
cette homélie déclare d'ailleurs parler, non aux funérailles, mais à
un anniversaire de la mort de saint Barthélémy, anniversaire qui est
une fête liturgique. Et nous avons son nom : il s'appelle Philagathus,
il est moine, moine grec et « disciple de saint Barthélémy ». Com-
ment a-t-on pu le prendre pour un prélat et le confondre avec l'ar-
chevêque Théophane ?
Mon impression est, en outre, que ce Philagathus, « moine et phi-
losophe », est l'auteur d'une bonne part des homélies attribuées à
l'archevêque Théophane. Le départ entre les discours du moine cala-
brais (ne serait-il pas de l'abbaye de Saint-Barthélemy de Trigona?)
et les discours de l'archevêque de Rossano serait aisé à faire, et
peut-être le tenterai-je un jour.
1. Reg. biblioth. madrit. codd. gr. (1769), p. 54-70.
2 Archivio storico napoletario, 1876, p. 4°8-4IO«
CHAPITRE 11
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE
La découverte faite, il y a quelques années, dans le trésor de
la cathédrale de Rossano, du manuscrit des Évangiles connu
aujourd'hui sous le nom de Codex rossanensis, n'a pas peu contri-
bué à appeler l'attention sur les librairies grecques de l'Italie mé-
ridionale. On s'est souvenu, à ce propos, en quelle estime elles
avaient été auprès des érudits et des collectionneurs du xvie siècle,
et ce qu'en écrivait don Paëz de Castro au roi Philippe II, dans
son mémoire Sur l'utilité de fonder une bonne bibliothèque : « H y
a dans les couvents de la Sicile et de la Calabre de vieux et pré-
cieux manuscrits grecs, qui n'y servent plus à rien et se détério-
rent chaque jour sans profit pour personne : les prieurs viennent
parfois à Rome en offrir comme cadeaux aux cardinaux ou leur
proposer d'en acheter. Il faudrait visiter ces couvents1 » On a
relevé aussi comme Janus Lascaris, envoyé en Orient par Laurent
de Médicis pour y acheter des manuscrits grecs, n'avait eu garde
de manquer à passer par la Terre d'Otrante pour chercher là
aussi ce qu'il allait chercher au mont Athos, en Crète et à
Constantinople, et que ce détour n'avait pas peu répondu à son
attente 9.
Ce que sont devenues ces librairies basiliennes de la Grande-
1. Ch. Graux, Essai sur les origines du fonds grec de VEscurial (i 880), p. 28.
2. K. K. Mùller, Nette Mittheilttngen ùber Janos Lascaris und die Mediceische
Bibliolhek dans le Centralblatt fur Bibliothekswcsen, 1884, 4°3 et suiv.
Lascaris traverse la Pouille en i4{Pi et J recueille : à Corigliano, « chez le
prêtre Georges », un exemplaire de Y Etymologicum magnum, des commen-
taires de Nicétas de Serres, du Ilpbç "EXXrjvaç de Macarius Magnès,de l'Enlè-
38 CHAPITRE II.
Grèce, depuis le xvi° siècle, je vais essayer de le dire à propos
de la plus remarquable d'entre elles, celle de Sainte-Marie, et
comment je suis arrivé à retrouver, au moins en partie, cette
librairie elle-même.
I
La plus ancienne mention que nous rencontrions de la librai-
rie de Sainte-Marie est dans la vie de saint Barthélémy. J'ai cité
déjà le passage où il est rapporté que, les disciples de Barthélémy
ayant besoin de manuscrits pour l'étude de la sainte Écriture à
laquelle, à l'exemple de leur maître, ils étaient très appliqués,
l'abbé partit pour Constantinople et en rapporta des manu-
scrits : 'Eiceiô/j xai (3t6Xwv îepwv o\ xoùxov auvàa-xyjTat eîç \ielèxY\v twv ôetwv
ypatpôv xai àvàXy]<piv TtpocsôéovTO. . . , Ttpoç ttjv... véav cPw[X7]v ônzccipei, xai...
tîoXXoïç xz Tcapà Tcâvuwv xai rcXoucrioiç toïç %apia\i.oiGi oeZtovxai Iv xe <7£6a<7|juaiç
eixoàt xai ptéXoc;. *. Plus tard Barthélémy fonda l'abbaye du Saint-
Sauveur de Messine, et son biographe nous rapporte qu'il par-
tagea avec le nouveau couvent le trésor de l'abbaye mère : ... ôoùç
aÙToïç y][j.icru ^cêXïa, xai Ta y)[u<n> eîxovocfuàcrta, xai xà ixepcc xei|xr|Xta Le
biographe qui présente ainsi Barthélémy, si j'ose dire, comme un
bibliophile, ne nous dit pas qu'il ait été aussi un copiste, mais
un manuscrit provenant de la librairie du Patir a quelque appa-
rence d'avoir été écrit par le saint lui-même : nous aurons à y
revenir.
Voilà donc la librairie de l'abbaye fondée avec l'abbaye elle-
vement d'Hélène de Coluthus, de la Prise de Troie de Tryphiodore, de
Chœroboscus, des commentaires de Nicétas le Paphlagonien ; — à Monte-
sardo, un prieuré dépendant de Casole, « chez l'abbé », un exemplaire
encore du Hpb; "EXXvjvaç de Macarius Magnès, un Héphestion, un Ara tus,
un saint Grégoire de Nysse (in canticum), un saint Jean Chrysostome (epi-
stolse), un commentaire anonyme de la Logique d'Aristote, un Galien.
1. Bolland., ActaSanctorum septembrisYHl, 821. Cod. messanensis 29, fol. 219.
2. Op. cit. p. 825. Cod. cit. fol. 221. Cf. (pour mémoire) F. Matranga, II
monastero dei Greci del SS. Saïvatore delV Acroterio di Messina e San Luca
primo archimandrita autore del Cartofilacio o sia délia raccolta dei codici greci
di quel monastero, Messine, 1887. (Tiré à part des comptes rendus de l'Ac-
cademia Peloritana de ladite année.)
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 39
même au début du xne siècle : nous la retrouvons au xvi° et c'est
Sirleto qui nous la découvre.
Sirleto, en effet, n'avait pas eu avec le Patir que les relations
que l'on a vues. Le cardinal "chargé de la réforme de l'ordre de
saint Basile était un théologien, un érudit, un helléniste, et j'ai
dit ailleurs comment il s'était appliqué de longue date à l'étude
des monuments de l'antiquité ecclésiastique, dont l'intérêt gran-
dissait alors si singulièrement au feu des controverses contempo-
raines: la théologie avait fait de lui un collectionneur de manu-
scrits grecs1. C'était lui, à Rome, qui expédiait Antoine Eparque
en Grèce à la découverte, qui confiait des listes de desiderata
aux missionnaires qui partaient pour Candie ou pour Rhodes :
aucune nouveauté n'arrivait à Rome sans passer par ses mains.
Il savait, mieux que don Paèz de Castro, ce que les couvents
grecs de l'Italie méridionale pouvaient posséder encore de
manuscrits : ordonnant la visite canonique desdits couvents, il
ne pouvait manquer d'avoir la main à faire noter ce qui s'y trou-
verait de précieux.
Il n'avait même pas attendu à i58o pour le faire. Dans une
lettre du 16 avril i582 il écrit : « Il y a quelques années, dans
l'abbaye de Sainte-Marie Hodigitria, vulgairement de lo Patire,
qui est jin très antique monastère de moines de saint Basile, on
a découvert un manuscrit de la liturgie de saint Marc, des caté-
chèses de saint Cyrille de Jérusalem, du traité de saint Denys
d'Alexandrie contre les disciples de Noè't, d'Hippolyte martyr
contre l'hérésie de Noët et contre Paul de Samosate : je m'occu-
perai de les faire copier, pour qu'ils puissent servir au bien pu-
blic2. » C'était en i58a que le cardinal écrivait ces lignes au
chanoine de Saint- André. Dès i56i François Torres écrivait à
Sirleto : « J'ai trouvé à Venise une homélie de Sophronius sur
saint Pierre et saint Paul, Catini manu scripta. Il me semble que
1. La Vaticane de Paul III à Paul p. 3j et suiv.
2. Joann. a S. Andréa, Divina liturgia sanctï apostoli et evangelistee ISlarci
(Paris, i583), préface. Le ch. de Saint-André était entré en relations avec
Sirleto six ans auparavant; il lui écrivait, le 12 juin 1576 : «... Occurrit
mihi. . . fr. Claudius de Sainctes, Parisiensis theologus, nunc Ebroicensis
episcopus, qui nobis... liturgiam D. Marci evangel. in tuae abbatiœ Sanctœ
Marias Patir prope Neapolim bibJiotheca haberi renunciavit » {Vatican, lat.
6192, fol. 5o6).
40 CHAPITRE IL
j'en ai vu un exemplaire grec, et, si je me souviens bien, il est
porté au catalogue du Patir : regardez-y, je vous prie : Et si
bene mi ricordo sta in quello indice del Patir, guardatelo di
gratia »*. Kn d'autres termes, dès i56i le cardinal Sirleto pos-
sédait par-devers lui un index des manuscrits du Pâlir2.
Il y a plus, car Sirleto obtint de la communauté du Patir,
non seulement cet index, mais même des manuscrits. Le petit
traité « Hippolyti martyris adversus Noëtii baeresim », par
exemple, qui en i582, on vient de le voir, était encore au Patir,
fut apporté à Rome à Sirleto (-J- 1 585) : ce petit traité fait partie
d'une collection canonique, aujourd'hui Vaticanus i43i . Et en
même temps que je constate dans la collection de Sirleto la
présence de ce manuscrit envoyé par la communauté du Patir,
je constate dans la collection de Grotta Ferrata l'entrée, posté-
rieure à i5^5, de manuscrits provenant eux aussi du Patir : c'était
une époque de renouveau pour Grotta Ferrata que celle où le
cardinal Sirleto était protecteur de l'ordre, et son ami le cardi-
nal Alexandre Farnèse commendataire de l'abbaye de saint Nil :
et c'est à leur érudite complicité que j'attribuerais volontiers
l'arrivée à Grotta Ferrata de ces manuscrits du Patir3. Ce fut le
seul bénéfice que Sirleto retira de la réforme de l'ordre de
Saint-Basile : le Patir y gagnait d'être pillé, mais c'était par de
doctes mains, et la science n'y a pas perdu.
La science perdit moins encore à ce que fit Pierre Menniti au
Patir : mais c'est là une matière plus large, où toutes les librai-
ries basiliennes furent embrassées en même temps que celle du
Patir, et qui demande quelque développement.
A dater de 1 63 1 Rome posséda un couvent basilien, Saint-
1. Fr. Torres à Sirleto, 17 oct. i56i [Vatican, lal. 6189, fol. 671). Plus
loiu Torres ajoute : « Desidero sapere se e venuto il mio Cirillo di Cala-
bria ». Je conjecture qu'il s'agit du ms. des catéchèses de saint Cyrille que
nous retrouverons plus loin dans la collection du Patir.
2. Je n'ai malheureusement pas trouvé trace de ce précieux index dans
les papiers du cardinal que possède la Bibliothèque Vaticane, et dont j'ai
dépouillé le volumineux dossier avec le plus grand soin.
3. La Vaticane de Paul III à Paul V, p. H2-n3. '
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 41
Basile de Urbe : c'était un noviciat, et aussi la résidence du pro-
cureur de la congrégation, et enfin (à partir de la fin du xvne siè-
cle) la résidence du général, bien modeste fondation, installée
d'abord dans le quartier des Monts, à San-Giovanni inMercatello,
puis (car l'on n'avait pas pu réunir 1 5 3oo écus pour payer l'immeu-
ble!) réfugiée dans un casin de iooo écus, à l'ombre du palais
Barberini, au bord d'une ruelle qui s'appelle aujourd'hui encore
via di San Basilio. L'humble couvent de Saint-Basile de Urbe ne
laissa pas que d'avoir quelque éclata ses débuts. Rome était à ce
moment toute aux Barberini, qui étaient tous gens de lettres, de-
puis Mathieu (Urbain VIII), qui faisaitdes vers grecs, jusqu'à Fran-
cesco, le secrétaire d'Etat, qui traduira Marc-Aurèle (1667) et
fera imprimer Georges Pachymère (1666- 1669) : ils furent à
Rome, le cardinal Francesco surtout, les promoteurs d'une re-
naissance d'arrière-saison, dans laquelle Saint-Basile a sa place.
Francesco institua une Accademia basilia/ia, qui devait être une
sorte de Grœcia orthodoxa en action, où Allatius, Holstenius,
Arcudi et d'autres, tous théologiens et hellénistes, devaient traiter
des points de controverse gréco-romaine. Et ce fut Saint-Basile
de Urbe qui donna l'hospitalité à cette réunion de savantes gens
(1 635- 1640). Le début était bon pour l'humble couvent, mais
cet éclat dura peu, l'académie mourut en 1640, et, les Barberin
tombés en disgrâce, les temps devinrent durs pour leurs clients.
Ajoutez qu'à Rome un peu de faste n'a jamais nui à la
considération de la vertu, et que les Basiliens étaient beso-
gneux1.
Tous les couvents de l'ordre dans l'Italie méridionale criaient
maintenant misère. Et lorsque, en 1682- 1690, le chapitre eut
décidé de faire imprimer un missel et un bréviaire grecs, car
tous ceux de la religion étaient « rotti e laceri » , il se trouva
des religieux pour accuser le général auprès d'Innocent XI
« d'avoir durement extorqué leur pécule à de pauvres couvents »
sans pain. Le général était à ce moment Apollinaire Agresta
(•J* 1695), dont la vie, remplie d'extraordinaires histoires de bri-
gands, est capable de donner quelque idée de ce qu'était la
1. Sur Saint-Basile de Urbe, voyez pour plus de détails Rodotà, II, 180
et suiv., et Revue des questions historiques, 1889, p. ig3-2o8.
/t2 CHAPITRE M.
Calabre basilienne au xvnc siècle1. Il eul pour successeur daus
sa charge de général Pierre Menniti.
Pierre Menniti était un religieux mal exercé aux choses de la
science 2, et qui cependant, en ne pensant qu'être soucieux du
bon ordre de sa congrégation, rendit à la science un service
exceptionnel. Elu général (16 mai 1696), il avait entrepris
aussitôt la visite des abbayes basiliennes, et au retour il écri-
vait : « C'a été pour notre cœur une grande affliction que de
voir, dans les maisons de nos provinces italiennes, à commencer
par Saint-Basile de Urbe, tout ce qu'elles possèdent de chartes
de papes, d'empereurs, de rois, de princes, abandonné par l'in-
curie des religieux aux injures de la poussière et de la pourri-
ture, alors que ce sont là les titres mêmes de notre ordre!
Aussi avons-nous décidé de réunir ces restes et de les tirer des
ténèbres. » Il avait résolu en effet de centraliser en deux
dépôts toutes les archives basiliennes, l'un au Saint-Sauveur
de Messine pour la province de Sicile, l'autre à Saint-Basile de
Urbe pour les provinces d'Italie : j'ignore ce qu'il en advint pour
la Sicile, mais il es't sûr que Menniti réunit à Rome un fonds
important de bulles et de diplômes, recueillis à Grotta Ferra ta,
à Rossano, à Carbone, à Saint-Pierre d'Arena, à Saint-Jean de
Piro, etc.5. — Puis, ce qu'il avait fait pour les chartes et pièces
d'archives, il l'entreprit pour les manuscrits. Il ne savait que
trop quels risques courait le peu qui restait de volumes anciens
dans les librairies basiliennes : au cours même du siècle on
avait vu nombre des manuscrits de Grotta Ferrata passer chez
1 . Voy. la si curieuse Vita del Rmo P. M. D. Apollinare Agresta, descritta
dal P. M. D. Giuseppe Sirgivanni (inédite, Archiv. Vatican. , dossier Basiliani).
2. Voy. de Menniti le petit livre intitulé Vantica e pia Iradizione délia sagra
lettera délia gran madré di Dio sempre virgine Maria scrilta alla nobile ed esem-
plare clttà di Messhia, Rome, 17 18.
3. Menniti rêvait d'entreprendre le codex diplomaticus de l'ordre de saint
Basile. Voyez ce qu'il en dit dans la préface, p. XIV, de son Didatterio
basïliano (Rome, 1710). L'œuvre n'aboutit pas : il nous en est parvenu cepen-
dant en manuscrit un cahier rédigé par Menniti et intitulé Summa bullarum
et constitutionum apostolicarum pro ordine S. P. N . Basilii magni, aliorumque
colle et aneorum eumdem ordinem spectantium, anno MDCCVIl (Archiv. Vatican.,
dossier Basiliani). Pour tout ce qui est des archives basiliennes je ne puis
que renvoyer à mes Ungedruckte Papst- und Kaiserurkunden ans basilianisclien
Archiven.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE -MARIE. 43
les Barberini, de Saint-Jean de Stilo chez les Corsini, du Saint-
Sauveur chez Barocci : il n'était que temps d'assurer contre
l'incurie et contre la pauvreté des religieux ce qu'ils possédaient
encore de vieux livres. Donc, de même qu'on l'avait fait pour
les archives, on commencerait par inventorier \aroba manoscritta
de chaque couvent; on ferait plus, on créerait quatre dépôts,
aa Saint-Sauveur et à Saint-Pierre d'Itala d'une part, à Grotta
Ferra ta et à Saint-Basile de Urbe de l'autre, où l'on centralise-
rait tous les manuscrits des couvents basiliens soit de Sicile, soit
desCalabres. Le projet fut exécuté au cours des années 1697- 1699.
La collection de manuscrits grecs du couvent de Saint-Basile
de Urbe fut ainsi la création propre de Menniti, et elle fut le dé-
pôt de tout ce que les couvents des Calabres possédaient encore
de manuscrits littéraires à la fin du xvne siècle. Je dis littéraires,
car Menniti voulut former une collection surtout littéraire, et il
abandonna à Grotta Ferrata la plupart des manuscrits de chœur
recueillis dans les couvents calabrais : ainsi s'explique le tout
petit nombre des livres liturgiques qui se rencontrent à Saint-
Basile, au regard de leur anormale abondance à Grotta Ferrata;
ainsi s'explique la présence a Grotta Ferrata de la collection des
menœa aisément reconnaissables de Saint-Elie de Carbone,
comme/ aussi de plusieurs manuscrits liturgiques dont nous
sommes assurés qu'ils étaient encore au Patir en 1664- 1693.
A la collection de Saint-Basile de Urbe, les dix-sept couvents qui
formaient à cette date la province de Calabre contribuèrent fort
inégalement. Sainte-Marie de Scalito (Mileto) était une simple
ferme du Patir, tenue par un moine et un lai; Sainte-Marie
de Melicucca et l'Hôpital d'Amantea n'étaient rien de plus
considérable; de même Sainte-Marie de Trapezometa1, Saint-
Onuphre et Sainte-Marie de Rovito2. Saint-Philarète de Seminara
1. On lit dans le Laurentianus IX, 6 (fol. 358), en marge de l'homélie sur
SS. Pierre et Paul 'Eyéveto [xeià to è£eX6eîv, la note anonyme (xviie siècle) que
voici : « Hsec homelia habetur etiam in codice ms. monasterii Grœcorum
S. Salvatoris in urbe Messana inter opéra S. Joannis Chrjsostomi. Item
fuit reperta in Calabria in monasterio Stae Mariœ dicto a Trapizometa et
in latinum versa a Dno Constautino Lascares viro eruditissimo. »
2. Acta dietœ generalis o. 1701. (Archiv. Vatican., dossier Basilianï) : on y
trouvera un état des couvents de Calabre et de Sicile à cette date. Tout le
présent paragraphe dépend de cette pièce.
44 CHAPITRE II.
était en 1700 une commende de 225 écus et une communauté
de quatre moines et deux lais, mais la librairie du couvent, très
pauvre dès la fin du siècle précédent, avait été souvent visitée
par des trafiquants de manuscrits1. Saint-Basile délia Torre, qui
comptait quatre moines et trois lais, est un couvent dont je n'ai
rien trouvé. Saint-Nicodème de Mammola (cinq moines et trois
lais), qui avait eu pour commendataire le cardinal Antoine Carafa
en 1 586, est dans le même cas. Enfin Saint-Adrien de Rossano
(six moines et deux lais) possédait bien une petite collection de
livres tant grecs que latins : mais toute trace en est perdue2.
Saint-Pierre d'Arena au contraire, dont nous connaissons la
librairie telle qu'elle existait en 1579, et dont nous savons qu'il
possédait à cette date environ quatre-vingt-dix volumes manu-
scrits, dut fournir plusieurs pièces àMenniti : j'en reconnais cer-
tainement une dans la collection de Saint-Basile, peut-être deux
(Vaticani 2048 et 2082). De Saint-Jean de Stilo, qui avait dû
être transféré peu auparavant (1662) à Stilo même pour se dé-
fendre contre les brigands qui volaient aux moines jusqu'à leurs
chemises, Menniti reçut au moins deux volumes, et vraisembla-
blement davantage (Vaticani 1963 et 2008). A Saint-Barthélemy
de Trigona, Menniti trouva quelques livres de chœur (Vaticani
2o5i-2o52). Mais ce furent surtout Saint-Elie de Carbone et le
Patir qui constituèrent la collection de Saint-Basile de Urbe, et
Menniti lui-même en fait foi, quand en tête du catalogue de sa
collection il fait mettre que les manuscrits en venaient « e plu-
ribus Calabriae et Lucaniœ monasteriis, praesertim Carbonensi et
Pateriensi ».
Nous possédons ce catalogue de la collection de Saint-Basile,
dont la rédaction avait été confiée par Menniti à un de ses reli-
gieux, dom Jean-Chrysostome Scarfô, savant homme dont Mu-
ratori faisait cas3 : ce catalogue, très détaillé et accompagné de
1. Acta visitationis a. i58i {Vatican, lat. 64i5, fol. 81). Peu avant 1 585,
Fr. Accidas trafique de mss à Seminara : voyez les Vaticani i536-i537 qu'il
en rapporte.
2. Cf. Acta visitationis a. 1734 (Archiv. Vatican., dossier Basiliani).
3. Scarfô, Poésie varie (Venise, 1738), p. 82. Je lis dans une lettre de Mu-
ratori (ibid., p. 107) : « Conosco la persona e il merito grande del mai ab-
bastanza laudato P. D. Gian-Grisostomo Scarfô... Ma sopratutto con piacere
ho inteso la raccolta dalui fatta délie iscrizioni délia Calabria per lasperanza
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE.
bonnes tables, est encore en service au studio de la Bibliothèque
Vaticane1. Nous possédons aussi un inventaire sommaire des ma-
nuscrits de Saint-Elie de Carbone, inventaire rédigé dans la
seconde moitié du xvne siècle, avant le transfert à Rome de la
librairie du couvent. Enfin il n'a tenu qu'à un accident que nous
ne possédions pareil inventaire des manuscrits du Patir. Mont-
faucon, qui était à Rome au moment où Menniti installait sa col-
lection (i 698-1 701), qui fréquenta chez Menniti et obtint d'étu-
dier à loisir ses manuscrits grecs2, Montfaucon reçut de lui une
copie d'un inventaire du Patir. J'ai sous les yeux le Plan de
V ouvrage qui aura pour titre Bibliotheca bibliothecarum, et j'y
Jis que Montfaucon fit copier toutes les pièces qui y devaient
figurer et qu'il en fit dresser la table générale par un de ses
confrères, dom Jean Le Maître, et, ajoute-t-il, « je fis relier le
tout en deux volumes in-folio, en 1720 ». Il nous reste de ces
deux volumes, sensiblement plus riches que la Bibliotheca
bibliothecarum, seulement la table générale des i3î2 catalogues
qu'ils contenaient : le 3 Ie est l'inventaire des manuscrits du Saint-
Sauveur, le 33e celui de Saint-Basile de Urbe, le 34e celui de
Grotta Ferrata ; le 32e était l'inventaire des « Manuscrits de
Patyrion3 ». Des quatre inventaires, c'est celui des « Manu-
scrits dé Patyrion » qui n'a pas été inséré dans la Bibliotheca
bibliothecarum, et dont, par surcroît, la copie a disparu.
di poterie avère a tempo da inserirle nel mio Thésaurus novus veterum inscri-
ptionum, il quale, se a Dio piacerà, sarà terminato entro il corrente anno. »
Voy. en effet le Thésaurus de Muratori, p. 1817 et 1818, et cf. Mommsenn,
C. I. L., t. X, p. lxii.
1. Le titre est : « Elenchus, et Catalogus Librorum groece mss. qui in
Bibliotheca Collegii S. Basilii de Urbe reperiuntur transvecti e pluribus
Calabriae, et Lucaniae Monasteriis prsesertim Carbonensi, et Pateriensi ordi-
nisS. P. N. Basilii Magni, studio, et cura Rmi P. Magistri D. Pétri Menniti
eiusdem ordinis Abbatis Generalis, circa annos Dûi 1697 et 1699. » Le
nom de Scarfô n'y figure pas.
2. Dïarium italicum, p. 210 et suiv.
3 Parisinus lat. i3o68, fol. i. Cf. Parisinus suppl. gr. 418, fol. 245. Je lis
dans ce dernier : « Catalogi manuscriptorum quos collegit ac non paucos
manu sua descripsit D. Bernardus de Montfaucon... 3i. Catalogus mss.
monasterii S. Salvatoris Messanensis missus a D. Etiennot, p. 428. —
32. Manuscrits de Patyrion, p. 454- — 33. Manuscrits des RR. PP. Basiliens
de Messine [entendez Rome], p. 455. — 34. Mss. Cryptae ferratae. scripsit
Bern. de Montfaucon, p. 462- ».
46 CHAPITRE II.
Il est sûr que Menniti ne laissa au Patir aucun manuscrit. J'ai
sous les yeux un Inventorie ciel monistero del Patirc dressé en
ij5i, et j y vois que le chœur possède deux anastasimi, un
pentecostarion , un menœum totius anni, tous livres in-folio, un
pentecostarion petit format, un bréviaire grec, deux psautiers,
un missel (avec un propre copié à la main contenant l'office de
saint Nil et de saint Barthélémy) : c'est là tout, et il n'y a là que
des volumes imprimés. Par ailleurs notre hwentario, qui énumère
en détail toutes les pièces du mobilier conventuel et jusqu'aux
chaudrons de la cuisine, ne mentionne ni archive, ni bibliothèque :
tout ce que la communauté possédait de livres était au chœur1.
Quant à la collection même de Menniti, elle ne devait pas#
demeurer longtemps à Saint-Basile de Urbe. Elle y était encore
en 17485 au moment où Bianchini publiait son magnifique Evan-
geliarium quadruplex, pour lequel un basilien, dom Vitali, avait
rédigé une description très remarquable des manuscrits bibli-
ques de la collection de Saint-Basile'2. Mais en 1780 elle avait
passé au Vatican : le détail des circonstances m'est inconnu, je
crois comprendre que la collection fut achetée personnellement
par le pape Pie VI et par lui donnée à la Bibliothèque Aposto-
lique3.
Fondée ainsi au début du xne siècle, découverte et exploitée
par les érudits romains du xvie, transférée à Saint-Basile de Urbe
à la fin du xvne et au Vatican vers 1780, la librairie de Sainte-
Marie du Patir, dont nous ne possédons cependant aucun des
deux inventaires qui en ont été dressés, peut-elle être retrouvée
et reconstituée, plus heureuse en cela que les autres librairies
basiliennes des Calabres? C'est le problème bibliographique que
nous avons maintenant à résoudre.
1. Acta d'tetœ generalls a. i^i (Archiv. Vatican., dossier Basiliani).
2. Bianchini, Evangeliarium quadruplex (Rome, 1748), t. I, p. DVI-DXXV.
3. PIVS VI | CODICES BASILIANOS | BIBLIOTHECLE VATICAN^ |
DONO DEDIT ANNO MDCCXXC, dit une inscription peinte au-dessous da
portrait du card. Zelada, dans la galerie nord de la Vaticane. Cf. parmi les
inventaires du studio da la Vaticane l'Eupstripcov twv y.oSixôiv âXVrçvcxûiv -rcàXou
tou xoivoêïou tou àyîou BaaiXeîou èv aarec àyopaaOévxtov uapàtâ) axpa> ocp^tepet H»j>
exxw ètù S. TtotpS. 8s ZsXaôa tï|ç ày. sxxa- (3i6Xio6Y)xaptou (inachevé).
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE.
II
Menniti met en notre main le fil qui va nous guider dans cette
recherche. Il a pris soin en effet d'inscrire, en tête d'un certain
nombre de volumes de la collection de Saint-Basile de Urbe, le
nom de l'abbaye dont ils provenaient, et c'est ainsi que les
mss Basiliani 81, 82, 98, io5, etc., portent à leur feuillet initial
de garde la mention : « Ex Biblioth. Mon. S. M. de Patirio ».
Premier critérium. — On se rappelle aussi que, dès avant i56i,
le cardinal Sirleto possédait un inventaire des manuscrits du
Patir1, inventaire qui suppose un récolement : de ce récolement
je trouve la trace sur plusieurs des manuscrits dont l'ex-libris
ci-dessus nous assurait déjà qu'ils provenaient du Patir. Ainsi le
ms. Basilian. 81 porte en tête de son fol. 1, écrite à l'encre,
d'une main du xvie siècle, l'inscription : « Libro i4o ». En tête du
fol. 1 du ms. Basilian. 98, la même main a écrit : « Libro 4 MM »•
En tête du fol. 1 du ms. Basilian. io5, la même main a écrit :
« Libro 24 » : mais ici, immédiatement à la suite, une main
différente et un peu antérieure avait inscrit déjà le titre du vo-
lume, c'est à savoir : « Sancto basilio homelia sop. la genesis ».
En tête du fol. 1 du ms. Basilian. 82, la cote a disparu, mais
on lit très distinctement le titre de première main : « |||||||||||||||||l|||||lario
de sancli ». Ces restes du récolement du xvie siècle, nous les
retrouvons sur nombre d'autres manuscrits, lesquels ne portent
pas l'ex-libris ci-dessus indiqué de la main de Menniti. Deuxième
critérium. — Ces deux critériums m'ont permis de reconnaître un
premier groupe de manuscrits dont la provenance rossanienne
est très rigoureusement assurée. A ces manuscrits j'en ai joint
quelques autres dont la provenance rossanienne était établie par
la présence sur leurs marges ou leurs gardes de grafïites d'origine
rossanienne. Tel est le Vaticanus 1648, sur un feuillet duquel
on lit le grafïite : « Ego frater Nicodemus monacus ecclesiae
Santa? Maria? de Patiro ». Troisième critérium. — Enfin je
1 . Voy. p. 4°-
48 CHAPITRE II.
me suis cru autorisé h rattacher à la collection ainsi formée
quelques manuscrits qui m'ont paru être de la même main que
des volumes de ladite collection.
Ceci dit, j'énumère et je décris sommairement les manuscrits
retrouvés par moi de la librairie du Patir.
Vaticanus 1 6 1 1 .
Nicétas de Serres, Catena in Lucam, xne siècle, parchemin,
grand format (377 X 290 mil!.), deux colonnes pour le commen-
taire, 32o fF. Manque : le premier quaternion et les derniers
feuillets. Reliure Pie IX. A la fin du xvie siècle à Grotta Ferrata,
« Sine caractère », c'est-à-dire non coté1. En tête (fol. 1) du
récolement fait au Patir au xvie : « Libro 33 santo nichita diacono
Expositione sop. sancto luca evangelista ». A la fin du livre II
(fol. 1 58), en marge, le copiste anonyme du manuscrit a mis la
date du mois où il commença de copier le livre II « pour l'école de
Saint-Pierre [?]. » (Voy. aux Pièces justificatives la Souscription
n° 1.) Fol. 248, en marge, gralfites d'une main latine du
xve siècle.
V aticanus 1628.
Saint Jean Chrysostome, homélies diverses, xie siècle, par-
chemin, grand format (4 10 X 288 mill.), deux colonnes, 225 fF.
Intact. Reliure Urbain VIII. Entête (fol. 1) du récolement fait
au Patir au xvie siècle : « Libro 9 de sancto Jôi chrisostomo sop.
li laudi homilia. »
V aticanus i636.
Homiliaire, xie siècle, parchemin, grand format (346X260
mill.), deux colonnes, 243 ff. Intact. Reliure Grégoire XV. A
1. Un catalogue des mss. de Grotta Ferrata fut rédigé en 1675 et nous
l'avons encore (La Vaticane de Paul III à Paul V, p. go et n4)« Dans ce
catalogue chaque ms. est coté par une lettre ou deux de l'alphabet grec.
De là les mss entrés peu après 1 et non portés au catalogue sont dits
sine caractère.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE -MARIE. 49
la fin du xvie siècle à Grotta Ferrata, avec la cote « XX ». En
tête (fol. 4)» du récolement fait au Patir au xvie siècle :
« Libro 4i. sermonario de santo andrea archiepo diCandia ». Ce
ms. a été copié par Léon, prêtre, en mai 1064 (Ss. n° 2).
Vaticanus 1640.
Saint Jean Chrysostome, Homilise X X XU 1 inGenesim, xie siè-
cle, parchemin, très grand format (427 X 285 mill.), deux colonnes,
209 ff. Intact. Reliure Grégoire XV. A la fin du xvie siècle à
Grotta Ferrata, « s. car. », c'est-à-dire non coté. En tête (fol. 2),
du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 10 de sanlo
Ioâni bucca doro sermoni admonitorii de la quadragesima ».
Vaticanus 1642.
Nicétas de Serres, Catena in Lucam (liv. Ier), xic siècle, par-
chemin, grand format (363 X277 mill.), deux colonnes, 295 ff.
Intact. Reliure Grégoire XV. A la fin du xvie siècle à Grotta
Ferrata, « s. car. », c'est-à-dire non coté. En tète (fol. 1), du
récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 34- La inter-
pretatione sop. sancto luca, fatto da sâto nichita ». Fol. 1 53,
169, 274» graffites et notes marginales d'une main latine du
xvu siècle.
V aticanus 1648.
Saint Jean Chrysostome, Expositio in I Cor., xe siècle, par-
chemin, grand format (34oX225 mill.), deux colonnes, 3i5 ff.
Manque : le premier quaternion. Reliure Grégoire XV. A la fin
du xvi° siècle à Grotta Ferrata, « sine car. », c'est-à-dire non
coté. Fol. 3i5', d'une main du xve siècle, le graffite: «Ego frat.
nicodimus m on a eu s ecclie ste marie de patiro. » Fol. i', 9'. 25,
34', 44) 45, 192, 211', 212', 247', 280, 287', diorthotemata
d'une main grecque du xme siècle1.
1. Cette main, que nous retrouvons dans ]e Vaticanus 1994 ci-après, et
qui est aisément reconnaissable à ses ligatures de même qu'à l'encre ver-
dissante qu'elle emploie, — cette main dis-je, serait à rapprocher de celle
4
5o
CHAPITRE II.
V aticanus 1649.
Théodorgt, Expositio in Paul., xiiu-xiiic siècle, parchemin
grand format (325 X a5o mill.), deux colonnes, 137. ff. Intact.
Reliure Grégoire XV. A la fin du xvic siècle à Grotta Ferrata,
« sin. caract. », c'est-à-dire non coté. En tête (fol. I), du réco-
lement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 66 » .
V aticanus 1 654-
Saint Jean Chrysostome, Expositio inPhilipp. et Heb., xie siè-
cle, parchemin, grand format (390X290 mill.), deux colonnes,
211 ff. Intact. Reliure Grégoire XV. A la fiu du xvie siècle à
Grotta Ferrata, « s. car. », c'est-à-dire non coté. En tête (fol. 5),
du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro tercio d.
sancto Joâni crhisostomo [sic] sop. la epla de paulo ad philip-
pensis [sic] ». Passim notes marginales à demi effacées d'une
main grecque du xme siècle.
V aticanus i656.
Saint Jean Chrysostome, Expositio in Heb., xie-xne siècle, par-
chemin, grand format (3oo X 245 mill.), deux colonnes, 182 ff.
Intact. Reliure Grégoire XV. A la fin du xvie siècle à Grotta
Ferrata, « sine caract. », c'est-à-dire non coté. En tête (fol. 3),
du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro secûdo Sancto
Jôi chrisostomo sop. le epistole de paulo ad hebreos ».
V aticanus I659.
Saint Jean Chrysostome, In II Cor Col. et I Thess., xe siècle,
parchemin, grand format (3 20 X 2 35 mill.), deux colonnes,
448 ff. Manque : les premiers feuillets. Reliure Grégoire XV. A la
fin du xvie siècle à Grotta Ferrata, « s. car. », c'est-à-dire non coté.
qui a couvert de scholies certains feuillets du célèbre Faticamis 1 209 (fol. i2o5',
1206, 1239, etc.).
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. Si
Entête (fol. i), du récolement fait au Patir auxvic siècle : « Libro
i4 de Sermoni de Sancto Jôi archiepo >».
Vaticanus 1680.
Saint Jean ChrysostoiME, Expositio in Math., xie siècle, parche-
min, très grand format (400X200 mil].), deux colonnes, 4^9 ff.
Manque: les premiers feuillets. Reliure Grégoire XV. A la fin
du xvie siècle à Grotta Ferrata, « s. car. », c'est-à-dire noncoté.
En tête (fol. 2), du récolement fait au Patir au xvie siècle :
« Libro 6 de sto ioan. grisostomo Homelia sop. li euangelii de
sto matteo ».
Vaticanus 1970.
Euchologe, xiii' siècle, parchemin, petit format (161 X 116
mill.), à pleine page, 242 ff. Mutilé de part et d'autre. Reliure
Pie IX. Ancien Basilian. 9. En tête du fol. i9(olim 1), Menniti
a écrit : « Ex libris Monasterii S. Maria? de Patirio j Rossanen
ords. S. Basilii Magni »\ Ce ms. est celui dont parle Sirleto dans
sa lettre (citée plus haut) au P. Jean de Saint-André, du 16 avril
i582, ej où il signale le texte de la liturgie de saint Marc \
V alicanus 1 97 1 .
Euthalius, Expositio in Act.,Cath. et Paul., xc-xic siècle, par-
chemin, petit format (160X118 mill.), deux colonnes, 247 ff.
Intact. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 10. En tête (fol. 1), du
récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 69. ordinacioni
secôdo Ullllllllllllllllllllllllllllllilll prologo e epistole ». Fol. 208', à la marge in-
férieure, le nom (vraisemblablement du copiste) : NEIAOT MX. , Nil,
moine.
1. Et au bas du même feuillet il ajoute : « In hoc libello continëtur litur-
girc S. Pétri Apli. S. Marci Apli et evangelistœ, et S. Jacobi Apli custodiendus
[sic] diligenter nam ex hoc libro exscripta fuit liturgia S. Marci et fuit
transmissa cuidam canonico parisiensi [Jean de Saint-André] qui typis
eam mandavit cum nimio honore huic bibliothecre ». Le reste
rogné.
2. Cet important ms. a été depuis décrit et collationné par M. Swainson,
The greek liturgies (Cambridge, 1884).
52
CHAPITRE 11.
Vaticanus 1990 (ff. 89-179')1.
Homilïaire, xie-xne siècle, parchemin, grand format (33o X^35
mill.), deux colonnes. Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX.
Ancien Basilian. 29. Fol. i35' et 1 44% essais de plume d'une
main du xvne siècle, [qui a inscrit son nom au fol. 1(32' : « Gio
Chrisolillllllllll Verchio città di lossano ». Ce Jean Chry-
sostome Vercliio fut abbé du Patir dans les premières années du
xvine siècle.
Vaticanus 1991 (ff. 43-124') 2.
Vies de saints, xue siècle, parchemin, grand format (320X240
mill.), deux colonnes. Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX.
Ancien Basilian. 3o. En tête du premier feuillet (fol. 43), du
récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 147. legendario de
sancto polieucto marti » .
Vaticanus idem (ff. i25-i5o').
Vies de saints, xme siècle, parchemin, même format, deux
colonnes. Mutilé de part et d'autre. En tête du premier feuillet
(fol. 125), du récolement fait au Patir au xvie siècle : «
Legendario de sancti ».
Vaticanus 1992 (ff. 11 8-274') 3«
Saint Grégoire de Nazianze, Orationes XVI, xiie siècle, par-
chemin, moyen format (290 X 23o mill.). deux colonnes. Manque :
1. Trois mss, tous trois mutilés, reliés en un volume par les soins de
Menniti. Il n'est pas impossible que le premier (fF. 1-88'), homiliaire
xi* siècle, et le troisième (fF. 180-280'), homiliaire x" siècle, proviennent
également du Patir.
2. Quatre mss, tous trois mutilés, reliés en un volume par les soins de
Menniti. Il n'est pas impossible que le premier (fol. 1-42'), homiliaire
xii* siècle, et le quatrième (fol. 151-167'), vies de saints xne siècle, pro-
viennent également du Patir.
3. Deux mss, mutilés, reliés en un volume par les soins de Menniti. Je
ne puis rien dire de la provenance du premier (fF. 1-117'), S. Grég. Naz.
Orationes XVI, xii'-xiii'5 siècle.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 53
le premier quaternion, et la fin. Reliure Pie IX. Ancien Basi-
lian. 3i. Ce ms. a été copié par Barthélémy, moine et prêtre,
et achevé le 3 juin i io4 (Ss. n° 3) 1 : ce copiste est le même que
celui du Vaticanus 2021 ci-après.
Vaticanus 1993 (ff. 1 - 1 3 1 ') 2.
Synaxaire, xii° siècle, parchemin, moyen format (282 X 235
mill.), deux colonnes. Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX.
Ancien Basilian. 32. Je lis au fol. 27' : « Die pin1° jenar. i55o |
In qslo jorno for. [=furono] amaczati | tre jovenj d. coranù
[ = Corigliano] atorno lo | monrio et li amaczar. li albanisi. »
Fol. 82' : « Die 2 aprile 1 568 | e morto fr. fabio ||||||t essa | nimo
conduto allo moniste | rio et morto in rossano. » Fol. 28' :
a a die p°. jenuari. 1070. |A ditto la pa missa fra Jo. bar10 | de la
gla[?] cô gra. de la madona | santa de lo patir. » Fol. i3i', de
la même main: « 1 5 j8- 1 5j9 ».
Vaticanus 1994-
Saint Grégoire de Nazunze, Orationes XVI, xie siècle, par-
chemin, moyen format (225 X 283 mill.), deux colonnes, 225 ff.
Manqup : le premier feuillet du premier quaternion, et la fin.
Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 33. Fol. 4', 5, 6, i5, 16, 21',
courtes scholies marginales d'une main grecque du xnie siècle, la
même que dans le V aticanus 1648 ci-dessus.
V aticanus 1995.
Ménologe (2-20 oct.), xie siècle, parchemin, grand format
(280X205 mill.), deux colonnes, 268 ff. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 34. Ce ms. fait
partie d'une suite que nous allons rencontrer ci-après [V ati-
cani 2o3^, etc.).
1. Au-dessous de la souscription (fol. 219), Menniti a écrit : « Uiclo
anno 1104 vivebat S. Bartholomœus Semeriensis, qui forsan hune librum
scripsit ».
i. Deux mss, mutilés, reliés en un volume par les soins de Menniti. Le
second (ff. i3'2-3o4 ), synaxaire xie-xn° siècle, n'offre aucun indice de pro-
venance.
CHAPITRE II.
V aticanus 1997.
Vies de saints, xine siècle, parchemin, moyen format
(200X200 mill.), à pleine page, 1780*. Intact. Reliure Pie IX.
Ancien Basilian.36. En tête (fol. 1), du récolement fait au Patir
au xvie siècle : «Libro 72 uita potrum ». Fol. 17, en graffite :
u Io D. Gio. Batista Galanti di Corg00 [=Corigliano]. Hoggi 1.
10 di settebro i65i | nel venerabile mon10 del Patiro ». Fol. 63,
de même : « Io D. Giouanni Ruffo délia città | di Rossano feci
nouitio in questo monastero nel anno 1677. » Ce ms. a été
copié par « Dosithée, prêtre, chartreux dans la montagne du
monastère du Militino » qui était encore en 1 4^7, nous l'avons
vu, un couvent du diocèse de Rossano (Ss. n° 4).
V aticanus 1998
Saint Basile, j4scetica,xif siècle, parchemin, moyen format
(26.5 X 210 mill.), à pleine page, 194 ff. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. '5j, En tête (fol. 1),
du récolement fait au Patir au xvie siècle. « Libro 82 Expo-
sitiohllllllliliu » .
Vaticanus 1999 (ff. 1-119)1.
Saint Jean Chrysostome, Homiliœ in Genesim, xne siècle, par-
chemin, moyen format (255 X i85 mill.), deux colonnes. Mutilé
de part et d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 38. Ce
ms. a été copié par le même copiste que le Vaticanus 1992 ci-
dessus et que le Vaticanus 2021 ci-après.
Vaticanus 2000 (ff. i55-2o4)2.
Vies de saints, xne siècle, parchemin, moyen format
(253 X 180 mill.), deux colonnes. Manque : les premiers feuillets.
1. Trois mss mutilés reliés en un volume par les soins de Menniti. Le
second (ff. 120-175'), Chrysostome xne siècle, le troisième (ff. 176-216'), item,
ne présentent aucun indice de provenance.
2. Trois mss mutilés reliés en un volume par les soins de Menniti. Tous
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 5,5 *
Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 39. Ce ms. a été copié « par
le moine Pacbôme, avec le concours de notre père spirituel Bar-
thélémy, moine, 26 juin 1102 » (Ss. n° 5). J'identifie ce Barthé-
lémy avec le fondateur de notre abbaye.
Vaticanus 2001 .
Vies de saints, xiie siècle, parchemin, moyen format
(a35 X 180 mill.), deux colonnes, 3o5 ff. Intact. Reliure Pie IX.
Ancien Basilian. 4o. En tête (fol. 1), du récolement fait au Patir
au xvie siècle : « Libro 10 d. S. Joanne Damasceno de mortuis ».
Ce ms. a appartenu à l'origine à « Paul, higoumène du monastère
de la Mère de Dieu de Cerrate » (Ss. n° 6).
Vaticanus 2002.
Tetkaevangelium1, xi° siècle, parchemin, moyen format
(247 X 190 mill.), deux colonnes, i32 ff. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. \ \ . Ce ms. a été copié
par « Constantin, protopapas de Taberna, et achevé le 6 sep-
tembre ioj2, Georgilas étant stratège de Calabre » (Ss. n° 7).
En têt# (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « ex Biblioth. Mon.
S. M. de Patirio ».
Vaticanus 20o3 (ff. 159-274) 2 •
Saint Maxime, Centuriœ, xne-xiue siècle, parchemin, moyen
format (240X170 mill.), à pleine page. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Bas ilian. Entête du premier
feuillet (fol. 159), du récolement fait au Patir au xvie siècle :
« Libro 60 » .
trois renfermant des vies de saints. Le premier (ff. i-i54), xe siècle, copié
pour « Léonce, prêtre », sans date, et le troisième (ff. 205-267), xe-xne siècle,
ne présentent pas d'indice de leur provenance.
1. Gregoiy, Prolegomena (au N. T. gr. de Tischendorf), p. 5o4-
2. Deux mss mutilés reliés en un volume par les soins de Menniti. Le
premier (ff. 1-121), S. Grégoire de Nazianze, Orationes XVI, xne siècle,
n'offre aucun indice de provenance.
56
CHAPITRE II.
V aticanus 0.004.
Satst Jean Chrysostome, Expositio inJoan., xie-xuc siècle, par-
chemin, moyen format (235 X 162 mill.), deux colonnes, 293 ff.
Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 43.
En tête (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « ex Biblioth. Mon.
S. M. de Patirio ».
V aticanus 2006.
Jean Philagathus1, homélies, xme-xive siècle, bombycin, moyen
format (269 X 170 mill.), à pleine page, 269 ff. Mutilé de part
et d'autre et au cours du volume. Reliure Pie IX. Ancien Basi-
lian. 4^- Au verso du 3e fol. de garde de la main de Menniti (?) :
« Patieriensis [sic] » .
F aticanus 2010.
Vies de saints , xie siècle , parchemin , moyen format
(245 X 170 mill.), à pleine page, 235 ff. Manque : les derniers
feuillets. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 49. En tête (fol. 1),
du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro i3 vita
prum ».
V aticanus 201 7.
Lectionnaire des évangiles2, xiie siècle, parchemin, moyen
format (220 X 160 mill.), deux colonnes, 120 ff. Intact. Reliure
Pie IX. Ancien Basilian. 56. Fol. 119', un obit du xive siècle
environ : « Le 21 janvier a été enterré Thomas ; il a été enterré
dans l'église de la T. S. Mère de Dieu, à laquelle il a laissé un
verger » Fol. 120' (d'une main différente, mais a peu près de
ia même époque), un autre obit : « Le 12 octobre 1 346, a été
enterrée Constantia; elle a laissé à l'église de la T. S. Mère de
Dieu un verger5 » J'identifie cette « église de la T. S. Mère
1. Voy. plus haut, p. 36.
2. Gregoiy, Prolegomena, p. 709.
3. Fol 119' : ►£< iavvoua?> xa'. èxifu'9. ou ôoû*. toû 60 xo^a;- xaî £Ta<pi et; ty)v
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 57
de Dieu » avec l'église cathédrale de Rossano (voy. le V atica-
nus 2019 ci-après).
V aticanus 2019
Nomocanon , xme siècle, parchemin, moyen format
(208 X 167 mill.), à pleine page, 166 ff. Manque : les premiers
feuillets. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 58. Fol. i55', une
note de la main du copiste : « ...Le 19 septembre 1236, ma
femme a été enterrée dans la vénérable église de la T. S. Mère
de Dieu achéropite \ . . » C'est l'église cathédrale de Rossano.
Fol. 1 65', d'une grosse écriture du xvie siècle : « Ce nomocanon
est un legs de Rabd...2 ».
V aticanus 2021.
Saint Siméon (de Chios), homélies, xne siècle, parchemin,
petit format (1 85 X i5o mill.), à pleine page, i4o ff. Manque :
les deux premiers quaternions. Reliure Pie IX. Ancien Basi-
|r(Ttepayc. Qxôûv. xat acpîspotr. aùx/jv. xntôpYjv 17. | auv ôévop. aùxou nXicriov.
ay.it£Xo.u*. ôojxevc | [j.opaÇtT. xa\ uXcatov xi rcox. -rcéxpou ffepyt. xat auv/oxi | (la der-
nière ligne est rognée). — Fol. 120', de cette main différente mais contem-
poraine, un inventaire, malheureusement très altéré : >J< Taux, etcrstv xà
êtêllllllllllllllllllllll | vixcoX. xllllllllllllllllllllllll I èv «pwtov lllllllllllllllllllllllll I xa\ aic.o. xa\ X(£t)xoupy.
xa\ x$.|||||||||||||||| | y.a\ àvayv«><mxbv xb llllllllllllllllll | EUXoXoy. llllllllllllll xa\ «Mxfatov lllllllllllllllll
IpoXôy. £-/wv xàç àxo'jXïjO. Hlllilllllilll xaxavuxxtxbv. xa\ s llllllllllll | exépov xa\ fjuviov. xa\
lllllllllllll | 7roxupia, etc. Puis de la même main : -f- jjwj. oxxw. £Îç x\ tê' èxotjnrjô. Y|
ôouX. xou | Ou xiovaxàvxÇta. y] 6uyax. xou %ox. taSxtvo'j | xyjç <7£pyY)vr]ç. xb exoç /Tovô
xr,; ivô. tô'. xat etç aqnépwaev | et; tov vabv xr,ç ûuepay. 6xô"û xaiv yevvYjxovov *
xunoupi. ev eiç x. aOx. | xaip.. ^Xiq. twâvvY) xoXo^oupS. xat avxtaûvop. xou aô*e.
aùxfj;. | xat 0 Oç àvauayae aùx/jv.
1. >J< xaxà xbv àuptXX. jr?iva elç x- tYj' xy) ày. xat fJieyaX. xptx- aipa 6'. | tv8. Ç'. ex.
,£"4^.6', èyevvYjQ. y) buyàxYjp è(j.oO, | atvàxopoç xy}ç xptx. y) èv xài ay. [3aima[Ax. ovo-
{xaaOeïaa âXçalllllllll | |3ao-tX£Ûovxo; Y)jJ.&>v, xoù* ôsoc-Itîxou (xyX- (3aa-iXé(o; | xat aùxo-
xpâxopoç ptotxv. xai aùyouor. cppsôôsptxou, | ôexâxa) xexàpxw XP0VW aùxou (3acrt-
Xsia;. Pa<7i|Xsûovxoç Se atxeXta;. xptaxoa-xto I6S6 jAto. | UpoucraX^ 8s. èvvàxt*).
►î^ xaxà xbv aeitxp. {J^va, sïç x. iyj', r\[Ksp. xpir., 7tpb êairép, îvS. 6', | ex. ,£"4^8', y)
auuÇyo. ètxou atv.x-po. xy]ç xptxv., xup. youap.ep. | èyévvY]cr£ Tiatôtov ôeûxepov apasv,
oucp a)vo[xàaa{i.£v | [At'-/aY|X. urap ou p.eyaXv) -/aPa tap' Y][j.tv èyeyovei. oyuw 8è | (3a-
6:caç iauspaç xaxaXaëouaYjç, xoa r, Tupopriôeîaa [xot auÇuyoç, | xb uvâ xto xw napéôwxe,
xat Y|[xep. xexpaô. xou p-/]6'.x. ^vb? ecç x. tû' | èv xc'f/.. èxaçY) èv xài TiavcsTtx. vaâi x^ç
ûuspayîaç 8xou t% àxipo7ionqx. | 'xaxaXei'^aaâ (j.ot xà pyjô'.x. 8uo ua[xcptX.x. [xot
xéxva- xr(v aXcpâ^av, xai xbv | [zt-/a^X, oiç 0 6ç §a>r) upoxouYiv xat au^Yjatv èxetVY) 8s,
acpeatv à(xapxt(ov | xat àvarcauertv èv xotç xaiv Sixatwv ^opo'tç.
i. ïfr ptëXtov Xsyo^evov xpovtxbv | èx- xav' xbv vojxoxàvovav | àçiépoo-tç xou paë8.
58 CHAPITRE 11.
liait. 60. Ce ms. « a été achevé le 6 mai iioj, copié par Barthé-
lémy, moine » (Ss. n° 8). Ce copiste est le même que celui du
Vaticanus 1992. Dans une note manuscrile de dom Neofilo
Rodino, je lis, à la suite d'une transcription de la souscription
de notre ms. : « Questo libro del S. Simeone F ho trovato in
Calabria in un monasterio del N. P. S. Basilio Magno detto
per nome o patir, vicino di una terra chiamata Corigliano. . .
Napoli i653, 24 ài giugno1. »
Vaticanus 20 34-
Saint Grégoire de Nazianze, Orationes XVI, xie siècle, par-
chemin, grand format (33o X 240 mill.), deux colonnes, 284 ff.
Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian.
En tête (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « Ex Biblioth. mon.
S. M. de Patirio ».
Vaticanus 2o35.
Saint Jean Chrysostome, homélies diverses, xie siècle, parche-
min, grand format (320 X 240 mill.), deux colonnes, 216 ff.
Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. fj\. En
tête (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « Ex Biblioth. monrii
S. M. de Patirio ».
V aticanus 2o36.
Saint Jean Chrysostome, homélies diverses, xie siècle, par-
chemin, grand format(3io X 226 mill.), deux colonnes, 278 ff.
Mutilé de part et d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. ^5.
En tête (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « Ex Biblioth. monrii
S. M. de Patirio ».
V aticanus 2o3j.
Ménologe (ier-i6 nov.), xie siècle, parchemin, grand format
(3oo X 210 mill.), deux colonnes, 3i2 ff. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 76. En tête (2e fol. de
1 . Vaticanus 2098.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 59
garde), Mermiti a écrit : « Ex Bibliotli. Mon. S. M. de Patirio ».
Ce ms. fait partie de la même suite que le Vaticanus 1990 ci-
dessus.
Vaticanus 2o38.
Ménologe (4-i 4 déc), xie siècle, parchemin, grand format
(3ooX 210 mill.), deux colonnes, 298 fF. Mutilé en tête.
Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 77. En tête (2e fol. de garde),
Menniti a écrit : « Ex Bibliotli. Mon. S. M. de Patirio ». De la
même suite que le précédent.
Vaticanus 2089.
Ménologe (17-28 nov.), xie siècle, parchemin, grand format
(3ooX 2o5 mill.), deux colonnes, 355 fF. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 78. En tête (2e fol. de
garde), Menniti a écrit : « Ex Bibliotli. Monrii. S M. de Pati-
rio ». De la même suite que le précédent.
V aticanus 2040.
Ménologe (ij-26 déc), xie siècle, parchemin, grand format
(3oo X 2o5 mill.), deux colonnes, 3o4 ff. Mutilé de part et
d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 79. En tête (2e fol.
de garde), Menniti a écrit : « Ex Bibliotli. Mon. S. M. de Pa-
tirio » De la même suite que le précédent.
V aticanus 10^1 .
Lectionnàire des évangiles1, xic siècle, parchemin, grand for-
mat (3o5 X 225 mill.), deux colonnes, 337 fF. Intact. Reliure
Pie IX. Ancien Basilian. 80. En tête (2e fol. de garde), Menniti
a écrit : « Ex Bibliotli. Monrii S. M. de Patirio ». Fol. 107, en
graffite : « D. Giovanne miranti di Rossano ». Ce ms. a été
« exécuté aux frais de Georges Mavrogeorgios, protospathaire »
(Ss u° 9).
1. Gregoiy, Prolegomena, p. 709.
6o
CHAPITRE II.
V aticanus 2042.
Ménologe (ier-3o oct.), xne siècle, parchemin, grand format
(3o5 X 225 mill.), deux colonnes, 3 1 1 fF. Intact. Reliure Pie IX.
Ancien Basilian. 81. En tête (fol. 1), du récolement fait au
Patir au xvie siècle : « Libro i4o ». Et de la main de Menniti
(20 fol. de garde) : « Ex Bibliotb. Moïïrii S. M. de Patirio ».
V aticanus 2o43.
Ménologe (fragm. mai, juin, juillet, août), xie siècle, parchemin,
grand format (3oo X 200 mill.), deux colonnes, 240 fF. Mutilé.
Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 82. En tête (fol. 1), du récole-
ment fait au Patir au xvie siècle : « llllllllllllllllllllllllllllllario de sancti ».
Et de la main de Menniti (2e fol. de garde) : a ExBiblioth. Mon.
S. M. de Patirio ». Ce volume fait partie de la même suite
que le V aticanus 2o3^, etc.
V aticanus iof\l\.
Ménologe (ier-3o sept.), xie siècle, parchemin, grand format
(280X202 mill.), deux colonnes, 240 ff. Manque : deux qua-
ternions en tête et les derniers feuillets. Reliure Pie IX. Ancien
Basilian. 83. En tête (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « Ex
Bibliotb. Mon. S. M. de Patirio ». De la même suite que le pré-
cédent.
V aticanus 2o5o.
Saint Basile, Ascetica, xne siècle, parchemin, moyen format
(285x221 mill.), deux colonnes, 125 fF. Manque: les cinq
premiers quaternions. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 89. En
tête (2e fol. de garde), Menniti a écrit : « ExBiblioth. Mon. S. M.
de Patirio ». Importante souscription : ce manuscrit « a été
achevé le 8 août no5, Tannée où le pape Pascal a conféré le
privilège de l'immunité à notre saint père Barthélémy pour son
abbaye de la T. S. Mère de Dieu dite too pox<wàTy]. C'est cette
même année que Boëmond revint en Calabre fuyant devant
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE.
61
Alexis. Nptre abbaye a dû la tranquillité [à cette disposition du
pape Pascal], et d'être délivrée des mains des Maléinoi, car bien
vivement elle était inquiétée par Nicolas Maléinos, l'archevêque,
et par les siens » (Ss. n° 10).
V ai ic anus 2o56.
Saint Basile, homélies diverses, x°-xic siècle, parchemin,
grand format (325 X 235 mill.), deux colonnes, 201 ff. Mutilé
de part et d'autre. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 95. En tête
(2e fol. de garde), Menniti a écrit : « Ex Biblioth. Mon. S. M. de
Patirio ».
Vaticanus 2059.
Climax, xc siècle, onciale, parchemin, grand format (3io
X 2o5 mill.), a pleine page, 235 fï. Intact. Reliure Pie IX. An-
cien Basilian. 98. En tête (fol. 1), du récolement fait au Patir
au xvic siècle : « Libro 4(1111 » • Et de la main de Menniti (2e fol. de
garde) : « Ex Biblioth. Monrii S. M. de Patirio ».
y Vaticanus 2060.
Collection canonique, xne siècle, parchemin, grand format
(3i5 x 235 mill.), deux colonnes, 263 ff. Manque : le premier
quaternion et les derniers feuillets. Reliure Pie IX. Ancien
Basilian. 99. En tête (2e garde), Menniti a écrit : « Ex lib. Bi-
blioth. Monrii S. M. de Patirio Rossanen » .
V aticanus 206 1 .
Saint Grégoire de Nazianze, homélies, xe siècle, parchemin,
moyen format (235 X 220 mill.), à pleine page, 3 16 ff. Manque :
les derniers feuillets. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 100. En
tête (fol. 3), du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 27
de Santo gregorio theologo ». Copié (sans date) par Basile,
prêtre (Ss. n° 11). Palimpseste1 :
] . Voy. Gregoiy, An important New Testament Palimpsest dans Y Indepeudent
Cv>.
CHAPITRE II.
A. Fol. 7.54-292, Lectionnaire des Evangiles, vie-ync siècle,
onciale carrée, 39 feuillets, format moyen (214X 170 mill. pour
le cadre de l'écriture), à pleine page, i4 lignes1.
B. Fol. 164, 169, 174» 175, 209, 214, 227, Lectionnaire des
Evangiles, vine-ix° siècle, onciale carrée, 7 feuillets, format
moyen (240 X 180 mill. pour le cadre de l'écriture), deux co-
lonnes. 21 lignes2.
C. Fol. i38-i63, i65-i68, 170, 173, 176-178, 203-208, 210-
2i3, 2i5-22o, 223-226, 228, 23i-233, Homiliaire, ixe siècle,
onciale oblique, 56 feuillets, format moyen (255 X 170 mill. pour
le cadre de l'écriture), deux colonnes, 27 lignes.
D. Fol. 234, 236, 238, 239, 241, 243, 245, Homélies (je ne
les ai pas identifiées), vie siècle, onciale carrée, 7 feuillets,
format moyen (192 X 1 85 mill. pour le cadre de l'écriture), deux
colonnes, 22 lignes.
E. Fol. 235, 237, 240, 243, 244, 246-249, 25i-253, 3io-3i5,
Strabon, vie siècle, onciale oblique, 18 feuillets, format moyen
(2o5 X 2o3 mill. pour le cadre de l'écriture), trois colonnes,
38 lignes5.
F. Fol. 198, 199, 22i, 222, 229, 23o, 293-3o3, 3o5-3o8,
Act. apost., Epist. cathol. et Paul. , ve siècle, onciale carrée,
21 feuillets, format moyen (2i5xi95 mill. pour le cadre de
l'écriture), trois colonnes, 4o et 4* lignes*.
du 25 août 1887, et du même Eine intéressante neutestamentl. Handschrift dans
le Theolog. Literaturblatt, 1887, p. 345 et suiv. M. Gregory avait bien voulu
se charger dë faire part au public de ma découverte.
1. Gregoiy, Prolegomena, p. j56. Un fac-similé de ce lectionnaire doit
paraître dans le recueil de la Palœograplrical Society.
2. Gregory, ibid.
3. Ce ms. de Strabon est le même dont le P. Cozza-Luzi avait découvert
des fragments dans des rognures de gardes de manuscrits de Grotta Ferrata,
fragments publiés par lui dans son mémoire intitulé Délia geografia di Stra-
bone^ frammenti scoperti in membrane palimseste (1884 et suiv.). J'ai eu le plaisir
de pouvoir signaler au savant religieux, à qui je dois tant, les dix-huit feuil-
lets que voici. (Cf. Bulletin Critique, 1888, p. i65.) On trouvera un excellent
fac-similé de ce Strabon joint au mémoire de dom Cozza-Luzi.
4. J'ai fourni à M. Gregory (Prolegomena, p. 447) ^es éléments de la
notice qu'il a donnée de ces fragments, Voyez plus loin Y Excursus C.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 65
Vaticanus 2 064 •
Saint Maxime, Quœstiones ad Thalassium, xne siècle, par-
chemin, moyen format (260X210 mill.), deux colonnes, 181 ff.
Intact. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. io3. En tête (fol. 1),
du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 63 ».
Vaticanus 2o65.
Saint Jean Chrysostome, Expositio in Rom. , xie siècle, parche-
min, moyen format (268 X 200 mill.), à pleine page, 358 fF. In-
tact. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 104. En tête (fol. 1), du
récolement fait au Patir au xvic siècle : « Libro p°. Sancto Jôi
chrisostomo sop. la epla de paulo ad romanos ».
V aticanus 2066.
Saint Basile, in hexajneron; Apocalypse; Saint Grégoire de
Nysse, in hexameron ; xe siècle, onciale, parchemin, moyen for-
mat (27J X 180 mill.), pleine page, 326 ff. Manque: les der-
niers feuillets. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. io5. En tête
(fol. i)j du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 24
Sancto basilio homelia sop. la genesis ». Et de la main de Men-
niti (irc garde) : « Ex bibl. Mon, S. M. de Patirio ».
V aticanus 2067.
Vieux Testament, Prophctœ majores et minores, xc siècle, par-
chemin, moyen format (23oX 170 mill.), à pleine page, 332 ff.
Intact. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 106. En tête (fol. 1),
du récolement fait au Patir au xvi° siècle : « Libro 54 Sermona-
rio sop. ezechiele ppheta. »
Vaticanus 2082.
Antiochus, Pandectes scripturœ sacrœ, xie siècle, parchemin,
petit format (iq5 X i65 mil!.), à pleine page, 1 63 ff. Manque :
1. Cf. Gregoiy, Prolegomena, p. 4^5. On a attribué jusqu'ici ce ms. à la
fin du vinc siècle.
64 CHAPITRE IL
les premiers feuillets. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 121.
Ce ms. a été copié par « Théodore, prêtre de l'église des Saints-
Apôtres, et achevé le 20 mai io56, le patrice Léon étant gou-
verneur de Calabre,~et Theoctiste de Rossano... » (Ss. n° 12). Au
verso du fol. 162 et du fol. i63, essais de plume antérieurs
au xve siècle de diverses mains grecques : rien à y relever, sinon
les mots Ixôto/ÔyiTW Tîjç txovyjç rnJLÔv.
Vaticanus 2o85.
Climax, xc-xie siècle, parchemin, petit format (178 X 112 mill.),
pleine page, 2i3 ff. Intact. Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 124.
En tête (fol. 1), du récolement fait au Patir au xvic siècle:
« Libro 59 sermonario ».
Vaticanus 2091.
Palladius, Histoire lausiaque, xme siècle, parchemin, moyen
format (25o X 1 85 mill.), deux colonnes, 71 ff. Manque: la fin.
Reliure Pie IX. Ancien Basilian. i3o. En tête (fol. 1), du réco-
lement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 64 ».
V aticanus 2094.
Saint Théodore Stoudite, Catéchèse, xe siècle, parchemin,
moyen format (2i3 x 1 53 mill.), deux colonnes, i32 ff. Intact.
Reliure Pie IX. Ancien Basilian. 1 33. En tête (fol. 1), du réco-
lement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 79. Theodoro de
confixione » .
V aticanus 1 43 1 .
Collection canonique, xiie siècle, parchemin, grand format
(3 10 X 240 mill.), deux colonnes, 370 ff. Intact. Reliure Paul V.
« Emptum ex libris Card. Sirleti », dit une note de la fin du
xvie siècle1. En tête (fol. 1), du récolement fait au Patir au
xvie siècle : « Libro 35 ». Le cardinal Mai" a inscrit en tête du
vol. (fol. 1) : « Auctor hujus collectionis hœreticus monophisita
1. Cf. La Vaticane de Paul III à Paul V, p. 53.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. (>5
est; vide p. 342. A. Maius. » A ce feuillet, en effet, commence
V « épître de Léon évêque de Rome à Flavien évêque de Con-
Stantinople », qui a pour lllCipit : 'AvàyvovTSç xaura Ypàjj.iJi.a'ua xr\q àya-
TîîiçTîiç ariq (Jaffé, n° 423). Et en regard de cette épître, en marge,
le copiste a écrit cette scholie très significative 'Avay/aioy ô| rjyr,-
crà[j.-/)v xauta TtpoaOîjvoa ito fii&lioï ~poç sïôrjcrtv t^ç èv aùiroïç xocxoTrccriac.
Je reviendrai plus loin à ce manuscrit.
Vaticanus 1 4^6.
Eusèbe, Onomasticon, xe siècle, parchemin, moyen format
(i95xi5o mill.) deux colonnes, 1 85 IF. Intact. Reliure Paul V.
« Emptum ex libris Card. Sirleti », comme le précédent. Fol. 107
et 108, graffites latins (xive-xve siècle) : « Monacus respondeat :
cl ne ego paratus su m obedire — Abbas : bone frater uerba ista
que nobis respondisti » Ce ms. me paraît être de la même main
que le V atianus 2061 ci-dessus, et il est comme lui palimpseste :
A. Fol. i5i et 102, 1 55 et 157 : écriture arabe.
B. Fol. 179 et 184, Apostolos1, vme siècle, onciale carrée,
un feuillet (plié), moyen format (235 X i5o mill. pour le cadre
de l'écriture), deux colonnes, 26 lignes.
C. Fol. i53eti54, 166 à 177, 180 à 1 83, 178 et 1 85, Triodion,
ixe siècle, onciale oblique, dix feuillets (pliés), moyen format
(244X1 55 mill. pour le cadre de l'écriture), pleine page,
3i lignes.
D. Fol. 3 et 8, 4 et 7, 5 et 6, 10 à 149, 1 58 à i65, Saint' Jean
Damascètne, Parallelaz, vme siècle, onciale oblique, 77 feuillets
(pliés), moyen format(24i X i52 mill. pour le cadre de récriture),
pleine page, 28 lignes.
Vaticanus Ottoboni gr. 86.
Saint Cyrille, Catéchèses, xe siècle, parchemin, grand format
(3i8x 210 mill.), pleine page, 232 ff. Reliure Pie IX.
1. M. Gregory [Prolcgomena] n'a pas connu ce fragment, peu important
du reste. Ledit fragment nous donne la leçon pour la fête de S. Denys
PAréopagite, évêque d'Athènes, fête fixée au 3 octobre dans le calendrier
byzantin. c'est à savoir Act. XVII, 16-26 sqq.
5
66 CHAPITRE II.
En tête (fol. i), du récolement fait au Patir au xvic siècle :
« Libro 62 Sancto chirillo ».
Barberinus III, 36.
Anonyme, Expos, in libros V. et N.Testamenti, xne siècle,
parchemin, petit format (170X122 mill.), pleine page, 328 ff.
Mutilé de part et d'autre. Reliure Fr. Barberini. En tête (fol. 1),
du récolement fait au Patir au xvie siècle : « Libro 67. Lo testa-
nt0, vechio. 2 parte dell' epistole de paulo. »
Cryptensis Z, a, VI.
Lexicon, xne siècle, parchemin, moyen format (2 1 3 X 1 60 mill. ) ,
pleine page , f\i ff. Mutilé de part et d'autre. Cartonnage ré-
cent. Fol, 02% d'une grosse main du xvie siècle : S. MaprjaôèTCà-
Cryptensis A, a, XVIII.
Menées (août), xne siècle, parchemin, moyen format (25o
X 180 mill.), pleine page, 72 ff. Mutilé de part et d'autre. Re-
liure récente. Dès la fin du xvie siècle a Grotta Ferrata, avec la
cote « XXX » (cf. Vaticanus i636 ci-dessus). Fol. 39, en graf-
fîte. 'Exotpi6. ô oaioç %r\p yjpuSv (3ap6. TtpoecrTwç Trjç voaaç ôôtytTp. Iv ïx. fïy\r\'
tvô. ri ixv a^youcTT. rô'yujipa rprir. wp. 6' : saint Barthélémy a été en-
terré le 19 août 6638 [MCXXX]. Fol 54 et suiv., addition par
une main du xve siècle d'un cahier de papier contenant l'office
de saint Adrien .
Cryptensis A, ô, I.
Acoluthue. xve siècle, papier, moyen format (2o5 X i3o mill.),
pleine page, 245 ff. Manque : les premiers feuillets. Reliure
récente. Fol. 97. en graffite : « L'anno 1693 Giouidi 8 Gennaro
di sera e stato uno terribilissimo terremoto, e durô piu d'un
mese, ma bensi la Sicilia l'assulto » [sic]. Fol. 238', à la fin de
Yacoiuthia de saint Adrien, d'une main différente de celle qui a
écrit le reste et la même que celle du cahier intercalé dans le
IllS. ci-avant, la souscription: Ete)a60Y) xb rcapo. *av. àià ^ig..bo\iaai.
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 67
ïepéoç aùxîiç hpoaùvr^1. Fol. 228', souscription du copiste dums. :
« Achevé le 20 juillet i4&7 par Siméon, moine du monastère de
la T. S. Mère de Dieu Néa-hodigitria de N. S. P. Barthélémy »
(Ss. n° i3).
Cryptensis A, a, XII.
Menées (août), xme siècle, parchemin moyen format (23o X
i5o mill.), pleine page, 174 ff» Manque la fin. Reliure récente.
For. 120 et suiv. addition par une main du xve siècle, la même
qu'au ms. A, a, xviii ci-dessus, d'un cahier de papier contenant
l'office de saint Adrien.
Cryptensis r, ê, VIII.
Euchologe, xne siècle, parchemin, moyen format (23o X
ijo mill.), pleine page, i4-> ff. Intact. Cartonnage récent. Deux
cahiers supplémentaires ajoutés : le premier, de parchemin,
contenant le rituel de la bénédiction des cierges à la chandeleur,
« copié par Ange Critoléon, chanoine de la cathédrale de Ros-
sano, le i5 novembre i520 » (Ss. n° i4); le second, de pa-
pier, contenant un canon en l'honneur de saint Adrien, copié
par « Thomas, prêtre de la Néa-hodigitria de N. S. P. Bar-
thélémy », eu/ecrGe xou à[xapT. 6w[J.a Up. tîjç véaç ôôrjTpîaç \sic\ tou upç yj[x.
papOX. C/est le même que ci-dessus.
Cryptensis A, y, XIII.
Sticherarion, xne siècle, parchemin, moyen format (200 X
160 mill.), pleine page, 87 ff. Mutilé de part et d'autre. Dé-
cousu. Fol. 86, graffite d'un moine du Patir (xve siècle environ):
eyw aôeXcp. cnj^ecov (Jiovax- tr^c, Oitepayi'aç 0xou xal tou |||||||||[|||||[ yujuov (3ap0oXo|j.acou.
Cryptensis Z, a, 1.
Grammaire grecque, xive siècle, parchemin, moyen format
(230 X 170 mill.), pleine page, 1 13 ff. mutilé départ et d'autre.
Fol. 65, graffite du même frère Siméon : eyw <ju[xewv ax. 1% piov.
xoO ôç. 7cp~ç yuxwv (3ap6 xal Tyjç ÛTïepay. Gxou.
1. Dom Rocchi [Codices cryptenses, p. 288) a pris à tort ce Thomas pour un
religieux du même nom, mais de Grotta Ferrata, mort en i65i.
68
CHAPITRE II.
Cryptensis A, y, H.
Paracleticon, xvc siècle, parchemin, moyen format (260 X
210 mill.), pleine page, 110 ff. Mutilé en tête. Cartonnage ré-
cent. Fol. 3', graffite d'une main du xvne siècle : « Voi che mili-
tât? sotto il vexillo del pâtre Basilio magno osservate li suoipre-
cetti ». Fol. 5 de la même époque : « D. Joannes Rossi segu*
ghs Abbas S. Marias de Patirion ». Fol. 7, de la même époque:
Eyw xç xuptocxo; xapo^a trou Pouatàvou.
Cryptensis r, y, I.
ThOparion, xine siècle, parchemin, petit format (i8oXi4°
mill.), pleine page, 44 ff- Mutilé de part et d'autre. Cartonnage
récent. Fol. 19, granité (xvie siècle) : AôeXçoç àôavàcjtoç too aer. x^tzqX.
pouacriâvov.
Cryptensis r, 6, XXXV.
Triodion, xiii6 siècle, parchemin, petit format (i8oXi5o
mill.), pleine page, 83 ff. Fol. 82/, graffite (xvie siècle) : « Io D.
Paulo de Aguila a Rossano foi présente teste ».
Ajoutez à cette liste de manuscrits anciens le Vatlcanus 2069, un recueil
des menées des saints de l'Italie méridionale, compilé au xvne siècle. En
tête (1° fol. de garde) Menniti a écrit : « Questo libro intitolato festivo fu
scritto dal P. Abbate D. Cola Giovanni Perruccio di Calabria, il quale
mori nel monast0 del Patire l'anno 1693, e lascio questo libro, acciô si con-
servasse nell' Archivio di Roma per la memoria delli santi nostri ritrovati
nelli manoscritti antichi del detto mon0 del Patire, benche non si troviofficio
particolare ne' sinaxarij ». Fol. 10, l'abbé Perruccio a souscrit : « 6eto lapnoc.
£ypa|cpY) teXoç èv xà) un. ôxx|6êpioç iÇ' ocÙtoO 167 ». — De même, le Cryptensis
I, a, IX, horologion, copié au Patir à la même époque : « Io D. Nilo Toscano
délia città di Rossano ho composto il detto Orolojo in questo venerabile
monastero di S. Maria del Patire hoggi li 5 di Agosto 1664 ».
LA LIBRAIRIE DE SAINTE-MARIE. 69
III
Au total soixante et onze manuscrits, dont trente ont gardé
quelque trace du récolement fait au Patir au xvie siècle1 :
Vaticanus 2o65 — Libro primo Sancto Jôi Chrisostomo sop.
la epla de paulo ad romanos.
a i656 ==: Libro secudo Sancto Jôi Chrisostomo sop.
le epistole de paulo ad hebreos
« i654 = Libro tercio d. Sancto Joani Chrisostomo
sop. la epla de paulo ad philippenses .
« 1680 = Libro 6 de sto ioan. grisostomo Homelia
sop. li euangelii de sto matteo.
t. 1628 = Libro 9 de Sancto Jôi chrisostomo sop. li
laudi homilia.
« 1640 = Libro 10 de Sancto Joàni bucco doro ser-
moni admonitorii de la quadragesima.
« i65() = Libro 14 de Sermoni de sancto Jôi ar-
chiépo.
« 2066 = Libro 24 Sancto basilio homelia sep. la
If ••-ViïVi
gènes is.
« 2061 = Libro 27 de Sancto gregorio theologo,
« 161 1 — Libro 33 santo nichka diacono Exposi-
tione sop. sancto luca euangelista,
« 1642 — Libro 34 La interprétât ione sop. sancto
luca lalto da sâto nichita.
« 1 43 1 == Libro 35 [Collection canonique],
a i636 = Libro 41 Sermonario de santo andrea
archiépo de Candia.
« 2059 = Libro 411111 [Climax].
« 2067 = Libro 54 Sermonario sop. ezechiele
ppheta.
« • 2o85 = Libro 59 Sermonario.
« 20o3 = Libro 60 [S. Maxime] .
1. J'imprime en italique ce qui appartient dans le libellé des cotes du
xvie siècle à cetle main « différente et un peu antérieure », que j'ai distin-
guée en commençant. Voy. plus haut, page 47.
7o
GHAPITRE II.
Ottoboni qr. 86
= Libro 62 Sancto Chirillo.
Vaticanus
2064
— Libro 63 [S. Maxime].
«
2091
= Libro 64 [Palladius] .
l649
= Libro 66 [Théodoret, expos, in Paul.].
Barberini.
III, 36
= Libro 67 Lo testamento vechio 2 parte
deir epistole de paulo.
Vaticanus
l97l
== Libro 69 Ordinacioni secôdo !||||||||||||||| [Eu-
tlialius, expos, in Paul.].
a
J997
= Libro 72 uita patrum.
((
2094
— Libro 79 Theodoro de confixione.
«
J998
= Libro 82 Exposition [Ascetica] .
<(
2001
— Libro iolllll de S. Joâne Damasceno de
mortuis.
a
2010
=. Libro i3 |||| uita patrum.
((
2042
= Libro i4o [Vitae sanctorum].
«
*99l
= Libro 147 Legendario de sancto polieucto
marti.
Nous retrouvons ainsi 3o numéros du catalogue dressé au
xvie siècle des manuscrits de notre abbaye, et du même coup
nous saisissons l'économie de ce catalogue. En tête figuraient
S. Jean Chrysostome, S. Basile, S. Grégoire de Nazianze; à la
fin, les recueils de Vies de saints; au milieu, les commentaires de
TEcriture. On peut conjecturer que les livres de chœur n'y figu-
raient point, de même qu'ils n'ont pas figuré en i^jS au cata-
logue de Grotta Ferrata1, ni en 1 563 à celui du Saint-Sauveur
de Messine, et que le nombre total des volumes de la collection
(abstraction faite des livres de chœur) ne devait guère être de
beaucoup supérieur à i5o. Nous verrons que le Saint-Sauveur
n'en comptait pas davantage.
1. La Vaticane de Paul III a Paul V, p. 90.
EXCURSUS C
LE CODEX PATIRIENSIS DU NOUVEAU TESTAMENT
Au nombre des manuscrits anciens du Patir on a vu énumérés
(pag. 62) vingt et un feuillets palimpsestes d'un manuscrit oncial des
Actes des Apôtres, des Epîtres catholiques, des Epîtres de saint Paul,
et j'ai signalé en note la notice qu'en avait donnée pour moi mon ami
M. Gregory. Le moment est venu de parler plus au long de ce manu-
scrit dès aujourd'hui porté au nombre des plus anciens manuscrits que
nous possédions des Epîtres et des Actes et désigné sous le titre et le
sigle de Codex Patiriensis 3,.
Voici d'abord rémunération des fragments du texte sacré :
Act. XXVI, 4-XXVII, 10
ff. 22 1-221
« XXVIII, 2-XXVIII, 3i
302-302v0
Ja. IV, 14-V, 20
222-2 22V0
I Pe.1 I, 1-10 [?]
222V0
II Pe. II, i-III, i5
3oi-3oiv°
I Jo. IV, 6-V, 21
3o8-3o8V0
II Jo. i-i3
307
III Jo. i-i5
3o7YÛ
Rom. XIII, 4-XV, 9
3o5-3o5v°
I Cor. IV, 4 [?]-VI, 16
297-297™
XII, 23-XIV, 21
3o6-3o6-°
« XV, 3-XVI, 1
198-198-°
II Cor. IV, 7-VI, 8
3o3-3o3V0
VII, i5-X, 6
l99~ï99y0
Eph. V, 5 [?]-VI, 22
3oo-3oovo
Phili. I, i-ll, 9
2 3o-2 3ovo
Col. [. 20-III, 7
229-229v0
« III, 7-IV, 6
293-293 0
Thess. I, 1-?
293V0
I. Tim. V, 6- VI, 45
298-298-°
IlTim. I, i-II, 25
295-295™
Tit. III, i3-i5
294
Phile. i-25
294-294™
He. XI, 32-XIII, 4
299"299vo
C'est une chose assez singulière que ces fragments n'aient pas été
reconnus avant moi, car Montfaucon les mentionne dans son Biarium
1. Ce fragment de la r Pétri n'est pas mentionné par M. Gregory.
gra EXCURSUS C.
comme étant « de l'onciale la plus ancienne..., vraisemblablement du
cinquième ou du sixième siècle », et il parle du peu qu'il en a lu
comme étant du Nouveau Testament1. Cette indication de Montfaucon
avait passé inaperçue : ni Bianchini (Vitali), ni Scholtz, ni Tischen-
dorf, ni les éditeurs romains du Vaticanus ne paraissent l'avoir rele-
vée. Le cardinal Mai eut le manuscrit entre les mains et il l'étudia :
j'en trouve la preuve dans un précieux cahier de lui renfermant les
notes qu'il avait prises au cours de deux revues générales qu'il fit de
tous les manuscrits grecs de la Vaticane, en 1826 et en i83o2. Là je
relève une liste des manuscrits grecs onciaux de l'Ecriture Sainte
possédés par le Vatican5. Il y énumère les Vatican, gr. 35 1 , 353, 354,
355, 1067, 1209 (celui-ci souligné), i522, 2063, 2061 (celui-ci sou-
ligné de même), Ottoboni 2, et il ajoute en manière de commentaire :
« Vat. 1209. Ille celeberrimus utriusque Testamenti uncialis Vat.
2o3i, p. 198. Pars epistolarum Pauli eodem charaetere quo illo rcàvu
Vaticanus. » Cette note figure à la garde du cahier de Mai. Au cours
du cahier, il retrouve le Vat. 2061, et il écrit : « P. 198. Ineipit
scriptura biblica epistolarum S. Pauli, tribus laterculis exarata, eius-
dem plane formae ac illius celeberrimi Vaticani codicis 1209, quousus
est Sixtus V. » En surcharge de cette seconde note, il ajoutait plus
tard au crayon : « E un palisesto insigne antichissimo ».
Mai lava les feuillets palimpsestes à la noix de galle pour faire revivre
l'écriture ancienne, mais malheureusement il ne prit pas copie du
texte qu'il avait fait revivre (je n'en ai du moins pas trouvé trace
dans ses papiers4) et, second malheur, craignant que les feuillets une
fois traités à la noix de galle ne tombassent en miettes, il fit coller
une feuille de papier pelure sur un des côtés de chacun des feuillets.
Retrouver le texte à travers cette feuille que la colle a rendue opaque
à peu près partout, est neuf fois sur dix impossible. Il faudra que
l'éditeur qui tentera l'entreprise, après avoir photographié et ren-
toilé les feuillets libres, détache adroitement le papier pelure : mais
cette manipulation m'était interdite.
Le manuscrit est d'un parchemin d'une finesse moyenne. Je calcule
1. Diarium, p. 21 4- Bïbliotk. blbl. ms., I, 195.
2. Vatican, lat. g582 (non paginé). En tête du cahier le cardinal écrit :
« Recensui omnes graecos Vaticanfe bibliotb^cœ codices anno 1826, iterum
anno i83o. »
3. Cf. la liste que Mai a mise à la garde d'un autre cahier de notes de
lui, Vatican, lat. 9569 : « Codices biblici unciales ; Vat. 3.5 j, 353, 354, 355,
367, 749, 1067, 1209 cum 2061 fol. 198 seqq. ep. Pauli in fragm., IÔ22,
2i34, 2125, 2o63, 2066, 2106, 3785 (?) fragmenta Mathaei. Habeo evangelia
uncialia intégra cod. 1209, Vat. 354- »
4. Us forment une série de volumes du fonds Vatican latin, et ils ont
été, ces dernières années, classés et décrits par M. de Rossi avec un soin
extrême dans l'inventaire manuscrit de la Bibliothèque vaticane. ;
EXCURSUS C. 73
que les dimensions du feuillet devaient être environ de 29 centi-
mètres sur 26 : le format serait ainsi celui d'un grand in-quarto carré,
comme pour le Vaticanus 1209. Le manuscrit était-il partagé en qua-
ternions? on ne saurait le dire. Chaque page est à trois colonnes ; la
colonne est soit de quarante et une lignes (onze fois), soit de qua-
rante lignes (neuf fois). Le nombre des lettres varie, pour chaque
ligne, de douze à quinze. La hauteur du cadre de l'écriture est dé
21 j mill. environ; la largeur de chaque colonne est de o53 mill. ; l'es-
pace compris entre deux colonnes de 018; la largeur totale du cadre
de l'écriture de 195 mill. La réglure se compose d'une ligne horizon-
tale double, courant sur toute la largeur du feuillet, à oi3 mill. au-
dessus du sommet des lettres de la première ligne (voy. fol. 198);
cette ligne de cadre se répétait-elle dans la marge inférieure? on ne
peut plus le constater. Chaquecolonne est limitée, à droite et àgauche,
par une ligne verticale simple. Les lignes rectrices (elles sont à peine
sensibles) sont menées ligne par ligne, et elles limitent l'écriture par
la base. L'écriture est une onciale très pure; la hauteur moyenne des
lettres est de oo3,5 environ. Pour le détail de leurs formes, je me bor-
nerai à renvoyer au fac-similé que doit donner d'un des feuillets la
Palœogruphical Society,. Le ï, quand il n'est pas diphtongué, est tré-
massé; le P final est accompagné d'une apostrophe (rAP') ; l'Imuet est
omis; les abréviations communes OC, IC, XC, ÏTNA, etc., sont surmon-
tées d'une barre; je ne relève ni accents ni esprits; la ponctuation
consiste en un point en haut simple. A la ponctuation forte, le scribe
laisse en blanc le reste de la ligne, va à la ligne d'après et pose une
initiale, ysauf cependant un petit nombre de cas où, pour gagner de
la place, il ne va pas à la ligne et fait faire fonction d'initiale à la pre-
mière lettre de la ligne d'après. Ces initiales ont une hauteur moyenne
de oor,,5; elles sont donc plus grandesde peu que leslettrescourantes ;
mais aucun ornement ne les distingue, et elles empiètent sur la marge
seulement des deux tiers de leur largeur. A la fin d'une épître, le
scribe trace une mince ligne de points, inscrit le titre de l'épître qui
finit (IIPOCKOAOCCAEIG A), et, laissant le reste de la colonne en blanc,
passe à la colonne d'après, où il inscrit le titre de l'épître qui com-
mence dans la marge supérieure, titre qu'il fait précéder d'une petite
croix; l'épître commence ainsi à la première ligne, mais l'initiale ne
se distingue en rien des autres1.
Dans les marges, il n'y a pas trace de sections euthaliennes, ce qui
est une bonne marque d'ancienneté, mais seulement par endroits l'in-
dication de péricopes faites en vue de la lecture liturgique. APX. TEA.
Ainsi fol. 3o5V0, col. 3, lin. 32, à la suite de (Rom. XV, 7) xai ô Xpt-
axbc, tc pocelaèexo yj[j.àç eîç ô6£av toO 6eou, on distingue l'abréviation TE.
(z=TéXoç); je ne distingue pas l'abréviation de àpyj\, mais au même
1. Voyez fol. 293' le titre ^ I1POC ©ECCAAONIKEIC A, et fol. 307,
►£< IQANNOT B.
74 EXCURSUS C.
feuillet 3o5v0, immédiatement au-dessus de la colonne 2 où commence
le chapitre XV de l'épître aux Romains, dans la marge supérieure je
lis K* Z. META T- IL, c'est à savoir : Septième dimanche après la p[en-
tecôtc]. La leçon de ce dimanche dans le synaxaire ou rituel byzantin
est en effet le passage Rom. XV, 1-7. De même fol. 199™, col. 1,
lin. 21, je distingue l'abréviation de àp/v) posée en regard du verset
(II Cor. IX, 6) Toùto ôà ô (Tueîpwv <peiôo[jiévwç : et au-dessus de la même
colonne, dans la marge supérieure, l'abréviation K.KA., c'est à savoir :
Fingt-et-unième dimanche [après la Pentecôte]. Mais il est à remarquer
ici que le synaxaire byzantin 1 indique comme leçon de ce vingt-et-
unième dimanche une leçon différente, Gai. II, 16-20.
Du texte même de mon manuscrit je ne dirai rien. Tout ce que j'en
ai transcrit, je l'ai communiqué à mon ami M. le prof. W. Sanday,
d'Oxford, le savant d'Europe le mieux exercé dans ces sortes d'études
textuelles, et l'on pourra bientôt, j'espère, lire le mémoire composé
par lui. Qu'il me soit seulement permis de dire que mes observations
personnelles m'avaient fait reconnaître une remarquable parenté
entre le Patiriensis et X Alexandrinus .
1. A. Scrivener, A plaln introduction to the criticism of the New Testament
(i883), p. 84.
EXCURSUS D
LE CODEX PATIRIENSIS DE SAINT HIPPOLYTE
ET DE SAINT DENYS D'ALEXANDRIE
On a vu plus haut la lettre que le cardinal Sirleto écrivait en
i582 au chanoine de Saint-André, h. Paris, et où il lui signalait quel-
ques pièces chrétiennes anciennes, alors inédites, trouvées au Patir.
C'étaient : i° la liturgie dite de saint Marc ; i° les catéchèses de
saint Cyrille de Jérusalem ; 3° un traité de saint Denys d'Alexandrie
contre les Noëtiens; 4° un traité de saint Hippolyte contre Noët et
Paul de Samosate. La lettre susdite a été imprimée par le ch. de
Saint-André en tête de son édition de la liturgie de saint Marc;
mais j'en ai retrouvé le brouillon dans les papiers de Sirleto [Vatican,
lat. 709'i, fol. 349-5o). Voici les deux textes du passage qui nous
occupe :
Imprimé :
Ex horum numéro esse arbitra mur Beati
Marci Euangelistne sacram Liturgiam, paucis
ante annis inventam in Abbatia Beatœ
Mariœ ôSYi^rjxpta;, qure vulgo dicitur De lo
patire, antiquissimo monachorum Sancti
Basilii monasterio, ubi et D. Cyrilli
Hierosolymorum Episcopi, catéchèses;
Dionysii Alexandrini aduersus Noëtianos, et
Hippolyti martyris aduersus Noëtii hœresim,
et contra Paulum Samosatenum opuscula
sunt inuenta.
Manuscrit2 :
£x horum numéro esse arbitramur beati
Marci evangelistœ sacram liturgiam paucis
ante annis inventam in Abbatia beata?
Mariœ '03Y]YY]Tp£a?quae vulgo dicitur de lo
Patire antiquiss. monachorum santi Basilii
monasterio, ubi et beati Cyrilli
Hierosolymorum episcopi Catéchèses ,
Dionysii Alexandrini adversus Noëtianos et
Hyppolyti martyris contraPaul um
Samosatinum opuscula sunt inventa .
Le manuscrit en question de la liturgie de saint Marc, nous l'avons
identifié sans peine avec le Vaticanus 1970. De même pour le manu-
scrit des Catéchèses de saint Cyrille identifié avec X Ottobonianus gr.
86. Restent le traité de saint Denys d'Alexandrie et celui de saint
Hippolyte. Ceux-ci demandent quelque explication.
1. D, liturgia s. Marci (éd. Saint- André), p. III. Reproduit par de Lagarde,
Hippolyti Romani quœ feruntur omnia grœce (i858), p. 216.
2. Mon ami M. Louis Guérard a bien voulu copier pour moi ce texte.
Je lui dois nombre d'autres vérifications faites pour moi sur les mss. Je
tiens à marquer au moins une fois toute l'obligation que j'ai à mon cher et
érudit confrère.
76 EXCURSUS D.
Sirleto parle dans la première rédaction de sa lettre d'un traité
d'Hippolyte contre Paul de Samosate. C'était une grosse inexactitude
de sa part, Hippolyte étant mort une trentaine d'années avant que
Paul de Samosate eût commencé d'émouvoir l'Église (260-270). Aussi
voyons-nous Sirleto, dans lamise au net de sa lettre, parler d'un
traité d'Hippolyte contre l hérésie de Noët et contre Paul de Samosate.
L'inexactitude de Sirleto persiste, encore qu'atténuée. Je crois que
c'est une inexactitude, une inadvertance, et rien de plus. Aussi je ne
saurais souscrire à l'opinion de M. Zalm, qui veut tirer quelque con-
séquence de ce « contra Paulum Samosatenum », c'est-à-dire d'un
lapsus1.
Sirleto a donc en vue un traité de saint Hippolyte contre V hérésie
de Noët, simplement. Or dans l'œuvre, telle qu'elle existe mainte-
nant, de saint Hippolyte, il n'y a qu'une pièce qui puisse être iden-
tifiée avec ce traité contre V hérésie de Noët, je veux parler de ce que
l'on appelle l'homélie d'Hippolyte contre V hérésie de Noët, laquelle
n'est elle-même qu'un fragment, la conclusion d'un ouvrage d'une
beaucoup plus grande étendue, vraisemblablement la Syntagma ad-
versus omnes haereses*1. — Cette soi-disant homélie contre V hérésie de
Noët a été publiée pour la première fois par Vossius dans ses Miscel-
lanea sanctorum aliquot patrum grœcorum et latinorum (Mayence, 160k),
en latin : cette version latine lui avait été communiquée par François
Torres, que nous avons vu en relations avec Sirleto. Le texte grec a
été publié pour la première fois par Fabricius, dans l'édition qu'il a
donnée des fragments de saint Hippolyte (Hambourg, 1716-1718). Il
nous informe, dans son Ad lectorem, que ce texte grec était emprunté
« e codice vaticano cujus apographum Parisiis ad me misit vir illus-
tris D. Bernadus aMontfaucon ».Et dans une note delaBibliotheca
grseca (Hambourg, 1801, t. VII, p. 191), on nous prévient que c'est
le même manuscrit dont parle Montfaucon dans sa Bibliothcca biblio-
thecarum (I, 14).
Ces différentes indications nous ramènent à un manuscrit de notre
collection, le Vaticanus i^i. Nous rencontrons, en effet, dans cette
collection canonique, au fol. 36o, une cO|ju)aa TttoXutou âpxceictffxânou
cPa>p.y]ç xal fj.àpTupoç elq Trr]V aipeaiv Notitou tivoç, dont Tincipit est : "Exepoi
xtveç eTspav ôiôacxaXîav TCapsio-ayouo-tv yevofxevot tivoç Notitqu jxaGyjTaî, xtX.
C'est la nôtre.
Je passe au « Dionysii Alexandrini adversus Noëtiahos » signalé
par Sirleto. Et, étant donné que Sirleto a commis un premier lapsus
dans la mention de l'opuscule de saint Hippolyte, je me demande s'il
I. Gottingische gelehrte Anzeîgen, II (1874), P- H9^> Cf. Theologische Lite-
Katurzeitung, I (1876), p. 14.
1. Voy. sur cette « homélie » et sur les discussions auxquelles elle a
donné lieu C. P. Caspari, Quellen zur GescJùchte des Taufsymbols, t. III
(Christiania, 1875), p. 399 et suiv.
EXCURSUS D.
77
n'en aurait pas commis un second dans la mention de l'opuscule
qu'il attribue à saint Denys. Nulle part nous ne voyons mentionné
quoi que ce soit qu'aurait écrit saint Denys contre Noët, tandis que
l'on connaît un opuscule attribué à saint Denys et dirigé contre Paul
de Samosate, et cet opuscule se trouve précisément dans la même
collection canonique où nous avons reconnu l'opuscule de saint Hip-
polyte. Il figure en tête (fol. i) : ToO \i<xy.ocp'io\> Acovudou %â%<x 'AXeifav-
ôpsiaç iiiKJXolri 7rp6ç IlaOXov twv SaixouaaTwv yevofxevov èiziav.oizov lv 'AvTioxeta.
Incipit : Acovucrtoç xai ol GWTzpec&ùzepoi T7fç èxxX7]<7Îaç 'AXeÉjavÔpetaç ev xupia>
Xacpetv. Kat upw-ucpov <jou ypà^avToç, xtX. Explicit : xp-oy^ç toùç è!j aùxou {Ji£-
TaXaiiêàvouatv. On trouvera le texte de cette lettre dans Labbe (éd.
1728, t. I, p. 870), et dans Migne [P. G. XXVIII, i56i). Quant à son
authenticité, je n'ai pas à la discuter ici.
Si cette seconde identification est juste, nous aurions donc à cor-
riger, comme une double inadvertance, le renseignement fourni par
Sirleto. Sirleto a voulu ou aurait dû dire : Dionysii Alexandrini contra
Paulum Samosatenum et Hippolyti martyris adversus Noëtianos opuscula
sûnt inventa. Et ces deux opuscules nous les retrouverions dans le
Vaticanus 1 43 1 .
CHAPITRE III
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR
A l'étude des origines de la librairie de Sainte-Marie du Patir
je voudrais appliquer la méthode du groupement par écoles cal-
ligraphiques, méthode inaugurée par M. Delisle dans L'étude de
la paléographie carolingienne, et dont on sait les remarquables
résultats qu'elle a donnés1. Jusqu'ici l'application de cette mé-
thode n'a pas été tentée en paléographie grecque. Montfaucon,
lorsqu'il fondait, il y a deux siècles, la paléographie grecque,
était plus préoccupé de dater les manuscrits que de les localiser,
et, quoique très édifié sur l'importance des scriptoria de la
Grande-Grèce, il n'entrevit point qu'ils pussent avoir une calli-
graphie propre2. De nos jours, M. Gardthausen, qui a tant fait
pour la systématisation de la paléographie grecque, n'a pas cru
possible de dépasser sur ce point Montfaucon3. Tout le progrès
cependant est là, et je ne crois pas trop dire en avançant que de
divers côtés on tend à y venir. Essayons-le du nôtre, et, puisque
nous voici dans une librairie grecque de l'Italie méridionale,
1. Delisle, Mémoire sur V école calligraphique de Tours au IXe siècle (Pa-
ris, i885).
2. Palseographia, p. 112 : « In Calabria et Regno Neapolitano, grœca vi-
gente lingua, innumeri codices descripti sunt : quorum festivam copiam
vidi et evolvi Romœ in monasterio S. Basilii... Codices autem isti magna
pars eleganter et accurate descripti sunt, nec audiendi illi, qui nullo, vel
saltem modico facto rei experimento, codices grœcos in Calabria scriptos
cœteris minus accuratos esse temere dicunt. Centum quinquaginta vidi in
memorata Basilianorum bibliotheca, aliquot exscripsi, omnes evolvi, nul-
losque alibi emendatiores reperi. »
3. Gartdbausen, Griechische Palœographie (Leipzig, 1879).
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 79
tentons d'y faire le départ de ce qui appartient aux scriptoria de
Constantinople et de ce qui appartient aux scriptoria italiotes,
en d'autres termes, de résoudre cette question de savoir s'il y
a une calligraphie italiote discernable de la calligraphie byzan-
tine.
I
Un mot d'abord de la calligraphie constantinopolitaine du
xe au xne siècle.
Il n'était pas nécessaire de constater que le fondateur de notre
abbaye était allé à Constantinople chercher des manuscrits, pour
savoir que Constantinople était, en effet, le grand marché aux
livres du monde grec. N'était-elle pas la « reine des villes »,
comme disait notre hagiographe, et le centre vivant de la foi
grecque ? J'ajoute que depuis la seconde moitié du ixe siècle,
c'est-à-dire depuis la ruine du régime iconoclaste, elle était le
foyer d'une renaissance littéraire, comparable à bien des égards
à la renaissance carolingienne, et ne serait-ce que pour l'épa-
nouissement de l'art calligraphique et de l'enluminure1. Pour
ne rien dire de l'enluminure, laquelle était à cette période de
début un art très séparé de la calligraphie proprement dite, la
production calligraphique prit à ce moment, à Constantinople,
un développement extraordinaire : vies des saints (ménologe dit
de Métaphraste), homélies de saint Jean Chrysostome, de saint
Grégoire de Nazianze, etc., etc., ces innombrables in-folio qui
encombrent nos bibliothèques, tous pareils, datent de cette
époque (xc-xie siècle), et ils viennent du marché aux livres de
Constantinople.
« Tous pareils », est trop dire, car on peut distinguer une
succession de manières sensiblement différentes dans ces manu-
1. De cette renaissance calligraphique au ixe siècle les deux monuments
les premiers en date et les plus beaux sont le Ménologe et le S. Grégoire de
Nazianze de l'empereur Basile Ier (867-885), l'un Vaticanus i6i3, l'autre Pa-
risinus 5 10. Combien il serait désirable que quelqu'un entreprît sur ces deux
somptueux manuscrits une étude comme celle de M. Janitschek sur les bibles
carolingiennes !
80 CHAPITRE III.
scrits qui nous viennent de Constantinople. Et d'abord le « style
sévère ». Voici trois volumes d'un ménologe, les Vaticani 1660,
1669, 1671 : le dernier « copié par Dorothée, diacre, sous le
gouvernement de Tiraothée, higoumène du monastère de Saint-
Jean le Précurseur twv Stouôïou » ; le second « copié par Jean,
moine, sous le gouvernement d'Anatolios, higoumène twvStouôcov),
et achevé le 11 mars 916» : trois manuscrits contemporains et
sortant du même scriptorium *. Ici le texte est écrit à pleine
page, avec des marges étendues et sur des lignes espacées (26 à
la page) ; la réglure est bien menée, le parchemin irréprocha-
blement poli ; l'écriture espacée, souple, légèrement inclinée à
gauche ; l'encre est blonde ; pas d'initiales proprement dites,
pas même en tête des chapitres, mais après la ponctuation forte
le scribe pousse d'une longueur la première lettre dans la
marge, c'est tout, et cette première lettre est une minuscule
exactement semblable aux autres lettres du texte courant ; les
titres sont de petite onciale, de même encre que le texte cou-
rant; pour marquer les fins de chapitre, un simple trait ondé de
la même encre que le texte ; en frontispice, aucun ornement d'au-
cune sorte. C'est le « style sévère2 ».
Puis a côté et après ce a style sévère », apparaît le « style
riche ». Il est plus récent : c'est, d'après mes observations, au
début du xie siècle que l'enlumineur d'en- tètes et d'initiales
commence à collaborer avec le calligraphe. Le calligraphe mo-
difie peu sa manière : remarquez cependant qu'il écrit sur deux
colonnes et non plus à pleine page ; que son écriture s'assouplit
et s'espace davantage, et qu'elle incline maintenant légèrement
à droite. A l'enlumineur on réserve désormais une part notable.
Il s'en faut d'ailleurs qu'on lui permette rien de la fantaisie des
enlumineurs latins : il doit se tenir à une place fort restreinte
et à un petit nombre de modèles invariables comme des patrons.
Comme en-tête, un bandeau, lequel n'est généralement qu'un
rectangle allongé, de la largeur de la colonne dont il tient la tête ;
souvent prolongé à ses deux extrémités pour former une figure
1. Sur le Stoudion (un beau sujet d'étude encore à traiter), voy. Du-
cange, Constantlnopolis christiana (Paris, 1680), IV. io3-io4-
2. Un fac-similé du Vaticanus 1660 doit paraître dans l'album de la
Palœogvaphical Society, 2e série.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 81
pareille à un II; et quelquefois encore prenant la forme, non
plus d'un rectangle, mais d'un carré évidé en son milieu. Au-des-
sous du bandeau le titre court, écrit à peu près toujours (à
cette époque) en petite onciale, et, indifféremment de même
encre que le texte, ou de carmin, ou même d'or. Les initiales
mineures sont des lettres capitales en saillie sur la marge de
toute leur largeur, mais sans aucun ornement, tracées au carmin,
puis (généralement du moins) dorées. Les initiales majeures
sont aussi des capitales, mais trois fois plus grandes que les
mineures, et, comme le bandeau, enluminées. Le procédé de
l'enlumineur consiste à tracer au carmin le bandeau ou l'initiale;
puis à dorer ce tracé, et à colorier l'intérieur du tracé en bleu,
en rouge, en vert ; enfin à gouacher d'un blanc léger et perlé
ces teintes plates. Cette enluminure, on le voit, est d'une
sobriété extrême et nous sommes bien loin de la richesse exubé-
rante des enlumineurs latins; mais elle est d'une finesse, dune
harmonie, d'une fraîcheur d'exécution, et aussi d'une sévérité
élégante de style tout à fait caractéristiques. Je citerai en exemple
de cette calligraphie le Parisinus 5 19, copié en 1007, par le
moine Euthymius, du couvent de Saint-Lazare à Constantinople,
et Xe Vaticanus 1670, donné en 10 18 au couvent de Saint-
Jean tcôv £touôtou, par Nicolas, primicier du Chrusocheio?ix.
Ce « style riche » se maintiendra assez invariable jusqu'à la
fin du xne siècle pour les bandeaux et pour les initiales. Il
faut dire cependant qu'à mesure que nous avancerons vers la fin
du xne siècle, les initiales se compliqueront : de fleuries elles
deviennent zoomorphiques ; des oiseaux, des serpents, des pois-
sons, de formes à la fois souples et héraldiques, constitueront
l'initiale ; un aigle aux ailes éployées fera un M, un serpent
enroulé un S, un oiseau tenant du bec un serpent qui lui mord
la queue un O, etc. Bientôt même de zoomorphiques elles
deviendront anthropomorphiques et constitueront de vraies vi-
gnettes : de tout petits personnages y seront groupés de façon à
1. Un fac-similé du Vaticanus 1676 dans l'album de la Palxographical So-
ciety, a8 série — et du Parisinus 5 19 dans Bordier, Description des Peintures
et autres ornements contenus dans les manuscrits grecs de la Bibliothèque Natio-
nale (Paris, i883), p. 125. Sur Saint-Lazare, voy. Ducange, CP. christiana^
IV, 127. Sur le Xpuao^eTov, Ducange, Glossarium infimse grsecitatis. s.v.
6
82 CHAPITRE III.
former le dessin de l'initiale sans trop perdre pourtant de leur
naturelle attitude, toujours très habilement tracés, peints et
gouaches avec une merveilleuse ténuité de touche soit dans les
chairs, soit dans le vêtement, et toujours aussi relevés d'un peu
d'or (soit un nimbe, soit un pli, soit un socle). Cette exquise
décoration qui procède directement de la célèbre enluminure du
psautier Barberini et du psautier Borell (xie siècle), se retrouve
encore dans tout l'éclat de sa perfection au xne siècle1.
Entre ces deux manières, le « style sévère » et le « style
riche », se partagent les écoles constantinopolitaines du xe-xie
siècle.
Au « style sévère » appartient un de nos manuscrits du Patir,
le Vaticanus 1648, avec son encre blonde, son parchemin fin et
blanc, sa réglure parfaite, son écriture élégante inclinée à gauche,
ses initiales et ses titres sans ornement aucun, son manque de
toute rubrique et de toute peinture. Tel est aussi le V atica-
nus 16^9, avec cette même encre, ce même parchemin, cette
réglure, cette même écriture inclinée à gauche, ces mêmes ini-
tiales sans ornement, et, pour tout décor, ces traits ondés cou-
rant autour des titres et sous la dernière ligne des chapitres. Tel
est encore le Vaticanus 1680, et aussi le Vaticanus 19902.
Au « style riche » appartient le V aticanus 2o4i , ce lectionnaire
exécuté aux frais d'un noble de Gonstantinople, le protospathaire
Georges Mavrogeorgios, et mieux encore ce beau ménologe dont
sept volumes seulement nous sont parvenus, les V aticani 1995,
2037, 2o38, 2039, 2040, 2o43, 2o44« Ajoutez-y les V aticani
2o34 et 2o36, l'un un saint Grégoire de Nazianze, l'autre un
saint Jean Chrysostome. Lectionnaires, ménologes, homiliaires,
c'étaient bien là les produits ordinaires des scriptoria de Con-
stantinople .
Cependant, et c'est une troisième manière que nous allons
relever dans les scriptoria de Constantinople, ce « style riche »
1. Sur le psautier illustré du xie siècle (je dis bien xie siècle), voy. N.
Kondakoff, Histoire de l'art byzantin (Paris, 1886), t. I, p. 166 et suiv. Ne
pas se fier à cette Histoire (Cf. Bulletin critique, 1887, p. a^S).
2. Ce dernier, d'une admirable main du xe siècle, rappelant celle du Dé-
mosthène de Paris. La décoration lombardisante du Vaticanus 1990 est de
seconde main.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 83
du xie-xne siècle était d'exécution coûteuse et difficile. On la
rendit plus abordable en réduisant l'enlumineur à l'emploi du
carmin, et l'enluminure à un simple tracé. On eut alors des ban-
deaux et des initiales exclusivement au carmin : bandeaux en
forme de frise, de balustrades, de rinceaux, etc. ; initiales, non
plus zoomorphiques ni à vignettes, mais seulement fleuronnées
de feuillages d'ornement se détachant du pied ou du sommet de
la lettre. Puis, pour étoffer cette décoration un peu maigre, les
titres furent écrits au carmin, et non plus en onciale, mais en
capitales fleuries. Je citerai, comme type de cette décoration au
carmin, le lectionnaire acquis par moi à Jannina pour la Biblio-
thèque Nationale, et copié en 1070 à Constantinople par Pierre,
YpannaTcxôç v%t ^oX/^ç tôv XaXxoTcpaxtwv 1 : je ne crois pas qu'on puisse
citer d'exemple de ce même « style carminé » qui soit antérieur
au milieu du xie siècle.
Et c'est à ce « style carminé » qu'appartiennent plusieurs
autres de nos volumes du Patir. Ainsi le Vaticanus 161 1, exé-
cuté elç xrjv (TxoXrjv tou àyïou ïlerpou, avec son large bandeau en II, ses
titres en capitales fleuries, ses initiales fleuronnées, le tout au
carmin. Ainsi les V aticani 1642 et 2064.
L'influence de ces scriptoria de Constantinople sur les scripto-
ria des provinces impériales fut considérable. L'extraordinaire
productivité des calligraphes de la capitale et la facilité avec
laquelle leurs manuscrits pouvaient se répandre dans les églises
et dans les couvents du monde grec, eurent pour effet presque
immédiat d'imposer partout où l'on copierait désormais le même
style calligraphique, le canon de la métropole. Nous possédons
ainsi nombre de manuscrits grecs qui, dûment copiés en province,
sont de pures contrefaçons des manuscrits copiés à Constanti-
nople2. Le Vaticanus 1640, un de nos volumes du Patir, bel in-
1. Parisinus Supplem. gr. 1096. Un fac-similé et une notice dans le Bul-
letin de la Société nationale des antiquaires de France pour 1888, p. 167-170.
2. Voy. le Vaticanus 1992 (xie siècle), copié pour le couvent de Saint-
Jean-Chrysostome ï^iaxa. xou lopôàvou, curieux exemple de l'imitation pro-
vinciale des modèles constantinopolitains.
84 CHAPITRE III.
olio d'une calligraphie soignée du xie siècle, pourrait ainsi
passer pour l'œuvre d'une école de Constantinople : n'était que
l'initiale du début (c'est la seule du volume) est gauchement
dessinée, que les ors sont de mauvaise qualité, la gouache
absente ; n'était surtout que la miniature à pleine page qui est
en regard du frontispice n'a ni encadrement, ni fond, est d'une
couleur pâteuse qui s'effrite et d'un dessin grossier1. Ce sont là
des défauts inconnus aux scriptoria de Constantinople. Mais on
conçoit la difficulté qu'il y a à déterminer la provenance d'une
calligraphie d'imitation. C'est pourtant le cas de celle du Patir.
Le Patir, en effet, a eu au xne siècle des copistes à lui, et
ces copistes n'ont eu d'autre style que le « style carminé » de
Constantinople. Mais nous les connaissons par leur nom ou nous
les reconnaissons à leur main. Tel le moine Barthélémy, qui
copiait en 1 104 le Vaticanus 1992, en iio5 les Vaticani 2021
et 2o5o. Et, exactement contemporaines de ce Barthélémy,
présentant le même ductus et les mêmes motifs décoratifs, les
mains auxquelles nous devons les Vaticani 1970, 199 ib, 1993%
1998, 1999% 2042, 2060, et le Cryptensis A, a, XVIII.
Au Patir, on utilise un parchemin fin mais mal réglé et iné-
galement blanchi, sensiblement différent du parchemin si soi-
gneusement réglé et si finement poli habituel aux scriptoria de
Constantinople. L'encre n'est pas l'encre blonde et limpide des
copistes de Constantinople, mais une encre brune et pâteuse. Le
ductus est ferme plutôt que souple, sans cependant manquer
d'élégance ; les lettres droites et assez aérées. Pour en-tête, nous
avons des bandeaux au carmin, comme dans les manuscrits by-
zantins que je signalais il n'y. a qu'un instant; de même des ini-,
tiales fleuronnées au carmin : de même des titres en capitales
fleuries (dans les frontispices) ou en petite onciale, toujours au
carmin. Je signale une habitude assez caractéristique chez les
copistes du Patir : celle de mettre à la fin de chaque chapitre
ou section une courte invocation, cOôoa àXy]0da<; ivôei'xxa xàp.00 aoi
IXSa^gei, — rvœcrewç xapuecov xàjJtbO aoi neXyjaet, — Tptwvù[i.ou ôo£t]ç u-rcepwov
xàtAûO aov psXVjaet, etc. qu'on dirait empruntée à une litanie. — Mais,
on le voit, n'était la qualité du parchemin et de l'encre, n'était ce
1. J'en dirai autant de nos Vaticani i656, 2004, 2010, ao65.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 85
détail doxologi que, n'était même (si l'on veut) la fermeté un peu
lourde du ductus, les manuscrits copiés au Patir 'dans ces pre-
mières années du xiie siècle ne différeraient guère de ceux des
scriptoria de Constantinople de la même époque, si grande était
Tinfluence de ces scriptoria jusqu'à l'extrême limite du monde
grec.
Cette influence, une fois constatée, et aussi reconnue comme
nous l'avons reconnue la tradition propre aux écoles calligraphi-
ques de Constantinople du xe au xne siècle, il est temps et nous
sommes mieux à même de nous demander si, antérieurement au
xne siècle, une province comme était la Grande-Grèce ne pou-
vait pas avoir et n'a pas eu une tradition calligraphique qui lui
ait été strictement propre et qui soit nettement discernible. C'est
la question posée par M. Gardthausen. :
II
M. Gardthausen a par deux fois abordé la question de La mi-
nuscule grecque dans V Italie méridionale. Une première fois en
1880. Ses observations portaient alors sur trois manuscrits: le
Marcianusiyz, daté dei 1 j5, de provenance indécise ; leLipsiensis
Sénat. II, 20, daté de 11 72 et copié à Reggio (?), XHarleianus
5786, psautier grec-latin-arabe daté de 1 1 53. Très préoccupé de
trouver dans la minuscule grecque italienne un duc tus particu-
lier, « ein eigenthùmlicher ductus, der sich bis zu einem gewis-
sen Grade von der in byzantinischen Reiche ùblichen Schrift
entfernt », il crut apercevoir dans la calligraphie de ces trois
scribes que « die beiden Grundrichtungen des Verticalen und des
Horizontalen ùberwiegen 1 ». — Il est revenu depuis sur cette
théorie, ceci en 1884, dans une dissertation qui a pour titre :
Différences provinciales de la minuscule grecque*. Là, à propos
du Patmiensis 33, un manuscrit copié en 942 par un moine du
1 . V. Gardthausen , Zur grieckischen Minuskel in Unteritalien dans les
Berichte ûber die Verhandlungen der K. S. Gesellschaft der JVissenschaften zu
Leipzig [Plitlolog. hist. Classe), 1881, p. 77 et suiv.
2. Parue dans les Mélanges Graux (1884), p. 731-736. k _
86 CHAPITRE III.
nom de Nicolas et Daniel son fils « de Reggio de Calabre »,
M. Gardthausen écrit : « Que Ton compare sans prévention
l'écriture de ce manuscrit avec celle d'un manuscrit quel-
conque du même temps, et Ton accordera que, sans la men-
tion expresse de la souscription, personne n'aurait pu songer à
le revendiquer pour l'Italie méridionale Parmi les signes
caractéristiques, mentionnés jadis par moi, de ce ductus de l'Ita-
lie méridionale,... pas un seul ne se retrouve dans l'écriture du
xe siècle. » Il semble bien, à l'entendre, qu'il revienne sur la
théorie exprimée par lui en 1880, et que ce soit pour la retirer :
« En soi, dit-il ailleurs, il ne serait pas impossible que le pa-
léographe trouvât une minuscule grecque de l'Italie méridionale
analogue à la lettera beneventana. Cette supposition toutefois
n'est pas confirmée par la réalité1. »
Le reproche que je ferais à M. Gardthausen est d'avoir borné
ses observations à un nombre de manuscrits beaucoup trop res-
treint et de manuscrits d'une époque trop tardive, et, en second
lieu, d'avoir été préoccupé exclusivement du ductus de ses calli-
graphes. Le ductus est un élément considérable de la physiono-
mie d'une calligraphie, mais combien difficile à analyser, en grec
surtout où l'écriture n'a pas la mobilité de physionomie qu'elle
a en latin! Je ne tiendrai donc qu'un compte secondaire du ductus,
pour donner toute l'importance à la décoration du manuscrit.
Quant au nombre de manuscrits sur lequel mes observations por-
teront, on va voir s'il est plus riche.
Voici neuf manuscrits du xe-xie siècle sortis de scriptoria ita-
liotes. — Vaticanus 1673, homiliaire. Fol. 154', un graffite du
xne siècle environ témoigne que ledit manuscrit était aux mains
de « Niphon de Calabre, province de Reggio » ; et un graffite
de la même main, au premier feuillet de garde du V aticanus
1595, nous apprend que ce Niphon était « higoumène du couvent
du Théologue »,- le monasterium Sancti-Joannis theologi in
motta Sancti-Joannis, qui subsistait encore aux environs de
Reggio au xve-xvie siècle2. Fol. 3a8' de notre Vaticanus 1673,
une note marginale, en petite onciale, de la main du copiste,
1. Mélanges Graux, p. ^35.
2. Pièces justificatives, p. 112.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 87
mentionne la prise deTaormina par les Sarrasins (902), et donne
à entendre que le copiste était de cette malheureuse ville1.
Vaticanus i65o, commentaire des épîtres de saint Paul par
Nicolas, archevêque de Reggio. Le copiste (Ss. n° i5) a souscrit
en ces termes : « Ci finit ce livre magnifique qui contient les
divins discours du Christ : il a été composé par l'évêque Nicolas,
archevêque de la terre de Calabre, résidant à Reggio, et de la
terre de Sicile » Et plus loin : «... il a été copié par Théodore,
clerc sicilien, sous les auspices de l'évêque Nicolas son auteur,
l'an du monde 6545 i>(MXXXVII). — Laurentianus XI, 9, S. Jean
Chrysostome, copié par Luc moine pour Isidore prêtre et higou-
mène du couvent de Saint-Jean too àiteépov [?], Tan du monde
6529 (MXXI). Je ne connais pas ce couvent (Ss. n° 16). Mais ce
qui me fait croire ce manuscrit de provenance calabraise, c'est un
granité du xive siècle (fol. 198'), qui nous apprend que ce vo-
lume a été acheté par « le frère Ambroise de Reggio, pour
13 tarins, à Fépoque où Urbain VI est venu à Messine, c'est à
savoir le 8 août de l'an du monde 68932» (MCCCLXXXV).
Vaticanus i633, homiliaire non daté, mais que l'on peut
attribuer au xe siècle. A la fin du volume (fol. 357), une main
contemporaine de celle du copiste a inscrit en belle onciale le
nom du couvent pour lequel il a été exécuté : cette inscription est
fort endommagée , mais on y lit du moins très nettement
les mots àê6a TcpscrôuTépov).. . êi6Xîov uicîîpxev. . . êcaivcavou (Ss. n° 17) :
c'est-à-dire la mention de l'higoumène d'un couvent de Bisi-
gnano.
Vaticanus Reginœ gr. ^5, acoluthiœ, copié par Siméon prê-
tre à Malvito (Ss. n° 18). Malvito, qui n'est plus aujourd'hui
qu'un petit village de la vallée de l'Esaro (affluent du Crati). et
1. Fol. 3?.8' : Euye îcëp êao-c|Xete ovtwç yap | xo» vuv y)[*Îv toÎç | Tocrceivoîç
Tau|pO(jLevîxa'.ç èx | i:Xy]8ouç à(j.ap]Ttàiv tcoXoecScov | £TrrîX6ev 0 ô'XejOpoç xoù 8cxo»a>ç.
— Fol. i' : MvrjGÔrjx. xë tou SouX. cou VYjcpou eùxeX. t% xocXocêpriaç xài crY)xcopY]<70v
aux. — Fol. i54' : ... vrjcpoç sutîXyiç ty)ç xaXaëpY]aç xoù pY]yY)Vï)ç euap^aç- — Va-
ticanus 1595, fol. gard.:-f- xoù èyto vYjcpoç eOxeXYjç xoù xa0Y)yo\jfjt.evoç tî}ç [xovrjç
tou 6eou Xôyou.
2. Tb aùxb êiSXirçov Xey6|j.evov |i.apyapY|Tat rjyopa ô àôeXcpbç àjxêpdacoç ex ty]ç
iro'Xewç prjyîou xr\ç xaXaêprjaç ôtà xapivà ty' xô XP°'V0) ^ou ^Xôsv ô xupbç v)\iûv \
uauaç oùp6avo(; ç' scç ty|V |A£<j<jÎvy)v jj-vjvt aùyouffxco etç tyjv y)'. tv8. "Ç tou stouç
çwoy' A rapprocher d'une note analogue concernant la visite d'Urbain VI
à Messine, en tête du Vaticanus 2014.
88
CHAPITRE III.
peu éloigné de San-Marco, était au xe siècle siège d'un évêché
latin suffragant de Salerne. Dans une bulle du pape Jean XV
(i 2 juillet 989 : JafFé, n° 3833), Malvito [Malventus) est mentionné
comme tel : les Normands transférèrent le siège à San-Marco.
Dans un graffite contemporain du manuscrit je lis que « en
juin 6490 [CMLXXXII] le Franc descendit en Calabre, attaqua
les Sarrasins et en fit un grand carnage, après quoi le Franc
retourna en Italie et les Sarrasins en Sicile1 ». Allusion à l'expé-
dition d'Qtton II. Ce graffite nous donne la date approximative
de l'exécution de notre manuscrit. — Vaticanus 2 1 38, lectionnaire
des évangiles, copié à Capoue (Ss. n° 19) par Cyriaque prêtre et
moine, l'an du monde 6499 (CMXCI)2. — V aticanus 2020, saint
Maxime, copié à Capoue (Ss. n° 20), dans le couvent ™o <peMîvov,
par Cyriaque prêtre et moine, originaire de Mili, l'an du monde
65oi (CMXCIII) : c'est le même copiste.
Crjptensis B, a, IV, sermons de saint Maxime. Au début
du volume un obit contemporain du manuscrit porte que « Luc,
higoumène du couvent de Saint-Zacharie du Mercurion, est
mort le 21 novembre 65oo [CMXCI], et qu'il a été enterré dans
le narthex de l'église de Saint-Michel de Vallelucio, à coté de
l'higoumène Barnabé, du calligraphe Néophyte, de Théognoste,
de Naucratios, d'André, de Marcianos ses frères, et que c'est le
susdit [Néophyte] qui a copié le volume. » On a reconnu le mont
Mercure dont il est question dans la Vie de saint Nil, et l'on se
rappelle comment les moines du mont Mercure, fuyant devant
les Sarrasins, vinrent demander asile au Mont-Cassin, où l'abbé
Aligerne (986) leur affecta un de ses prieurés, Saint-Michel in
Vallelucio"0. — Crjptensis B, a, XX, lettres de saint Dorothée,
copié par Nil moine, lequel mentionne dans sa souscription que
« l'an du monde 6473 [CMLXV] l'armée du patrice Manuel fut
battue à Rametta, Rametta prise, et qu'il y eut un grand car-
nage. » Rametta (Rometta dans Kiepert) est une petite localité
sur le versant nord de la Sicile, à peu de distance de Messine :
1. 'Et. /Cuq' xaTaêouvei 0 çpayxoç etç xaXaêptav. xat c-uvxpouei twv a-apaxYjVwv
Hat KaTacrcpayei Xao. 7coXuv. xou crpeçsTai 6 çpayxoç zizi itomiocç xat oV a [[xocy)X ?] eut
o-ixe. jxYjvt touvtw [sic] ivS. i'. Cf. Stevenson, Catal. mss.gr. regin., p. 60.
2. Gregory, Prolegomena, p. ^56.
3. Bolland., Acta sanctorum septembi-is, VII, 3o4 et suiv.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 89
c'est là que le patrice Manuel fut en effet vaincu et tué par les
Sarrasins en 965 *.
De ces manuscrits italiotes, et plus particulièrement des deux
volumes copiés à Capoue par le moine sicilien Cyriaque en
991 et 993, nous remarquerons les traits suivants : le parchemin
est mal poli, mal blanchi, mal réglé; l'encre brune et pâteuse.
L'écriture est inégale, droite, drue ou (si l'on veut) très tassée :
ce caractère est plus sensible à qui compare l'écriture égale,
souple et aérée des copistes byzantins. Mais le caractère dé-
cisif est piutôt dans la décoration employée par Cyriaque, sur-
tout si on l'oppose au style sévère de la décoration reçue à Con-
s.lantinople au xe siècle. Nous avons ici des bandeaux, des ini-
tiales, des titres et un quatrième élément. Toute cette décoration
est tracée à l'encre, à la même encre que le texte ; puis les pleins
du tracé sont coloriés, mais sans or et sans aucune gouache, de
vert, de violet, de rouge, de jaune, de bleu, toutes couleurs
posées à teintes plates. Les bandeaux, ainsi coloriés, ont pour
motit u peu près constant une tresse de cordonnets de couleurs
diverses, vert, violet, rouge, jaune, bleu. Les initiales, et elles
sont parfois de très grande taille, sont généralement animées :
E est presque toujours une main bénissante sortant d'un demi-
cercle d# festons; A sera un oiseau becquetant une branche;
K, un nœud de ruban; O, un cercle garni d'une tête; T, un
oiseau sur une colonne, un serpent, un homme debout une
barre sur la tête : profusion de serpents et aussi de tresses. Les
initiales moindres (remarquez ce détail) sont de petite onciale de
même encre que le texte, mais on les a barbouillées, d'un coup
de pinceau, en jaune, souvent aussi en vert ou en violet. Les
titres majeurs sont soit de capitales coloriées, soit de petites
onciales à l'encre rouge ; les titres mineurs (et ce sont les plus
fréquents) sont de petite onciale de même encre que le texte,
mais ils sont soulignés d'un trait au pinceau, la plupart du temps
jaune, souvent aussi vert ou violet. Un dernier élément de déco-
ration : en regard des titres les plus importants, à la marge, le
copiste a dessiné et colorié tantôt une croix tressée comme les
bandeaux, tantôt une tête d'homme, tantôt un oiseau. — Tous
1. Amari, op. cit., II, 35g et suiv.
9o CHAPITRE III.
ces traits caractéristiques de la calligraphie de Cyriaque de
Capoue, le sont de la calligraphie du copiste de Taormina [Vati-
canus 1673), du copiste de Bisignano [Vaticanus i633), du
copiste de Malvito [Reginensis 75), du copiste de Vallelucio
(Cyptensis B, a, IV), du copiste que j'appellerais de Rametta
(Cryptensis B, a, XX). En d'autres termes, nous avons affaire ici
à une tradition calligraphique très consistante, dûment florissante
au xe siècle, et dont on pourra sans peine retrouver ailleurs
maint représentant.
De cette tradition calligraphique, on peut, je crois, poser en fait
qu'elle est indépendante de la tradition byzantine du xe siècle,
laquelle est précisément remarquable par l'absence de bandeaux,
d'initiales, de titres enluminés. Elle n'a rien de commun, ajoute-
rai-je, avec la tradition byzantine du xie siècle, laquelle décore les
manuscrits avec quel sobre et élégant usage de l'or et de la
gouache nous l'avons vu, et de plus en employant comme élément
premier de toute décoration la fleur, disons-mieux, une flore
héraldique tout à fait à part1, et dont justement nous ne trouvons
aucune trace dans les manuscrits italiotes cités plus haut. Dirons-
nous que la décoration de nos manuscrits italiotes est le produit
de l'influence de la calligraphie lombarde ou, comme on dit
mieux, bénéventine? J'ai deux raisons de le croire.
L'une, géographique. Des dix manuscrits italiotes que nous
venons d'étudier, ceux qui présentent les caractères les plus
francs de l'école sont les deux qui nous viennent de Capoue
(991 et 993). A Reggio, en 1037, les caractéristiques sont
bien plus indécises. J'en dirai autant du copiste de Taormina
(902 environ). Mais à mesure que nous remontons vers Capoue,
les caractéristiques s'accusent : elles sont très sensibles à Bisi-
gnano, davantage à Malvito, autant à Vallelucio et chez le copiste
Nil de 965. ' — La bibliothèque du Mont-Cassin possède deux
manuscrits grecs : l'un (Cassinensis 277), de la fin du xe siècle,
l'autre (Cassinensis 278), de peu postérieur au premier. Ces
deux volumes sont à l'abbaye depuis la première moitié du
xie siècle, et on les considère comme des acquisitions soit de
1. Voy. les observations très justes de Bordier, op. cit., p. 22.
2. Bibliotheca Cassinensis (1873), t. I, p. lxii.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 91
l'abbé Athénulphe, soit de l'abbé Théobald2. Tous deux appar-
tiennent à une même école calligraphique, et cette école ne
saurait être éloignée du Mont-Cassin, témoin les peintures lom-
bardes qui décorent (fol. 78 et 79) le Cassinensis 277. Et cette école
est la même que celle de Cyriaque de Capoue. Nous sommes
amenés ainsi d'étape en étape au centre géographique de la cal-
ligraphie lombarde comme au lieu de culture de notre calli-
graphie gréco-italiote, disons mieux, gréco-lombarde.
Ma seconde raison est paléographique.
J'ai caractérisé l'écriture gréco-lombarde d' « écriture inégale,
droite, drue » : or ce sont là éminemment les caractéristiques
permanentes de l'écriture lombarde au ixe, au xe, au xie et jus-
qu'au xme siècle1. J'ai parlé d'initiales animées (zoomorphiques)
et rubannées : mais on rencontre ces mêmes initiales constam-
ment dans les manuscrits lombards et précisément au xe-xie siècle2.
J'ai signalé cette mode qui consiste à barbouiller de rouge ou
de jaune ou de vert les initiales et aussi les lettres des mots
que l'on veut mettre bien en vue : je retrouve à pareille époque
ce même procédé de mode dans les manuscrits lombards 3. J'ai
relevé les initiales capitales coloriées : même style dans telles
et telles initiales lombardes4. Enfin cette façon de souligner les
titres d'un trait jaune, ou quelquefois violet ou même vert, que
rappelle-t-elle, sinon la mode toute latine d'écrire les titres sur
un champ d'or ou pourpre ou même vert, mode pratiquée au
Mont-Cassin comme dans tous les scriptorïa d'Occident5? Il n'y
a pas jusqu'à ce sèmeion mis à la marge pour appeler l'atten-
tion du lecteur sur un incipit, qui ne se retrouve dans les ma-
nuscrits de l'école lombarde.
1. Voyez les Cassinënses 3, 12, i3, 14, 20, 3i, 36, etc. Je ne cite ici et
ci-après que les mss lombards du Mont-Cassin, dont la Bibliotheca Cassinen-
sis donne des fac-similés en couleur.
2. Cassinënses 12, 20, 2T, 22, 24, 28, 52, 99, 106, 114, 117, i32, 146, 171,
194. M. Westwood a publié dans sa Palseogi*aphia sacra pictoria (Londres,
i843), à l'article Lombardic manuscripts, une planche (empruntée à Sil-
vestre) qui donne un excellent spécimen du style lombard.
3. Cassinënses, 142, 196, 219, 228, 232.
4. Cassinënses ii5, i44i aai» 226.
5. Cassinënses 47, 85, 99, io3.
9*
CHAPITRE III.
★
Ce que devient cette tradition calligraphique au cours du xie,
du xiie, du xnie siècle, c'est-à-dire une fois qu'elle est aux prises
avec la concurrence des scriptoria de Constantinople, nous allons
l'étudier dans un deuxième groupe de manuscrits originaires de
Grande-Grèce.
Parisinus gr. 83, tetraevangelium, copié en 1168 par Salo-
mon notaire de Noto, .« du temps que Manuel Ier régnait à
Constantinople, Amauri à Jérusalem et Guillaume II en Sicile » ,
(Ss. n° 23). — Vaticanus 21 43, liturgise, copié l'an 66^3
(MCLXV), par Barthélémy moine, pour Antoine higoumène du
couvent de Sainte-Marie de Mili (Ss. n° 24). Ce Vaticanus 21 43
n'est qu'une copie (xvne siècle) du manuscrit de l'an n65. « Li-
turgiae... fideliter exscriptae ab antiquissimo manuscripto bi-
bliothecae S. Sylvestri Montis Quirinalis Roma. D. A. S. C. R.»
[D. Andréa Sottano clerico regulari.] — Vaticanus 1877, typicon,
copié l'an 6800 (MCCXCI), par Paul de Corinthe, pour Nico-
dème higoumène de Sainte-Marie de Mili (Ss. n° 25)1.
Oxoniensis Bodleianus Miscellan. 178, Vie de saint Siméon
Stylite, copié l'an 6649 (MCXLI) au Saint-Sauveur, par Barthélémy
de Reggio moine, « du temps que Luc était archimandrite du Sainte
Sauveur » . On sait que Luc, premier abbé du Saint-Sauveur de
Messine, mourut seulement en n5o2. — ■ Messanensis 98, lec-
tionnaire des évangiles, copié Fan 6792 (MCCLXXXIV) par Ro-
bert, pour Léonce économe (Ss. n° 26). Je conjecture que ce
volume a été écrit pour le Saint-Sauveur, auquel il appartenait
au xvie siècle. Une note en effet (fol. 227) porte qu'il fut « Res-
taurato tempore Rmi dni Hannibalis spathafora Archimandrite
monasterii sti Saluatoris lingue phari no. c. Messana? : Anno
dni 1 547 mense martio3». — Vaticanus 1426, Historia novi Adam
1. Rapprochez de ce ms. de l'an 1292, copié pour Nicodème, le Vaticanus
734, un Climax, copié en 1291 pour le « seigneur moine Nicodème (Ss. n° a5 bis).
2. H. Coxe, Catalog. codd. mss. bibl. bodL, t. I, p. 723. — Voy. l'épitaphe
de Luc dans Boeck, C. I. G." n° 9539, et dans Revue des études gi-ecques, 1888,
p. 190.
3. Voy. au même fol. l'obit de l'archimandrite (ou plutôt de l'abbé com-
mendataire) Laurent Theodoli, mort à Padoue le 4 février i584«
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 93
de Nil Doxapatri, copié l'an 6721 (MCCXIII) par Siméon Boulca-
ramos de Messine, pour Luc archimandrite du Saint-Sauveur (Ss.
n° 27). Il s'agit de Luc deuxième du nom. Ce ms. n'est malheu-
reusement qu'une copie exécutée au xve siècle au Saint-Sauveur1,
et non l'original de Siméon Boulcaramos. — Vaticanus 770,
prophetologium, copié Tan 678..., par Macarios moine du Saint-
Sauveur, pour Biaise ecclésiarque de Sainte-Marie de Grotta Fer-
rata(Ss. n° 28). La date est incertaine, le ms. portant T^n/, qui
n'a pas de sens : à la place de il faut lire une des neuf pre-
mières lettres de l'alphabet, ce qui fait flotter la date entre 1278
et 12812.
Cryptensis A, a, IV, ménées (décembre) , copié l'an 6774
(MCCLXV) par Macarios moine de Reggio en Calabre, pour
Hilarion abbé de Sainte-Marie de Grotta Ferrata et Biaise ecclé-
siarque dudit couvent (Ss. n° 29). Ce Macarios est le même que
le précédent. — Vaticanus 1926 , canonarium, copié l'an 6633
(MCXXV) par Léon de Reggio « calligraphe de Traîna » (Ss.
n° 3o). « Calligraphe » doit être pris ici, je crois, au sens de xwPtx^
xaXXîypaçoç3. — Messanensis 1 17, psautier, copié l'an 6624 (M CXVI)
par Léon notaire de la ville de Reggio (Ss. n° 3r). — Barberi-
nus IV, 66, triodion, copié l'an 6628 (MCXX) par Léon notaire,
le même que ci-dessus (Ss. n° 82)*. — Neapolitanus II, C, 7,
nomocanon, copié l'an 6678 (MCLIX) par Conon [prêtre du cou-
vent de Saint-Jean-le-Moissonneur , pour Pacôme higoumène
1. Le copiste du xv° siècle a mis en tête du ms. : 'Ap^/ofjieôa oviv tovt'o to
êiêXcov xe ypacpeîv oùx er/ov [sic] àp^v ovôè yàp téXoç. àXXà oùv supo[X£v. eîç tov
[sic] [/.ovaarrip'.ov toîj àxpoT/ipcou v.cà âpç Trjç (ae<7g-y|VY)ç.
2. Le ms. Oxonien. Dodleian. Laud. 40 a été copié par Macarios en 1290:
est-ce notre copiste? (H. Coxe, op. cit., p. 52 5).
3. Sur l'emploi et le sens de ce mot, voy. Gardthausen, Grïech. Pal.,
p. 3oi.
4. Voy. au fol. 58 de ce ms. le graffîte : 'Eyà> c(oàvvr)ç tou pvjyi'ov [xaptupai
loto^etpto;. Et au fol. 76' : Koù èyw îwàvvirçç tou XYiyxprjç «710 X"Pa? ravTeôax.^*
[Pentedattilo] voxapio; [iapTupco. — Ajouter1 aux mss copiés à Reggio le Va-
ticanus 1574, Vit a S. Andrese Sali, copié en 1190 [S'/L0^') en terre normande,
comme en témoigne la mention dans la souscription d'un [xaxaptoç xpaxeoç
pv)i;, appellation habituelle des rois de Sicile; ce mss appartenait, dès le
xiii0 siècle, au couvent toîj 6eoîj Xoyou du diocèse de Reggio (San-Giovanni
inMotta). La souscription est très endommagée (Cf. La Vaticane de Paul III
à Paul V,ip. 110).
9{ CHAPITRE III.
dudit couvent. Ce couvent est celui de Saint- Jean de Stilo
(Ss. n° 33) \
V aticanus 2008, troparion, donné Tan 66 io(MCII) par Léonce
moine, à l'église de Saint-Jean-le-Moissonneur (Ss. n° 34). — Va-
ticanus 1 221 , Théophylacte in evangelia, copié Tan 6662 (MCLIV)
par Siméon notaire, pour Paul higoumène du couvent de Sainte-
Marie twv xepàTwv, l'année de la mort de Roger « notre roi ».
J'identifie ce couvent avec celui de Sainte-Marie de Carra, au
diocèse de Squillace, lequel est appelé de la carra, de lo carra, et
de la cerra (Ss. n° 35)2. — Vaticanus 2048, homiliaire, copié
l'an 6634 (MCXXVI), pour Gérasime higoumène du couvent de
Saint-Pierre. J'identifie ce couvent avec celui de Saint-Pierre
d'Arena, au diocèse de Mileto. Je lis en effet, parmi d'autres graf-
fites, celui (fol. 220') d'un moine nommé Jean, qui déclare avoir
reçu l'habit monastique le 22 septembre 1222 des mains de
l'évêque de Mileto, sous l'higouménat de Paphnuce, lequel avait
reçu l'habit le 1 5 juin 1 197, et était originaire de Tropea, toutes
localités de Calabre (Ss. n° 36). — Barberinus IV, 27, tetraevan-
geliumz, copié l'an 663i (MCXXIII). Rien de plus, mais un con-
trat, daté de i3io et copié au fol. 216, traite de l'acquisition
d'une terre située e?ç xr]v x«pav Taêepvwv, Taberna, au diocèse de
Catanzaro (Ss. n° 37).
F aticanus 2029, Catechesis par va de saint Théodore Stou-
dite, copié l'an 6591 (MLXXXII) par Luc moine et prêtre. Ce
volume appartenait dès le xne siècle au couvent de Saint-Elie de
Carbone, comme en fait foi le catalogue des abbés de Carbone4
inscrit au fol. 190 dudit ms. (Ss. n° 38). — Cryptensis A, 6, X,
triodion, copié l'an 6640 (MCXXXI) par Euthymius « neveu de
Clément d'heureuse mémoire ». J'identifie cet Euthymius avec
celui qui figure au catalogue abbatial de Carbone, et qui mourut
en 1 i54(Ss.n°39). — AmbrosianusVt, i,ménologe, copié l'an 6748
(MCCXL) par Laurent, sur un manuscrit du couvent de Calovito à
r. A rapprocher du ms. Corsini 41, G, 16, tetraevangelium du xne siècle,
où l'on relèvera (fol. 225') l'ex-libris 6ï)6Xy)OV xr\ç [xov?iç tou coatou Tcp; y)[x.cûv
itoàvecç tou 6cpr)GTO\3, et quelques autres graffites témoignant de la même
provenance.
2. Paul Fabre, Liber censuum, p. 22.
3. Gregoiy, Prolegomena, p. 5oi.
4. Vaticanus 20o5 (fol. 63'), une liste semblable.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 95
Rossano, pourNiphon «notre père » (Ss. n°4o)« Calovito ou Cal-
veto était un petit monastère situé au sud de Rossano. Niphon est-il
le prieur de Calovito, ou serait-il le même que Nimphus, abbé
du Patir précisément à cette époque? Si cette seconde hypothèse
était fondée, comme elle me paraît, il y aurait lieu d'identifier
ce Laurent avec le moine du Patir du même nom, mentionné dans
le diplôme de 1246 du cartulaire de notre abbaye.
Taurinensis CCXVI, B, III, 27, typicon de l'abbaye de Saint-
Nicolas de Casole, composé l'an 6682 (MCLXX IV) par Nicolas hi-
goumène dudit couvent1. — Barberinns III, 69, typicon, copié
l'an 65 1 3 (MCCV) parHierothée moine et prêtre, pourNicodème
higoumène de Saint-Nicolas de Casole (Ss. n° — Parisinus
suppl.gr. 681, Expositiones fidei, copié l'an 6806 (MCCXCVIII)
par Calos de San-Pietro in Galatina, province d'Otrante (Ss.
n°42). — Barberinus III, 16, Georges de Corcyre inscripturam,
copié l'an 6744 (MCCXXXVI) par Jean de Nardo (Ss. n° 43)2.—
Harleianus 5535, psautier, copié l'an 6792 (MCCLXXXIV) par
André de Brindisi3. — Ambrosianus G, 8, euchologe, copié
l'an 6794 (MCCLXXXVI) par André de Brindisi. C'est le même
copiste (Ss. n° 44)- — Laurentianus LXXI, 35, Porphyre Isa-
goge, copié l'an 6799 (MCCXCI) par Cyriaque Prasi de Gallipoli
(Ss. n° 45)1
Deux faits se dégagent pour moi de l'étude du groupe de ma-
nuscrits italiotes que je viens d'énumérer.
Pour le xne siècle, la disparition rapide de la tradition gréco-
lombarde et l'influence envahissante de l'école constantinopoli-
taine. A Stilo, en 1102 et en 1170, persistance de la manière
1. Pasini, Codd. mss. bibl. r. taurinensis , p. 3op.
2. Ce ms. est à rapprocher de deux autres qui sont à la bibliothèque
Vallicellane. Le premier, Vallicellan. D,Ô2, lectionnaire de l'A. T., ne porte
ni souscription, ni graffite, mais, à la garde, une main du xvne siècle a écrit :
« Lectionarium sacrum cum responsoriis quod olim usui fuerat grœcis pres-
byteris ecclesiœ Galatenensis TNeritinœ diœcesis in regno Neapolis. Pétri Po-
lidori v. cl. munus bibliothecse Vallicellanae. » Le second, lectionnaire des
évangiles, VaUicellan. D, 63, xne siècle, n'est pas davantage souscrit, mais
la même main que dessus a mis à la garde : « Codex optimae notœ quem
viri docti magni faciunt eo etiam nomine quia scriptus est literis neritinis,
fuitque usui grœco clero illustris ecclesiœ Neriti in Salentinis. » Sur l'écri-
ture néritine, « litterœ neritinse », voy. Galateus, De situ Japygiœ, p. i3i.
3. H. Omont, Notes sur les mss. grecs du British Muséum, dans la Biblio-
thèque de V École des chartes, XLV, 1884, P- 334.
96 CHAPITRE III.
gréco-lombarde. Le V aticanus 2008 est de cette écriture droite
et drue, de cette encre brune que nous avons rencontrée tant de
fois dans l'Italie méridionale : titres et initiales sont soulignés d'un
coup de pinceau (vert clair); les incipit importants signalés en
marge par une croix tressée. Le Neapolilanus II, c, 7 a lui aussi
ses titres et ses initiales soulignés d'un coup de pinceau (jaune
clair). — A Carbone, en io83, persistance de la même manière.
Le V aticanus 2029 a l'écriture droite et drue, l'encre brune et
sale, les titres soulignés d'un coup de pinceau (jaune clair), les
incipit importants signalés en marge par une croix tressée ou un
oiseau, les initiales zoomorphes, rubannées, tressées, un coloriage
cru (vert, rouge, violet) et sans or. — A Carbone, en 11 32, le
copiste Euthymius imite, comme les copistes de Rossano, les
modèles byzantins de style carminé ; il n'a gardé de la vieille
manière italiote que l'usage de souligner d'un coup de pinceau
(jaune clair) ses titres et ses initiales. — A Sainte-Marie de Carra,
en 1 1 54, le copiste Siméon imite lui aussi les modèles byzantins ;
il s'essaye à faire des bandeaux fleuronnés en forme de n et des
initiales fleuronnées aussi, il a l'écriture aérée et souple ; mais
son encre reste sale et il souligne d'un coup de pinceau (jaune
clair) ses titres et ses manchettes. Son coloriage est cru (vert,
rouge, jaune) et sans or. — A Stilo, à Carbone, à la Carra, il
restait quelque trace de l'influence gréco-lombarde; à Messine,
il n'en reste pas plus qu'il n'en restait à Rossano même; de
même à S?int-Pierre d'Arena, de même à Reggio, 11 16, 1120,
11 25, 1126, 1 1 4 1 ? 1 184. Les Messinois sont même remarquables
pour l'élégance de leur imitation des grandes initiales byzantines
fleuries au carmin.
Pour le xme siècle, la diminution très notable de la copie
dans les scriptoria italiotes : on sait que les manuscrits bomby-
cins se multiplient dans le monde grec à cette époque ; or nous
n'en avons à peu près point qui aient été copiés en Grande-Grèce.
Ce qui se fait de copie alors se fait beaucoup sur du parchemin
récrit. — A Mili, en 1292, l'écriture du copiste Paul de Corinthe
est pleine de ligatures, comme celle des scribes byzantins et
levantins de l'époque; il trace en rouge et noir ses bandeaux et
ses initiales, il barbouille de rouge ses majuscules. On faisait
ainsi dans tout le Levant à pareille date. — Ainsi Jean de Nardo,
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 97
en 1236. Ainsi Hiérothée de Casole, en i2o5. — Toute tra-
dition gréco-lombarde est perdue, en sorte qu'il n'est plus pos-
sible de distinguer un manuscrit d'origine italiote d'un manu-
scrit d'origine levantine, n'était que nos copistes ne renoncent pas
toujours à souligner d'un coup de pinceau (jaune clair) leurs titres
et leurs manchettes. C'est l'extrême fin de la calligraphie gréco-
lombarde. Ceci au xme siècle.
*
Sur ce que devint l'art calligraphique dans la Grande-Grèce a
partir du xive siècle, je n'ai à ajouter que quelques observations.
J'ai pu réunir un petit nombre de volumes copiés en Terre
d'Otrante et en Sicile au xive-xve siècle : — le Messanensis 29,
Vitse sanctorum, copié en 1 3o8 parle moine Daniel, skeuophulax
du Saint-Sauveur de Messine; — X Ottobonianus gr. 178, Rhéto-
rique d'Aristote, copié en 1 485 parle moine Joachim de Casole au
Saint-Sauveur de Messine ; — le V aticanus 1973, liturgiœ, copié
en i374 par Antoine, prêtre de Sainte-Christine; • — le Lauren-
tianus LXXXVI, i5, Psellus de rébus naturalibus , copié en 1 347
par Nicolas Silla de Gallipoli ; — le Crjptensis A, y, VII, psau-
tier, copié/par Niphon, moine, pour le couvent de Saint-Nicolas de
la Fico ; — le Parisinus i685, pseudo-Callisthène, copié en 1468
parNectarios, moine de Casole; — Y Ottobonianus gr . 210, Hésiode
scholié par Tzetzes, copié en 1 363 par le papas Robert, fils de
Jean-Nicolas Bra... de Soleto; — le Barberinus III, 73, gram-
maire grecque, copié en i479 Par Nicolas Skinzari de San-Pietro
in Galatina1. — On le voit, il n'y a plus guère qu'à Messine et
dans la Terre d'Otrante que l'on copie encore au xive et au
xv° siècle, à Messine où le Saint-Sauveur et ses prieurés ont
gardé quelque culture, dans la Terre d'Otrante où l'on est en
constantes relations avec la Grèce propre : à Messine, le copiste
de 1 3o8 suit de loin les vieux modèles calligraphiques messinois
du xne siècle, tandis que dans la Terre d'Otrante on copie peu
s'en faut de la même manière qu'en Morée1.
1. Ss. n° 48-55.
2. Il arrive en effet que la Terre d'Otrante se fournisse de livres dans la
Grèce propre, témoin le Barberinus I, 102, une grammaire, copié par un
7
98 CHAPITRE III.
La Renaissance achèvera de porter le dernier coup à la calli-
graphie propre de la Grande-Grèce. À dater de la prise de Con-
stantinople, Otrante, Naples, Messine verront affluer les réfugiés
grecs, dont les plus instruits vivront, en même temps que de leur
grammaire, de leur calligraphie. On se rappelle que Constantin
Lascaris séjourna trente ans à Messine, et Ton sait que nous pos-
sédons plus de dix manuscrits copiés par lui dans cette ville1.
On pourrait citer bien d'autres Grecs que Lascaris : tels Léon
Chalkéopylos, Jean Rhosos, et plus tard Jean de Sainte-Maure
et Georges de Constantinople. Dans le clergé ni dans les cou-
vents de Fltalie méridionale il n'y a plus de scribes grecs : Jean
Rhosos exécute pour un prêtre grec un missel, le V uticanus 1978,
et Jean de Sainte-Maure séjourne un long temps au couvent de
Saint-Philarète de Seminara pour y refaire les livres de chœur ;
Georges de Constantinople avait refait de même ceux du cha-
pitre de Bova (Ss. n° 55). Ce Georges de Constantinople avait
son atelier à Messine, et il expédiait de ses livres jusqu'en Grèce
(Ss. n° 56) : ajoutons qu'il joignait au métier de calligraphe celui
de bouquiniste, et que c'est chez lui à Messine que fut acheté
l'unique exemplaire qui existe de la Chronique pascale 2. Quant
à Otrante, nous lui devons au moins comme à sa ville d'origine
le copiste de beaucoup le plus habile du xvie siècle, Giovanni
Onorio da Maglie, plus connu sous le nom de Jean d'Otrante,
et dont les manuscrits (pour la plupart copiés à Rome et pour la
Vaticane) rivalisent avec les plus belles impressions du temps3.
scribe d'une école florissante à ce moment en Morée, Nicolas Hagiopetritos
(A. D. 1289), et que nous trouvons en i358 aux mains d'un grec de San-
Cesario di Lecce, comme nous l'apprennent les graffïtes du fol. i5i' et du
fol. i5a'. — De là vient que le nombre assez considérable de manuscrits du
xme et du xive siècle (surtout bombycins) qui ont été achetés au xvie et au
xviie « in Salentinis », n'ont rien de spécifiquement italiote.
1. Gardthausen, op. cit., p. 3i8. Ajoutez-y le Barberinus I, 94, copié par
Lascaris à Messine en i47°-
2. Vaticanus 1941- On lit au fol. 5 : « Messanœ emi a Georgio Constan-
tinop. vi Jkls. octobris M.D.L. I. »
3. Gardthausen, op. cit., p. 327. H. 'Omont, Fac-sim'lés de mss.gr. des xve
et xvie siècles (Paris, 1887), pl. 12 et 28.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR.
III
Repassons maintenant la revue de nos manuscrits de Sainte-
Marie.
Le Vaticanus i636 est imité des manuscrits byzantins de
« style riche » à bandeaux et initiales peintes, h grandes marges
et grand format. Mais la mise en colonnes est mal réglée, mais
F encre est sale, l'écriture appuyée et drue, les titres écrits avec
un rouge de nuance orange (comme dans les manuscrits latins)
et non vermillon (comme dans les manuscrits byzantins), les
titres en noir soulignés d'un coup de pinceau (jaune clair), les
bandeaux tressés, les initiales palmées ou tressées ou rubannées,
le coloriage à teintes plates et sans or. L'influence gréco-lom-
barde est manifeste. Et de fait ce manuscrit a été copié, en 1064.
aux environs de Cassano.
Le V aticanus 2082 est imité des manuscrits byzantins de
u style riche », comme le précédent, à bandeaux et initiales
peintes, à grandes marges et grand format, h écriture aérée et
penchant à droite. Mais la réglure est mal menée, l'encre brune
et pâteuse, l'écriture inégale, les titres écrits au rouge orange
(comme dans les manuscrits latins), les titres moindres et les
majuscules et les points (à la ponctuation forte) soulignés d'un
coup de pinceau (jaune clair), les initiales rubannées, le coloriage
pâteux à teintes plates et sans or. Ici encore l'influence gréco-
lombarde est manifeste. Et ce manuscrit a été copié, en 105^,
aux environs de Rossano.
Le V aticanus 2002 imite de même les modèles byzantins.
L'encre ici est presque blonde. L'écriture, raide encore et
appuyée, procède cependant directement de la calligraphie by-
zantine par la nature de ses formes. Les initiales de petite capi-
tale (un petit nombre d'entre elles au moins) pourraient rappe-
ler les jolies capitales rouge sous or du xie siècle byzantin. Il
n'y a pas jusqu'au grossier bandeau du fol. 64 qui ne trahisse
l'imitation des bandeaux de « style riche » byzantin. Mais ce
qui est provincial et gréco-lombard, c'est le grand E initial du
fol. 64, le grand A du fol. 38; c'est le coloris pâteux (jaune clair
et rouge brique) des bandeaux et des titres; c'est le coud de pin-
[OO
CHAPITRE III.
ceau jaune clair dont les titres, dont les initiales mineures, dont
les points de la ponctuation forte sont soulignés. Ce manuscrit
a été copié, en io53, à Taberna1.
Le V alicanus 2001 est du siècle suivant. Ici la graphie ne se
distingue guère plus de la graphie byzantine. L'encre est blonde
et le ductus élégant et aéré comme dans les manuscrits byzan-
tins contemporains. De gréco-lombard il n'y a plus que la dé-
coration : initiales majeures énormes, coloriées en teintes plates
de rouge garance, de vert, de jaune clair; bandeaux tressés, co-
loriés de même; titres et petites initiales soulignés d'un coup
de pinceau (jaune clair). Ce manuscrit a été copié, vers le milieu
du xiie siècle, au couvent de Sainte-Marie de Carra.
Le Vaticanus 2091 conserve à peine quelques traces de l'in-
fluence gréco-lombarde, et on pourrait le croire sorti d'un scri-
ptorium byzantin, n'était que le copiste a souligné d'un coup de
pinceau (jaune clair) les capitales noires et minces de ses titres
(cf. fol. 69'). Ce manuscrit est du xne siècle9.
Le Vaticanus 1649, du xiie-xiiie siècle, nous achemine vers
cette époque de transition où la calligraphie gréco-lombarde
n'existe plus et où la calligraphie byzantine entre dans la déca-
dence du xme siècle : l'encre est brune et pâteuse, le parche-
min épais et mal poii; les bandeaux sont grossièrement tracés à
l'encre noire et en rouge, comme dans les manuscrits de basse
époque de la Grèce propre et du Levant; les majuscules, soit en
saillie sur la marge, soit à même le texte, sont grossièrement
barbouillées d'un coup de pinceau rouge; les titres, à l'encre
rouge et de mauvaises capitales fleuries, sont quelquefois (^oy.
fol. 53') soulignés de jaune. Ce dernier trait est le seul qui
rattache ce volume à l'école italiote.
Le Vaticanus 2006 , unbombycin! pourrait de même passer
pour un manuscrit levantin, n'était ici encore le coup de pinceau
(jaune clair) dont le copiste a souligné les initiales et les titres.
Les manuscrits italiotes que je viens de décrire ont subi l'in-
fluence byzantine : et remarquez comme ils sont tous postérieurs
1. Vaticani 1990, 2o35, 2o85 : mêmes caractéristiques.
2. Rapprochez le Vaticanus 1019: écriture pleine des ligatures si com-
munes dans les bombycins* mais remarquez bien les initiales (rouge orange)
barbouillées d'un coup de pinceau (vert sombre et jaune citron).
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. 101
à la seconde moitié du xie siècle. Ceux que voici, au contraire,
appartiennent à la période antérieure : la tradition gréco-lombarde
V paraît seule.
Le Vaticanus 2o56 est un remarquable modèle de calligraphie
gréco-lombarde, et ce dans un format assez rare dans cette école
(325 X 235 mill.); nous y retrouvons l'encre brune, les carac-
tères appuyés et serrés, qui nous frappaient chez Cyriaque de
Capone. Quant à la décoration, elle est purement lombarde:
titres rubriqués (rouge orange), encadrés d'un étroit bandeau
tressé (jaune clair, rouge orange, brun bleuâtre) ; majuscules en
grosse capitale, à pleins coloriés alternativement de Fune de ces
trois couleurs; initiales majeures de dimensions énormes, et tan-
tôt tressées (H fol. i73, A fol. 23o', E fol. i83', M fol. 85,
N fol. 79', W fol. 32'), tantôt palmées (E fol. 226), tantôt
zoomorphes (H fol. 23y, Kfol. 255 et 255', 2 fol. 242, A fol.
K fol. 143', û. fol. i3/, T fol. 109', n fol. 45), ces dernières
toutes remarquables, coloriées en teintes plates, sans or, et gros-
sièrement dessinées. Ce volume est de la fin du xe ou du com-
mencement du xi° siècle.
Le V aticanus 2067 est de la même époque. La graphie est
plus personnelle, mais la décoration est purement lombarde :
titres en petite onciale soulignés d'un trait de pinceau jaune clair,
quelquefois vert clair, encadrés aussi (fol. i') d'un étroit bandeau
tressé (vert, rouge brique, brun); majuscules de grosse capitale,
dont les pleins sont coloriés alternativement de vert clair ou de
rouge brique; initiales majeures ou tressées, ou palmées, ou ru-
bannées, ou zoomorphes, grossièrement dessinées, coloriées de
rouge brique, de jaune clair, de brun, sans or, en teintes plates :
enfin les incipit de chapitres signalés à la marge par une croix
tressée, ou par oisillon, ou par une tête humaine, tout cela des-
siné et colorié comme le reste.
Le Vaticanus 20^4, du xc siècle, a ses titres de petite onciale
soulignés tantôt de jaune, tantôt de vert; des initiales de style
gréco-lombard, mais plus simples et dont aucune n'est zoomorphe
ni palmée, des bandeaux tressés.
Le Vaticanus 1971, du xe-xie siècle, et qui rappelle étonnam-
ment le manuscrit copié à Malvito, a l'encre sale et pâteuse, la
graphie appuyée, serrée et inélégante, les initiales tressées, pal-
ioa CHAPITRE III.
mées, rubannées, zoomorphes, coloriées de rouge, de vert, de
jaune, de violet, les titres (de petite onciale) et les manchettes
soulignés d'un coup de pinceau jaune clair, les initiales mineures
tachées d'un coup de pinceau vert; pour entêtes, de petits ban-
deaux tressés. Toute cette décoration de couleurs pâteuses, en
teintes plates, sans or, et grossièrement exécutée.
Je ne veux pas omettre dans cette revue un manuscrit fort
exceptionnel de notre collection du Patir, le Vaticanus 1997,
copié par un chartreux d'une chartreuse du diocèse de Rossano.
Ce chartreux, dira-t-on, ne pouvait être qu'un scribe latin, et
voilà qui est singulier : oui et non. — Oui, c'est un scribe qui
n'est pas grec, et nous en avons pour preuve la forme bizarre,
extra-grecque, de nombre de ses lettres, et l'aspect général de sa
calligraphie qui s'éloigne si fort de celle du xme siècle : c'est là
une manière cherchée, apprise et de fantaisie. Mais il n'est pas
rare de voir de ces exemples dans la calligraphie italiote du
xnie siècle. Il arrive, en effet, à cet époque, que l'on supplée au
manque de copistes grecs en s'adressant à des copistes latins, et
que de bons copistes latins sachent écrire le grec. En voici deux
exemples remarquables.
Le premier [Barber inus IV, 3^) est un tetraemngelium grec et
latin, copié par Romain moine, abbé du monastère de Saint-
Benoît, dans le Val di Crati, en 1292, indiction VI (?), sous le
règne de Charles II, aux frais du seigneur archevêque Paul, dé-
coré du pallium, de la famille Mezzabarba, des citoyens de
Rossano]1 (?). Ici le copiste, qui est latin et qui a une très belle
écriture gothique, a adopté une écriture grecque imitée des mo-
dèles byzantins du xie siècle, mais ses initiales grecques (de grandes
belles lettres fleuries et peintes) sont du même style que ses
initiales latines : nous avons ici un manuscrit grec décoré dans le
goût gothique2.
1. Voy.V. Gardthausen, Zur griechischen Minuskeî in Unteritalien, dans les
Berichte iiber die Verhandlungen der Gesellschaft der Wissenschaften zu Leipzig,
1881, p. 73-78.
2. Cet exemplaire n'est pas unique : voy. le ms. de Saint-Jean de Stilo de
la bibliothèque Corsini.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. io3
Le second exemple (Palatùius lat. 233) est un exemplaire du
traité adversus Latinos de Nicolas d'Otrante (i2o5 env.) : le manu-
scrit paraît être autographe. Ici le scribe, qui est latin et qui a une
assez belle écriture gothique, a donné à ses caractères grecs une
forme allongée et anguleuse : c'est de la calligraphie grecque
latinisante.
Ces sortes de manuscrits ne sont pas rares dans nos collections :
ils datent tous du xine siècle1.
Nous touchons au terme de cette revue des manuscrits de l'ab-
baye du Patir, et j'ai réservé pour la fin quatre volumes de la
collection, les Vaticani i4o6, 2000, 2061 et 2066, qui présen-
tent un type calligraphique du xe siècle très nettement à part. De
ce type, dont le V aticanus 2061, le seul signé des quatre, est un
admirable représentant, on peut dire qu'il ne se rattache ni pour
la calligraphie ni pour la décoration à l'école gréco-lombarde;
que cependant il appartient à une excellente école, une école
très supérieure a l'école gréco-lombarde tant pour le choix du
parchemin et le soin de la réglure, que pour la qualité de l'encre
(blond-grisâtre) et l'égalité de l'écriture. La décoration rappelle
le « style sévère » que nous avons rencontré à Constantinople
au xc siècle : absence de rubriques et de peintures, titres de
petite onciale de même encre que le texte, et, autour ou au-
dessus des titres majeurs, un mince rinceau de lignes ondulées a
la plume. Cependant notre scribe et ses analogues se distin-
guent des scribes byzantins de « style sévère » du xe siècle
par plusieurs caractéristiques. L'écriture (que la ligne rectrice
limite par la base) est une cursive serrée et rapide et très incli-
née à droite; les lettres sont toutes de cursives, sauf une seule
qui est onciale, le N, jamais lié à aucune lettre voisine et se
détachant avec une véritable insistance sur le reste du texte;
certaines lettres enfin , le * cursif par exemple , ont leurs
pleins tracés d'un trait double, le scribe ayant mené son
calame de bas en haut, puis de haut en bas, et ayant laissé
1. Voy. VOttobonianus gr. s58, xiu° siècle (Gregoiy, Prolegomena, p. 635),
et le Vaùcanus 781, xine siècle.
io'| CHAPITRE III.
un peu d'espace entre les deux ductus, en telle sorte que le
plein est évidé. Ces trois caractéristiques, l'une pour l'ensemble
de l'écriture, les deux autres pour des détails, persistent comme
une règle dans la calligraphie de tous les manuscrits sans excep-
tion que nous étudions là. La partie décorative, ai-je-dit, rappelle
le « style sévère » de Constantinople au xe siècle : mais elle pré-
sente cette caractéristique que les initiales majeures, au lieu
d'être des lettres capitales ou surtout des lettres onciales de forme
carrée, sont des lettres onciales agrandies, souvent grêles, mais
appartenant à l'onciale oblique.
J'ajouterai que le V atieanus 2066 est d'onciale en entier, et de
cette même onciale oblique à laquelle appartiennent les initiales
majeures de nos quatre cursifs, et que la décoration très sobre
des titres est identique dans les quatre cursifs et dans l'oncial,
d'où possibilité de considérer les quatre cursifs et Foncial comme
appartenant à la même école calligraphique. Mais quelle est cette
école?
Cette école calligraphique, ai-je dit, ne se rattache point à
l'école gréco-lombarde. Par ailleurs, les caractéristiques qui la
différencient du « style sévère » de l'école byzantine du xe siècle,
permettent de conjecturer que nous avons affaire à une école
calligraphique non constantinopolitaine. Cette conjecture est
d'autant mieux fondée que : i° nos copistes ont utilisé nombre de
feuillets palimpsestes, et qu'il est inouï de voir un pareil pro-
cédé pratiqué à Constantinopl e ; i° que quelques-uns de ces feuil-
lets palimpsestes [V atieanus i456) présentent, en première écri-
ture, un texte arabe peu antérieur au texte récrit, détail qui nous
éloigne mieux encore de Constantinople pour nous conduire en
pays arabisant. Ce pays, il serait, je crois, très inutile de le cher-
cher en dehors de la Calabre, laquelle était au xe siècle en perpé-
tuel contact avec la civilisation arabe.
Et nous aurions ainsi dans la Calabre même, au xe siècle, une
tradition calligraphique complètement distincte de la tradition
gréco-lombarde et dont l'originalité consisterait précisément à
en être restée indépendante. Ce n'est là qu'une vue, et les élé-
ments nous font défaut pour l'élucider.
ORIGINES DE LA LIBRAIRIE DU PATIR. io5
Concluons.
Une centaine de manuscrits grecs rapprochés et étudiés d'a-
près une méthode nouvelle, nous ont fourni l'occasion et la ma-
tière de tout l'essai qui précède. Ils nous ont introduits dans une
province à part de l'empire byzantin, la Grande-Grèce, au milieu
de ces penitus grœco dwisos orbe Calabros, plus encore auprès
de ces moines grecs d'Italie, dont les établissements ont été
pour nous l'expression la plus historique de la culture de cette
Grande-Grèce médiévale, et, entre tous ces établissements, à
l'abbaye de Sainte-Marie, du Patir.
Fondée par le réformateur même de la vie monastique en Ca-
labre, au xie siècle, subsistant non sans mérite jusqu'au xvie siè-
cle, attirant alors l'attention des érudits par sa précieuse collec-
tion de manuscrits, comme elle l'attire au xvne par sa riche
collection de chartes, l'abbaye du Patir arrive à avoir son nom
associé à celui de la Bibliothèque Vaticane, a laquelle elle a
donné ses plus beaux livres.
Ces livres en main, nous déterminons leur lointaine prove-
nance : les uns sont venus de Constantinople, les autres ont été
transcrits en Calabre même, voire au Patir. Ils nous permettent
de constater jusque dans l'art modeste de leurs scribes, tantôt
l'influence ^de l'art byzantin proprement dit, tantôt et plus an-
ciennement l'influence de l'art bénéventin ou lombard, et, par-
dessus tout, comment, à une époque donnée de l'histoire, nos
Grecs d'Italie sont les obscurs et presque les seuls artisans des
relations littéraires du monde grec et du monde latin.
S'il m'est donné quelque jour de reprendre l'étude de ces
échanges littéraires et de la pousser plus avant, ce n'est plus
aux scribes du xe-xme siècle que je m'attacherais, c'est aux tra-
ducteurs antérieurs au vme siècle : Rufin, Cassioclore, Anastase,
tant d'autres qui ont mis dans la circulation de l'Occident les
œuvres des orateurs, des historiens et des théologiens grecs,
que je voudrais consacrer mes recherches : ce serait là le gros
œuvre d'une plus vaste histoire, dont le présent essai ne serait
plus que l'épilogue.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
1
LISTE
DES MONASTÈRES BAS [LIENS DE L'ITALIE MERIDIONALE 1
XVP SIÈCLE.
Monastères portés au Liber taxarum S. R. E., avec le cens en florins que chacun
d'eux paie à la Chambre Apostolique. Cette liste est copiée sur le Faticanus lat. 9239,
lequel est un ms. du Liber taxarum daté de 1482 : je ne modifie pas l'orthographe
du ms.
Anglone>/ : Helie de carbono : fl. LXVI.
Alexanen : Delovito : fl. XXXV.
Boven : Mariae de terreto : fl. XXXIII 1/2.
BauNnusiv : Mariae de cruce : fl. ».
Fermelus : fl. »
Cathaniex in Sicilia : Leonardî Gathanen. : fl. ».
Galipolitan in provincia idrontina : Mauri : fl. XXXIII 1/2.
Geropolitan : Mariae de balneo : fl. ».
Nicolai de pergolitis : fl. ».
Giraten : Nichomedis : fl. XL.
— Mariae de popsi : fl. XL.
Licien : Mariae de ferratis : fl. XXXIII 1/2.
— Mariae de cantataedri : fl. XXXIII 1/2.
1. Pour plus de détails sur les monastères basiliens italiens, on consultera
avec fruit le tome III de la Sicilia sacra et les tomes I, VIII et IX de Yltalia
sacra. D'ailleurs les renseignements fournis par ces deux auteurs ont été
recueillis par dom Lubin, Abbatiarum Italim brevis notifia (Rome, 1693). Les
renseignements donnés par Rodotà (Rito greco, t. II) sont empruntés aux
précieux appendices de la Vita del protopatriarca S. Basilic- (Messine, 1681)
de dom Agresta.
io8
CHAPITRE lit
Leucadien : Paturio : fl. LXXX.
Messanen : Pétri de agro : fl. XLVII.
— • Pétri et Pauli : fl. XLVII.
— Salvatoris plaga : fl. XXXIII 1/2.
— Salvatoris de lingua fari : fl. VC
— Gregorii de gippo : fl. XL.
— _ Philippi de magra : fl. L.
— Salvatoris de bordonaria : fl. XLV,
— Angeli de broro : fl. XLV.
— Philippi de valle domena : fl. XLI 1/2,
— Pétri et Pauli de gitalia : fl. L.
■ — Maria? de guppa : fl. L.
— Nicolai de laffico : fl. L.
— Basilii de temuento : fl. ».
— Marias de mandanisio : fl. XXXIII 1/2.
— Marias de mili : fl. LXXX.
— Pantaleonis : fl. LX.
— Michaelis de trayna : fl. L.
Mileten : Nicolai de calavisio : fl. L.
— Helias novi et Phylareti : fl. LXX.
— Bartholomaei de ïrigona : fl. XXXIII 1/2.
Johannis de labra : fl. ».
— Helias de calatio : fl. XXXIII 1/2.
Neritonen : abbas nullius diœcesis : fl. LX, alibi XL.
Policastren : Johannis de piro : fl. XL.
Panormitan : Marias de gripta : fl. L.
Reginen in calabria : Marias de torreto : fl. XL.
— Salvatoris de calometo : fl. LXV1I.
— Nicolai de cadamusio : fl. LXXXIII
— Johannis de castanata : fl. XL.
Rossanen : Marias de paterno : fl. LXXX.
— Adriani : fl. XXXIII 1/2.
Squillacen : Marias délia carra : fl. L.
— Gregorii : fl. XXXIII 1/2.
— Nicolai de raariota : fl. XL.
Tarentinen : Pétri et Andréas in insula : fl. XXXIII 1/2.
— Viti de pitzo : fl. XXXIII 1/2.
— Marias de calzano : fl. XXXIII 1/2.
ïusculanen : Marias de gripta ferrata : fl. CCGG.
Ydrontinen : Nicolai de cadulis : fl. GG.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
II
ÉTAT et LISTE
DES MONASTÈRES BASILIENS DE CALABRE
XVIe SIÈCLE.
Un extrait de ces Aciaa été publié par Mont faucon, Palœographia, p. 112 : voici la
pièce intégrale (copie xvne siècle, et; il me semble, de la main même de Menniti), telle
qu'on la lit dans le Parisinus lat. i3o8i, fol. 1-6. Je mets en italique les lettres que
je supplée, tant dans ce document que dans les suivants.
ExCERPTA EX ACTIS VISITATIONIS MONASTERIORUM ORDINIS SANCTI BASILI1 1
FACT.E jussu sanctjE sedis an. i55i. Ex archivio ordinis.
In nomine doraini nostri Jesw Christi. Amen. Kmio a nativitate
ejusdem i55i die vero septiraa aprilis pontincatus ss. pp. Julii 3U
an. 2, apud venerabile2 monasterium Sancti Joannis Teristi de Stilo
ordinis Sancti Basilii extra muros dictae civitatis per duo milliaria,
régnante serenissimo et invictissimo domino nostro Carolo... Arago-
niae et Hispaniarum... Siciliae citra farum an. 37 féliciter. Amen.
In prœsenti quinterno continentur et annotantur omnes visitationes
infrascriptarum abbatiarum, monasteriorum et ecclesiarum ordinis
sancti Basilii, factae per nos Marcellum Terracinam archimandritam
S. Pétri de Arena Militensis diœcesis, et fratrem Paulum de Co-
zentia nostrum vicarium, monachum Sancti Pétri de Arena, visita-
tores deputatos ex commissione et authoritate dora/ni Julii papa? 3".
Et quia dictura monasterium Sancti Joannis Teristi de Stilo est
primum et caput aliorum monasteriorum convicinorum, die 3a aprilis
accessimus ad d/ctum monasterium, quod invenimus antiquo more
competenter instructum, et opulentum in reditibus, sacris reliquiis
et ornamentis, et ordinavimus quod dentur carthœ scriptural anti-
que dicti monasterii, et clauderentur in una arca.
Die g0 aprilis accessimus ad monasterium Sancti Basilii Scamardi
diœcesis Militensis, et invenimus illud non bene tractatum. Invenimus
in dicto monasterio abbatem Hieronimum Liriano commendixtarium
dicti monasterii, et ibi duos tantum monachos ordinis sacerdotes.
Die 24 mensis aprilis accessimus ad monasterium Sanctœ Mariae de
Lovito, ubi invenimus monasterium sine monachis, et invenimus
t«/ztum presbiterum unum latinum.
Die 25 aprilis discessimus a Sancta Maria de Lovito, et accessimus
1. Bazilii ms.
2. Venerabilem ms.
1 IO
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
ad-monasttf/v'w/w Sancti Salvatoris de la Chilena, ubi invenimus Joan-
nem Cavallum abbatera commendatarium, qui nobis dixit quod d/ctum
monasterium cum [situm sit in nemore, nec monachi nec pre.ybiteri
illic possunt habitare, et propter mala itinera nec ad illud potuimus
accedere.
Die 26 aprilis i55j discessimus a Praxitano, et accessimus ad
abbatiam Stf/zctorum Nicodemi1 et Heliae de Galatrano, invenimus-
que ecclesiam bene fabricatam et fratres capucinos inibi.
Die 26 aprilis discessimus a grangia de Sancti Heliae et Sancti Ni-
codemi, ubi invenimus tantum unum presbiterum latinum, et acces-
simus ad monasterium Sanctœ Mariae de Molochi, ubi invenimus
abbatem Caesarem presbiterum saecularem cum duobus clericis
saecularibus.
Die 27 aprilis discessimus a monasterio Sanctae Mariae de Molochi
Lotuso, et accessimus ad ecclesiam Sancti Nicolai de Molochilo, quae
est grangia dicti monasterii, ubi invenimus capellanum unum.
Die 27 aprilis discessimus a Sanctâ Maria de Molochi, et accessi-
mus ad monasterium Sancti Heliae et Sancti Philareti de Siminara,
distans a Siminara duobus millibus, et invenimus ibi priorem cum
quinque monachis, et invenimus competenter ornatum.
Die 28 aprilis discessimus a monasterio Sancti Heliae et Sancti
Philareti, et accessimus ad monasterium Sancti Joannis de Lauro, et
invenimus ecclesiam quasi speluncam latronum et sine cultu divino,
discoopertam, et domos dirutas, quia erat abbas dicti loci Joannes
Baptista de Cavaleriis canonicus basilicae Sancti Pétri Romae, qui
Romae morabatur.
Die predicto discessimus a monasterio Sancti Joannis de J^oro, et
accessimus ad abbatiam Sancti Phantini de Seminaria, ubi invenimus
corpus Sancti Phantini, sed ecclesiam destructam a Mauris vel Tur-
cis, quia situm erat circa mare dictum monasterium.
Eodem die discessimus a monasterio Sancti Phantini, et accessi-
mus ad abbatiam Sanctdô Mariae de Toxa. et invenimus in dicta, abba-
tia procuratorem secularem curialem, nec ullum ibidem monachum
invenimus.
Die 29 aprilis discessimus a monasterio Sanctx Mariae de Toxa, et
accessimus ad abbatiam Sancti Heliae2 de Spelunca de Niclicona, in quo
invenimus t«/*lum unum monachum graecum ordinis Sancti Basilii.
Die 3o aprilis visitavimus monasterium Sanctad Mariae de Trinsoni,
ubi invenimus unum monachum tantum et ecclesiam satis bene orna-
tam et monasterium competenter edificatum.
Eodem die discessimus a dicto monasterio, et accessimus ad mo-
nasterium Sancti Bartholomei de Trigoni de Cinopoli, ubi invenimus
abbatem Julium Violante et quosdam monachos, et ecclesiam antiquam
1. Nicodemiœ ms.
2. Hiliœ ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. m
satis bene ornatam. Item invenimus aliam ecclesiam e']usdem Sancti
Bartholomei Veteris cura una domo in qua dicunt quod Sanctus Bar-
tholomeus abbas per aliquod tempus moratus est.
Eodem die discessimus a monasterio Sancti Bartholomei, et acces-
simus ad monasterium Sancti Joannis de Castagnieto diœcesis Regien-
sis, ubi invenimus tantum unum monachum latinum Sancti Dominici,
qui erat ibi capellanus pro Joanne de Cava abbate commendatario,
et invenimus ecclesiam maie tractatarn sine ornamentis et cultu di-
vino.
Die p/vraa maii discessimus a monasterio S. Joannis de Castanieto,
et accessimus ad monasterium Sancti Martini de la Messa, ubi non
invenimus abèatem qui erat Jacobus Caraziolus, et ibi invenimus
ecclesiam coopertam et satis bene ornatam.
Die primo maii i5>i discessimus a monasterio Sancti Martini Dra-
messa, et accessimus ad monasterium Sanctx Phebroniae monialium
ordinis Sancti Basilii, ubi non invenimus nisi speluncam latronum
et ecclesiam ac loca regularia inhabitata et ex parte diruta, quod
monasterium [diu] abbatissa cum monialibus olim diu habitaverant,
sed ab annis circiter quinquaginta dictum monasterium deseruerant ;
ibi erant presbiteri graeci qui predictis monialibus missas et officia
cantabant.
Eodem die discessimus a dicto monasterio Sanctœ Phebroniae, et
accessimus ad ecc/<?.r/V/m Sancti Salvatoris de Calanda.
Die ria maii discessimus ab ecclcsia Sancti Salvatoris de Calanda, et
accessimus ad monasterium Sancti Coni de Flumare de Muro, ubi
non invenimu's monachos ; invenimus ecclesiam parvam ad usum Grae-
corum ornatam et constructam.
Die eodem discessimus a predicto monasterio Sancti Coni, et acces-
simus ad monasterium Sancti Salvatoris de Calameno supra la Motta
Russa, ubi non invenimus monachos.
Eodem die discessimus a pvedicto monastem», et accessimus ad mo-
nastéf/vwm Sanctse Dominicae de Galligo, ubi invenimus tantum echo-
noraum secularum.
Die 3a maii discessimus a predicto monaste/vo Sanctx Dominicae, et
accessimus ad monaste/v*«m Sanctorum 40 in Regio civitate monialium,
ubi invenimus ab^atissam et aliam monacham cum aliis quibusdam
novitiis et ecclesiam parvam.
Eodem die discessimus a predicto monasterio, et accessimus ad
monaste/vwm momalium Sanctœ Anastasiae, et invenimus ibi abbatis-
sam cum 3 monialibus.
Eodem die discessimus a predfcfo monasterio et accessimus ad
monaste/vV/m Sancti Basilii monialium, ubi invenimus abbatissam et
duas moniales et ecclesiam satis ornatam.
Die 3° maii discessimus a predicto monasterio et accessimus ad
monaste/vwm Sancti Nicolai de Calamista, ubi invenimus priorem et
I I 2
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
alium monachum grsecum cum uno diacono et cum uno procuratore
dictas abbatiae, et quod ibi celebrabatur ritu graeco, et quod ecclesia
non erat bene ornata.
Die 7a maii discessimus a predicto monasterio, et venimus ad mo-
n&sierium Sanctx Mariae de Tarreto, ubi invenimus tantum econo-
mum secularem pro abbate commendatario Joanne Francisco Cara-
cbiolo, et invenimus ecclesiam bene ornatam ad usum graecum.
Die 6a maii discessimus a predicto monasterio, et venimus ad mo-
nasterium Sanctx Marias de Trapizomata, ubi nec invenimus mona-
chos nec abbatem sed tantum unam fœminam quae erat uxor cujusdam
presbiteri graeci qui dictae ecclesiae serviebat, quae parata erat ad
usum ecclesiae graecae.
Eodem die discessimus a àicto monasterio, et venimus ad monaste-
rium Sancti Philippi de Mirrisii prope Mottam Sancti Joannis, ubi
invenimus abbatem monachum graecum nomine Barnabam Catanusum
cum duobus aliis monachis graecis, et invenimus ecclesiam bene
ornatam, et quod in ea fiebat cultus ad usum ecclesiae graecae.
Die 7a discessimus a predicto monasterio, et accessimus ad mona-
sterium Sancti Joannis Theologi in Motta Sancti Joannis, ubi non inve-
nimus monachos sed tantum unum presbiterum qui dictae ecclesiae
serviebat, quae ecclesia parum erat ornata et in malo statu.
Eodem die discessimus a dicto monasterio, et venimus ad monaste-
rium Sa7îcti Anthonii de lo Campo, quod invenimus in malo statu,
ecclesiam non coopertam, et alia loca regularia quasi diruta.
Eodem die discessimus a prefato monasterio, et venimus1 ad mona-
sterium de Valle Tuchii, ubi invenimus abbatem cum uno presbitero
greco et uno procuratore, et ecclesiam satis ornatam et ad usum
ecclesiae grecae.
Die 8a maii discessimus a predicto monastew'o, et venimus2 ad mo-
nasterium Sanctx Catharinae de Sancto Laurentio diœcesis Bovensis,
ubi invenimus abbatissam cum 4 monialibus, et ecclesiam bene orna-
tam cum ornamentis et libris ad usum grecum.
Eodem die discessimus a predicto monasterio, et venimus ad mo-
naste/v'wm Sanctx Mariae de Pergolis suptus Sanctum Laurentium, ubi
invenimus tantum unum diaconum grecum.
Eodem die et venimus ad monastevvwm Sancti Phantini suptus
Sanctum Jjaurentium, et invenimus monaster/wm quasi destructum
et maie tractatum et sine ullo monacho.
Die 9a maii discessimus a dicto monaste/vo, et venimus ad mona-
sterium Sanctx Mariae de Tridetti juxta Mottam Boccalinam diœcesis
Geratiensis , et invenimus desolatum, et in eo non invenimus nisi
juvenem unum secularem ; ecclesia erat sine orname/ztis et quasi spe-
lunca latronum et animalium.
1. Invenimus ms.
2. Invenimus ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
n3
Ivimus postea ad monast<?/7*«m Sancti Nicolai de Pratu, quod etiam
in pejori statu invenimus quam illud de Tridetti.
Die na maii i55i discessimus a ipredicto monasterio, et venimus ad
monaste/vum Sancti Philippi de Arino juxta civitatem Hierasensem,
quod invenimus desolatuni et sine uno monacho.
Eodem die discessimus a yredicto monasterio, et accessimus ad
monaste/vwm monialium S. Annae de Hierace seu Sancti Pantaleonis,
ubi invenimus abbatissam cum quatuordecim monialibus, et inveni-
mus quod celebrabatur officium graeco ritu1, sed quod abbatissa pe-
tierat a summo pontifice ut possent celebrare et officium facere ad
usum ecclesise latinae.
Die i2amaii discessimus a monaste/v'o Sanctae Mariae de Matinea,
et venimus ad monasterium Sancti Blasii, quod est grangia Sancti
Nicodemi de Monmola ; sed non fuimus ad Sanctum INicodemum quia
erat in monte alto ubi sunt plures latrones ; invenimus autem àictum
monasterium Sancti Blasii maie tractatum et desolatum, in quo monas-
terio erat abbas Joannes de Arena protopapa et abbas Matheus Bar-
letta et duos capellanos.
Die na octobris accessimus ad monasterium Divi Gregorii de Stal-
dati, ubi invenimus abbatem unum presbiterum latinum et unum
monachum diaconum ; ibi est sepulchrum Divi Gregorii et fiunt multa
miracula. Sunt etiam ibi multae reliquiae. Hujus abbatiae erat abbas
commendatarius Tiberius Canossa, qui babebat sacerdotes latinos ad
officium celebrandum usquedum possit habere graecos.
Die i ia octobris venimus ad S. Mariam de Veteri Squillatio, quae est
abbatia et nèn eccl^/a parochialis, quae etiam vocatur Episcopatus
Squillasensis. Juxta Sanctxxm Basilium de Camardi est abbatia antiqua
quae erat justa mare, sed per timorem Turcarum abbas Marcus An-
thonius Armogica fecit unam grangiam sub casali Stalatti, et vocavit
moiîaste/v'«m Sancti Gregorii.
Die eodem accessimus ad monaste/7«m iprédictum de Veteri Squil-
latio quod distat parum a littore maris. Vidimus altare nudum et
sine vestimentis, mûri ecclesix erant depicti2 diversis sanctis, sed
erat sine porta et maie tractata quia non poterat habitari propter in-
vasionem piratarum. In dicta ecclesin celebra/ztur 3 missae qualibet
hebdomada. Abbas est bomo bonœ vitae solitus quotidie dicere offi-
cium, et est presbiter et solet aMquanâo celebrare missam.
Die i2a octobris accedimus ad monasterium de Magliotis, et inve-
nimus ibi tantum duos capellanos pro Domino Alexandro de Puxis
florentino abèate, qui manet Florentiao, et invenimus ecclesiam maie
ornatam, et quod non celebratur officium divinum, nec erat s^ctis-
simum sacramentum in ecclesia, et precepimus abbati ut faceret
î. Gregoitu ms,
2. Depenti ms.
8
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
celebrare ofïicium a sacerdotibus latinis usquedum mitti possint mo-
nachi greci.
Eodem die discessimus a predicto monasterio, et venimus ad monas-
terium Sancti Angeli 1 de Maida, quod distat a casali Curtali unum
milliare, et invenimus ibi tantum duos capellanos ; ecclesia erat fabri-
cata ad usum Graecorum, sed maie tractata, habebat enim ornamen-
ta de filo, calicem de stagno, etc. Et precepimus abbati ut faceret
celebrare ofïicium, et infra aimum faceret fabricare domos et habita-
tiones dicti monasterii, et emeret calicem de argento, et recuperare
faceret 2 census et terras dicti monastmi quae a laicis occupantur,
ne defraudaretur ^redictum monasterium.
Die i5 octobris discessimus a predicto monaste/vo, et veuimus ad
monast<?/7«m S. Maria? de la Carra, in quo non invenimus neque
abbatem neque procuratorem, sed quosdam homines custodientes
boves et alia animalia. Vidimus dictam ecclesiam antiquam fabricatam
more Grœcorum, sed desolatam et altaria discooperta et sine ornamen-
tis. Est abbas dicfœ ecclesixKus abbas Ziscari, qui manet in monaste/7'0
Divi Ac?riani, quod monasterium est ordinis Sancti Basilii : est homo
morigenatus bonae vitae et famœ. Tpse et capellani duo tenentur servire
dictae ecclesiœ, sed ob timorem latronum non possunt in dicta abba-
tia man ère.
Eodepi die discessimus a dicto monasterio, et venimus ad visitan-
dum abbatiam Sanctœ Catharinae de Motta Faluca, quod distat parum
a monasterio ^redicto de la Carra, et invenimus dictam abbatiam
Srtrcctae Catharinœ discoopertam et ruinai deditam sine aliqua habita-
tione : ubi non invenimus neque procuratorem neque capellanos,
vidimus altare nudum et sine ornamentis.
Die 16 octobris 1 55 1 accessimus ad monasterium Sancti Angeli de
Tiriolo, quod distat ab ipsa terra Tirioli per jactum unum balistœ :
ubi non invenimus abbatem neque procuratorem, et vidimus dictum
monast<?/ /«m cum ecclesia tantum sine habitationibus ; et ecclesia erat
sine ornamentis, mûri ecclesiœ sunt depicti diversis imaginibus Sa?ic-
torum. Erat abbas ejusdem abbatiœ Rus D. Cardlis Saverrus.
Die 17 octobris accessimus ad monast. Divi Leonardide Catanzaro,
quod distat a dicta civitate medio milliari, et est in optimo loco posi-
tum bene ornatum et fabricatum fabricis novis, templum depictum est
diversis picturis et albis. Vidimus abbatem Joannem Barbamvocam
et 3 capellanos : abbas est bonae famae, sobrius, et continuo solet cou-
versari3 in dicto monastcv /o, eleemosinarius et solitus dicere ofïicium.
Die 19 ejusdem mensis accessimus ad visitandum monasterium S.
Mariae de Pesaca, quod distat a civitate Taberna4 3 milliaribus et est in
r. Angiri ms.
1. Haberet ms.
S. Conversatio ms.
4. rl abenna ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
optimo loco positum : ibi invenimus Dominum Joannem Bap. de Gilio
et alios capellanos, et precepimus abbati Nicolao Francisco Maricola,
qui tenet dictam abbatiam in commenda, ut œdifîcia reparari et offi-
cium fieri quotidie procuret.
Die 2oa ejusdem mensis accessimus ad visitandum abbatiam Sancti
Nicolai de Bruxitano, quod distat a civitate Primiliani medio milliari ;
in optimo loco positum est. Ibi invenimus procuratorem Vincentii
Vercelli abbatis commendatarii dicti monastem, in quo quotidie cele-
brantur missœ 3 aut quatuor.
Die 22a decembris 1 553 visitavimus monast. Sa/tcti Basilii de Lat-
torre, et precepimus ut bona dicti monasterii a laicis occupata recu-
perarentur, ut ibi fieri possit divinum officium.
Die p/v'mo decembris 1 551 Rus Pater Dominus Marsellus Terracina
archimandrita et abbas Sancti Pétri cum aliis accesserunt ad ecclesium
Sanctx Maria? de Loviso ordinis S. Basilii juxta terram Rozarani et
flumen qui dicitur Metramo, et invenerunt ibi quemdam cîericum se-
cularem ignorantem et quosdam custodientes porcos. Erat abbas
commendatarius dicti monastc/ii Rmu* Guido Cursinus. Et invenerunt
dictam abbatiam maie gubernatam circa cultum divinum nullo mona-
cho existente circa celebrationem missarum, invenerunt lampadem
sine oleo.
[Suit la liste des abbayes basiliennes de Calabre telle qu'elle a été publiée par
Montfaucon :]
/ ABBATIS ordinis sancti basilii.
Sancti Joannis de Stilo.
S. Basilii de Ture de Patula.
S. Maria? de Vito Rosarni l.
S. Maria? de Melicovo grangia2.
S. Nicolai de Taurigliano grangia.
S. Salvatoris de Chilena.
S. Eli a; de Galatro.
S. Nicodemi de Galatro grangia.
S. Maria? de Molochi superiori.
S. Nicolai de Molochi grangia
Sanctx Marix.
S. Philareti de Seminaria.
S. Joannis de Lauro.
S. Fantini de Seminaria.
S. Maria; de Toxa.
S. Eliae de Spelunca3 de Mulicovo.
S<7/?ctae Maria? de Trizoni.
S. Bartliolomsei de Trizoni.
S. Joannis de Castagredo.
S. Martini de la Messa.
S. Febronia? monialium.
S. Salvatoris de Calanna.
S. Coni de flumare de muro.
S. Salvatoris de Calomeno.
| S. Dominica de Galligo.
SS. Quadrag//?tamrm. monialium.
S. Maria? de Gangemi.
S. Anastasiae.
S. Basilii monialium.
Sancti Nicolaij de Calamizza.
1. Basarmi ms.
2. Granpa ms.
3. Pelunca ms.
1x6 PIÈCES JUSl
S. Mariae de Turebo.
Sanctx Maria? de Trapezometa.
S. Philippi de Ynitii.
S. Joannis Theologi.
S. Anthonii de campo.
S. Angeli de valle ïucchi.
S. Catharinae de S. Laure/tf/o
monialium1.
S. Mariae de Pergolis 2.
S. Fantini de Sancto Laurentio.
S. Mariae de Trindetti.
S. Nicolai de Prato.
S. Philippi de Hierace.
S. Annae de Hierace monial/wra. j
IFICATIVES.
S. Maria? de Mantinea.
S. Pantaleonis monial/wm.
S. Venerae monialzwm.
S. Blasii de Mammola grangia
Sancti Nicodemi.
S. Gregorii de Staltatei.
S. Mariae de Vetero Squillacio.
S. Nicolai de Magliotis.
S. Catharinae de Motta Falucca.
S. Angeli de Tïriolo.
S. Leonardi de Cantazaro.
S. Mariae de Pesaca.
S. Nicolai de Buscitano.
IN ALIO LIBRO REPERIUNTUR SEQUENTIA MONASTERIA.
S. Mariae de Patirio Rossanen.
S. Andriani Rossanen4.
S. Eliae Carbonen.
S. Laurentii de Arenis Mileten.
SS. Pétri et Pauli de Ciano Mile-
ten.
S. Onuphrii de Chaos Mileten.
S. Mariae de Rovito Mileten.
S.Philareti de Seminaria Mileten.
Quae monasteria adhuc hodie
S. Nicodemi de Mammola Mile
ten.
S. Eliae de Melicocca Mileten.
S. Bartholomaei de Trigona Mile
ten.
S. Joannis de Castagneto Rhegi
nen.
S. Mariae de ïrapezometha Rhe
ginen.
extant et sunt commendata.
1 . Nunial ms.
2. Pcrgolii ms.
3. Frangia ms.
4- Crocianen ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
it7
m
CENSIER
DU DIOCÈSE DE ROSSANO
XVe SIÈCLE
Cette pièce est copiée sur un feuillet libre (fol. 8) d'un psautier grec-latin ayant appar-
tenu à la cathédrale de Rossano, Barberinus V, 37. La main qui l'a copiée est la même
qui a inscrit au fol. 100 du même ms. : «Mémento dne famuli tuy Antonii Randa vi-
carii ecclie rossanensis ano dni m0 CCCC0 XXXVII0. » Je dois la transcription de cette
pièce à M. Edouard Jordan, membre de l'Ecole Française de Rome.
TAXA DECIME PAPALIS ECCLESIE ROSSANENSIS ET EIUS DIOCESIS VIDELICET.
Dora/nus archiep/^ojDus tenetur solvere pro décima
uncias très : une. III.
Capitulus maioris ecclesie tenetur solvere unicam
unciam et tarenos sex : une. 1. tr. VI
Archimandrita Sancte Marie de Patiro tenetur sol-
vere uncias quatuor : une. IV.
Archimandrita Sancti Andriani tenetur solvere un-
cias très j une. III.
Abbas Corigl/ani tenetur solvere tarenos quinde-
cim : tr. XV.
Abas Josafat tenetur solvere tarenos decem et octo : tr. XVIII.
Abas Ligoni tenetur solvere tarenos quindecim : tr. XV.
Abas Caloveti tenetur solvere tarenos sex : tr. VI,
Abas Militini tenetur solvere tarenos duos : tr. II.
Abas Paludis tenetur solvere tarenos très : tr. III.
Terra Coriliani tenetur solvere tarenos viginti
septem grana duodecim tr. XXVII gr. XII
Terra Sancti Mauri tenetur solvere tarenos novem : tr. VIIII.
Terra Nove tenetur solvere tarenos novem : tr. VQII.
Terra Tarsie tenetur solvere tarenos sexdecim : tr. XVI.
Casale Paludis tenetur solvere tarenos très : tr. III.
Terra Cropalati tenetur solvere tarenos sex : tr. VI.
Mon. Caloveti tenetur solvere tarenos très : tr. III.
Mon. Tarsie tenetur solvere tarenos très : tr. III.
Terra Calopethiarum tenetur solvere tarenos de-
cem : tr. X
Terra Petrapaule tenetur solvere tarenos decem : tr. X
Terra Buchigleri tenetur solvere tarenos très : tr. TU
u8 PIECES JUSTIFICATIVES.
Terra Campani tenetur solvere tarenos undecim : tr. XI.
Terra Longobucbi tenetur solvere tarenos septem
cum dimidio : tr. VII
Casale Sancti Marceli Scala et Terra Vechia tenen-
tur solvere tarenos decem : tr. X.
S. Georgius tenetur tarenos quatuor cum dimidio : tr. IV 1/2.
Beneficium hone mcmorie Allibergii tarenos quatuor
cum dimidio : tr. IV 1/2.
Beneficium Basilice tenetur tarenos duos : tr. II.
IV
INVENTAIRE
DES MANUSCRITS DE SAINTE-MARIE DE GROTTA FERRATA
XVe SIÈCLE
Extrait de l'inventaire des meubles de ladite abbaye dressé pour le cardinal Bessa-
rion, commendataire, en 1462. Je dois la copie de cette pièce, tirée du Cryptensis
Zy 8, XII, à l'obligeance de dom Ant. Rocchi, archiviste de Grotta Ferrata. Original.
1. Unum misale latinum coopertum de tella blanca.
1. Unum misale latinum manuale.
9. Novem evangelistarios grecos sex coopertos et très non
coopertos.
2. Duo epistularia coperta.
4. Quatuor psalteria tria coperta et unum non.
12. Duodecim minea totius anni.
1. Unum mineum mensis decembris prophetae Naum.
1. Unum mineum augusti copertum.
2. Duos libros prophetarum.
3. Tria triodia totius anni.
4. Vitam S. Basilii copertam.
2. Duo catanictica.
2. Duos diapolitos.
2. Duos theologos non coopertos.
2. Duo stichinaria.
1. Unum chinonicon.
1. Vitam S. Basilii non copertam.
2. Duos libros Crisostomi super Mattheum.
1. Crisostomum super Johannem.
1. Omilias Crisostomi copertas.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
i. Legendarium Crisostomi de vita Gregorii.
i . Legendarium Crisostomi in quatragesima.
i. Sermones Crisostomi super circumcisionem coopertos.
i. Pontificale Crisostomi copertum.
i. Sermones Gregorii Nazianzeni.
i . Vitam Gregorii copertam.
i. Epistulas Gregorii papae copertas.
i. Unum librum Machabei mensis augusti
i. Unum librum prophetae Jeremiae mensis maji.
i. Unum legendarium junii.
i. Unum legendarium aprilis.
i Unum legendarium Simonis tuendi mandra mensis septembris
non copertum.
i. Unum legendarium Isaachi copertum.
i. Legendarium omnium sanctorum mensis octobris coopertum.
i. Legendarium S. Barbarae mensis decembris copertum.
1. Legendarium S. Maximi de vita sanctorum copertum.
i. Legendarium martirum mensis octobris copertum.
i. Legendar. omnium sanctorum sine principio non copertum.
i. Legendar. omnium martirum coopertum.
i . Unum curnentum evangeliorum.
i. Unum Damascenum copertum.
i. Unum librum Joannis elachistœ et Damasceni non copertum.
i. Unum librum Joannis Climachi coopertum.
i. Unum librum Gregorii theologi non coopertum.
i. Unum librum Tbeodori episcopi non copertum.
i. Unum librum Jacobi apostoli super Apocalipsim coopertum.
i. Unum de expositionc proplietiarum.
i. Secundum librum S. Leondi presbyteri coopertum.
i. Epistolas Isidori copertas.
3. Très libros de vita sanctorum duos copertos et unum non.
i. Varnaam de vita sanctorum non copertum.
i. Vitam S. Andreae copertam.
Vitam S. Bartholomaei copertam.
Vitam SS. Patrum non copertam.
Vitam S. Nili coopertam.
Prologum SS. Patrum non coopertum.
Policarpum episcopum Efesii coopertum.
Theopbanem super evangelia Marci coopertum.
Sermones Isirici et Isachi non copertos.
Canones apostolorum non copertos.
Canones Istagii et Theofani coopertos.
Epistulas ad Jacobum apostolum non copertas.
Erotbimata megala coperta.
Librum Theosdemitu non copertum.
120
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Propbetias Zachariae et Malachie copertas.
Istoriam S. Sabe copertam.
Istoriam sanctorum.
Evangelia domenicaria non coperta.
Unum exiodum anticum non ligatum.
Unum librum orationum domenicalium copertum.
Unum librum cerimoniarum.
Unum librum cantus copertum.
Unum librum de vita monastica.
Unum ordinarium copertum.
Unum orologium copertum.
Unum propliitico non copertum.
Unum stichinale copertum.
Duos libros anastasimi unum copertum et alium non.
Unum paracliticon copertum.
Circa viginti volumina librorum sine principio et maie ordinata.
V
INVENTAIRE
DES MANUSCRITS DE SAINT-ÉLTE DE CARBONE
XVIIe SIÈCLE.
L'original, qui appartenait à l'archive du couvent de Saint-Basile de Urbe> est perdu,
et il n'en existe qu'une copie moderne, Cryptensis Z, S, XXXIX.
INVENTARIO DELL! LIBRI GRECI ET LATINI CHE 91 RITROVANO
NELL' ARCHIVIO ABBATIALE DI S. ELIA DI CARBONE.
1. In primis uno libro di epistole di S. Geronimo latino.
2. Item un testamento greco.
3. Item un thomo di prediche in greco intitolato Cata ta erga.
4. Item un thomo de prophétie greche.
5. Item un libro mineo del mese d'ottobre,
6. Item un altro di novembre.
7. Item un altro mineo di marzo, aprile et maggio.
8. Item homélie di santo Théodore-
9. Item un altro mineo di giugno, luglio, agosto.
10. Item una legenda di San Basilio.
1 1 . Item un triodion quadragesimale
l'i. Item un evangelista.
PIÈGES JUSTIFICATIVES.
12 1
i3. Item un paracliticon.
i4- Item un espositione d'evangelio.
15. Item un ordinatione delli apostoli.
16. Item un altro mineo di décembre et gennaro.
17. Item u-n anastasimo.
18. Item una regola di San Basiiio.
19. Item un festivo.
20. Item le regole di San Basiiio.
ai. Espositione di San Basiiio.
22. Legenda de santi.
28. L'atti delli apostoli.
24. Un mineo di décembre.
23. Vita de santi padri.
26. Sermone sopra de profeti et S. Gio. Crisostomo.
27. Uno psalterio.
28. La natività de N. S. Jesu Xpi.
29. Titolo de rubriche di Costantino Lascari.
30. Nativitas cum officio B. Virginis Maria?.
31. Vocabolario greco.
32. Un altro pezzo de psalterio.
33. Oratio de Sant Afremme intorno al digiuno.
34. Un contacion.
35. Stichirarion.
36. Vita di 90 monaci.
37. Oratione di San Gio. Crisostomo sopra la peccatrice.
38. Il prijtao volume dell'epistole de S. Giovanni.
39. Il testamento novo.
40. Oratione di S. Gio. Crisostomo.
41. Un mineo del mese di gennaro.
42. Un mineo de marzo.
43. Un mineo de décembre.
44 • Una parte del triodion.
45. Testamentum novum.
46. Senaxario.
47. Un volume de dottrina.
48. Opéra de grammatica.
49. Vita de santi padri.
50. Canoni delli apostoli coll'espositioni.
51. Uno evangelista in carta bombecina.
52. Un catanicticon.
53. Sermone de San Basiiio sopra li salmi.
54. Un quadragesimale alias triodion.
55. Un mineo de febraro.
56. Vita de santi.
57. Vita et fatti de Saba sacerdote padre nostro antiquo.
ii PIÈGES JUSTIFICATIVES.
58. Mineo de febraro.
59. XV antino.
60. Gontachion in ottavo.
61. Vita de santi padri.
62. Sticherarion.
63. Vita de santi martiri Vito, Crescentia et Modesto.
64. Testamento novo.
65. Sermone avanti la Pentecoste.
66. HistoriadeS. Maria Egîptiacn.
67. Grammatica sopra la prosodia.
68. Oratione di S. Gio. Grisostomo.
69. Sermone di S. Greg. archiep. Const.
70. Messale greco.
7 1 . Esposition sopra li psalmi.
72. Regoledi San Basilio in alia.
73. A.tti delli apostoli.
74. Psalterio in ottavo.
75. Homilia sine principio.
76. Vita de santi padri.
77. Orationi intorno al digiuno.
78 Espositione deU'evangelio.
79. Un sinaxario.
80. Triodion quadragesimale.
8r. Esortativa de santi padri.
82. Oratione de santo Efïrem.
83. Una grammatica de prosodia.
84. Orationi de santo Epifanio.
85. Sermone di S. Gio. Grisostomo.
86. Esposition délia croce.
87. La prima parte delli biblion.
PIÈCES JUSTIFICATIVES
12*3
VI
INVENTAIRE
DES MANUSCRITS DE SAINT-PIERRE D'ARENA
XVIe SIÈCLE
Extrait de l'inventaire des meubles de ladite abbaye dressé pour Bernardin de Men-
doza, commendataire, en 1579. L'original de cet inventaire appartient aux Archives du
Vatican, dossier Basiliani (sans cote) : il a pour titre Liber spiritualium rerum abba-
ciie Sancti-Petri in Spina, casalis Chiani melitensis, et pour auteur le licentiatus
Christophoms de Cuença hispanus visitator abbatise et ecclesise Sancti-Petri de Arena.
INVENTARIO ET ROBE INVENTORIATE CHE SE TROVANO IN LA ABBACIA
DI SANCTO PIETRO SPINA DI ARENA...
Li libri greci de la predita ecclesia.
Imprimis uno missale greco.
1 1 .
Item undeci libri in pergameno nominati evangelistari.
4.
Item quatro libri de epistola.
3.
Item tre piezi de libri de profecia.
5.
Item £inco piezi del salmista.
1.
Item dui piezi de triode.
1.
Item dui piezi di libri festivi.
6.
Item sei piezi de emineis.
3.
Tre piezi de anastissimo.
2.
Item dui piezi de strigeraro.
1 .
Item uno piezo di libro tripico.
Item un cathanitico.
Item uno paraclitico.
3.
Tre piezi de sinaxari.
1 .
Uno eclogo.
Uno pezoto de missale.
46.'
Item quarentasei pezi de libri piculi et grandi di differenti
autori
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
VII
NOTICE
DE QUELQUES MANUSCRITS DE SAINT-PHILARÈTE DE SEMINARA.
XVIe SIÈCLE
Cette pièce a été extraite du Parisinus gr. 3067 (fol. 4-7')' et publiée par M. Omont
dans la Revue des ètules grecques, 1888, p. 1 85 : je reproduis le texte d'Omont. C'est
nue quittance délivrée par le copiste Jean de Sainte-Maure à Jean-Pierre Fallaqua,
abbé de Saint-Philarète, pour les mss. copiés par lui en 1374.
Jo Giovanne Santamaura, Cyprioto, délia cita di Nicoscia, per la
présente declaro liavere scritto l'infra nominati libri graeci in la
venerabile habbatia di S. Philareto, nello terretorio di Siminara.
quali era di bisogno a farse essendo et mancavano dalla présente
venerabile habbatia, et li reverendi padri et in detta habbatia stanno
non potevano satisfare lo culto divino ordinariamente senza detti
libri et per tal effecto mi hànno fatto scriverli, videlicet : uno Mis-
sale graeco con tutte le tre misse et allo ritu et usu graaco si soleno a
dire ogniuna alli giorni, et si deveno dire con piu evangelii et epistole,
collecte, antiphoni et altre cose necessarie, et si abisognano alla misa
délie feste comandate et di piu altri santi, à detto Messale escritto di
charta bastarda fogli 73, dico quinterni tre. Ho scritto un'altro libro
chiamato in graeco Catanyctico, intra lo quale sonno certi canoni
overo régule di officio chiamati catanicticha, et in lingua italiana vol
dire compassionevoli, overo régule penitentiale, le quale si solano
dire per ogni giorno intra li off/cii dello matutino. In detto libro ho
scritto di charta bastarda dui quinterni. Ho scritto i5 giornate allo
minio di marzo et altre tante allo minio di magio de modo, et ho
scritto in detti dui minii de charta bastarda foglii 16, allo minio di
aprille haggio giungiuto Tofficio di S. Philareto lo quale non era
scritto alli minii, ma era scritto separatamente per lo detto sancto,
non era delli canonizati per essere stato pôi che serono canonizati
li santi lo quale officio era scritto a certi libri vecchii et jo l'hagio
scritto di novo et lo ho miso allo minio di aprille alli 8 del detto, ho
scritto di charta bastarda foglii 4, l'officio dello corpo di Christo era
scritto a certi libri antiqui et jol'haggio rinovato et lo misi allo triodi
ho scritto di charta bastarda foglii 3, ho scritto tre foglii di charta
allo psalmista dove mancavano et hammano tutti li foglii i5i et
hanno quinterni 6 et uno foglio scritto, per lo quale mia fattiga ho
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
havuto dal magnifico signore Giovanni Petro Fall'aqua in denari con-
tanti et per la charta ancora et ho miso la quale era la mia et
l'havia comparato da Messina à ragione di grana 12 lo quinterno no-
vita di questo regno di Napoli, summano denarii 3, i3 de cinnabro
et altri colori che nei abisognaro per fare le litere majuschule, capi-
versi et rubriche in detti libri d suma tutta d et per fide
délia verita ho scritto la présente di mano mia et cosi mi intendo
per pagato et satisfatto. Da Siminara, a di 2 de agosto 1374.
VIII
NOTICE
DE QUELQUES MANUSCRITS DE SAINT-NICOLAS DE CASOLE
xrve-xve SIÈCLE
A la garde du Taurinensis CCXVI, b. ni, 27, le P. Coz/.a Luzi a relevé une impor-
tante série de graffites du xivc-xvc siècle, constituant une sorte de registres de prêt
des manuscrits de Saint-lNicolas. En voici la traduction latine d'après le grec qu'a
bien voulu me communiquer le P. Cozza Luzi.
Ego presbyter Riccardus Senareka confiteor pro mutuo accepisse
a sanctissima ecclesia Casularum librum unnm dictum Margaritœ,
per manura hieromonachi et ecclesiarchae...., in praesentia hieromo-
nachi Jacobi.
Diaconus t9)ç TiaaOaôîaç [?] Sancti-Joannis tou à^ayavoç habet evange-
linm pro mutuo.
Presbyter Nicolaus trjç 7taXouu.êaç toû* |iexspê(Xou habet octoëchum.
Presbyter Georgius Sancti-Blasii habet evangelium pro mutuo.
Presbyter Nicolaus toû [j.tytavoo ô ypà«7aoç habet evangelium pro
mutuo.
Ecclesia Sanctae-Mariœ de Mallio habet pro mutuo liturgiam sancti
Basilii.
Joannes Tarentinus habet Organum pro mutuo.
Presbyter Andréas toO 6wvi<xxocoxprim habet praxapostolum pro mutuo.
Presbyter Blasius tou xa<ra^acr<7éXXou habet triodium pro mutuo.
Presbyter Moyses tou êtwtaxao-Tpyio-c habet triodium pro mutuo.
Philippo de Massa dedimus octoëchum pro mutuo.
Presbyter Bartholomaeus toO o-oupôtvou habet triodium pro mutuo.
Diaconus Clemens de Hydrunto habet evangelium pro mutuo.
Presbyter de Cantarello accepit typicum et euchologium pro mutuo.
Presbyter Joannes ôpovoç habet typicum pro mutuo.
126
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Presbyter Petrus de Paleocastro habet evangelium pro mutuo.
Presbyter Joannes de Mallio habet patericum.
Presbyter Martinus de Mallio habet evangelium... pro mutuo.
Joannes filius judicis Nicolai habet pro mutuo evangelium et sti-
cherarium et ... euchologium.
Presbyter frater judicis Constantini de Lupia habet evangelium.
Nicodemus hieromonachus et hegumenus toîî pouXàir<7ou habet evan-
gelium pro mutuo.
Presbyter Robertus habet prophetias pro mutuo.
. . habet evangelium unum in manibus.
Petrus presbyter de Legglesi habet evangelium pro mutuo.
Diaconus habet pro mutuo prophetias.
Presbyter ... habet pro mutuo evangelium.
Nicolao Bard... dedimus pro mutuo psalterium.
Diaconus Legglesi habet evangelium pro mutuo.
[Ceci en latin :]
Die sabati messis madii Xn ven. presbiter Georgius missus... de
accepit pro mutuo librum unum qui dicitur missale et unum alium qui
dicitur graduale ad Domino abate J. Sancti-Nicolai de Casuli in prae-
sentia fratris Michaelis.
IX
INVENTAIRE
DES MANUSCRITS GRECS DU SAINT-SAUVEUR DE PALERME
XVIIe SIÈCLE
Cet inventaire anonyme, au plus tard du xvne siècle, peut-être du xvie, est extrait
du Vaticanus lai. 6429, fol. 116-117. Voyez ce que dit de cette petite collection le
P. Ant. Francesco di Napoli dans une lettre à Sirleto du 9 juin i582, Vaticanus lai.
6194, fol. 398, et Rom. Quartalschrift , 111(1889), p. 36.
PANHORMI.
In monasterio Sancti-Salvatoris monacharum ordinis d. Benedicti
[sic], in quo educata fuit Constantia filia Gulielmi primi huius nominis
Sicilise régis cognomento Mali et monachalem professionem fecit,
quae postea Henrico Imp. Federici iEnobarbi filio nupsit, et Federici
tertii [sic] mater fuit, libri graeci aliquot extant vetustis characterib.
descripti V.
1. Evangelia per annum pulchris et antiquis characterib. descripta
gracce.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 127
2. Codex maximus graece descriptus vetustissimis characterib. in
quo extant sanctorum patrum infrascripti sermones. — D. Joannis
Chrisostomi sermones sive homeliae in psalmos. Eiusdem homeliae
variae in evangelia. — D. Basilii archiepiscopi Seleuciae homelia in
introitum Hierosolymae. — Isichii presbiteri Hierosolimitani homelia
in Lazarum quatriduanum. Eiusdem in Lazarum quatriduanum. —
D. Joannis Chrisostomi homelia? duae in Lazarum quatriduanum. —
D. Andreae archiepiscopi Cretensis homelia in Lazarum quatridua-
num. — D. Joannis Chrisostomi homelia in J^azarum quatriduanum.
Eiusdem in eundem. — • Basilii archiepiscopi Seleuciae in quatridua-
num Lazarum homelia. — D. Athanasii archiepiscopi Alexandriae
homelia in evangelium Lucae de beatitudinib. Eiusdem alia homelia
in octo beatitudines : in evangel. Lucae. Eiusdem homelia in octo
beatitudines. — D. Joannis Chrisost. homelia in octo beati-
tudines. — Josephi archiepiscopi Thessalonicae sermo in beatum La-
zarum et in resurrectionem iustorum. — Beati Titi episcopi Bostron
sive Bostrorum sermo in octo beatitudines. — D. Joannis Chrisost.
sermo in magnam hebdomadam. Eiusdem in eandem. Eiusdem sermo
de Pharisaeorum concilio. — Leontii presbiteri Constantinopohtani
sermo in beatum Job. — D. Joannis Damasceni monachi sermo in
parabolam vineae et villici. Eiusdem sermo de eleemosina et X virgi-
nibus. Eiusdem sermo de interpretatione loci evangelii divi Mathaei
de talentis. Eiusdem sermo de X virginibus. — Leontii presbiteri
Constantinopolitani sermo in Job et de magna hebdomada. — D.
Joannis Chrisost. in locum evangelii : Potestis bibere calicem quem
bibiturus sum. — Leontii presbiteri Constantinopol. sermo in Judae
proditionem. — D. Joannis Chrisost. in sanctam Domini quinquage-
nam. Eiusdem sermo in Judae proditionem. Eiusdem sermo de abster-
sione pedum per Mariam Madalenam. — Theophili archiepiscopi
Alexandriae sermo de mistica caena et lotione pedum. — Basilii
archiepiscopi Alexandriae sermo in magnam parasceven. — D. Joan-
nis Chrisost. sermo in magnam parasceven. Eiusdem in latronem et
bcatam Virginem. Eiusdem in passionem et crucem Domini. Eiusdem
in latronem et sanctum pasca. Eiusdem in sanctam parasceven. —
Leontii presbiteri Constantinopolitani sermo in sanctam parasceven.
— Georgi episcopi Nicomediae sermo in sepulturam et resurrectio-
nem Dni. — D. Joannis Chrisostomi sermo in sepulcrum et resur-
rectionem Domini. — Sancti patris nostri Amphilochii sermo de magno
sabato. — Gregorii episcopi Antiochiae de triduo resurrectionis Domini
nostri Jesu Cliristi sermo seu potius liber. — D. Epiphanii archiepis-
copi Cipri sermo seu potius liber. — D. Epiphanii archiepiscopi Cipri
sermo in sanctam Domini nostri sepulturam et in Joseph ab Ari-
mathea et sermo seu potius liber, nam prolixus est. — D. Joannis
Chrisost. sermo in sanctum pascha. Eiusdem sermo in secundam
Domini apparitionem. Eiusdem in dominicain apparitionem, et in
128
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
sanctum Thomam. Eiusdem sermo in analipsim Domini nostri Jesu
Christi.
3. Evangelium d. Matthei cum commentariis. Titulus pricfert
d. Athanasium pulchris characterib. descriptum. — Evangelium se-
cundum Marcum cum commentariis eiusdem. — Evangelium secun-
dum Lucam cum commentariis eiusdem. — Evangelium secundum
Lucam cum commentariis eiusdem. — Evangelium secundum Joan-
nem cum commentariis eiusdem. — Ex sermone papae Alexandriin :
Simon[em] : Joannis diligis me plushis ?
4. Fragmenta quaedam homiliarum Chrisostomi et aliorum.
5. Testamentum novum pulchre descriptum quod quidem fuit
reginae Constantin monacse uxoris Henrici Imp. de qua supra men-
tionem fecimus. Extat in eodem codice eiusdem professio monacalis
autographa.
; x
INVENTAIRE
DES MANUSCRITS DU SAINT-SAUVEUR DE MESSINE
XVIe SIÈCLE
Cet inventaire a été dressé en 1 563 par le P. Francesco di Napoll dont il vient d'être
question. Le texte que voici est celui d'une copie de la fin du xvne siècle et d'une
main italienne, Parisinus lat. (Rés. Saint-Germain des Prés) 18075, fol. 277 et suiv.
Montfaucon mentionne ce catalogue [Bihliotheca bibliothecarum, I, 198); mais il n'en
a publié qu'un court extrait. Le voici entier. J'ai donné à chaque ms. un numéro
d'ordre.
A la suite de l'inventaire de i563, on trouve dans le même ms. (fol. 290 et suiv.)
un second inventaire des mss. du Saint-Sauveur; il est copié de la même main que
l'inventaire ci-après de SS. -Pierre- et-Paul d'Itala, rédigé d'après la même méthode,
vraisemblablement par le même auteur, et, je crois, de ceux que fit dresser Menniti au
début de son généralat. Ce deuxième inventaire ne compte que 1 1 1 numéros, dont
plusieurs même ne figurent pas à l'inventaire de 1 563. Une étude comparée des deux
inventaires reste à faire, comme aussi de quelques autres inventaires plus sommaires des
manuscrits du Saint-Sauveur, tels que celui que Montfaucon a utilisé pour sa Bibliotheca
bibliothecarum, et dont on trouvera le texte (en grec) dans le Paris. Suppleni. gr. 798
(fol. 23*49) : ce dernier inventaire « envoyé de Rome par D. Claude Estiennot », ne
compte que g5 numéros, non compris, y est-il dit, uoXXà àXkcc ëtêXi'a renfermant tà
Trcma 7tep\ tou ^opou.
Index ltbrorum gR/ECorum manu scriptorum qui in archimandritatu
Sancti-Salvatoris magni fari inventi sunt, de mandato Ills8imi D. Pro-
regis Siciliae, ad mstantîam B. et S. D. N. Pii 1111* P. M., ab A. Fran-
PIÈGES JUSTIFICATIVES. 129
cisco Neapoli ad hujus rei apostolica authoritate destinato, con-
fectus Messanae anno Domt/uJVf.C.LXIII, mense augusto.
In primis.
[1.] Compendium historiarum incipiens ab haeresi Nicephori régis
usque ad regnum Isacii Comnenii a Joanne Curopolato scriptum. Vo-
] um en ingens, in-folio.
[2.] Collectanea multorum sanctorum patrum, Basilii, Maximi, Cli-
machi, Theodori, Pelusioti, Chrisostomi et aliorum diversa sacrae
scriplurae loca exponentium. In-40. Opus absque principio.
[3.] Leonis régis cognomine Despoti sapientissimi sermones di-
versi. Opus integrum. — In divinam et gloriosam ascensionem Dei et
Salvatoris nostri; — in descensione ignearum linguarum in specie di-
vini spiritus ad sanctos apostolos ; — e!ç to o-uv0povov tô irap' ou xal Ôt' ou
y.aTaçotxr]CTav aÙTOÔeorTtôxwç Tzapea-^e r>)V uto6eo"(av àvôpWTrotç ôeïov -revêtira 1 ; — in
omnes sanctos ; — in magnum apostolum mundi Paulum ; — in glo-
riosam transfigurationemD. N. Jesu Christi, et alius in transfiguratio-
nem divinam ; — in assumptionem sanctissimae Dei genitricis ; — in
decollationem praecursoris ; — in nativitatem immaculatae Deiparae ;
— in exaltationem venerandae crucis ; — in celebrem coronatumDe-
metrium ; — alius in lucidissimum ecclesiae astrum Demetrium ,
et alius quando inter regias domos domus ejus consecrata fuit ; —
quando castissima Maria in sancta sanctorum ingressa est ; — in
splendidissimam lucernam ecclesiae Nicolaum ; — in nativitatem secun-
dum carnem D. N. Jesu Christi ; — in Clementem Ancyrae 2; — in glo-
riosum Triphonem ; — in occursum D. N. Jesu Christi; — in princi-
pium sancyssimi jejunii ; — alius de jejunio ; — in admirabilem et
celebrem discipulum Thomam ; — alius ejusdem in celebrem The-
clam5; — epistola ad catholicam formam Tiapacveo-tv 4 referens ; — in
ingressum jejuniorum ; — in palmarum dominicam ; — in sanctum
sabattum ; — in sanctum Joannem Chrisostomum ; — in sanctum
pascha.
[4.] Doctrina sanctorum apostolorum et œcumenicarum synodo-
rum et primarum 7 synodo/wm, in quibus est prima Nicena sub Con-
stantino imperatore et Silvestro papa maximo celebrata. In-40 fol.
[5.] Acta apostolorum et epistolae catholicae et epistolae divi Pauli.
In fol.
[6.] Homiliae sanctorum diversorum patrum ut Gregorii Nisseni,
Theodori5, Michaëlis Svncelli 6 et aliorum. In-fol.
1. Le copiste, dans son ignorance du grec, a défiguré tous les mots de ce
titre.
1. Anchirœ ms.
3. Theliam ms.
4. Ilapavvco-iv ms.
5. Theodorii ms.
6. Encelli ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
[7.] Chronica Const#/zrini cognomento Manassae carminibus con-
scripta ab initio mundi usque ad Nicephorum scripta. Opus blactis et
tineis1 consumptum. ln-40 fol.
[8.] Expositio in Genesim quae in graeco exemplari non habet no-
men authoris sed latinis litteris inscribitur Chrisostomus ; — Basilii
magni dialogi 3i5 ; — ejusdem pœnae irrogatae sacerdotibus delin-
quentibus ; — ejusdem exercitatoriae constitutiones ad eos qui in mo-
nasteriis vivunt, partim dialogis conscriptae, partim per epistolas
traditae. In-fol.
[9.J Quatuor evangelia. In-40. Mutila in principio.
[10.] Anastasii archiepiscopi montis Sinaï responsiones ei objectas
ab orthodoxis patribus de diversis capitibus libris veteris et novi
testamenti. Mutilus in fine. In-40.
[11.] In mundi opificium ex Genesi et Ghronicis per seriem, opus
collectum a Simone Magistro et Rethorico loyoUzi) 2 ex diversis chro-
nicis dehistoriis. In-40.
[12.] Liber divinorum dogmatum et praeceptorum Gregorii Theo-
logi, Gregorii Nisseni, Basilii magni, Athanasii, Damasiensis, Chrysos-
tomi et aliorum adversus philosophos graecos.
[i3.] Evangelia. In-fol.
[14.] Expositiones in Genesim incerti authoris, fartasse Chrysostomi.
Mutili in fine. In-folio.
[i5.] Sermones incerti authoris fortasse Chrysostomi. Mutili in prin-
cipio et fine. In-folio.
[r6.] In opificium mundi ex Genesi chronicon per seriem, absque
nomine autoris. Integrum.
[17.] Diversi sermones diversorum sanctorum patrum, Chrysos-
tomi, Andreae archiepiscopi Cretensium, beati Effraim, Proculi archi-
episcopi Constantinopolitani, Gregorii Bisantii monachi, Antipatris
episcopi Bostron. — Item acta sanctorum apostolorum Pétri et Pauli
et quemadmodum Romae sub Nerone imperatore martyrium passi
sunt, copiose scripta. — Item martyrium magni martyris Pantaleonis.
— Item Anastasii monachi Sinaï. — Item Joannis Damasceni monachi
sermones. — Item homilia Chrysostomi in Herodiadem et in decolla-
tionem praecursoris et de improbis mulieribus. — Ejusdem in jujju-
randum Herodiadis et in decollatione/rc honorati praecursoris. — Eu-
sebii episcopi sermo de memoria sanctorum facienda. — Item Chry-
sostomi sermo de Helia et Helizeo. — Item encomium Andrae archi-
episcopi Cretensis in magnum martyrem Panteleemonem. — Item
beati Effraim sermo de transfiguratione Domini. — ■ Item martyrium
sancti5 martyris. — Item Joannis Damasceni monachi sermo de
assumptione beatae Virginis. — Item martyrium sancti Adriani mar-
1 . aeneis ms.
3, Le nom en blanc.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i3i
tyris et qui cum eo fuerunt. — Item vita beatae virginis Macrinae a
beato Gregorio Nisseno ejus fratre conscripta ad Dierium. Opus ma-
gnum. In-folio.
[18.] Commentaria in Hermogenem incerti authoris. Mutila in prin-
cipio et in fine. In- \°.'
[19.] Sancti patris nostri et confessons Theodori 1 cognomento
Tostudii cathecbesis monacborum. Volumen magnum. In-folio.
[20.] Volumen mutilum absque principio in quo sunt sermones
aliquot et libri duo contra Julianum imperatorem, fortasse Cyrilli aut
Nazianzeni. — Item epistola Gregorii ad diversos. — Item meta-
pbrasis in Ecclesiastem incerti authoris, fortasse Gregorii.
[21.] Fragmenta quaedam cujusdam libri Nili Indoxaprimi, con-
tinens acta septem conciliorum et disputationes quasdam sacras. Re-
tulit Bartholomaeus Spatafora originale integrum hujus libri dono
fuisse missum ab Annibale Spatafora olim archimandrita cardinalis
de Mendoza.
[22.] D. Gregorii Nazianzeni sermones. Opus integrum. In-folio.
[23.] Liber mutilus in principio absque nomine authoris continens
vitas sanctarum virginum. In-40.
[24.] Vita sancti Simeonis habitantis in monte Thaumasto 2 scripta
a Nicephoro magno Anthiochiae. In-folio.
[25.] Liber mutilus in principio et in fine continens sermones in
psalrnos et sermones de aliis rébus tractantes.
[26.] Liber mutilus in principio et in fine de medicina absque no-
mine authoris. In-folio.
[27.] Sermones absque nomine authoris mutili in principio et in
fine ex diversis Scriptural locis. — Item sermones continentes diver-
sas disputationes et de aliis rébus, unus de fortitudine et robore et
de puerorum educatione et de aliis. In- fol.
[28.] Sermones varii, ut contra Eunomianos, de laudibus divi Cy-
priani in Machabaeos, epitaphium sive funebris oratio divi Basilii,
epistola sive oratio de pace ad Amphilochium, et de modo dispu-
tandi, et quod non sit uniuscujusque hominis nec temporis de Deo
disputandum. Opus magnum mutilum in principio et in fine, in quo
est epistola ad cives Nazianzenos mœrentes et ad principem iratum, et
ideo liber fortasse est Gregorii. Antiquissimis caracteribus conscriptus.
In-folio.
[29.] Liber sine principio continens vitam Pauli anachoretae The-
bani. — Item vitam Antonii magni ab Athanasio scripta. — Item vita
sancti Athanasii. ■ — Item martyrium divi martyris Ananii presbyteri
et aliorum septem militum qui passi sunt in Phœnice. — Item vitam
d. Eutymii. — Item martyrium Gurii, Samonœ et Abibi3. In-fol.
1. Theodorii ms.
a. Thasmasto ?ns.
3. Abdii ms.
i& PIÈCES JUSTIFICATIVES.
[3o.] Vitam sancti Barlaam mutilam in principio et in fine, for-
tasse Damasceni.
I3i.] Suidas opus integrum carta papyracea scriptum antiquissi-
mum et pulcherrimum. In-folio.
[32.] Liber declamationum absque principio et nomine authoris,
in quo est tractatus trium paginarum cui est inscriptio : Theorica.
In-4°.
[33.] Collectanea continens vitas sanctorum patrum breviter con-
scriptas quae graece appellatur Synassarion. In-folio.
[34.] Homeliae xix in evangelium Mathaei fortasse Chrysostomi aut
Origenis. In-folio.
[35.] Vitae sanctorum. Opus magnum absque nomirce authoris.
In-folio.
[36.] D. Joannis Chrysostomi homeliae xxxn diversae, quaruml* est
consolatoria ad Staterium monachum daemone correptum, et epistolae
ad diversos in quibus est una ad Demetrium de compunctione. Liber
est antiquissimus. In-folio.
[37.] Opus absque principio et fine et sine aliqua inscriptione prae-
ter hanc in postrema parte primas paginae aliéna manu addita ; Anag-
nosticon, hoc est legendarium.
[38.] Joannis Climachi abbatis montis Sinaï cognomento Scala epis-
tolae et orationes. Opus integrum. In-40.
[3g.] Opus continens martyriùm xxxx martyrum. — Item oratio-
nem in sanctam crucem. — Josephi confessoris et archiepiscopi Thes-
salonicentium in média quadragesima. — ■ Item expositionem Ammo-
nii monachi de interfectis a barbaris in monte Sinaï et in urbe
Raitho sanctorum patrum. — Item d. Gregorii episcopi Neocaesareae
orationem in annuntiationem beatae Mariae . — Item Joannis Chrisos-
tomi sermonem in annunciationem b. Mariae. — Item Gregorii Admi-
rabiiis in annunciationem beatae Virginis. — Item Theodori abbatis
Tostudii sermonem in adorationem crucis in média quadragesima. —
Item Andreae archiepiscopi Cretensium orationem in quatriduanum
Lazarum. — Item Chrysostomi orationem in dominicam palmarum. —
Item ejusdem aliam in palmas. — Item ejusdem in pulcherrimum Jo-
seph. — Item ejusdem orationem de amore paupertatis et in decem
virgines. — Item ejusdem in meretricem et pharisaeum ; — item ejus-
dem in meretricem, pharisaeum et unguentum ; — item ejusdem ora-
tionem in lavationem pedum ; — item ejusdem in proditionem Judae
et latronem ; — item Gregorii Theologi in pascha et in moram ; —
item ejusdem in pascha ; — item ejusdem in adolescentem ; — • item
Joannes Chrysostomus in incredulitatem Thomae ; — item ejusdem in
mediam pentecosten ; — item Leontii presby teri Constantinopolitani ora-
tionem in mediam pentecosten, et in cœcum a nativitate, et in sanc-
tum Petrum ab Herode in carcere detrusum ; — item Chysostomus in
ascensionem Domini ; — item ejusdem aliam in eamdem ; — item Cy-
PIÈGES JUSTIFICATIVES.
133
rilli archiepiscopi Alexandrie orationem in ascensionem Domini; —
item Georgii presbyteri Caesariensis Cappadociae orationem copiosam
in trecentos decem et octo patres 1 qui in Nissea convenerant ; —
item Basilii episcopi Seleuciae orationem brevem in mnctum pascha.
In-folio.
[40.] Divi Basilii episcopi Caesareae Cappadociae cognomento Magni
hexameron. — Item epistola Gregorii Nisseni ad Petrum fratrem. —
Item ejusdem de mundi phisiologia, et de his qui antefuerunt, et de
hominis generatione. — Item copiosissima in Esaiam prophetam
ejusdem d. Basilii interprétai . Opus integrum et rarum. In-foiio.
[41.J Evangeliarum absque principio et fine. In-40.
[4a.] Sermones aliquot Chrysostomi. In-folio. Et in fine Damasceni
oratio demonstrativa de sanctis et venerandis imaginibus imperfecta.
[43.] Aliquot homiliae ubi est una Theodori1 Tostudii in vitam Ar-
senii. In-fol.
[44.] Expositio copiosa a 5 psalmo interpollata usque 145. Refere-
bant monachi ubi erant libri esse Basilii, nam titulo principio et fine
caret. Sed postea facta collatione cum alio codice ubi est titulus
hujusmodi Basilii in psalmos manifeste apparaît non esse Basilii sed
alius. In-folio.
[4 '>.] Canones J. Damasceni et Cosmani diversarum rerum absque
principio. In-40.
[46.] Chrysostomi in Matheum. Opus absque principio et fine.
In-folio. .
[47.] Chrysostomi in evangelium Joannis interpretatio. Volumen
magnum et integrum.
[48.] Chrysostomi in Paulum.
, [i9.] D. Basilii magni archiepiscopi Caesareae Cappadociae in psalmos
expositio incipiens a psalmo 1° usque ad CXIIII interpollata, et ser-
mones aliquot de diversis rébus, ubi sunt duo de eucharistia. Opus
corruptum in principio et mutilum in fine.
[5o.] Martyria et vitae diversorum sanctorum patrum incerti auto-
ris. Opus integrum ubi sunt pictae imagines singulorum sanctorum.
[5i.] Joannis Climachi abbatis montis Synaï cognomento Scala alius
codex. In-40.
[5a.] Liber variorum sermonum incerti authoris, in quo lus est de
perniciosa luentra. Opus magnum. In-folio.
[53.] Dorothei abbatis doctrinae variae. Opus corrosum.
[54.] Sermones diversi Joannis Chrysostomi, quorum primus est
sermo consolatorius ad quemdam Staterium demone corruptum, et de
visione quam vidit patiens, et quod natura etiam inimicorum dolen-
tium miseremur, et expositio de mundi oppificio, et de eximio in
1. patrum ms.
2. Theodorii ms.
i3/f
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
homine honore, et de eo : Faciamus hominem secundum imaginem et
similitudinem nostram, et quod ejici a paradiso utile fuit homini, et
quod sine periculis et angustiis justi non perficiuntur, et de Caim.
Opus cum suo principio, corrosum et sine fine. In-folio.
[55.] Alia expositio psalterii absque principio et fine incerti autho-
ris. In-fol.
[56.] Vitae sanctorum patrum absque principio et fine incerti au-
thoris. In-fol.
[57.] Commentaria d. Chrysostomi in secundam epistolam d. Pauli
ad Corinthios. Opus magnum et perfectum. In-fol.
[58.] Alius codex Joannis Climachi abbatis montis Sinaï cogno-
mento Scala.
[5o,.] Commentariorium aliud opus in Hermogenem sine principio.
[60.] Liber mutilus in principio ubi sunt paucae paginae quae trac-
tantur de medicina. — Item alius tractatus cujus haec inscriptio Ca-
pita secundum Mosaicae scripturae collectio a Deo per legem Moysi
datam Israelitis de judicio et justitia Exodi. — Item alius tractatus
cujus est haec inscriptio : Légales constitutiones Leonis et Constantini
fidelium regum, ubi sunt quaedam aliae constitutiones Irenis régis.
[61.] Liber magnus continens infrascripta d. Gregorii episcopi Neo-
caesareae in annunciationem beatae Virginis sermo. — Item Nili mo-
nachi in vitam sancti Phelareti juvenis. — Item martyrium et vitam
magni martyris Georgii. — Item de visione montis Oliveti — Item
martyrium magni Georgii martyris. — Item commentarmm in sanc-
tum apostolum et evangelistam Marcum1. — Item martyrium sancti
martyris Mauri. — Item martyrium sanctae Olivae et ejus sociarum. —
Item martyrium sancti Coni et Cononis qui martyrium passi sunt
Iconii. — Item diataxis Job. — Item oratio in Job. — Item Leonis...
humili loqui senis et fortasse grammatici oratio per commentarium
instar panegirici in magnum apostolum Jacobum filiumZebedei. — Acta
et peregrinationes sancti et gloriosi apostoli Joannis Theologi et Pro-
cori ejus discipuli unius e2 LXX apostolis copiose scripta. — Item
martyrium sancti Christophori Cinocephali. — Item martyrium sancti
Isidorii. — Item vitam breviter scriptam et particularem narrationem
martyrii Theraphontis episcopi Cypri. — Item martyrium sancti marty-
ris Erasmi. — Item martyrium sancti Sebastiani. — Item martyrium sancti
Barnabae apostoli. — Item aliamejusdem. — Item martyrium Viti,Modesti
et Crescentiae. — Item vitam et administrationem et martyrium magni
martyris Juliani. — Item peregrinationes sanctorum et gloriosorum et
admirabilium medicorum absque argento Cosmae et Damiani. — Item
exercitationem gloriosi Calinici martyris. — Item martyrium Enatoris
et Aporis et Siodori et eorum matris Dominatae. — Item martyrium
sancti Antenogenis episcopi Dactensis et X discipulorum ejus. — Item
1. et Marcum evangelistem ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
i35
vitam et administrationem sanctae matris nostrae Marinae. — Item vitam
sancti patris Simeonis per Christura cognomentum Salos — et Joannis
scriptam a Leontio episcopo Neapolis Cyprorum insulae. — Item
vitam sanctae apostolae Magdalenae. — Item martyrium sancti marty-
ris Apollinaris episcopi Ravennae. — Item martyrium sanctae marty-
ris Christinae. — Item Pétri episcopi occidentis expositiones in vitam
et miracula sancti Fantini. — Item vitam et administrationem et me-
moriam sancti Joachim et Annae. — Item martyrium sanctae Parascevae.
— Item sermonem d. Joannis Chrysostomi in transfigurationem Do-
mini. — Item d. Basilii in eamdem. — Item alium d. Chrisostomi in
eundem. — Item vitam sancti Donati, etc. — Item acta et martyrium
sanctorum apostolorum Mathiae et Andreae, qui martyrium passi sunt
apud antr^opophagos. — Item martyrium sancti Laurentii. — Item
martyrium sancti Calenici. — Item vitam et martyrium sancti Maximi.
— Item sermonem Andreae Hierosolimitaw episcopi Cretensis in
dormitionem beatae Mariae Virginis. — Item alium in eamdem. —
Item Joannis Theologi in sermonem de perfectione beatae Virginis. —
Item vitam et instituta sancti Heliae novi. — Item martyrium sancto-
rum martyrum Flori et Laurii. — Item sermonem laudatorium in
sanctum Bartholomeum conditorem monasterii promontorii Messanae.
— Item vitam sancti patris nostri Bartholomaei. — Item vitam sancti
martyris Andreae ducis exercituum. — Item martyrium sanctae marty-
ris Fotinae cura qua locutus est Dominus in puteo et eorum qui cum
ea passi sunt martyrium. — Item encomium Theodori abbatis monas-
terii Tostudii et sancti in sanctum Bartholomeum apostolum. — Item
Andreae archiepiscopi Cretensis in decollationem sancti Joannis. —
Item Eusebii de profectione sarteti Joannis praecursoris ad inferos et
de iis qui ibi sunt. — Item revelationem sancti archangeli Michaelis
revelatam quibusdam episcopis in diebus Silvestri smi et apostoli
patriarchae magnae Romae. — In vitam et exercitationem sancti Lucae
episcopi Asilorum. In-folio.
[62.] Joannis Chrysostomi homiliae diversae utiles animae. In-40.
[63.] Historia ecclesiastica absque nomine authoris et sine princi-
pio incipiens a nativitate Salvatoris usque ad imperium Theophili filii
Michaëlis, fortasse cujusdam Georgii. — Item orthodoxi cujusdam
disputatio adversus latinos in fine. In-folio.
[64.] Diversi sermones exercitatorii in admonitionem monacho-
rum Joannis Climachi abbatis montis Sinaï. In-folio.
[65.] Liber sanctorum patrum et martyriorum eorumdem incipiens
a vita et institutis b. Simeonis. In-folio.
[66.] Homeri Iiias impressionis mediolanensis. — Item argumen
tum Homeri Iliadis allegorizatum a Joannne Tzezo ad reginam Exala-
manorum carminibus conscriptum et manu scriptum. — Item Joannis
Grammanii Tzetzi compendium interpretationis quinque vocum ver-
sibus coriambicis conscriptum et manu scriptum. In- fol.
i36
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
[67.] Interpretatio apocalipsis evangelista? et apostoli theologique
Joannis ab OEcomenio conscripta. Integra. In 40.
[68.] Vitse sanctorum patrum aliae a principio corrosae.
[69.] Opus continens vitas diversorum sanctorum patrum, quarum
prima haec est inscriptio : Sancti Gregorii episcopi Nisseni in vitam
et miracula sancti Gregorii episcopi Neocesareae, et secunda inscribi-
tur Martyrium sancti martyris Platonis. Opus magnum integrum. In-
fol.
[70.] Aliud opus magnum, cujus haec est inscriptio : Homeliae Chry-
sostomic In-folio.
[71.] Liber absque principio et fine1 absque authoris nomine con-
tinens tractatus quosdam, quorum primus habet hanc inscriptionem :
Quod utilis est principium timor, etquod qui injuste patitur et Deo per-
mittenti gratias agit similis est ei qui propter Deum patitur, et exempla
rursus ex tribus pueris camini Babiloniae, et de servandis juramentis.
[72.] Liber absque principio continens quaedam sine inscriptione,
in quo sequitur tractatus brevis hujus inscriptionis : Expositio de mi-
raculo facto ab archiduce exercituum Michaele qui erat Chonis2.
[7^.] Liber continens martyria sanctorum, quorum prima est d.
Clementis. Volumen magnum et integrum continens diversorum ser-
mones et tractatus d. Joannis Chrysostomi. In-folio.
(74.) Sermones diversi ex interpretationibus diversarum epistolarum
Pauli.
[75.] Divi Gregorii theologi opus integrum et pulcherrimum con-
tinens orationes et sermones, quorum primus est de pascha et in rao-
ram. In-folio.
[76c] Aliud opus Gregorii integrum.
[77.] Basilii magni homeliee in psalmum diversorum. Opus corro-
sum.
[78.] Homiliae diversae in evangelium Joannis absque authoris no-
m/«e, fortasse Chrisostomi. In-folio.
[79. J Interpretatio d. Joannis Chrisostomi in evangelium secundum
Matheum libri duo. In-folio.
[80. J Homiliae in Genesim incerti autoris. In-folio.
[8i.] Martyria et vitae diversorum sanctorum, quorum primum
martyrium est martyrium Tyrsi, Lucii, et Philemonis et Apollinis.
[82.] D. Dyonisii Areopagitee Atheniensis episcopi traditio de divinis
nominibus ad Thimotheum una cum scholiis in margine incerti autho-
ris. — Item ejusdem de caelesti hierarchia una cum scholis in margine.
Desunt ultima tria capita. — Item de ecclesiastica hierarchia una
cum scholiis in margine. — Item de mystica theologia una cum scho-
liis in margine. — Item epistolae decem ad diversos una cum scholiis.
i. In fine ms.
a, Leonis ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i37
— Item Policratis Successoris archiepiscopi Ephesii ex epistola adVic-
torem Successorem et archiepiscopum magna? Romae. — Item Phi-
lonis ex tractatu de vita contemplativa supplicum. In-folio.
[83.] Liber in quo sunt vitae sanctorum patrum, quarum prima
inscribitur : Certamen martyris Antemonis episcopi Nicomediae qui
passus est sub Maximiano.
[84.] Evangelistarium continens evangelia distincta per menses et
dies. In-folio.
[85.] Liber alius continens vitas sanctorum, quarum prima est d.
Pancratii2. In-folio.
[86.] Liber magnus absque nomine authoris continens diversas
homilias in epistolam Pauli ad Piomanos. In-folio.
[87.] Homiliae in Genesim absque nomine authoris, incipientes ab
illo loco Genesis : Et dixit Deus : Sit firmamentum in medio aquarum.
In-fol.
[88.] Alius liber continens copiosam interpretationem d. Joannis
Chrisostomi in Matheum. Integer. In-folio.
[89.] Liber integer continens diversorum sermones, quorum pri-
mus est de bene mandandis ministeriis a principe canonum et a can-
delario et hospitalis perfecto, in quibus est encomium Ezichii Hyero-
solimitae in sanctum Andream. — Item Georgii grammatici encomium
in divum Nicolaum scriptum a tribus ducibus exercituum. — Item
Michaelis pii archimandrite in vitam et miracula d. Nicolai encomium.
— Item in visionem Danielis incerti authoris. — Item d. Joannis
Chrisostomi homiliae in très pueros in camino Babiloniae. — Item d.
Athanasii patriarchae Alexandriae in sanctos patres et prophetas et in
venerabilem ecclesiam et xxxxim psalmos. — Item ejusdem in des-
criptionem beatae Mariae Dei genitricis et Joseph. — Item D. Basilii
sermonem in nativitatem Domini. — Item Chrysostomus in eamdem.
— Item ejusdem in eamdem. — Item Proculi archiepiscopi Constantino-
politani encomium in d. Stephanum protomartyrem. — Item sermo-
nem Joannis monachi et presbyteri ex civitate Ovexa in sanctos inno-
centes ab Herode interfectos et in Rachel. — Item Basilii episcopi
Isauriae in eosdem. — Item Chrysostomi in eosdem. — Item d. Am-
philochii episcopi Iconii copiosam historiam de vita et miraculis d.
Basilii magni. — Item Eusebii episcopi sermonem in sanctum Sylves-
trum papam Romae de dogmate rabbinorum2 et in miracula et medelas
Constantini imperatoris. — Item beati Cosmae vestiloris5 cognomento
in reversionem reliquiarum divi Chrysostomi. — Item Amphilochii
episcopi Iconii in occursum D. N. Jesu Christi et in Annam prophe-
tissam et Simonem. — Item b. Thimothei presbyteri Hierosolimitani
in sermonem et in illud : Nunc dimittis servum tuum Domine. —
1. Francatii ms.
2. peêêiôciSv ms.
3. (k<rrY)Tepo; ms.
1 38
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Item Cyrilli in eumdem occursum. — Item martyrium d. Agatha?. —
Item vitam et instituta divi Leonis archipresulis Cathanae et ejus gesta
cum Heliodoro mago. Opus integrum. In-folio.
[90.] Biblia imperfecta.
[91.] Liber continens diversas vitas et martyria et encomia sanc-
torum, quorum primus sermo est in resurrectionem trium dierum D.
N. Jesu Christi Gregorii Nisseni, et multa alia, et circa finem narra-
tionem utilem ex antiquis historiis collectam, et commemorationem
declarantem miraculum factum quando Persae et Barbari Constanti-
nopolim obsederunt, qui divina justitia perierunt, urbs autem incolu-
mis conservata intercessionibus beatae virginis Mariae quottannis ex eo
tempore canit gratias vocans illam diem Acatiston, et nonnulla alia.
In-folio.
[92.] Divi Basilii sermones, quorum primus est prologus et prefatio
exercitatoriarum descriptionum. — Item moralia, dialogi et epistolae.
[93.] Liber continens diversas homiiias, quarum prima est Joannis
monachi humilis de iis qui in fide dormierunt, et quomodo officia
quae pro eis fiunt et bénéficia eos juvant. — Item Chrysostomi sermo
in innanem mundi vitam et in secundum adventum Domini. — Item
Eusebii episcopi Alexandrini in secundum adventum Domini. — Item
beati Effrem in secundum adventum Domini. — Item beati Hyppoliti
martyris de consummatione mundi, de Antichristo, et interpretatio in
Danielem prophetam quando vidit régna, et in secundum adventum
Domini. — Item b. Effrem in eos qui dormierunt in Domino. — Item
Chrisostomi in transgressionem jejuniorum et expulsionem Adam. —
Item Anastasii monachi montis Sinai homiliae in VI psalmum et in
transgressionem jejuniorum. — Item multae aliae homiliae Chrysostomi.
— Item Andréa? Hierosolimitae archiepiscopi Cretensis in quatridua-
num Lazarum. — Item Epiphanii episcopi in ramos palmarum. —
Item Andreae archiepiscopi Cretensis in eosdem. — Item beati Effrem
in meretricem Phariseum et unguentum. — Item Proculi archiepis-
copi Constantinopolitani in passionem Domini. — Item Athanasii epis-
copi Alexandrie in magnam et sanctam parascevem. — Item sancti
Epiphanii episcopi Cypri in divinum sepulchrum Christi, et in Joseph
ab Arimathea, et in Nicodemum, et in descensum Domini ad inferos
post salutiferam passionem miraculose factum, in fine mutilus, et mul-
ta alia Chrysostomi. In-folio.
[94.] Chrysostomus in epistolam d. Pauli ad Romanos et in alias.
In-folio.
[9^.] Liber alius magnus continens vitas sanctorum patrum quarum
prima est Simeonis Stelilis. In-folio.
[96.] Liber continens diversas homiiias absque principio et fine,
quarum prima inscribitur : De incomprehensibili sermo VI dictus 1
contra Anomeos, fortasse Chrysostomi. In-folio.
1. Le ms. ajoute : in no.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i39
[97.] Homiliae Chrysostomi in Matheum et Joannem, et alia. In-folio.
[98.] Aliux codex continens vitas sanctorum patrum. In-folio.
[99.] Liber alius continens infra scripta : Vitam b. Gregorii episcopi
Agrigentini copiose scriptam a Leontio abbate monasterii Sancti Sabbae
Romae. — Item vitam et instituta sancti patris Sylvestri episcopi Ro-
mani. — Item homiliam Basilii magni adhortantem ad sanctum bap-
tisma. — Item sermonem sancti Anastasii abbatis montis Sinai in
mortuos fratres. — Item Chrysostomus in expulsionem Adae et in
improbas mulieres. — Item ejusdem in sermones Juliani Apostatae. —
Item vitam sancti martyris Clementis pontificis Romani discipuli ma-
gni apostoli Pétri copiose scriptam. — Item martyrium ejusdem. —
Item miraculum factum a Clémente in puerum et scriptum ab Effrem
episcopo Chersonis. In-folio.
[100.] Liber alius mutilus in principio continens homilias diversas,
quarum prima est de oratione.
[101.] Liber in 40 fol. absque nomine authoris et sine principio et
fine continens diversa capita videlicet : De timoré, ira, fantasia, sensu,
ratiocinatione, memoria, de sermone in mente prolato, de passione,
de actu, de voluntario et invito, de libero arbitrio, et 34 capitula de
haeresibus collectio unde inceperunt et quando.
[io'i.] Liber mutilus in principio continens diversos tractatus lé-
gales, quorum primus babet banc inscriptionem Principium secundae
institutionis, et secundus banc : De usufructu. In-40.
[io3.] Alius liber continens vitas sanctorum patrum, quarum pri-
ma est Sirneornis in mandra.
[104.] Liber epistolarum et sermonum absque principio et corrosus
d. Joannis Chrisostomi, in quo sunt duae epistolae ad Innocentium
pontificem Romanum. In-folio.
[io5.] Liber alius continens homilias in acta apostolorum absque
principio et fine incerti authoris. In-folio.
[106.] Liber alius continens homilias in evangelium secundum Joan-
nem. In-folio.
[107.] Vitae et martyria sanctorum et sanctarum, quarum prima est
sanclœ Bar bar ae.
[108.] Homiliae d. Joannis Chrisostomi in evangelium Joannis.
[109.] Liber magnus continens sermones varios et vitas et martyria
et encomia sanctorum, in cujus principio est sermo magnae.... in prin-
cipium indictionis a Procopio Chartophilace scriptus, et inter alios
est sermo Leonis senis Siculi grammatici encomium in sanctum Nec-
tarium patriarcham Constantinopolitanum, et milita alia. In-folio.
[110.] Liber alius magnus continens vitas et martyria sanctorum
absque principio, in quo est vita d. Joannis Chrysostomi valde pro-
lixa. In-folio.
[m.] Liber alius continens vitas sanctorum et martyria et sermo-
nes aliquos, in quo prima est vîta patris Arsenii. In-folio. Integer.
PIÈGES JUSTIFICATIVES.
[112.J Hermogenes alius sine principio et fine cum commentariis.
In-40.,
[11 3.] Liber alius sine principio et corrosus in fine continens multa
et di versa capita, quorum primurn est de somniis, secundum de beata
et semper memorabili obedientia.
[114.] Gregorii Nysseni liber cum suo principio sed corrosus con-
tinens sermones, quorum duo primi non possunt legi, tertius est in
illud : Beati qui lugent, et alii sermones in alias beatitudines, et alii
in diversa evangelii loca. In 40 fol.*
[11 5.] Liber mutilus in principio et fine continens expositiones in
evangelia, fortasse lzichii, nam in fine legitur hujus inscriptio. In-40.
[116.J Alius liber sine principio continens diversa capita, quorum
primum est quod episcopi sub se habere debent theologos ad docen-
dum populos, et sequens caput cum hac inscriptione Ut episcopi doc-
tores habeant qui doceant clericos et alios, légales tam canonicas
quam civiles constitutiones. Author est Augustinus. In 40 fol.
[117.] Alius liber integ. d. Joannis Chrysostomi in evangelium d.
Joannis evangelistae. In-folio.
[118.] Liber alius continens diversas vitas et martyria sanctorum,
quorum prima est vita et instituta et requies sanctorum mirabilium
Cosmae et Damiani, et ultimum martyrium est sanctorum trium con-
fessorum Gurii, Samonae etAbibi,et accurata narratio miraculi facti in
Euphemiam puellam. In-folio.
[119.] Alius liber magnus cum suo principio continens diversos
sermones, quorum primus est Andreae archiepiscopi Gretensis in na-
tivitatem beatae Maria? virginis. — Item ejusdem in eamdem et de-
monstrationem ex veteri historia et diversis testimoniis quod ex se-
mine David oritur. — Item ejusdem in eamdem. — Item Pantaleonis
presbyte.ri monasterii Bizantinorum in exaltationem sanctae crucis. —
Item Chrysostomi in eamdem. — Item inventio sanctae crucis. — -Item
Andréa? archiepiscopi Cretensis in eamdem. — Item Chrisostomi in
eamdem. — Item Pantaleonis presbyteri monasterii Byzantinorum
encomium in exaltationem sanctae crucis. — Item Alexandri monachi
sermo historicus de inventione sanctae crucis ad quosdam patres, in
quo est theologia vera et de divina providentia certa confessio, et
encomium sanctae crucis copiosum. — Item gesta et martyrium sancti
Andreae apostoli. — Item aliud ejusdem. — Item Athanasii episcopi
Alexandriae in sanctum Andream apostolum encomium. — Item Pro-
culi archiepiscopi Gonstantinopolitani encomium in eumdem. — Item
gesta sancti Nicolai. — Item enconiurn in eumdem qui superavit très
duces exercituum qui servati sunt per eum a morte. — Item Mi-
chaelis sanctissimi archimandritae in sanctum Nicolaum encomium. —
Item martyrium sanctorum Eustratii, Auxentii, Eugeniî, Marclurii et
Theorestis. — Item Gregorii archiepiscopi Constantinopolitani in ser-
monem et heresim Juliani Apostatae. — Item Gregorii Theolbgi Na-
PIÈCES
JUSTIFICATIVES.
zianzeni sermo in nativitate Domini et divinam apparitionem. — Item
ejusdem oratio funebris m divum Basilium episcopum Cesareae Cappa-
dociae. — Item ejusdem in divinam apparitionem. — Item ejusdem
in eamdem. — Item ejusdem in Gregorium fratrem sancti Basilii
absque fine. In-folio.
[120.] Joannis Chrysostomi sermones 29.
[121.] Ejusdem homiliae in Genesim.
[122.] Ejusdem homiliae in Matheum.
[i23.] Ejusdem commentaria in Paulum ad Romanos et Ephesios.
[124.] Ejusdem in Exodum.
[i25.] Ejusdem in evangelia Joannis.
[126.] Ejusdem de sacerdotio 'KcptàxaTaXriTtTwv. • — Homiliae ad versus
Judaeos. — Homilia super quaedam evangelia, in Esaiam, Paralipo-
menon et in libros Regum.
[127.] Ejusdem homiliae 3o variae.
[128.] Ejusdem homiliae in martyrem et alia.
[129.] Ejusdem in Novum Testamentum.
| i3o.] Basilii homilia in psalmos.
[ 1 3 1 . ] Ejusdem commentaria in Esaiam.
[ i32.| Ejusdem in Hexameron.
| i 33.] Basilii, Theodoreti, Chrisostomi, Acacii, Gennadii et aliorum
patrum colloquia in Pentateuchum.
[i34-] Abbatis Joannis scholastica opéra.
[i35.] Gregorii Nisseni de vitis ss. martyrum Gregori/ mirifici,
Platonis martyris, Amphilochii episcopi Iconii, Gregorii episcopi
Agrigentini, martyris Agiae et Calinici. — Clementis epitome de pe-
regrinatione Pétri. — Martyriw/ra Pétri archiepiscopi Alexandriae, —
Mercurii martyris, — magni patris Alipii martyris, — Jacobi Persii
martyris et confessoris, — Stephani junioris. — Commemoratio in
sanctum Andream apostoluni.
[i36.] De civitate Bysentina et de re militari.
[137.] Simeonis monachi sermonem de pœnitentia et confessioue
peccatorum.
[1 38.] Tarasii patriarchae Constantinopolitani ad Adrianum papam
de manuum impositione. — Joannis Zonarae in canones apostolicos.
— Gennadii archiepiscopi Bulgariae constitutiones synodi antiquae,
— et beati Joannis Geometrae vel Exodii in beatam Virginemmatrem.
[139.] Commentaria vetustissima ignoti in psalmos.
[140.] Clementis Alexandrini onomata.
[ 1 4 1 •] Origenis commentaria philosophos gentiles aliaque opuscula
Philonis Judaei opéra.
[142.] Epiphanius adversus hereses1. — Sermoni ignoti in Jacobum
fratrem Domini2.
1. Le ms. ajoute : XauTOffôeyepvY).
2. Le ms. ajoute : Iaxogou Su aSsXO Su *0.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
[i'j3 ] Germani archiepiscopi Constan. encomium deiparae Virginis.
— Gregorii Theologi de baptismo Domini. — Amphilocliii episcopi
Iconii sermo de praesentatione Domini et de justo Simeone. <*-; Chry-
sostomus de annunciatio//e. — Ejusdem de traditione in cœna domi-
nica divinorum mysteriorum, — de paschate, — de non vindicando.
— Gregorii Theologi de paschate. — Ejusdem in sanctam pentecos-
tem. — Chrysostomi in beatum Philogonium. — Ejusdem de nativi-
tate Domini, — de transfiguratione, — et Epiphanii monachi et pres-
byteri Hierosolimitani de vita deiparae Virginis.
[i44-] Antiochi monachi ut videtur opéra.
[145.] Serapionis episcopi Thmueos1 contra Manichaeos .
[146.] Theodoretus in psalmos.
[147.] Idem therapeutica.
[148.] Theophilactus in evangelia divi Marci. Volumen in quo vita
sanctî Theodori Stratilati.
[149.] Vita sancti Martiniani martyrum Theodori Turonensis mart.
11. scriptum ab Evodio. — Basilii in 4° martyres. — Vita sancti
Alexii. — Chrysostomi sermones 9 in annunciationem b. Marise vir-
ginis. — Certamen sanctae Antipse martyris. — Martyrium sancti
Georgii. — Martyrium sancti Marci evangelistae. — Laus sancti mar-
tyris Basilii 2. — Actus et peregrinatio sancti Joannis apostoli. — Vita
sanctorum regum Constomii et Helenae, et manifestatio sanctae cru-
cis. — Gregorii Nisseni laudatoria in sanctum martyrem Theodorum,
— et vitam sancti Philaretis misericordis.
[i5o.] Aliud volumen in quo de nativitate, educatione et caede
sancti Joannis Baptistae, et de inventione capitis.— Certamina et pe-
regrinationes et obitus sanctorum apostolorum Pétri et Pauli. — Mar-
tyrium sancti Procopii. — Martyrium sancti Pantaleonis et sociorum.
— Narratio Josephi de martyrio sanctorum Machabaeorum. — Sermo
Ephrem de transfiguratione Domini. — Sermo sancti Joannis evange-
listae de dormiline b. Virginis. — De morte praecursoris. — Sermo
exponens locum et modum quibus manifestatum est indumentum b.
Virginis quod depositum servatur apud Blachernas 3.
1. ©eaxTWç ms.
2. Le ms. ajoute : Abbatïee,
3. Blaschemas ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
143
XI
INVENTAIRE
DES MANUSCRITS DE SS.-PIERRE-ET-PAUL D'ITALA
XVIIe SIÈCLE.
Cet inventaire anonyme, copie de la fin du xvii6 siècle et de la même main que le
précédent inventaire, auquel il fait suite dans le Parisinus lat. i3û75 (fol. 286 et suiv.),
est, je crois, de ceux que fit dresser Menniti au début de son généralat. On y trouvera
intercalée la description de deux volumes de SS.-Pierre-et-Paul d'Agro.
INDEX LIBRORUM EX ABBATIA DE IT ALA SICILLE.
[1.] Homiliae super Joannem, deest prima pars et 85, Chrysos-
tomi ut quidam latiuus adscripsit. Fol., anno 600, in pergameno.
[2.] Opéra Basilii episcopi Caesareae Cappadociœ lib. 4 3, primus in
quartum psalmum, ultimus de XL martyribus. In-folio, pergameno,
anno 700 *.
[3.] Homiliae 3o partim Joannis Chrysostomi, partim Joannis toîî
wicTeuTou in Lucam et de aliis rébus. In-folio, pergameno, anno 700.
[4.] Vitae sanctorum rnensis, ut latinus adscripsit, septembris. Ini-
tium deest. Prima est b. Babylae archiepiscopi Antiochensis quarta
ejusdem mensis, ultima Gregorii Armeni mart.yris. Anno 600, perga-
meno. Folio.
[5.] Scholia in Gregorium Nazianzenum, ut latinus adscripsit quo-
dam loco : Finis scholiorum2 epitaphii, et alibi : Initium scholiorum
Theologi. Ann. 5oo, pergameno. Fol. Deest finis et initium.
[6.] Catéchèses monachorum Theodori, cui desunt initio capita 6.
et in fine pauca. Studiotae, addit latinus. Fol. minori, pergameno,
anno 600.
Sancti-Petri de Agro :
[7.] Alius liber similis ejusdem Theodori Studiota?, in cujus initio
nihil deest. Folio minori, pergameno, anno 5oo.
1. 7000 ms.
2. Scholios ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
De la Itala [.suite :]
[8.] Interpres in Gregorium fratrem Basilii. Addit latinus : Dicitur
esse Ceramitae. Folio minori, chartaceo, anno 400.
[9.] Chrysostomus super Matheum. In fine sunt quaedam pauca
beati Ilesichii presbyteri Hierosolimitani. Folio, pergameno, anno 700.
[10.] Chrysostomi lib. 1. homiliae 3. sex dierum. Deest initium.
Postea est apologia Theodosii archiferentae et primi Judaeorum ad
Philippum argentarium, quod Jésus Christus fuerit sacerdos, — Item
sententiae beati Hesychii presbyteri Hierosolimitani. Fol. minori, per-
gameno, anno 5oo.
[11.] Sanctorum vitae, quarum prima est vita Gregorii Thauma-
turgi sive Neocaesariensis conscripta a b. Gregorio Nisseno. Sequun-
tur incerto authore Platonis martyris et Catharinae et aliorum ejus-
dem mensis. Fol., pergam., an. 700. Ultima est beati Andreae in-
choata tantum, decembris.
[12.] Aliud volumen mensis januarii, ut latinus scripsit, sine prin-
cipio et fine. Fol., pergameno, anno 600.
[i3.] Sancti Maximi dialogus àaxyjTtxoç. — Ejusdem abbatis Maximi
ad Elpidium de charitate centuriae. — Marci monaehi de jejunio li-
bellus. — Sancti Isaac libri très. — Ejusdem responsa ad interroga-
tiones. — Incerti de ordine monasticae politiae. — ■ De diversis modis
certandi cum diabolo. — Ejusdem de modo apropinquandi Deo. —
De locis sacrae scripturae. — De pœnitentia. — De modo servandi
pulchritudinem monasticae politiae et alia ad monachum pertinentia et
ad virtutes. — Ejusdem interpretatio modorum virtutum. — De an-
gelica commotione animi spiritualis honiinis. — Evagrii de diversis
capitula 54. — Nili monaehi asceticus de philosophia imper fectus.
In-40, pergameno, anno 5oo *,
[14.] Varia sanctorum opéra sive sermones Gregorii Nazianzeni, ut
scribit latinus, sed principium deest. — Tertius est sancti Georgii
sanctae urbis in laudem incorporeorum. — Quartus Georgii episcopi
Nicomediae in deiparam virginem cum ingressa est templum triennis.
— 5US N... in Danielem de tribus pueris Anania, Azaria et Misaële.
— 6US Joannic Chrysostomi Theologi ad beatum Philogonium futurum
episcopum de providentia. — 7US Gregorii Theologi archiepiscopi CP.
de natali Domini. — 8US Amphilochii episcopi Iconii de vita et mira-
culis beati Blasii archiepiscopi Caesariensis Cappadociae. — o,us ejus-
dem homilia de sancto baptismate. — ious Gregorii Caesareae Cappado-
ciae archiepiscopi. — nus Eusebii episcopi de sancto Sylvestro papa
Romano de doctrina rabbinorum2 et miraculis et de curatione Con-
1. Le ms. ajoute en forme de titre, comme ci-dessus : Itala.
2. rabbidorum ms.
PIÈGES JUSTIFICATIVES.
stantini imperatoris. — i2us beati Cosmae Vestitoris de reversione
reliquiarura beati Joannis Chrysostomi. — i3us Arnphilochii episcopi
Iconii de liypapante1 et beata Anna et Simeone. — i\us N... de mar-
tyrio beatae Agathae. — i5us Vita beati patris Leonis arc#iproedri2
Catanensis. — i6us Joannis Chrysostomi de publicano et phariseo. —
i^us ejusdem de fdio prodigo. — i8us Joannis monachi de iis qui in
fide moriuntur, quod per oblationes et bona opéra liberantur. —
i9us et 20us de sanctis. — 21. Beati Ephrem de secundo adventu
Christi. — 22,,s b. Hypoliti martyris de fine mundi et anthichristo, et
interpretatio Danielis visionis, et de secundo adventu Christi. —
•i3us de quiescentibus in Christo beati Ephrem. — â/fus Joannis Chry-
sostomi de transgressione jejuniorum. — 23. De martyrio quadragint
martyrum incerti. — 2GUS Joannis Chrysostomi de annunciat.ione b.
Virginis. — ■ 27"* àndreœ Hierosolimitani archiepiscopi Cretensis de
quatriduano Lazaro. — 28us deest. — 2C)US ejusdem Andrese de ramis
palmarum. — 3ous Georgii episcopi Nicomediae et rhetoris de beata
Virgine. — 3ius Epiphanii episcopi de sepultura Christi et descen-
sione ad inferos. — 32. Nectarii archiepiscopi Cœsareae Capadociae
cur tempore jejuniorum celebretur memoria beati martyris Theodori,
et de jejunio et eleemosyna. — 33. Beati Ephrem de Joseph. —
34. Joannis Chrysostomi de decem virginibus. — 35. Ejusdem de un-
guento et de meretrice. — 36. Ejusdem de proditione Judae. —
37. Ejusdem de illo : Pater, si possibile est. Folio, pergameno,
an no 600.
Aliud volumen simile. Initium deest. Beati Ephrem in pro-
phetam Daniejem et très pueros. — Ejusdem de Abraham et Isaac. —
N... detrium puerorum fortitudine et de Daniele propheta. — Beati
Ephrem de optimo pulchritudinis Joseph. — Joannis Chrysostomi de
natale Domini sermones duo. — Proclr' archiepiscopi Cappadociae de
laudibus beatae Virginis et de natali Christi. — Antiochi episcopi Pto-
lemaïdos de natali Christi. — Epiphanii archiepiscopi Constanciae
Cypri de laudibus Virginis et de natali Christi. — Basilii archiepiscopi
C;esareae Cappadociae de natali Christi. — Procli* de eadem re ser-
mones duo. — Ejusdem de laudibus protomartyris Stephani. —
Gregorii Nisseni de eadem re. — Joannis Chrysostomi patriarchae
Constantinopolitani de Herode et infantibus. — Gregorii Nisseni de
magno Basilio fratre suo. — Joannes Chrysostomus de theophan/is
sermones octo. — Gregorii archiepiscopi Neocesariensis Taumaturgi
de eadem re. — Methodii episcopi et martyris homilia indiem hypa-
pantes 8 et de Virgine et Anna et Simeone. — Joannis Chrysostomi de
1 . hypopante ms.
•x. archiprocedri ms.
3. Prochi ms.
4. De même.
5. hypopantes ms.
10
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
eadem rc1. — Cyrilli archiepiscopi Hierosolimitani de eadem rc. —
Àmphilochii episcopi Iconii de eadem re. — Thimothei presbyteri
Hierosolimitani de Simeone et Nunc dimittis. — Gregorii episcopi
Nisseni de laudibus beati martyris Theodori. — Joannes Chryso-
stomus de annunciatione sermones très. — Gregorii archiepiscopi
Caesariensis Taumaturgi de eodem sermones duo. — Andrae Hiero-
solimitani archidiaconi Sanctae-Resurrectionis et archiepiscopi Cretac
de eodem. — Joannis Chrysostomi de quatriduano Lazaro sermones
duo. — Hesichii presbyteri Hierosolimitani de eadem re. — Andreae
Hierosolimitani archiepiscopi Cretae de eadem re. — Chryscrtomi de
Lazaro et. de palmis. — Item ejusdem de palmis. — Procli CP. archi-
episcopi de palmis. — Andreae Hierosolimitani archiepiscopi Cretensis
de eisdem. — Joannis Chrysostomi CP. de secundadie magnat hebdo-
madae. — Ejusdem de arida ficu, eodem die. — Leontii presbyteri
CP. de beato Job, eadem die. — Joannis monachi Damasceni presby-
teri de ficu arida et parabola2 vitis, eadem die. — Joannis Chryso-
stomi in « Pater, si possibile est, die 3a magna? hebdomadae. — Leontii
presbyteri Constantinopolitani in Job, eadem die. — Joannis Chryso-
stomi de invidia super illud evangelii : Exeuntes Pharisaei concilium
cœperunt contra Jesum, die 4a. — Ejusdem de meretrice et jeju-
nio. — Item ejusdem de eadem. — Beati Ephrem de eadem et de
unguento. — Leontii presbyteri Constantiuop. de quinta feria. —
Joannis Chrysostomi de mandato et lavatione. — Ejusdem de feria
quinta et de sacra communione corporis et sanguinis Christi. — Ejus-
dem de eadem feria et de proditione Judae. — Ejusdem de paschate.
— Gregorii episcopi Antiochiae de resurrectione post très dies. —
Athanasii episcopi Alexandrini de paschate. — Leontii presbyteri CP.
de resurrectione Domini. — Joannis Chrysostomi de eadem re. —
Ejusdem de paschate sermones duo. — Ejusdem de dominica die pas-
chatis. — Ejusdem de paschate et nuper baptisatis. — Athanasii epi-
scopi Alexandrini de nova dominica et incredulitate Thomae. — Joan-
nis Chrysostomi de dominica in albis et de Thoma sermones duo. —
Ejusdem de média pentecoste sermones duo. — Leontii episcopi Nea-
polis de eadem. — Cyrilli episcopi Hierosolimitani de paralitico pis-
cinae. — Joannis Clirysostomi de caeco nato. — Ejusdem de ascensione
Christi sermones duo. — Ejusdem de pentecoste et sancto Spiritu
sermones duo. — Ephraem de laudibus martyrum totius orbis. —
Modesti episcopi Hierosolimitani de natali praecursoris. — Joannis
Chrysostomi de eadem. — Athanasii archiepiscopi Alexandrini de Eli-
sabeth et Maria. — Antipatri episcopi Bostres de natali beati Joannis
Baptistae et silentio Zachariae et annunciatione. — Joannis Chryso-
stomi de beato Petro et de lacu Genezareth. — Ejusdem de laudibus
sancti Pauli* — Ejusdem de transfiguratione. — Cyrillus Alexandri-
1. die ms.
2. probalam ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
nus de eadem. — Joamiis Chrysostomi de obitu et sepultura beatae
Virginis. — Joannis monachi Damasceni presbyteri sacrae urbis de
eadem re. — Andreae Hierosolimitani de eadem re. Fol., pergameno,
anno 600. Ex abbatja Sancti-Petri de Agro1.]
162. Homiliae 26 sine principio et fine super Genesim Fol., pergam.
an. 700.
17. Homiliae 22 de statutis et non jurando, Chrysostomi addit lati-
nus. In- 4, pergam., an. 400.
18. Vitae sanctorum sine principio et fine, nomme mensis septem-
bris. Prima ert Euphrosinae 25, secunda Joannis Theologi 26 ejusdem
tem mens. sept. Fol., pergam., anno 5oo.
19. Homiliae Gregorii Nazianzeni Theologi 17 sine principio. Prima
de... — 2a de paschate. — 3a de nova dominica. — 4a de pentecoste.
— >a de Juliano et decessu Nazianzum. — 6a de natali Domini. —
7a de sanctis luminibus. — 8a Epistola ad Nectarium Constantinop.
archiepiscopum. — 9a de baptismate. — ioa epitaphium magni Ba-
silii. — na de Cypriano martyre. — i2a epitaphium magni Athanasii
archiepiscopi Alexandrini. — i3a de Maccabaeis. — i4a est sine initio
de pauperibus educandis. — Deest i5a. — i6aadpatrem silentem ob
])lagam chalazes. — i7a ad eumdem et alios qui prosecuntur CPolita-
nam sedem. Folio, pergameno, anno 600.
20. Commentaria in Matheum incerti. Desunt initio multa. Fol.,
perg., an. 600.
21. Vitae sanctorum. — Prima Simeonis incerto autore. — 2a mi-
racula Michaelis archangeli5. — 3a Andreae archiepiscopi Cretae de na-
tali Virginis. —i 4a Pantaleonis presbyteri monasterii Byzantii de exal-
tatione santé crucis. — 5a Constantini imperatoris ôtizocgIol N. —
6a Inventio sanctae crucis. — 7» vita sancù Eustathii et ejus uxoris
Theospiteos et duorum filiorum Arcadii et Joannis. — 8a de beato
Thoma apostolo apud Indos. — 9* Cyrilli episcopi Alexandrini de
obitu trium puerorum et Danielis. — ioa Joannis archiepiscopi Thes-
salonicensis hymnus in Deum et in beatum martyrem Demetrium. —
1 ia miracula beatorum Cosmae et Damiani. — raa Timothei et Alexan-
drini miracula beati martyris Menae. — i3a de Philippi apostoli pe-
regrinatione et martyrio. — i4a miraculum sanctorum martyrum
Samonae, Guriae et Abbibae in Euphemiam puellam. — i5a Joannis
Theologi de evangelio sancto dato in Pathmo. — i6a Martiani archi-
episcopi Constantip. de b. Virgine. — i7a Joannis Chrysostomi de
presbyteris et diaconis de oblationibus. — i8a Martyrium b. apostoli
Andreae Patris Achaiae4. — • iga Martyrium beatae Barbarae. — 2oa An-
1. Je crois comprendre que ce ms. n° i5 est décrit comme faisant partie de
la collection d'Àgro, au même titre que le ms. n° 7.
2. A partir d'ici les numéros des mss sont de la main même du copiste.
3. Plus : et vita archiepiscopi., qui paraît être un bourdon.
4. Achniœ ms.
i48
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
dreae arehiépiscopi Cretensis de Nicolao archiepiscopo Myroes Lyciac.
— 2ia miracula ejusdem. — 22a Joannis Chrysostomi de natali Do-
mini. — 2 3a ejusdem de eadem re. — 2 4a martyrium beati proto-
martyris Stephani. — 2Da Joannis monachi presbyteri urbis Eubœas
de sanctis infantibus et Racbele. — 26a. Joannis Constantinop. archi-
ej)iscopi de theophaniis. — 2^a vita Joannis monachi Calybitae. — -
28a Cyrilli archiespiscopi Alexandrini de Melchisedech. — 29/ ejus-
dem deApanto (forte hypapante1 fii seu purcatione) et de Simeone. —
3oa martyrium b. Blasii Sebastopoli. — 3 ia Joannis Constantinopoli-
tani arehiépiscopi de filio prodigo. — 32a Ephraim de cruce et de se-
cundo adventu. — 33a Joannis Chrysostomi arehiépiscopi Constan-
tinop. de jejunio et de Adam. — 34a beati Dorothei de jejunio. —
35a Joannis Constantinop. de jejunio. — 36a. Ejusdem de illo : Si filius
Dei es, die ut lapides. — 37 a. Ejusdem Chrysostomi de eleemosyna et
charitate. — 38a Eusebii episcopi de sancta dominica. — 3o,a de mar-
tyrio quadraginta martyrum Sebastiens. — 4oa Joannis Chrysostomi
de annunciatione. — 4ia Sophronii sophistae vita b. Mariae Egiptiacae.
— 42a Joannis CP. de quatriduano Lazaro. — 43a ejusdem de palmis.
— 44a ejusdem Chrysostomi de Joseph. — 45a ejusdem de ficu arida.
— 46a ejusdem de decem virginibus. — 47a Athanasii arehiépiscopi
Alexandrini de quinta feria et proditione Judae. — 48a Joannis CP.
arehiépiscopi de parasceve. — 49a Amphilochii episcopi Iconii de
sancto sabbato. — 5oa Gregorii Nazianzeni Theologi de dominica in
albis. — 5ia ejusdem de eadem re. — 32a Joannis Constanp. de ascen-
sione Domini. — 53a ejusdem de pentecoste. — 54a ejusdem de trans-
figuratione. — 55a Andreae arehiépiscopi Cretensis de assumptione
beatae Virginis. — 56a martyrium beati Theodori. Folio minori, per-
gameno, anno 600.
22. N... historia de obsidione Constantinop. a Persis et Barbaim
et mortalitate secuta : haec ante cœtera manu recentiore. — Primum
eapitulum totius voluminis de conceptione Praecursoris. — 2um, mem-
sis septembris 26, Prochori unius ex 7 diaconis, Stephani protomar-
tyris consobrini (âve^îou), de Joanne Theologo et evangelista. —
3um, mensis octobris 3, martyrium sancti Dionysii Areopagitae. —
4um vita beatœ Eupraxiœ et parentum Antigoni et Eupraxiae. — 5um de
beato Thoma apostolo qui palatium in India aedificavit in cœlis régi
Indorum. — 6um mors beati apostoli et evangelistae Lucae in Thebis.
7um martyrium beati Demetrii. — 8um mors ejusdem et de Mariano
eparcho. — 9um, mensis novembris 8, Pantaleonisdiaconi magnae eccle-
siae miracula beati Michaelis. — ioum Timothei arehiépiscopi Alexan-
drini de miraculis beati martyris Mennae. — 1 ium Leontii episcopi
Neapolis Cypri de vita b. Joannis Eleemosynarii. — i2um homilia
Theodori episcopi Trimetuntarum de vita Joannis Chrysostomi archi-
1 . hypopante ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 149
episcopi Constantinopolitani. — i3um martyrium apostoli Philippi. —
1 \um de martyrio b. apostoli atque evangelistae Matthaei. — i5um mar-
tyrium b. Jacobi in Perside. — i6um peregrinatio et actus Andréas
apostoli qui in Achaia obiit sub /Egeate. — i7Um Joannis Chrysostomi
de die natali Domini et de beata Susanna. — i8um Cyrilli archiepi-
scopi Alexandrini de tribus pueris et Daniele. — io,um martyrium
Anastasiae virginis. — 20um Athanasii archiepiscopi Alexandrini de
vigila natalis Domini : Cum esset desponsata Maria Joseph. —
2ium Basilii archiepiscopi Caesareae Capadociae de natali Domini. —
22uin martyrium protomartyris Stephani. — 23um Athanasii episcopi
Alexandrini epistolae de vita b. Antonii. — 24um b. Cosmae Vestitoria
de reditu reliquiarum Joannis Chrysostomi. — 25um Vita Leonis archi-
episcopi Cataniae. — i6nm de inventione capitis b. Joannis Baptistœ.
In-folio, pergameno, anno 5oo.
23. Vitae sanctorum N.... — Prima martyrium b. Polyeucthae. —
2a beati Martiniani mensis ejusdem die Xa. — Et prope finem vita
sancti Athanasii Alexandrini mensis januarii XVIII. Deest finis. Folio
minori, pergameno, anno 5oo«
24. Opéra Gregorii Nazianzeni sine principio. — Prima... — 2a ad
Heronem philosophum Alexandrinum exulem propter fidem et rever-
sum post triennium. — 3a vel 14 vel 3o, de navigatione JEgyptiorum
episcoporum. — 4a vel 3i, de theologiaet constitutione episcoporum.
— 32. De theologia iterum. — 33 alias. 17, ad Eunomianos. — 34. De
Filio liber i"s. — 35. De Filio liber 2US. — 36. De Sancto Spiritu deest.
— 38. Ex agro contra Maximum. — 3o,. De bono ordine êvraT;
ôtaXé^atv. — {o. Contra eos qui irascuntur contra sedem Constanti-
nopolitanam. — 41. Ad Clèdonium presbyterum epistola prima. —
42. Ad eumden epistola secunda. — 43. Ad Nectarium episcopum
Constantinop. — 44. Contra Julianum sine line. Folio minori, per-
gameno, anno 3oo.
25. Homiliae 3o hexamernm in Genesim Joannis Chrisostomi.
Desunt sex et septimae initium. Folio minori, pergameno, anno 600.
26. Joannis Chrysostomi de ingressu quadragesimae de principio
mundi et cœtera in Genesim. Folio, pergameno, anno 600.
27. Vitae sanctorum sine nomine mensis decembris. Folio, perga-
meno, an. 700.
28. Opéra Gregorii Nazianzeni Theologi cum scholiis. — 1. De
paschate. — 2. Apologeticus de sacerdote. — 3. npoç toùç xaXéaavTaç sv
àp/vj xat \j.r\ à-avcriaavTaç [).exà tôv Kpeo&ùxzpov i. — 4- Apologeticus ad
patrem cum factus est episcopus. — 5. Ad eumden quod promisit
cum prœfici ecclesiae Nazianzenae. — 6. Ad eumdem et Basilium post
reversionem a fuga. — 7. Ad Gregorium episcopum Nyssenum
fratrem Basilii. — 8. Ad cives Nazianzenos. — 9. Ad Julianum. —
1. Ici encore le copiste a estropié ces quelques mots grecs. Je les res-
titue.
1 JO
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
to. Ad patrem de plaga Chalazœs. — 1 1. Pacifica tertia dicta CP. post
discordiam episcoporum. — 14. Epitaphium ad Caesarium fratrem.
— 15. Item ad sororem Gorgoniam. — 16. Item ad patrem présente
Basilio. — 17. De theophaniis. — 18. Oratio funebris de magno
Basilio. — 19. De sacris luminibus. — 20. De baptismo. — 21. De
paschate. — 22. De nova dominica sive de encenis. — 23. De pente-
coste. — 24. De Maccabaeis. — 25. De Cypriano martyre. — 26. De
presentia CL episcoporum. — 27. De beato Athanasio. — 28. De pau-
perum amore. — 29. Ad Eunominaos et de theologia. — 3o. De nova
dominica. Folio, pergameno, anno 700.
29. Theodori Cathecheses monachorum sine initio. Desunt ca-
pita 4. In fine est testamentum ejusdem. Item Naucratii epistola de
vita ejusdem Theodori. Folio, anno 5oo.
30. Pauli epistolae cum proœmio et scholiis ad Romanos. — Item
actus apostolorum, epistolae canouicae Jacobi et Pétri. Deest finis et
principium. — In-40, pergameno, anno 5oo.
31. Abbatis Joannis monachi praefecti montis Sina cognomento
Scholastici photisma ad abbatem Joannem praefectum Raithw. — ■ Cli-
max. — Ephraim : 1 asceticus; 2 non reddendum seddolendum; 3 de
diebus peccandi et pœnitendi, etc. ; 4 de festis. — Joannis Chryso-
stomi de falsis magistris et haereticis; 2 de presentia Christi et de
resurrectione contra Judaeos. — Symbolum Nicaenum1. — Vita Simeo-
nis Stilitae. — Martyrium 40 martyrum Sebasten. — Acta b. Nicolai
arcliiespicopi Myrensis metropolitani Lyciae. — Vita Heliae et Helisaei.
— Apocalipsis Joannis apostoli et evangelistae Theologî. — Vita et
martyrium Gregorii magnae Armeniae. — Miracula archangelorum. —
Martyrium beati Georgii. Folio, pergameno, anno 45o.
32. Diversae quaestiones cum solutionibus exverbis relatis Gregorii
Nisseni, Theodoriti, Chrysostomi, Gregorii Theologi, Nemesiiepiscopi
de natura hominis. — Epiphanii, Cyrilli Alexandrini in Job. — Ex
apostolicis constitutionibus, Hypolito, Tito episcopo Bostrorum, et
ex Limonario, Basilio, ex constitutione Pétri et Pauli, ex sexta sy-
nodo 89. — Vita Euphrosini. — Eusebii historia. — Isidori episco-
palis, beato Ephraim, Severo Antiocheno, Hesichio, Maximo, Pla-
tone , Clémente , Joanne Climace , Isidoro Pelusiota , Athanasio ,
Josepho Diadocho, Nilo monacho, Palladio, Marcho monacho, Nice-
phoro archiepiscopo Constantinop. Folio, pergameno, anno 5oo.
33. Opéra Isaac anachoretae : 1. Ilepi àTroxay^ç et de monastica disci-
plina sermones très. — Postea quaestiones et responsa. — 3. De
ordine monasticae regulae, etc., quae sunt in libro cujus initium est
Sancti Maximi dialogus post verba sancti Isaac. — 4- Catéchèses
Theodori praepositi Studio ad discipulos. — In fine testamentum
ejusdem Theodori. — Naucratii monachi epistola. — Iambi Theo-
1 . Nissenum ms.
2. episcopalis sic ms.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i5i
dori in martyres. Desunt qusedam. Folio minori, pergameno,
anno 45o.
34. Evangelia. In-40, pergameno, an. 400.
35. Dyonisii Areopagitae.
XII
SOUSCRIPTIONS
Je réunis ici les souscriptions de manuscrits signalées au cours du présent volume.
J'ai suivi l'ordre même dans lequel elles s'y trouvent citées.
I .
Vaticanus 1 6 1 1 .
Fol. y4' :] *b féXoç xou 7tpwxou xwv xecrcràpcov xeùxouç. twv eiç xo xaxà
Xouxàv aytov eùayye. xaxà cruvay(oyy]v è£y]yricrewv : eTiXyjpwGr] u-yjvi aûy. xe' tîjçj
aùxï]ç îvô. èv rj xat f,px6*l.
Fol. 1 58 :] <$* xéXoç xou ôeuxepou twv xecrcràpcov xeûxouç. ta>v eïç x6 xaxd.
Xouxàv aytov eùayyéXtov. xaxà cruvaya>y7]v è^yiyyjaewv ►$< èTCÀyîpwÔy] u.y)vl tavv. xe'.
xî}<; aùx?|Ç ïvô. Iv rçt | xat àpx^v ëXaêev : | stcXt] pa>6y] eiç xr]v a/oÀTiv xou
àytou Ttéxpou pt^xà xo ê|x. jjioûXx. : |
Voy. plus haut, p. 48. Inédite. — [xoOXt.]??
2.
Vaticanus i636 (fol. 242').
* 'Eypacpy] ôtà x- Xéovxo; eùxeX. Tspecrêuxépou xat m. \ l^apx.
îvô. 6' rjui. y' top. Ç"' ex. ^906' :
Voy. plus haut, p. 49. Iuédite.
Fol. 243, de seconde main, un contrat grec inédit, daté de juillet ii5q,
qui tient toute la page :
* fftyvov xeipôç Oewoopou utou rcaerx- aytoy.aêpt. * crtyvov yeipoq
xou xe ya[j.6pou xou 7tpe? vtxoXaou xou Tcp-'P Xtavopou^ crtyvov /ecpoç vtxoÀaou
utou auxwv. J crtyvov x£[P°Ç tw« exepou utou aux. crtyvov x£tP°? xwvcrx.xivou exep.
utoç [.<■/<?] aux. | Ev ovo[x. xou upç. . . Il s'agit de la vente d'une vigne située ev
xauxr] xvj Tceptoxt xacrtavou... Le contrat Eypacpr] x£tP[ vtxoXaou xwv^. cptXu1"5.
xat xa6ouX. xacrtavou | ||||||||||||||||||||||||| touX. tvô. 6' [jkî] exouç /Tyft'. \ Fol. 3, graffite
à moitié effacé du xme siècle : ev \iy\, i*a. |||||||||||||(||||||| et; xaç e' v^epa; œpa è
euoXe^crev 0 piyo xapXo; |||||||||||||[||||||| | et; xo^oOeatav xi\ç rcoX. 6eve6evxou ex.
i52 PIÈCES JUSTIFICATIVES.
ivô. 0' | Au-dessous, d'une main de la même époque : eypaçi ôta /.cipwç
io>. TzpzG&onepov fl|||||||||||||||||||, le reste m'échappe. Au verso du même feuillet,
une nouvelle main, du xine siècle encore, écrit : âyEvvrjô. ô è\xbq uloç
êovrçcpàTioç iv i-i.T). i'ouX. x'. sv y] pie. xvptox. wp. ê' ivô. Ç' Ix. <7xi |||||| [?J |.
Au-dessous, la même main : eïmv Ta êtôXrja tou èxxXr].apx. xal Ta6ouÀ. tw.
îepô. TauT. svTrppwu. to ?;apov àvayvwCTTy). | xal to ôi£p|j.£V£UT. eva. xai [un
titre effacé] xal ô ôa|j.acr/.7]vôç xal tô T£Tpaêa. xal to t|;aXTe. j xal eùyolot.
xal to ava7cauat^.||||||||||||||||||||||[||. xal to àvayvwaTixov | sv w èaùv <J.£ya\
IIIIKIIIHIH xal T£Tpas^. sv aïç £<7tt]v Y] yevacaXoyyja tv]ç 6xôû xal aMov | év su/oXo^. |
3.
Vaticanus 1992 (fol. 219').
• " • ôoça tw TîX^pwTTi twv xaXwv ►£< | rj Tîapoucra ôéXtoç sypa. xeiPl êap6o-
>.ou.. j sOteXouç ax- 7rp. £7i:Xy]pw6y] ôè jj.7). îouvcw y'. | rjp.£. Ç"' wpa c6'. tou' Tx^'
£toO;. !vo. 16' | ot àvayivwffxovTeç £ux£a0. xat o-uyxcopriaaT. ^ |
Voy. plus haut, p. 53. Inédite.
Vaticanus 1997 (fol. 178).
5Eypàç£i ôtà x£tP^? 6utou tXIij.ovoç | ôwo"£i8£OU tou £cVOU. xapôùç £ | vopst ,
!JLOV7jÇ TOU [JuACT^VOU.
Voy. plus haut, p. 54' Inédite.
5.
Vaticanus 2000 (fol. 204').
E6£À7)wô to -rcapwv 6c6Xlov | ôiaxetpoç uax.^lou p.o/. | ôtà <7Uvôpou.7iç tou
TÎvïxoO J ^jjlwv TÛpç êap9x CEpop.ôva'' j iJ.vrja-6 xi to £ûaavT à[xapTo J yp. à|j.riv £T
;Ç"x1' l' touvi" J z\c, t. z7' wp. Ç' 01 avayivwo-JxoT£ç eu/cCt'' xal xaTap* |
ÔTt xal ô yp. Trapayp. J
Voy. plus haut, p. 55. Inédite.
6.
Vaticanus 2001 (fol. 3o5).
MV7]0-TT'. X£. TOU ÔOÙXoij 0"OU | TïaÛA. [JIOX- Xal 7)y0U|Jt£V0U I T7)Ç (J.OV7jÇ TtÇ
Oxou. t. I x£ppaT. t. tioôwv | XTr)0"a|j.£v . TaÙT. tt]V I êrjêXov. |
Voy. plus haut, p. 55. Inédite. — Corrigez : tou tiôOw.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
i53
7-
Vaticanus 2002.
Fol. 63' :] ETcXetw6 xb èuayye* xb xaT | [X? 0û êoyjOouv* p.'î ïouviw | ev yj^épa
s' tou àytou 6ap0 | tou àn:oo,T dopa y' tt]ç 0et. | Xetxoupytaç.
Fol. 117 :] \- ypaçèv ota /. | xwvct* àu.apT&>XoO xat | Ta.Tueivou.a15" oîxôv èv
| itoXst Ta6epvwv. p^vt J ersTCTepiêpta) -ïeXstw^ stç j xàç Xj y\\s.% 6' topa ô' exwa j
f\^<z' tvÔ. Ç*' yjXtou xux* r/ J cr. xûxx s' Tîapwv | xf^ yjyeu.ovt'a<; yswpytXàç
<7Tpa|Ty]yoQ xaXaêpta; • ] •
Voy. plus haut, p. 55. Signalée par M. Gardthausen, Palœo graphie, p. 3i8.
Noter l'emploi du mot rcapcov.
v A
8.
Vaticanus 2021 (fol. ijo').
Aô£a toit TuXrjpWTîît twv xaXwv : | ^ £7iXy]pw0. ri rcapouaa êtêXoç toù
lllllllflflu ^P? | ffUjieàv, \j.r\. [j.atoj tÇ7 ^aép. y' wpa 0' | tîjç <7' é6ô. xîjç w.
toO /<TxtY/ stouç. tvô. ty', | eypà. '/sept êap0oXo[j.atou àva. a^- ol xpwp.01. J aÙTvjç,
eu/ccrOc xai <7uy/wpri(TaTé \j.oi ôtà tôv xv
Voy. plus haut, p. 58. Inédite. L'abréviation xt}<; tc. est pour xriq rcsv-
TrjxoffTîiç, et pentecôte s'entend ici des cinquante jours du temps pascal.
/
Vaticanus 20 ,1 (fol. 336).
'EteXtwO. r] lepà 6iè1o<; adxr\ j ôtà awôpo\L. yewpytou a.ffitaO. toû J |xwpo-
yswpytou. xat tov |juct0ov Ô07] J aùxw. xç ô Oç. xatà xrjv tou epyou | sxTtXrjpwartv •
èixoc ôè x(x) ypà^avT. xai xotcouç utcocttccvt. akeïaOe | ol evruyxàvovT. tu/ety. Trçç
èx | ôe^toiv crTàffscoç te. xat xà^ewç. <xùv aùxw | xw Tw rç^wv. oxt aOrwiipen:.
itft. J oô^a Ttfxr] xat Tipo<r/.ûvy]<7tç. vuv | xat as t. xat eïç toùç atwvaç twv aîwvwv
à^/jv.
Voy. plus haut, p. 5o. Citée par Gregory, Prolegomena, p. 709, d'après
J. M. A, Scholz, Biblisch-kritische Reise (Leipzig, i83o), p. 102. Je reproduis
le texte du ms.
10.
Vaticanus 20 jo.
Fol. 87' :] ^ àôija xw Ttly\po)xr\ twv xaXœv J sypà. /etpi êapOoXojxatou
àva. a/.
Fol. 117:] 'EitXy] ptî)0. rj uapouaa êtôXoç xôiv J àaxYjTtxwv toO ôertou Tcpç tjijiwv
i54 PJÈCES JUSTIFICATIVES.
êa|crtX£tou. \xrh aùyouaTW. n\' . yj^e. y' «p. ta'. | toù f\y^' It. ivô. ty'. t«
évtauxw J Ôts xat ô àytwTaToç rcaira TîaaxâXtoç | ffiyîXXiov èXevGepîaç èn:oty)<T£ toû
j 'GÇToX^O'^X TËpç yjiJLwv 6ap6o|Xo[j.atov eîç xrjv à. aOtoO {Jtovriv tt)v u|7îepaytav
Gxov Trjv xaXoujxévr)v xou | 7l)XuXvo0'<];6. 7]v aÙTÔç ex êàOpwv | àvriyeipe xal àvw-
xoô6[xy]cr6V. e!ç j wcpéXetav itoXXwv <pux&v xai ôô£av | 6û. tw aux. ôs éviaut. rjv
u7iocjTpé^aç | ô êab'fjiouvôtç elç xaXa6ptav, cpex' | Ç<rv ên: x*7$)Xa><7xXx 'Ooepi'cXx
| êrctyXtpe Çï êxTlev 'OvG'xGxlwTv % c0ÇÇ"'0 ÇXvê ox^7î}a|aeow0 ètc ueCTîïôv
£0o0o|ovctv. x6vx Ç07S ixloylH |tc£Ç" Gx^êy vorcXo0Xœ Xe | |0o0oovXû> 7i0o 67^x-
£Tuî(7xon:. | ^e^0 Çeve0w 0x4^X- | S6£a tw TtXyjpwTîî twv xaXwv.
Voy. plus haut, p. 16 et 60. Publiée par Montfaucon, Paheographia,
p. 287. Puis à nouveau par moi, Rômische Quartalschrift, t. II (1888),
p. 09-40.
1 1 •
Vatican™ 2061 (fol. i35').
B BACIAEIOY AOS XE IIAYAAN TOIS IIONOIS-
A ATS IN TE ITANTQN QN TETETXA IIHMATQN •:•
EIQ KAI IIASIN HAE TOIS IIO0Q TEAEY0QS1N •
A BIBAQ nEAOYSH TOY AI AN ©EOAOrOY-
TNQSIN nOPIZEIN KAI XAPIN SHN AAMBANEIN •;■
Voy. plus haut, p. 61. Inédite. Accentuée dans le ms.
12.
Vatican™ 2082 (fol. 162).
* ^0. xi toO t:o0. XTtaavx. tt]v taux. ôeXt. | etouç /Ttf»'
y'. J &a%ep <;Évot xat'f^uatv ^arptô. oùt. xapiot to ypa^avr. J 6t6Xîou teX.
8TeXta>0. (tùv 0w r, ôeXT. aùt. ôtà x- ^eoô. xaTisivou repe. J exxXyjcrtaç xwv àytwv
arf. txy). ullllllIHIIIIIIII eîç t. x' ^[xépa cyap.6aT. <op. 0' êamX. | |||||!||||||||||||||| rcopçupoy
IIIIIIIIIIIIIIIIIJII %eiJ.wveu«vT. ttjv xaXa6ptav XI||f|l itaTptx | X«P«Ç
è'Ovwç twv àOéœv çpàyxwv. xata t. | vé{JLevJ||||||||l||l OeoxTtaTou pouatav ||||!|||!||||||||||||||ir |
lllllflllllllllllllllllll. Xe'pllllitlU YP**«°« atuexat Ta<p ||||f[f[||| |
Voy. plus haut, p. 64. Inédite.
i3.
Cryptensis A, ô. I (fol. 222').
'Ei;eXiâ)0. xo rcap. êtêXtov. ôtà xeipbç ffuixêwv tepop-x- xîjç | [xov. T/jç (>icepay!aç
0xôû xat àet 7tap0. p.aptaç xat v£o|ô7]yy]Tptaç. xoCi ôa. TÏpç yj^wv 6ap0. ^ayjiz^ tvô.
g'' J {JIV]. COUXtW £ÎÇ T. X£'.
Voy. plus haut, p. 67. Publiée par Rocchi, Codices crjrptenses, p. 389. Je
reproduis le texte du ms.
Il
P
TEPQ
G
B
Y
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
55
i4.
Ciyptensîs r, 6, VIII (fol. i45).
'Eypàçyj to Ttapov êiêXtov ôtà xetP°Ç xupou j àyyéX. xoO xptt.XéovToç xavov.
xat xaPT0Û Xàpto; [.f/c] tr, ]Ipl | exxXyjarta xr^q àp^ts^taxoTi. pu. ev st. .t^ç tou
xû riixwv J ûj xû êvavÔpcoTCtaewç. /iXiocttS) 7téi;axo<7i|ocruco ô' yjXcou xuxXou Tpex-
tê'. creXTjvyjç j ôè xûxXou Tpéxovxoç 6'. ut]. voé[x6ptoç ce', tvô. y/-
Voy. plus haut, p. 67. Publiée par Rocchi, op. cit., p. 261. Je reproduis
le texte du ms.
i5.
Vaticanus i65o (foi i85').
* EIAH^E TEPMA BIBAOS | HrAAISMENH. XY *EPOY|SA TOYS
0EO*0OrrOYS AO|FOYS. ErPA^FE TAYTHN Nl|KOAAOS EN IIO0Q.
EN E|niSKOnOIS APXIEPEYS Y|IIAPXQN. FAIAS KAA ABPIJ TIAOS .
PIPIOY nOAIS. KAI | SIKEAIAS 0PHNAKPITIAO2 | XQPAS. 0HSAY-
PON AY|THN QSIIEP AS0APTON | MEFA [xtX.].
'Eypàçr) auTV) r\ j oeXto? ôtà X£tP°? Oeoôwpou | xXyjptxoû crtxeXicdTOU xcct5 s | tc t-
xpo7îy]v vr/.oXàou lictdxÔTiou J xTrjTopoç auTîjç. ev êtet àrco | xtîctsw; xoctjxou. st.
/<T9|xe/ tvô. e' J xu. (J 6' xu. Q xa'« */a' ^Xrjpwôr] p.y]vi | cavvouaptto elç tôv
auTov yp. | yjptipa cra. oip. y'.
Voy. plus haut, p. 87. Inédite. Je ne donne des vers politiques qui
précèdent immédiatement la ss. que ceux qui ont un intérêt historique.
iG.
Laurent ianus XI, 9 (fol. 282).
Tô èTiovoiJ.aÇ6{JLcVOv xou xpucroaTÔ[j.ou j [i.apyap-?5Tai 6t6Xtov xr\ toû xû 7û | yû
y.âptxt ôtà xe[pôç èypaçet j Xouxa à^apTwXou [j.ovaxou xaT1 iitixpoTzriv t|<Jtô6pa)
[.ç/c] OuerctoXa) xat xa0y]you|j.év(i) | pLOV7jç tou àytou tco. tou àîïctpou. tm /(7|<px6/
êtec toO xôatxou tvô. ô'. ae. xu. tê'. 0 £' *!'
Voy. plus haut, p. 87. Publiée par Bandini, Cat. Mediceor, I, 5o6. Je re-
produis le texte du ms.
17.
Vaticanus i633 (fol. 357').
.IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIJ1IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIPIOY- ABBA- nPc BYt-
IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHTO BIBAI- YnHPx-
iillllllllllllllllllIlllllllllllllllIlllllllOYM, BICINIANov.
Voy. plus haut, p. 87. Inédite.
i56
PIÈGES JUSTIFICATIVES.
18.
Vaticanus Reginse gr, 7 5 (fol. ioij.
* : MNHC0- KE TQ CQ | AOYAQ : CYMEQN | EAAX1CTQ IIPESBY|TEPÛ:
AMHN : 1 èypac?Y) ilç xo [xaXêtTO | ywpto. ayt'aç | Tcapaaxeur,; : y.ai 7ta|pa-
xaXài xai ôéojxai | touç Ttavx. eù'^ea-Oai | vrcep i[xou tou ei)Ts|Xovç ...
Voy. plus haut p. 87. Publiée par Stevenson, Cat. mss. gr. Regin., p. 60.
Je reproduis le texte du ms., sauf les accents de l'onciale. (De même, ss. i5.)
Vaticanus 21 38.
[Fol. 5 2 :] xupcaxbç [x/. 7tp£crêiJTepoç | èv ào-Tew xanouY)ç eypa^ev :
[Fol. 91 :] TETEAEIÛTAI SYN 0EQ TO | EKAOrAAHN TOY EYAP-
PEAIOY | TOYTOY. AIA XEIPOS KYPIAKOY | HPESBYTEPOY. TÀHMÛ-
NOS | TOY KAAOrHPOY : EN ETEI ,qYo©': INAIKTIQNOS A': | MHNI
IOYNIQ. EIS T. IB' : | à-rco ôè xr^ç èvavôptDTtYjcretoç j tou xv. Y|(j.(ov Vy. yy . sxb.
ev|vaxo<7ia svsvïjxovTa ëv :
Voy. plus haut, p. 88. Inédite. Onciale accentuée dans le ms.
20.
Vaticanus 2020.
Fol. 83' :] 'Eypâçy] yj rcapoucra 6cêXoç toO j sv ày'otç |xai;î[j.ou ôià .xetpoç
xu|ptaxou àTacrOàXou |j.ovàxov> ô J p.eXoaoç xac àôXîou TtpeaêuTejpou : fj.7)W !av-
vouapîw. X7]' '. ^{xe. | xuptaxrj xéXoç eïXyjçev dopa j 7)'. ôéeioa |i.àXa toùç sv-
xujuTOvraç tgcutt] Trj ôéXTW îxs|Teuaai tôv xuptov xai [xvy](j6r)vat aÙToO | ev eXéei
xai oîxTtpfJioTç ê7u6Xé|<pai toOto ev Tr] xrjç xpicrewç | r\\ikç><x ||||||[il||||||||f eTmuxet à[x-
7:)va|xy)iJ.à'T:o)v Xu-rpov ôV eùx&v Opiwv | àycwv. àpi/jv. yévotto xupte ô 0e6ç.
Fol. 21 3' :] 'E7:Xy]pot)07] ^ 6t6Xoç auiry] x£lPc xupt|axou jj.ovaxou àjxapTwXou
TcpecrêuT. {jltivI îouvîa) X7, r,népa Ç"'. top. T'. | Itouç /(T<pa'. ev to àycto |j.ovao"Tt-
pîw | Xeyo[j.évto cpeXXîvw xrjç àcnrétoç xa||||||||||| J
Voy. plus haut, p. 88. Inédite.
21 .
Cryptensis B, a, IV (fol. 1).
ET./T*' INA. E' A0YKA2 HrOYM. MONHS THS AErOM. TOY AITOY
nPS ZAX. EIS | TO MEPKOYPION. MH. NOEMBPIQ EIKAA. A' N02H-
SAS XP. AEKAMHNION | KEKOIMHT. HME. SA. KAI KEXÛSTAI EN
PIÈCES JUSTIFICATIVES. i57
TQ NAP0HKI TOT AHOY APPEA. EN TQ | AErOMENQ BAAAEAOY-
KIÛ 2YN BAPNABA TQ. HFOYMENQ KAI NE|0$YTQ TQ KAAAI-
rPA$Q. KAI ©EOrNQSTQ TQ IIOAYMA0H | KAI NAYKPATIQ ANAPEA
KAI MAPKIANQ TOIS AAEA$. : 0 AEX0EI2 KAI THN BIBA. ErPA^FE
TAYT •:•
Voy. plus haut, p. 88. Publiée par Rocchi, op. cit.., p. 62. Je reproduis
le texte du ms. Accentuée dans le ms.
22.
Cryptcnsis B, a, XX (fol. 59').
*TQ EEAKISXIAIOSTQ TETPAKO|SIOSTÛ EBA0MIK02TQ TPI|TQ-
TOY K02M0Y ETEI • EIIA0EN TO | $OYSATON MANOYHA TOY IIA-
TPIKIOY|EIS TA PHMATA • j KAI AYTA TA PHMATA EAEI|$0EI.
KAI II KOY0NH2ÏA ErENETO ME|rAAH £$OAPA- KAI XEIPI NECOAX
MX - ErPA4»EI H TOY AriOY AQ|PO0EOY EîTYS.
Voy. plus haut, p. 88. Publiée par Rocchi, op. cit., p. 104. Je reproduis
le texte du ms. Accentuée dans le ras.
23.
Parisinus 83 (pl. 298').
TéXoç VkvJot t6 TCapov aytov TSTpaeuayyéXiov Otcô "/£tpoÇ è|AoO tou tcoXutX^jjio-
voç xac euTeXoùç voTapi'ou EoXo;j.(bv ô àuo Notou xac ôtà tov xùpcov... 'EtsXsccoOt]
os ivéT7] TéS à tco xTco-etoç xôc[aou (Ç%<ùÇ', Ivô . a',0 xuxX(«i cê', ({ ç', eîç Taç tô'
tou ôexîfxêpfou [xrçvèç, v][jipa s', rj iTCaxTrj xr/ oipa y' t>}ç yj|Jiépaç, -rcoXeuovTOÇ
xuxXou Q 8i' è'tcwv. BaacXeuovTo; èv Kwvo-TavTivouTCÔXsc Mavour)X tou Ilopçupoysv-
vyjtou xac svooçoTaTou pao-cXéwç, xac sv xoïç cIeocroXuiJ.oc; cA[j.app7] tou xpaTacou
p{|, ev ôè vqafa) ScxsXcaç rouXXtéXîJ.ou tou ôsuTÉpou pcyoç^ |ç' vjjJLaç 8s 'Iyjcouç
XpccTÔç. . .
Voy. plus haut, p. 92. Inédite. (Communication de M. H. Omont.)
24.
Vaticanus 2 1 4 3 .
Fol. Gi :] 'Eypàcpy] Itsc fï'/oy' cvô. y' [.vie] xeXeucret tou TCavoccojT. xa07]-
youpivou p.6vyiç Tr,ç uTCsp|Xoyi|JtévY]ç ôsotoxou tou [xcXrj xupcou àvTOvcou •
Fol. 55':] K. gûgov tov oouXov cou 6ap0oXotj.a?ov jj.ova/ov sXà|/i<7T0v •'•
èypàçyj jTyoy' st. tvo. y' [.vie] ■*■
Voy. plus haut, p. 92. Inédite. Lisez indiction i3.
i58
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
Vaticanus 1877 (fol. 177).
'ExeXtwGy] ôà ixvjv. ôsx. 7i:pwT. yj^epa xu. wpa | G', tvô. Çf : Ixoç [.vzc] :
ôt' oîxo5o[j.ï}ç xat j o-uvôpwjjiîiç xu. vtxoôrijxou xaxà xtjv y)|[j.épav [.v/c] ex)//), x/jç
aux/}? àytaç [J.ov. xïjç utc. Gxôu xoO [JiiXt. | ...
. . .euyeabcti 91X01 xoù xoptvGsîou TtauXou.
ou I yàp Tïpcç Tûétpuxev rcoXtç xpatvva.
Voy. plus haut, p. 92. Inédite. Il faudrait lire ^wa', pour faire concor-
der le millésime avec l'indiction.
Dans une pièce de vers politiques qui précèdent cette souscription, le
copiste écrit :
"Avap^e Xptarxl, x&v xaXàiv àxpoxYjç,
0 vûxxa; uoiaiv xat ôaôou"/cov YijJLépaç,
exerce, cppoûpet, cpûXaxxe xov xoptvOtov
IlauXov, ôç Vjv èx [jlov^ç àypou xôv aTcoaxoXwv
xàxotxo; 6' aùx-fjç ôeoxôxou xoûM-?])*t.
9.6.
Messanensis 98 (fol. 276').
'ExeXetcoG. xo zapov aytov eùayyéXtov. p.r)vt touv. | tvô. tê'. Iv xw /cTo6' [sic\
sx. | ypaçèv ôtà x- pwptêépx. | xr} npocrxà^et xoQ xaxà | ty]V ^(xê'pav otxovôfx. xou
XU. | xu. Xeovxtou :
Voy. plus haut, p. 92. Inédite. Il faut lire ,^06'
27.
Vaticanus 1426 (fol. 635').
12 7iàvxa yéypaça o-uvôpo|j.7j xou itot|xévoç
piov^ç ôcrtaç Getaç axpoxrjpîou
crpç aùôto? Xouxa 7tavaotôt[j.ou.
i5 àpxtp-avôptxou, Trxœyoxpoçou xat £évcov,
axerc/) 7t£vr)X(ov? XP£ta T0?Ç aXXotç iuôkjiv.
è'xouç xpéxovxoç xoo-puxoù xtXtàôwv.
■ il auvexaxov èn:xàxiç xoûxotç 7tp6o-w.
etxoart xal iv îvôtxxou TtpwxTjç cptXot.
20 p.y)vc ôucréxxw [.y/c] icévTS xat ôiç êgdntcç.
ô ctujj-swv louera xou êouXxapà|Jiou
GpétJ.|j.a jjls<tIvy)ç ptyjxavtxo; ev xpôitotç.
PIÈCES JUSTIFICATIVES. iSçj
aÙTôv à{j.ot6r)v twv ôAetuôvtwv evôgcôs
24 £ux£erÔ£ (j.ot xâpttt tw TtEo-çaXpivw.
Voy. plus haut, p. 92. Inédite. Le douzième mois (utjvI ôiç Ixtw) de
l'année grecque est le mois d'août.
28.
Vaticanus 770 (fol. 106).
Jfr "Eypaçst xat auTY) yj TCpocpriTtxoç ôéXtoç. /stpî | au.eXoOç xai xôa^aXou xat
àva*:ou [j.ova/oO [j.axaptou | toO àz6 Tr]ç [JLsyàXyjç [j.ovyjç <rpç àxpoTTjp. [j.£<7 .
(> 710067] | xat oîxovou.îa to Tuavsvtcpiw xat ÊÙôtaxpiTtx. 6Xacrcw J exxXy]<7tapx. T/jç
Euayoùç u.ovr)Ç ûnsp. Oôotoxou xpuuT. cpep. | Tcàvxsç àôeXcpot 0! TauT/jv àvaTcrri-
ctovtsç | su|aff6E :ùv ôuo. otuw; xara^cà) aÙTOùç xç ô 0ç | sv tm /wpw twv ôt-
xalwv. àpirjv âtJir|V yévotTO àtiriv : | "Etouç fïtyr.v.' \sic\.
29.
Ctjptensis A, a, IV (fol. 243').
►{< Eyoâçrj xa' êicXyjpwO. vj Tuapouera tîuxt. ^etpi sçoôpa à[xapTwX. xai êXaxtaT.
twv uovo|Tp67uoiv [Jtaxaptou àva£c'ou piovax. àrco tîoXswç prjytou Trjç xaXaêpiaç.
etei ôè TcpwTeûovTO!; ev T/j uov. Ty]ç unEpay. 6xou xpuTCTacpsppaT. cXapt'wvoç £Ùapét.
xat àyaôriç Tcpoepéarewç wv. too-auTw; xai \jTzr\py. | èy.y.lr\ciccpy ;. to. Tuàvyj EÙXa-
êoOç xai EÙôtaxptT. xûp. 6Xaaîou. TtavTEÇ ôs ot àÔEXçoi 0! tout. | avaTCTU^avteç
XtTrjv TcotrjTE rcpôç tov çtXav0pa)7:. 6v xat Ttpoç ttjv aÙToO cptXsucmXayxv. [J.pa
y]VTC£p J yj^.apT. êt&v àXy. Ôtuo)ç tôot tov xptT. île. êv rjtj.. Tr]ç xpîffEWç. ap.rjv.
atxrjv. ysvotTO. api/jv : |
>fr £to. ôè wv i^axtffxtXtocTT. xat iTUTaxodtocrT. su5outxovTa xai TÉcrcaptç aùv
TOUT. ffETIT. a'. tVÔ. 0'.
Voy. plus haut, p. g3. Publiée par Rocchi, op. cit., p. 296. Je reproduis
le texte du ms. — A la 3e ligne, £T£t est pour èri.
Fol. 245, on lit le visa de l'higoumène du couvent auquel appartenait le
copiste du ms. *b toutov to êtêXtov ÈTCOiyjersv | 6 àSîXopbç [xaxapïç !spo[j.ovaxoç | 6
piytvbç. o\ avaytvoo'xwvTs; sù'xEaOs auTài àarjv. | TauTa Ta ypa{j.jj.aTa â'ypa'j'. ô àoEXcp.
yspào-tjju Yiyoufju {JtovTjç ay. vtxoXàou tou ptyr]ou : | Ce couvent de Saint-Nicolas
n'est-il pas le même que Saint-Nicolas de Calamizi ?
3o.
Vaticanus 1926 (fol. 116).
►3* êypa. Totvuv r\ rcapou. êtôXoç twv 0sïa>v Ispwv | xa.xa. ôta x£!P°<; P'Y1"
voO, xaXXtypa. xpatvaç, | Iv st. fTyly' tvô. y' :
Voy. plus haut, p. 93. Inédite.
i6o PIÈCES JUSTIFICATIVES.
3i.
Messanensis \\<-j (fol. 239').
►ï« êypàcpet tô napov 4"*^. j ôtà XetP^? sùtîÀ. vot. | ■jiôXsoç p-/]y(ou. It.
| ivô. 6' :
Voy. plus haut, p. g3. Inédite.
3<2.
Barberinus IV, 66 (fol. 3o8).
'Eypàçyj ^ oé)>toç ocutt] x£lP*l Xéov. àiJiapTwXoO j xaï vot. tsXsiwO. (Jiyjvi
tavvoTjaptw xT' îvô. ty'. J r\\iepa. ôeuxépa. wpa Ixtt]. tou et. ^/xv/ :
Voy. plus haut, p. g3. Inédite.
33.
Nea polit anus II, c, 7 (fol. i83).
* TEAOG HAEI$EN O nAPON | NOMOKANONAC XEIPI A|MAPTO-
AOYKONOY ABA nPEGjBYT- MONHG AriOY IQ • TOY ©E|PICTOY.
EXONTA TOY ETOYC | tv5- Y- M- I Ô£xeij.gpcw. ek t. iÇ' | Yijjiep. cra.
wp. 6'. |
p.vr)(î6. xi tou ôooX. | TCaxwpuou à6a | %pea&\)z. xaï 7iyoufJié|vou. tJ-0VÎÏÇ
ayiou iw. tou 6eJptcrToû. tou tco0. eruvôpoj |j.y]CTavTOç tou xTcaai tôv Ttapôv vopio-
xâvova j twv àylwv àuocnroXfov | xaï twv ayîwv ïtpwv. xaï ôwç aÙTW rcTatc-pi.
Xûtoov j a[Jt.riv xe
Voy. plus haut, p. g3. Inédite. Onciale accentuée dans le ras.
34.
Faticanus 2008 (fol. 171')
rf* àç!£po)6y] to uapov Tpoito^oytov itapà XeovTÎou ïepopiovàÇovTOç. | e!ç tov
vaov tou ôcr. ïïpç rinwv tw. tou 6epten;o0. ûnèp <juyxwp7)o-scoç twv àp.apT. | twv
£[j.wv yovéoov xaï èpioO aÙTOu. êv stsi f\X1' tv^' l'*
Voy. plus haut, p, 94. Inédite.
35.
Faticanus 1221 (fol. 275').
►J* Aô;a tw àylw 6â> -r\\x. t£> ôtà x.eipo; | eruy.. tou Taiteivou" xaï eÙTeXoù'ç vot.
ôôvt. Tépp.. tv] zapouay] êlêXw xaï | otà cvvspy. toQ TiaveuXaêso-TaT. | r(you
PIÈCES JUSTIFICATIVES. 161
[7.évou Tîjç 0^4 6 7. ou twv x£|pdcT. xup. -icauX. à-iiptÀX . eîç t. y' | £touç f\yt,&'
tvo. ê'. iv | toûtw oè tw It. xat poyêptoç ô t'.ttoç èv yp\ai(b | xat ^[xé^sp. ptç
l|y]X6 . TOU T7)ô. êtou >î<
Voy. plus haut, p. 94. Inédite.
36.
Vaticanusioffi (fol. 220').
|||[||j||xT-7i[j.a zécpuxsv yj ty}Ô£ 6eï|a 6têXoç xat G£Ôtcv£u<7toç j p.ov^ç toO xopuçatou
0c|<TTC£<7ÎOU T£ TtoV Ct%OGTÔ\tùV | 7î£TpOU : £X GTZOUb'YlÇ |J.ÉVTOt I Xat TZO0. 7ïpOCTXT71-
(k?o-a : J svxXêovç yspaat^xou xal 7ipo|£o-Ta>TOç Ispouivou xat xP"1^|toû xat ôatou :
ou to icot|j.vt|ov IIIIIIIIIIHII aÙTwt àxujJiàvTtoç | HIIIIIIIIIIIIII ïôuvov stç Xttxévaç ya| Xrjvouç :
'E[AcT£<7X£uàa67} to Tiapôv êtêXtjôâptov Iv twi fî'Ûà' £T£t | eîç ôô£av T7)t Tupo-
erxuv7)T. xat | ;j.axapt. tptàô. îrpç. ûu. xat àyt. | tÛvç :
Voy. plus haut, p. 94. Inédite.
Fol. 219' on lit (xvi° siècle) : Eyto uauêXo; x. ap^t^avSptTtç jxovtç aytov xopt-
çeov aircKjxoXov ixôTpou x. uauêXou. Et fol. 220', parmi d'autres graffites : Mrj;.
<7£7^. eîç t. xo'. et- ,Ç^X' |||||| [A D. 1222] | iv8 i'. y^jl. <ra. àvaXa. xllllHIIIIIIIIIIIII | ày-
yeXtxbv to tjj.ax£tov irapà tou |||||||||||||||| | È7U<7x6uou jjuXtitou |||||||||||| | xat èTriôpo^; tou
oo-tOTâxo'j IIIIIIIIIIIIUIIII | tou -ri(j.(i)v 7tpç 7racpvouTtou|||||||||||||. | IwavvYjç eypa^a-Et cet autre :
*b [i.rtv. iouv. Etç t. ie' etoç ,Çtyt' [1197] tvô. te' |||||||||||| | scpop. o [i,/- êap9. to
aytov xat àyyeX. aX'W' lllllllllll I ùuap-/- àub to -/âXao. y.ol>. aoeXç. 7racpvoUT. ||||||[|[|| | lep.
uto\ àvcpEou Tpout.
L'expression arco tou x«Xaô. . . désigne la localité d'origine du moine Bar-
thélémy, localité que je n'arrive pas à identifier.
37.
Barberinus IV 27 (fol. 2i5).
►ï< 'EteXsicoÔï) to rcapbv sùayyéXtov tou stouç | /'T"/^a' tv^- a'-
Fol. 216, une main du xive siècle (A. D. i3io) a écrit un contrat dont il
ne reste que quelques mots de lisibles : >fc QxTwëpt. {ayjv. ty]ç tvo. 6' yjç toc? x'.
IIIIIIIIIIHII xpr,T[bç] | pat>ouvô. pouXX. ||||||||||||| aôpy. Xovyy. tou êXrr/. r{ç tyjv y<o[pocv] |
Tag£p[vô,v] xa\ Iw. xat vixôX. yappovS. Illlllllllllllllllllllllllll | «5 xat xaôrjyoufxsvoç
lllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll | tou xapu. ?vallllllllllllllllllllllllllllllll|||||||||| | XPcôy). èv ,au'lll|||||||||||||||||||IIIIIIIIIII!|l!ll||| |
-/pïjCovTat IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIHII xa\ touto 6p.aj[o-aj/.£v] etç to a-/pavTov eùayy. tou xpiaxov.
Voy. plus haut, p. 94. Inédite.
38.
Vaticanua 2029 (fol. 192').
'ETeXetfôO. Y) Tapoucra 6t'|êXo(; £V st. f\yoa! tvo. J to'. [.y/cj {jly). ôxtoS. y.Çf
yjjx. top. 6'. | èypâçrj otà /e- Xo. jj.o*. xat TaXavo; | 7ïp£ç6uT.
Voy. plus haut, p. 94. Inédite.
1 1
lC)2
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
$9.
Cryptensis A, 6, X (fol. 3:]).
EtsXeiwO. r, 7îapou<ja ôéXtoç sv tw /cT"xiJt-/ etouç | tvS. t' fjjAe. jxyj. vo£;j.6.
xe' wp. 0'. | ypacpèv ôtà xetpo? eùOujJicou TXy]7ta0oùç xat à6poTt[xou J àve^ioO toù
iv jxaxapta tî) Xrj^ei x. xXîjpiY].
Voy. plus haut, p. 94. Publiée par Rocchi, op. cit., p. 359. Je reproduis
le texte du ms.
Ambrosianus B, 1 (fol. 12 1').
>ï< etXrjçei xP^tov ^Sg tuuxtJç 10 Tép;j.a,
Tîpoç XaupevTt'ou, XetP°Ç TXy]Tta0effTàTOv :
[xeTaypaçsïcra, ex twv tou xaXu6rjTou
ê(6Xwv T>iç JJ.OVÎÎÇ, Trjç iv tw povcrtâvw :
. 5] aovspyov eOpwv, àyaOoupyov t' àXetftTov,
tov iv TïaTpacrt, erejXvov tyXaïajJiévov,
vvjcpwva 0v. axkpyovza, tcoXXoû ti:60ou,
oç ôè nXeucrat jas ixet itapaffxeûaersv,
19 Itu/e ô' etoç, ê£ twv xiXtovTàôwv,
IrcTaxofftwv aapaxoaToO* ôyôoou.
îvôtxTtovoç ôexaTïjç TptT/iç oucvjç :
Voy. plus haut, p. 95. Inédite.
41.
Barber i nus III, 69 (fol. 112').
TéXoç st'XvjçpÊV y) îspà aux. êt6Xoç iîjç J ixxXy)<7ta<7Ttxïi<; -ràlewç xsiPc | tspoôéou
ax- xat àva^tou 0utou | 7ipo.Tpo7t. toO ôgewt.t. x. vtxo8r)piou j xat xaG/iyoupiévou
tt}ç |i.o . twv xaaouX . j jj.v]vt îavvou. J eîç Ta; x0' 7)[jtip. J tou aa. stsi ^^ty' tvô*. y'.
Voy. plus haut, p. g5.
Une seconde main, de date assez récente, a changé le ^ en <p (= ioo5
au lieu de i2o5). Cette altération a été signalée pour la première fois par
dom Toscani, Tjp'ica Grœcorum, p. 7.
42.
Parisinus suppl. gr. 681 (fol. 9').
'ETsXetwGrj to -rcapôv êtêXtov x£tP' *aXou âytoTtSTptTou twv yaXaTtvwv 8é[*aTOç
tôpoucnQç | tw /(Tw!T/ Itouç tvô. ta'.
Voy. plus haut, p. 95. Inédite. — xaXoo] Un Eugène Calos ou Cali dans
un diplôme grec de 1094 [Archmo storico sicilianoy 1888, p. 56).
1
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
163
43.
Barber i nus III, 16 (fol. 11 5;).
'Eypâ. tô napov êtêXtov ôtà XetP°Ç îwàvv. | vspsTyjvou p.v)v. touvico s?ç t. ty'
rjuip. Tiapaa. | aipa 6' exei jTù^' t. -tvô. G'.
Voy. plus haut, p 90. Inédite.
"V^.. • ' . 44.
Ambvosianus G, 8 (fol. 39).
►f< àypâ. vj T.ccpoZGcc Oît'a êtêXoç Tr;ç Oslot; | Xêttoupy. ôtà /stpôç àvôpéou
à;j.apt)v. tr,ç | r.ol. êpcvô. |j.r,. çs. ty' rjfjipa. ô'. | top. ôs wcret G'. Itst ^tpoô'
tvô. I ô'.
Voy. plus haut, p. 90. Inédite.
45.
Laurcntianus LXXI, 35 (fol. 56').
>j? E'&yiçs TepiJLa êtêXoç rjôc xou çt'Àou | xetPE xuptaxoij ts tou npaatavou j y.aX-
Ài7:o>>tTou ô' àjj.aGcCTTdcTOU véou. I exst fîtyob' '. >fc
Voy. plus haut, p. 95. Publiée par Bandini, op. cit. — Je reproduis le
texte du ms.
46.
Barberinm IV ', 3 7 (fol. 21 3).
4< Èypàçyj r\ rapoucra êiêÀo; | ôtà fficouôîîç xal auvôpojJiî}ç | xat àvaXtojj.àxtov
toO sOXaêoOç J àpy ^leictaxôicou v.m. t:oo>).. tou xt;v crtjpàv bfovxoç,. aito xa>v [j.sxÇa-
6dtpêo)v. toÀ'.xwv pv. Itou; | tpsxovxoç /rï~ fjij|jjôi . XstP' | pw[j.avoO. tspoiJ.ovax. y.at
xaOvijyoujiévou i^ov/jÇ toû" àytou 6evs|ôîxxoy xoù' oùàXv. xaç 6àXXr]ç | ypàr/jç tvô.
Ç"' pyjyeûovToç xa|pouXX. ôeutlpou.
Voy. plus haut, p. 109.. Publiée par M. Gardtbausen. Voy. p. 102.
47-
Vaticanus Palatinus lat. 2 33 (fol. i3i').
xpiaor\ jjlsv 7)02 twv Ipicov auvxay tj.àxwv
6i6),oç ïcécpuxe xoïç GéXoucr.v stôévat
Trovr^a xoùp.ov xotvôv sv ôtaXoyot;
wv 7j u,ta 1-it.èv auouôo^avxet'aç 7téXst
aXXr] 5è TîdtXtv xax' touôat'wv evt.
164 PIÈCES JUSTIFICATIVES.
eûxou ôè XotTièv àvaycvw<jxwv ô^^aç
TW VlXoXàcD <7V»VT£TaxÔTt xào£.
a) Tiaxpîç êaxtv r\ r.ôltç uopouvxiwv :
V03 \ plus haut, p. io3.
48.
Messanensis 29 (fol. 26 j).
'ETsXecwô. xo -rcapbv 7i:av7]yopixàv ôtà xetpbç | xou à|j.apTwXoO ôavirj}, xat
cr/£UO<pûXa£ | xrjç pieyàÀ. p.àvôp. xou <rpç àxpwx. ijl£<7<t7]v. jj.y]vy] | creutep.. elç t. ê'.
r,[j.épa cra. wpa 6' exo. j ^wcT' yjvôrixxoy Çf , suyjazoc. xat | xaxapanxat
oviep JlilIlilllllllllIlllllllllllIIIIIIIIIIIIIIIIIII
Voy. plus haut, p. 97. Inédite.
49-
V aticanus Ottoboni 178 (fol. 87).
TsXoç xrjç Trpoç àXé£avôpov àptaxoxlXouç prjxoptxrjç yp<x<py]Ga Tuap' Ijjlou îepo-
jj.ovà/o'u îwaxetfji x&v xaaouXwv sv tvï jj.£yàXv) |j.àv8pa xoO awxrjpoç xrjç yXwxxrjç
pL£<7<rr(vr]; èv |j.y]vt patw xr]ç y' Ivôixxcwv. exet ^TSoy'.
Voy. plus haut. p. 97. Inédite. (Communication de dom Cozza-Luzi.)
J'extrais du Vaticanus 1866 (fol. 2o3), psautier xme siècle, les graffites
suivants, qui se rapportent au même copiste :
>i* [xr;. ;j.apx- ô' xv) vj^épa xtov ày. [xapx. xrj s' |' â>pa xriç vuxx. Èutçtoa'xouo*. xr,;
y'îvo. ÈxotfAY). ô iv [xaxapca xrj Xy^ei tàxtog. vtxoX. <povXe|||||||||||||||| | utb; sv xy] p,syàX.
fxovrj 7i6X£w; p-£<7ay)v. xojJuaO. i\ | àuouXt'aç uapà xoû aùxou ôstou. îwax£t(j- | véo*; sv
apcrtoç xai Ô£ivbç èv Traatv ex. ,£"8' [m'c] xf,ç | tv8. 8' xa\ 0 6eoç 8etYj aûxài xy]v [j.axa-
pu^xa | iv ôdrja r^lpa llilllillilllllllllllllll [1496 ?]
^T^uC 8] exst x% tvo. ta' £7ca(7xa<7a[j.£v | etç xàç xoû [xap. p,Yj. xb irapa-
xpé-/ov xoû O uuapx ty' xyîç C èyw îwaxEtjJ. | è-/£tpoxovr,6. Isps. u. ox£-
cpavou {r/yupoTtoXtx. tSpoû. | etç xb ,£"7^6' [1481] x. tv3. t8 È7ta<7xacra[j.sv | £Îç i|]||H x£'
xoû àuptX. b'xs xb irapaTpÉxov xoû O | xrjç ôè C ^' 0 xat èyw scpuyov Stà xrjv | lllllllllllllll
ia-jAaïXrjxwv £cpoSov xai uapocx^aa | Èv x^ y.o. xoû à. irlxpou x^ç àpévr,ç. xb os sxsp.
èxoç £tç x- xoû cpoç xîjç {jL£ao*Y5V. oxs xa\ ïcpuyov ôià tov | Xo[[/-bv.
Eîç 8s x-rjv a' xr)? îv8. xoû sxouç | ,Ç7è [sic] suauxota-a^sv etç x. )/ xoû y.apx- xb |
napaxpsxov xoû O ov t-/)' xrîç 8e C [1482.]
5o.
faticanus 1973 (fol. 57').
'Eypàcpv] ri 0£ïa tepoupyta aûxiQ ôtà x£tP°Ç | s^00 £ÙxéXou; xat xoctûoevoO tspéoç
àvxojvtou, XTjç ày. ypiaxw^i; | — êv 'èxst /Ç '0)716' tvo. t6r, {jl/j.. ôsxsêpto. | 6',
rjp.ép. <ja6àxou :
Voy. plus haut, p. 97. Inédite.
PIÈCES JUSTIFICATIVES.
165
5i.
Laurent ianus LXXXVI, i5 (fol. i8o').
'E-À7] pw0r) yj TrapoOaa osXtoç ptt j xayjÀ tou ^sXXoû" Otïo izixizàooq vty> j <77]XXa°
à~ô yôipocç xaXrj tûoXsw;, ev jj.rj vï | p.apTtw rjpipa aa. topa Ç' év t. ^wve'.
Voy. plus haut, p. 97. Publiée par Bandini, c/7., III, 346. Je repro-
duis le texte du ms.
5 2.
Cryptensis A, y, VII (fo!. i5a).
'Eypàçot to Tzapèv <];aXT. ôtà */£tpoÇ t£pofj.oy\ vy)<f(ô | ayjxEXoû xpàioç 6a0ecaç
ôcjj.. uoy. toO ô(7. Ttpç ^ij.wv | vtxoX. toO( éXaçr]xou év st. ^wXç' t^ç tvô. c'Ç :
Voy. plus haut, p. 97. Publiée par Rocchi, op. cit., p. 3a. Je reproduis
le texte du ms. Je ne sais pas ee que veut dire ôejj- Quant aux mots xpài-oç
oaOcîaç, Rocchi y reconnaît Campobasso (??).
53.
Parisinus i685 (fol. 54).
Eypdccpr) to rcapôv êtêXtov ôtà /etpoç vsxtapîou Ispoiiovaxoïi xrjç u.ovrjç toO
àytou vtxoXàou | twv xaaoûXwv Trjç tcôXewç ûôpoûarr)ç. àv \xr\vï vo£^.6ptw s' rçjjtépa
aaSêdcTO) wpa 6' | Tîjç yjjxépaç. £V ëtr] TTloÇ' '. tvo. ê' :
Voy. plus haut, p. 97. Inédite.
54.
Barbcrtnus III, 7 } (fol. 1 nj).
'ETeXetCdOr] rj -apoO'aa aûvta^tç ôtà | */£tpoç vtxoXàou tco. axtvçapt | àiûo X^,Pa?
âyt'o-j -£Tpou twv yaXa|rtva)v. 'Ev p.r,v: vosiJiêptoj yjjjipa x'T7 | toO aÙTOU [J.y]vo;
oîpa IwatT] | £v etet Ç^ic*)'* ty' tvo.
Voy. plus haut, p. 97. Inédite.
55.
Barbe ri nus III, 78 (fol. 182').
Ex£>,£twOr( tô -apov TU7Cixov rrjç àyt'aç toO' Geou j ÈxxXyjataç iitns'AO%r[Z rcôXewç
6oôç ou xrj £Txo|vu[J.îa Trjç ÛTîepayt'aç Geoxoxou twv Etaoôi'tov àpx^£pax£tjovTO<; tou
166 PIÈCES JUSTIFICATIVES.
vOv xatpou èTziay.ÔKOV àxOXa | izpixÇi : ôcà X£tP°? xà|AoO" toO' à[j.ap-co|Xoù' xat
eXa/iCTtou yewpyîou ex xîjç xwvcrTavTtvouTtdXeo); : j ôià <ruvôpôjj.y]ç xai I£6ôcdv xa>v
Tt[j.wTàxwv xXy)|ptxwv tspswv xai ôtaxôvwv xwv eCpto-xo| jjtivojv lv tt) Itc ktxotcî]
T/jç àvcoôev eîpyjjAsvyjç TCÔXewç | 600; : ëtt àrco xtîctewç xôo-[aou 'Ç\' : lv Ivô. t' :
| xai àicô xPt<7ToQ ffvyxaTaôàcrewç ^cpvS' : lv iJt.yjvt | touXXtco x6' : ^pipa Tïapa.
oipa 6' tvïç | yjtxspoO : J
Voy. plus haut, p. 98. Iuédite. Bob; rcoXtç est Bova, dout la cathédrale
portait le titre de S. M. de l'Isodia ou Présentation.
56.
Vaticanus 1602 (fol. 36 1).
EreXetwGy] r{ TïapoOffa ôIXtoç ôtà xetP°? xapiou J toO àjxapTwXou yewpytou Ix
T7)ç xwvCTTavjxtvouTiôXewç ôtà (rjvôpoixyjç xat l£6|ôou toO ôfftwiràTou lv t£popi.ovaxoï;
xai | 7tveu|j.aTixou Tiocxpoq xupoû xuptXXou ex TtaXatwv | rcarptov lv rcôXet [xyjcrûv/)
iîci j exouç yÇv' lv ivô. t6r lv pnr]vt | p.apTtw a' Tjpiépa xeTpàôi wpa Çf '
Voy. plus haut, p. 98. Inédite.
57.
Barbe ri nus III, 66 (fol. 1).
My]vI xô' riixÉpa Têiapt^ wpa 6' 7rapéXa6e xrjv y_6ipot.v vepsTv. Iwàvvyjç TapévT.
| Ttptvx1*. xat etCTvjXOcV lato p.cxà pisy tcrxyiç Tt^c. xai x?j aÙT?i vuxrt Icpuyev Ix Tvjç
aÙTyjç TtôXeojç | XàOpa Xoutj*. toO àytou <reêr]ptvou. xai lyxaxéXtuE tt]v «jûÇuyov
a'jxou jxcTà twv | rcatôojv, ôç iTupàvvtae xrjv aùxyjv TûôXtv. etet ^ J
>ft 'Eyw îspoij.ôvaxoç rcaOXoç ô lv Tfj [xovîj xoO àytou ;j.£yàXo[jt.àpTUpoç J àvôpta-
vou xai va~aXtaç ôtà to 6é6atov u-oypàœw j otxeta jxou T?j /.e'.pî.
QUELQUES OBITS
Vaticanus iGj'2 (fol. 33).
^ Mrjvi os. xe' aTiio tv^ç xPIaToQ yevvrjffsoiç yjlo'ioaxfo TETpaxooiOCTTô rce/ lv t?j
îj.ov?S | tou àytou 6ap6oXo[J.aîou -uv^ç tptywvaç Ixot^rjôy] ô lv] jjiaxapta t?J jj.vyijj.-/j
aùtoO ô àôeX9oç êapcavwçXa tspo|j.6vaxo; j xai otxovôpioç Tvjç aÙTriç |j.ovîiç. ot' ô
euXSffôe û^cÈp autou [1 484] •
Idem (fol. i 3i).
Myjvt jj.atw tîJ '/.ô' yjpispà ô' Itouç à^o xp'-^ou cyapxocrew; lv t?5 [xovTî
6ap0oXouatou toO tptyovo; IteXsuti ô lv ij.axapîa aùrou ^vv)[j.y] àôsXcpoç tqjj.wv
àpcrévoç p.ovaxô; 'tî); adr/jç jÀovîjç. ot' 0 oi àvaytvoaxovTsç euxs^s ûràp aÙToO
PIÈGES JUSTIFICATIVES.
1 67
Vaticanus 1238 (fol. 379').
"Etsc
(H\ikpcc Ç' etç tocç Ç' xoO Ô£xe|jt.6pÉou p.yjvoç sxotpi7|07] ô ôouXoç tou Geou sxTwp
s-îctxotûoç tou | TraXatoxâcrTpou tvô. tô' etouç ''Twô' [i3oo].
Même ras., fol. 260% deux graffites, l'un mentionnant le jubilé de
l'an i3oo, « du temps du T. S. pape de Rome Boniface », l'autre la mort du
« grand empereur d'Allemagne, procurateur des Chrétiens contre les Sarra-
sins et les autres barbares, empoisonné par un frère mineur dans le pain de
la sainte eucharistie », Henri VII. — Hector, évêque de Paléocastro : unique
mention de ce siège grec.
Vaticanus 1601 (fol. 178).
T-?J Xa' ?)|jtipa tou ocùtou [r/jvoç [«w/Z] •eîjç tvô. 6' êxr)[j.ï]6y] èv (Jia/.apca T?j
|Avrj|AV] ô | àôsXço; à\x&pôoioç àp%. (Jiovîjç àytou cptXt7C7i:ou tou" îépaxoç ruxépa Ç'
wpa 6' | tou stouç ,(77l>Xy' tvô. 0' [1423].
Il s'agit du couvent de Saint-Philippe de Gerace.
Idem [fo\. 181).
Tfj tê' rjpiépa tou àr:py]XXtou [J.r)vô<; Tîjç tvô. \ sxr][Jit0Y] ô èv [xaxaprj. tï fJtvyj. ô
àôeXçoç X'j-prj|av6ç àpxt|J.avôpÎT7)ç tï)ç {Jtov^ç tou àytou çtXrjTCTïou tou îépaxoç
iv 7)tJtipa e' wpa e' Trj; vtXTÔç tou | stouç ;Ç(«)Oc' [1 SS'j] .
Idem (fol. 188).
A' /iptipa tou aùyoûoTou jîrjvoç Tr,ç tvô. e' ixyi|JttGy] iv piaxapta T?j [xvyjUTj àôeX-
96; | vsôçtToç àp/tpLavôptTrjÇ jJ-ov^ç âytoo z'.Xctutcou tou tépaxoç r^ikpcL o' wpa 6'
tou I stouç .Twç' tvô. s' I i'iaal.
PLANCHES
Des fac-similés des manuscrits suivants sont ou vont être publiés
par les soins de la Palœographical Society . Je ne puis m' empêcher
de marquer ici l'obligeance que j'ai à sir E. M. Thompson, esq.^ qui a
bien voulu leur donner l'hospitalité.
Faticanus 1221.
» i65o.
» 1660.
1666.
1679.
» 2002.
Faticanus 2061 (fol. 199).
» 2061 (fol. 282).
2i38.
Cryptensis B, a, T.
B, a, IV.
B, a, XX.
Vu et lu
en Sorbonne, le 14 décembre i889
Par le Doyen de la Faculté des Lettres de Paris
A. HIMLY.
Vu et permis d'imprimer :
Le Vice-Recteur de V Académie de Paris,
GRÉARD.
INDEX
DES MANUSCRITS GRECS
Faticunus 35 1 7 2
— 353 72
— 354 72
355 72
— 357 72
— 734 • 92
— 749 • 72
— 77° • • 93, i5g
— 781 ioS
— 1067 72
— '209 5o, 72
— 12-21 .'. g4 * 160
— 1238 167
— 1426 92, 1 58
— i43i G;, 69,76, 77
— i456 65, io3, 104
— i522 72
— i5J6 44
— 1 5J7 . . . . 44
— 1574..» 93
— i5g5 87
— 160 1 167
— 1602 166
— i6n 48, 69, 83, iSi
— «6i3 79
— 1628 ... 48, 69
— i633. ...v... . 87,90, i55
— 16J6 48, 69, 99, i5i
— 1640 49, 69
— 1642 49» 83
î fc — 1648 47,49,53, 82
— 1649 5o, 70, 100
— i65o 87, i55
— i652 16(1
— i654 5o, 69
— i656 5o, 69, 84
— i65g 5o, 69, 82
Palicanus 1660 80
— 1669 . 80
— 1671 80
— 1673 86, 90
— 1675 - 81
— 1680 5r, 69, 82
— 1866 164
— 1877 i 92> i58
— ; 1912 33
— 1926 9:), 1 39
i94i 98
— 1970 5i, 7a, 84
— 1971 • 5l> 70, 101
. — 1973 97, l64
— '978 98
1990 52, 82, 100
— 1991 52, 70, 84
— 1992... 52,54, 58,84, i5a
— 1993 53, 84
— 1994 , 49' 53
— 1995 53, 59, - 82
— 1997- ••• 54, ,70^ 102, 132
| I998 54, 70, . 84
— 1999 • 54» 84
— 2000 54, io3, i52
— 2001 55, 70, 100, i52
— 2002 55, 99, 1 53
_ — 20o3 55, 69
— 2004 56, 84
hi : — ; 2005 94.
— 2006 56, 100
. — 2008. 94, 96, 160
_ — 2010 56, 70, 84
— 2014 87
— 2017. 56
— 20I9 ^7, 100
— 2020 88, i56
1 70
INDEX DES MANUSCRITS GRECS.
y aticanus
202 i . . . .
. 53, 54, 57,
2029. • .
94. 9^»
_ „ 0 /
2004 • •
Ko
2055. . . .
58,
2o36. . .
rn
. . ...... 58,
2037. . .
. . 53, 58, 60,
„„3Q
tf._.
59«
2040 . .
Sg,
.... 59, 82,
2042 . .
. 60, 70,
2044 —
. . . ... 60,
2048. . . .
94»
—
2o56. . .
6»,
2059
61,
2060. .
... 61,
2061 . . .
61, 69, 71-74,
io3,
2WOO. . .
... 03, 09,
2066 . . .
... 63, 69,
2067 . . .
... 63, 69,
—
2069 .
—
• • -63, 99,
200 J . .
64, 69,
.... 64, 70,
2094. . .
■ • • 64, 70,
2106. . .
2i34
2143
Ottobonianus 2 . . . .
86...
.... 65, 70,
178...
210,
258
Rcginensis
75
Palatiutts\lat.) 233 io3,
V alliccllanus D, 62
— D, 63
Corsinianus 41, G, 16
Barberinus I, 94
— I, 102
— m, 16 95,
— 111,36 . 66,
— 111,66
— IIr> 69 95>
— III, 73 97,
— 111,78
i53
Barberinus IV, 27
• • 94,
161
161
— iv, 37
102,
i63
82
• • 9'»
160
100
••• 97»
i65
82
— B, a, IV
88, 90,
i56
82
— B, a, XX. . . .
88, 90,
l5Z
82
— r, g, VIII . . .
... 67,
1 55
82
68
82
- r, y, I
68
i53
159
84
6-
82
— A, a, XVIII..
... 66,
84
82
— A, g, X
... 94,
162
161
— A, y, II
68
i54
67
101
i54
69
67
84
66
— Z, ô, XXXII . .
19
i54
68
72
9<>
83
90
84
160
101
■ 2, 97,
164
lot
— 98
... 92,
1 58
68
— "7
160
i54
Taurinensis CCXVI, B, III,
27, 95,
125
100
43
100
— XI, 9
• ■ «7»
1 55
101
— XXV, 26.
XVII
72
— LXXI, 35 . .
• ■ 95>
i63
72
— LXXXVI, [5
■ • 97»
103
72
94
i56
... 95,
l6 J
i57
or:
03
72
35
75
Patmiensis 33
85
164
97
24
io3
23
ï56
— 5786
0 r
0 J
i63
25
95
Bodleian. miscell. 178. . .
92
95
laud. 40
93
94
157
93
79
97
O r
ol
i63
— i685
... 97,
i65
io3
25
166
. . 95,
162
JÔ2
— 1 096 . . .
83
i65
45
i65
INDEX
DES NOMS PROPRES
Les noms d'auteur des pièces justificatives 1V-XI ne sont point portés à cet index.
A
Accidas (Fr.), 44.
Adélaïde (Comtesse-), XXXIV, 4, 5
Adrien (S.), 66, 67.
Adrien, m. du Patir, 22.
Vgata (Santa-), XXII, XXXII.
Agrcsta (Dom-), 4f>42,
Agri, XXIX.
Agro, 14.
Agrumento, XV.
lime du Mont-Cassin, XIX.
Ajeta, XXIX.
Albanais, 53.
Albidona, XXIX.
Albinus, 6.
Alessano, XXVIII, fco5.
Alexandre (Poèmes d'), XX.
Alexandre III, pape, XXXIII, 1 >, i5.
Alexandre IV, pape, XXXI, i3.
Alexandrie, V, VI, XI, XIX.
Alexis (S.), XX.
Alexis Comnène, XII, XXVI, 6, 61.
AH'anus, arch. de Salerne, XIX.
Aligerne, ab. du MoDt-Cassin, 88.
AUatius (Léon), 41 .
Alliste, XXVIII.
Alphonse Ier, r. de Naples, r5.
Altamura, XXXVI, XXXVII.
Ambroise, m. de Reggio, 87.
Ambroise, ab. de Gerace, 167.
Ambroise, ab. du Patir, 22, 24.
Amalfi, XVIII, XIX, XX.
Amantea, XI, 4'j.
Amauri, r. de Jérusalem, 92, 157.
Amato, XXX.
Anatolios, ab. du Stoudion, 80.
André (S.) de Crète, 46, 69.
André (J. de Saint-), 3g, 5i, 76.
André (S.) Salos, 93.
André, m. de Vallelucio, 88, 137.
André de Brindisi, cop., 95, 162.
Ange, arch. de Rossano, 22.
Ange Critoléon, 67, 1 55.
Angelo (Sant-) de Asprono, XV.
Angevins, XXXVI, i5.
Anglona, n, 12, io5.
Antioche, VI, VII, XI, XXVI, XXVIII, 11.
Antiochus, m., 63.
Antoine, ab. de Mili, 92, 107.
Antoine, cop., 97, 164.
Apollinaire (Saint-), casale du Patir, 16-18,
20, 24.
Aquila Prasi, év. de Bova, 166.
Aquinos, juge de Rossano, 24-
Aradeo, XXVII.
Ara tus, 38.
Areudi (Pierre), 4i-
Arduin, XXIII.
Aréthas (S.), XX.
Argyros, XIII, XVIII, XXVI.
Aristippe, cl. de Catane, XXXIV, XXXV.
Aristophane, XXIX.
Aristote, XXIX, XXXIV, XXXV, 38, 164.
Armento, XV, XVII.
Arsène, m., XIV.
Arsène, m. de Trigona, 166
Ascoli, III.
Askintinos, 16, 18.
172
INDEX DES NOMS PROPRES.
Athanase (S.) rAthonite, 10.
Athanase Chalkéopylos, XXX III, 7, 24.
Athanase, bourgeois de Rossano, 6f.
Athénulphe, ab. du Mont-Cassin, <){.
Athos, XVH, 6, 7, 37.
Autharis, I.
Avignon, XXXV.
Aysili, voy. Isola.
B
Bacon (Roger), XXXIV.
Balbo (Pierre), l5.
Barberini (Gard. Charles-), 3i.
Barbei'ini (Card. François-), 4i> 43.
Barberini (Card. Mathieu-), 41.
Barca, VI.
Bari, II, III, V, XVI, XVIII, XX, XXI,
XXV, 11.
Bari (Anonyme de-), XXIII, 33.
' Barlaam (Légende de S.-), XX.
Barlaam, m. du Patir, 21.
Barlaam de Seminara, XXXV, XXXVI.
Barletta (Math.), u3.
Barnabe, ab. de Vallelucio, 88, 167.
Barocci, 43.
Barrius, XXXIX.
Barsanufla, m. de Trigoila, 166.
Barthélémy (S.), fondateur du Patir, 1-10,
i3, 16, 17, 24, 35, 36, 38, 46, 53, 55,
60, l52, i54-
Barthélémy, ab. de Carbone, il.
Barthélémy, cop. 53, 58, 84, i52, 1 53.
Barthélémy, autre cop., 92, 157.
Barthélémy de Messine, XXXV.
Basento, III.
Basile (S.), XVII, XXXVIII, 54, 60, 61,
63, 69, i54.
Basile, cop., 61, l54.
Basile, pr. de Taberna, XXX.
Basile Calimeris, 6, 7.
Basile Ier, emp., 111, XX, XXI, 79.
Basilicate, III, XV, XX, 10 ,12,
Belcastro, 6.
Bembo (Card.), XXXIX.
Bénédictins, XXXII, 5, i5.
Bénévent, I, II, III, XVIII, XX, i5i.
Benoît VIII, pape, XXIII.
Benoît (Saint-) du Crati, couv., 102, i63.
Bérenger Ier, r. d'Italie, XXI.
Bessarion (Card.) , XXVIII, XXIX,
XXXVIII, XXXIX, i5, 26, 27.
Bianchini, 46, 72,
Bisignano, III, IX, XII, XXII, XXIV, 12,
17, 24, 28, 87, 90, i55
Bizanlius, év. de Bari, XXIII.
Biaise, ab. de Carbone, 10.
Biaise, ab. du Patir, 2/(, 'il.
Biaise, m., i5.
Biaise, m. de Grotta Ferrata, 93, 159.
Biaise (Saint-), eccl. du Patir, 20.
Blasco, chan. de Rossano, 2.
Boccace, XXXVI.
Boè'mond, XXVI, XXVIII, n, 12, 60, 104.
Bologne (Université de), XIX, XXXV.
Bonaparte (Joseph), 3o.
Boniface VIII, pape, i3, 167.
Boniface (Saint-), couv. à Rome, XXI.
Bordonaro, XXXI.
Borromée (Card. Charles), 28.
Bova, XXV, XXXII, XXXIII, XXXVII,
io5, i65.
Bradano, II, III.
Brindisi, II, III, IV, XVIII, XXVII, 20,
95, io5, i63.
Brolo, 14.
Bruno (S.), XXXII.
Bruttium, II, IV, V.
Buthrotum, IX.
c
Cadorna (Raym. de), 24.
Cala del Orso, XIII.
Calimera, XXVIII.
Calixte III, pape, i3.
Callisthène (Pseudo-), XX, XXIX, 97.
Calos, cop., 95, 162.
Calovito, XXXI,- 94, 95, 162.
Calveto, voy. Calovito.
Cambridge (Chronique de), 33-35.
Campora, XXIX.
Campobasso, i65.
Canosa, II.
Canossa (Tib.), 1 1 3 .
Capitanate, XX.
Capoue, XVII, XVIII, XX, 88, 89, 90,
i56.
Caracciolo (Jacques), 1 1 1 .
Carracciolo (J.-Fr*), 112.
Cappadoces, X.
Carafa(Card. Ant.), 44.
Carbone, XXIX, 10, il.
Cardeto, XXXII.
Carina, VIII.
Carozza (C), bourg, de Rossano, 68.
Casamiscia, XIII.
Cassano, IX, XII, XV, XXII, XX IV, 20,
21, 34, 35, 99.
Cassin (Mont-), XVII, XIX, XXI, XXV,
88,90,91.
INDEX DES NOMS PROPRES.
Cassiodore, V,XXXIH.
Castrogiovanni, IX.
Castronuovo, 12.
Castroroseto, XV.
Catane, TV, VII, IX, XIH, XXXIV, io5.
Cataldo(San-), égl. à Palerme, XXXIV.
Catanzaro, XII, XXX, 3, 94.
Catherine (légende de Ste),XX.
Catini, cop., 3g.
Catona, 14, 16.
Caulonia, XXXII.
Cava (La-), XII, XIII, XVIII, XX, XXV,
XXVII, il.
Cava (Jean de), 1 1 1 .
Cavallieri (J.-B.), 1 10.
Cavallo (Jean), 110.
Cefalino, casale du Patir, 16, 20.
Célestin III, pape, i3.
Ccrchiara, XXIX, i3.
Cerenzia, IX, XII, XXIV, XXX.
Cerrate, XXVIII.
Cesario (San-), XXVIII, 98.
Chalcopratia, égl. àCP., 83.
Charles le Chauve, XX.
Charles Ier, r. de Naples, 22.
Charles II, id., XXVII, XXXII, XXXVI,
22, 23, 102, i5i et i63.
Cliarles-Quint, l3.
Chartreux, XXXII.
Chérohoscus, 38.
Chîaramonti, 11, 17, 18, 35.
Chirico (San-), 12.
Chosro<:s, VI.
Christine (Sainte-), XXXII, 97, 164.
Cliristodulc (S.), 10.
Christodule, amiral, 4, 5, 16, 17, 18.
Christophe (légende de S.), XX.
Christophe, m., XIV.
Chronicon pascliale, 98.
Cln-ysocheion, 81.
Chypre, VI.
Cino, 3o.
Cisterciens, XXXVII.
Clément IV, pape, XXVIII, i3.
Clément V, pape, i3.
Clément VI, pape, XXXV, i3.
Clément, ab. de Carbone, 94, 162.
Climax, 61.
Colonna (Card. Jean), XXX.
Coluthus, 38.
Compagna (Baron), 3o.
Cona (La), casale du Patir, 16, 20, 117.
Conon (S.), pape, VII.
Conon, cop., g3, 160.
Constance, imp., 12, i4-
Constant II, emp., VII.
Constantin l'Africain, XIX.
Constantin Doukas, emp., 6.
Constantin Opos, XIII.
Constantin VII, emp., XXVI.
Constantin Porphyrog., emp., II, III, XXI.
Constantin, cop., 55, 1 53. • '
Constantin (Saint-), eccl. du Patir, 18, 20.
Constantinople, V, VII, VIII, X, XI, XII,
XVII, XIX, XXI, XXIV, XXVI, XXVII.
XXXIII, XXXV, XXXVIII, 6, 8, 24, 25,
37, 38, 79-83.
Conterati, XXIII.
Corigliano, 7, 16, 23, 2/,, 27, 29, 53, 54,
117.
Corigliano Pugliese; 37.
Corleone, XIV.
Coscile, 16, 17.
Corsini, 43, 1 i5.
Cosenza, II, IV, VIII, XII, 20, 21.
Cosmas, ab. du Patir, XXXI, 8, 19, 24.
Crati, II, XXXVI, 17, iS, 32, 34, 87, 102,
i63.
Crepacore, casale du Patir, 20, 22, 23.
Crescentius, XXI.
Crète, 37.
Cristoforo (San-), XIII.
Cropani, XXX.
Crotone, II, III, VIII, XII, XXX, XXX,
XXXI, 21.
Cuença (Chr.), 123.
Cyprieu, ab. de Gerace, 167.
Cyriaque, cop., 88, 89, 90, 101, 1 56.
Cyriaque Prasi, cop., 9^, 162.
Cyrille (S.), 3g, 40, 65, 75.
Cyrille, m. de Patras, 166.
Cyrille, ab. de Carbone, ir.
D
Daniel, cop., 86.
Daniel, autre cop., 97, '64.
Demenna, i4-
Denys (S.) l'Aréopag., 65.
Denys (S.) d'Alex., 39, 75, 76, 77.
Denys, m. du Patir, 23.
Denys, arch. de Rossano, 35.
Denys (Saint), eccl. du Patir, 20.
Deuterios, tourmarque, XVIII
Diano, XXIX.
Didier, ab. du Mont-Cassin, XIX.
Diogène Laerce, XXXV.
Donus, pape, VI.
Dorothée (S.), 88, 1^.
Dorothée, cop., 80
Dosithée, cop., 54, i52.
Drosi, 14.
"34
INDEX DES NOMS PROPRES.
E
Egypte, V, VL
Elie(S.) de Tauriano, IX, XVII.
Elie (S.) de Reggio, X[, XIV, XVI.
Elie (Saint-) de Massaniello, XV.
Ep arque (Ant.), 3g.
Ephrem (S.), XVII.
Epire, IX, XXX.
Episcopia, XXIX.
Esaro, 87.
Etienne, stratège, XIII.
Etienne, ab. de Carbone, 10, fi.
Etienne (Saint-), égl., Messine, 14.
Etienne |Saint-), église, Palerme, XXXI.
Etna, l3.
Etymologicum magnum, 87.
Eugène IV, pape, XXXVIII,
Eugène de Palerme, XXVI.
Euloge d'Alex., VI
Euphémie (Sainte-), 5.
Eusèbe, 65.
Euthalius, 5l, 70.
Euthymius, ab. de Carbone, 11,94? ï6.i.
Euthymius, cop., 81.
Evriati, voy. Umbriatico.
F
Fallaqua (J.-P.), 124.
Fantin (S.) du Mont-Mercure, VVI, XVII.
Fantin (S ) de Tauriano, XI.
Farnèse (Card. Ran.-), XXXVII.
Farnèse (Card. Alex.-), 40.
Ferdinand V, r. d'Espagne, 24?
Fiescho, év. de Savone, 28, 29.
Filotetto. m., 19. ,
Flavien de CP., 65.
Florence (Concile de), XXVI I, 26.
Fragala, 14.
Francesco di Napoli, 128.
Frédéric II, emp., XXVIII, XXIX, XXXIV,
XXXV, 12, 14, 16, 21.
Fulciniano, XXVIII.
G
Gabriel, m.duPatir, 23.
Gaëte, XVIII, XX, XXI, XXII.
Gala, 14.
Galanti (Dom J.-B.), 54.
Galateo, XXIX.
Galatone, XXVIII.
Galien, XIX, 38.
Gallinoto (Andr.), XXXVIII.
Gallipoli, If, IV, XH, XXVIII, 95, 97,
io5, 162, i65.
Gandulphus, 25.
Gargan (Mont-), III, XIX.
Garigliano, XXI.
Gariopontus, XIX.
Gaspar Blondus, 19.
Gautier Nani, 23.
Geneocastrum, 6.
Gênes, I.
Geoffroy Malaterra, XXVI, 5.
Geoffroy, év. de Messine, 16.
Georges (Légende de S.), XX.
Georges de CP., cop. 98, 166.
Georges de Corcyre, 95.
Georges, pr. de Corigliano, 37.
Georges de Gallipoli, XXIX.
Georges Mavrogeorgios, 82, 1 53.
Georges Pachymère, 4r.
Georges Palamas, XXXV.
Georges de Syracuse, VII.
Georges (Saint-) au Vélabre, XXI.
Georges (Saint-), casale du Patir, 16, 20.
Georgilas, stratège, 55, 1 53.
Gerace, II, III, IV, VIII, TX, XII, XIII,
XXII, XXV, XXXII, 24, 25, io5.
Gérasime, ab. d'Arena, 94, 161.
Gérasime, ab. de Calamizi, 1 5g.
Gérard, tenancier du Patir, 19.
Gesso, 14.
Gravina, III.
Grégoire (S.) d'Agrigente, VII, VIII.
Grégoire (S.), pape, IV, V, VI.
Grégoire (S.), de Nazianze, XVII, XVIIT,
XXXV, 52, 53, 55, 58, 61, 69, 79.
Grégoire (S.) de Nysse, 38, 63.
Grégoire V, pape, XXI.
Grégoire IX, pape, i3.
Grégoire X, pape, XXXIV, 22.
Grégoire XI, pape, XXXVIII.
Grégoire XIII, pape, 28;
Grégoire, arch. de Rossano, 24.
Grégoire de Salonique, XXXV.
Grimani (Card. D.), 27.
Grotta-Ferrata, XXII, 40, 42, 43, 45,
48-5i, 62, 66, 67, 70, 93, 108, 118.
Guardavalle, 27.
Guaymar, prince de Salerne, XX.
Guillaume (Les deux), r. de Sicile, XXVIII,
XXXIV, XXXV, 11, 12, 14, 19, 92>
1^7.
Guillaume d'Alneto, a3.
Guillaume de Grantménil, 4, 17, iS.
Guillaume, arch. de Reggio, 34.
Guillaume, év. de Strongoli, $j.
INDEX DES NOMS PROPRES.
'7
H
Hagia-Kiriaki, voy. Gerace.
Hector, év. de Paléocastro, 167.
Hélène (Sainte-), casale du Patir, 20, ai.
Héliodore (Légende d'), XX.
Henri II, emp., XXIII.
Henri VI, emp., 14.
Henri VII, emp., 167.
Henri, év. de Nicastro, 17.
Héphestion, 38.
Hésiode, 97.
Hiérissos, 6.
Hiérothée, cop., 9.), 97, 162.
Hilarion, ab. de Carbone, 11.
Hilarion, ab. de Casole, XXIX.
Hilarion, ab. de Grotta-Ferrata, 93, 1 59.
Hippolytc (S.), J9, 7.0, 77.
Holstenius, 41 •
Honorius III, pape, XXX, l3, 19, 20, 35.
Hugues, arch. de Palerme, XXXV.
I
Iconoclastes, V, 79.
Irène, imp., 6.
Innocent III, pape, i3, 16, 19.
Innocent VI, pape, a3.
Innocent XI, pape, 4 r.
Irnérius, XIX.
Isaac, m. du Patir, 8.
Isidore, ab., 87.
Isola, IX, XII, XXIV, XXX, 18, 20.
Itala ou Gitala, 14.
J
Jacques (Liturgie de S.-), XI, 5i.
Jacques, m. du Patir, 22.
Jannina, 83.
Jean, m. d'Arena, 94.
Jean Cantacuzène, emp., XXXV.
Jean, pr. de Cassano, 34,-35,
Jean Chalkéopylos, 25.
Jean (S.) Chrysostome, XVII, 38, 48, 49,
5o, 5i, 54, 55, 58, 63,69, 79,
Jean-Chrys. (Saint-), couv. j 83*
Jean (S.) Climaque, 64.
Jean, pr. de Cassano, i52.
Jean, év. de Crotone, XXX.
Jean, cop. 80.
Jean (S.) Damascène, XVII, 55, 65, 70.
Jean, duc de Naples, XX.
Jean Grassos, XXIX.
Jean Honorius d'Olrante, cop., 98.
Jean, év. d'Isola, 18.
Jean, m. du Mont-Mercure, XVI,
Jean Philagatus, 36, 56.
Jean (S.) le Moissonneur, XV, XXXIV.
Jean Muzalon, XXIII.
Jean de Nardo, g5, 96, 162.
Jean d'Otrante, XXIX.
Jean V, pape, VI.
Jean X, pape, XXI.
Jean XV, pape, 88.
Jean XVI, pape, XXI, XXII.
Jean XXII, pape, i3.
Jean, arch. de Rossano, XXXI.
Jean de Sainte-Maure, cop., 98, 124.
Jean de Salisbury, XXXIV.
Jean (Saint-) de Flore, XXX, 21.
Jeanne, reine de Naples, XXVII, 2j.
Jérusalem, VI, XVII.
Joachim, cop., 97, 164.
Joachim de Flore, XXX.
Jordani (Terra-), XXXVI.
Joseph, ab. de Casole, XXXIX.
Joseph l'Hymnographe, VIII.
Jules III, pape, XXXVII, 107.
Julien (Saint-) d'Isola, 20, 21.
Justinien, emp., I.
K
Kerufulli, i4-
L
Labonia, casale du Patir, 20.
Laïno, II.
Lancelotti, arch. de Piossano, 28.
Landolphe, prince de Capoue, XXIII.
Lao, 1 1.
Lascaris (Const.), XXXVIII, XXXIX, /,
98.
Lascaris (Jan.), 37.
Latran (Concile de), VII, VIII.
Laurent, cop., 94, 95, 162.
Laurent, m. du Patir, 22.
Laurent, autre m. du Patir, 23 .
Laurino, XXIX.
Lazare (Saint-), couv. à CP., 81.
Lecce, II, IV, XXVII, XXVIII, io5.
Lemaître (Dora J.), 45.
Léon Chalkéopylos, cop., 25, 98.
Léon (S.), pape, 65.
Léon IX, pape, XXIV, 88.
Léon, cop., 49, 93, i5i, 159, 160.
Léon, pr. de Gaète, XVIII.
Léon, archipr. de Naples, XIX.
INDEX DES NOMS PROPRES.
Léon Pîlatos, XXXV, XXXVI.
Léon III, euip., V, VIII, XI.
Léon VI, emp., XI.
Léon, stratège, 64.
Léon (Saint-), égl., Messine, 14.
Léonee, m., 92, 1 58.
Léonce, cop., 55.
Léonce, autre cop., 94,, 160.
Leone (San-), XXX.
Leuca, XIII, 106.
Leucopetra, XXXII.
Liber censuurn, XXXIII, 6, 26.
Liber pontificalis .
Liber taxarurn, 26, 107.
Liriano (Jérôme), 107.
Liscari, ab. de Carra, 114.
Locres, voy. Gerace.
Lombards, I, II, VIII, XVIII, XIX.
Loritelli, 16.
Louis II, emp., XX.
Louis de Tarente, 23.
Luc (Madones de S.-), 7, •
Luc (S.) d'Armento, XV, XVII, 10.
Luc (S.) de Carbone, 10.
Luc, ab. de Carbone, 11.
Luc (S.) de Corleone, XIV.
Luc, arch. de Cosenza, 20, 21.
Luc, ab. du Mont-Mercure, 88, i56.
Luc, ab. du Patir, 9, 16, 18, 24, 25.
Luc, ab. du Saint-Sauveur, 9, 38, 92, 93,
i58.
Luc, cop., 87, 1 55.
Lue, autre cop., 94, 161.
Luitprand, év. de Crémone, XXIII.
Lupus, catapan, XVIII.
Lupus Protospatha, XXIII, 33.
M
Mabilia (Comtesse), 17, 18. \
Macarius Magnes, 37, 38.
Macarios, cop., 93, 139.
Macedones, X.
Maglie, XXVIII.
Maïda, XXX.
Maléinoi,XI, XXXI, 6, 19,24, 34, 35, 61.
Malvito, 87, 88, 90, 101, l56>
Manfred, XXXV.
Manuel Ier, emp., 92, 1 5 7,
Manuel, patrice, 88, 89, 1 57 .
Maratea, XXIX.
Marc (Liturgie de S.-), XI, 39, 5l, 75.
Marc-Aurèle, emp., 41.
Marc d'Otrante, XII, XXIX.
Marc (Saint-), égl. à Rossano, XII.
Marchisottus, 21.
Marcianos, m. de Vallelucio, 88, 157.
Marco (San-), XXIV, 27, 88.
Marguerite, reine de Naples, 14.
Marie (Légende de Ste-) l'Égyptienne, XX.
Marie (Sainte-), eccl. du Patir, 20.
Marie (Sainte-) in Cosmedin, Naples, XVIII.
Marie (Sainte-) in Cosmedin, Rome, XXI.
Marie (Sainte-) de Dionisio, égl., Bari,
XVIII.
Marinus, duc de Naples, XX.
Marsico, 1 l .
Martin Ier, pape, VII.
Martin IV, pape, i3, 22.
Martin, roi de Naples, i5.
Maitorana (La), Païenne, XXXIV.
Matera, III.
Mathieu de Castellamare, XXXVI.
Maur (Saint-), cas. du Patir, 16, 18.
Maurice, emp., VI.
Mavrogeorgios, 59.
Mavropantaleo, XIX.
Mavrozicos, XIII.
Maxime (S ), VI, 55, 69, 70, 88, i56.
Médicis (Laur. de), 37.
Melfi, II, XXIII, XXIV, XXV.
Mélo, XXIII.
Mendoza (Bernard, de), 29, 123.
Mennas (S.), VI.
Mennas (Saint-), égl., Rome, XXI.
Mennas, ab. de Carbone, 10.
Menniti (Dom Pierre), 10, 12, 40-46.
Mercure (Mont.-), XV, XVI, XVII.
Messine, VIII, XI, XXXV, XXXVIII,
XXXIX, 9, 10, i3-i5, 16, 18, 24, 87, 88,
92, 93, 96, 97, 98, io5, 166.
Métaphraste, 79.
Méthodius, m., i5.
Mezzabarba, 102, i63.
Michel IV, emp., 33.
Michel VII, emp., XXVI.
Michel, catnerariusy 21. .
Michel, catapan, XIII.
Michel Cérulaire, XXIV.
Milazzo,XIV, 14.
Mileto, XXIV, XXXII, 5, 8, 18, 94, 106,
107. v*» ■•" - ! >':* ù».
Mili, 88.
Militino, 3, 54, 117.
Mingara, XXIX.
Miranti (Jean), 5g.
Monforte, 14.
Montesano, XXIX.
Montesardo, 38.
Montfaucon, 45, 78, 128.
Montreale, i5.
Morée, 97, 98.
Muratori; 44> 45. - '
■
INDEX DES NOMS PROPRES.
177
N
Naples, I, VII, XVIII, XIX, XX, 1, ia,
i5, 19, 98.
Nardo, XXVIII, 95, 106, 162.
Naucratios, m., 88, i5"].
Nectarios, cop., 97, i65.
Nectarios, ab. de Casole, XXIX, 9.
Nectarios, m. du Patir, 22.
Némésius, XIX.
Néophyte, ab. de Gerace, 167.
Néophyte, cop., 88, i57-
Néophyte, m. du Patir, 22.
Néophyte, m. de Scilla, 16.
Nestoriens, VI.
Nestorius, ab. du Patir, 19, 24.
Nicastro, IX, XII, XXIV, XXX, 17.
Nicée (Concile de), VII, VIII.
Nicéphore Botoniate, XXVI.
Nicéphore, chron., 33.
Nicéphore, m. du Patir, 23.
Nicéphore Phocas, XX, XXI, XXIII.
Nicétas, 38.
Nicétas de Serres, 37, 48, 49, 69.
Nicodème, ab. de Casole, g5, 162.
Nicodème, ab. de Mili, 92, 1 58.
Nicodème, ab. du Patir, 20, 24.
Nicodème, m. du Patir, 22, 23, 47.
Nicolas (Légende de S.), XX.
Nicolas, ab. de Casole, XXIX.
Nicolas, cop., 97, i65
Nicolas, autre cop., 98.
Nicolas, autre cop., 86.
Nicolas, autre cop., 97, i65.
Nicolas, pr. de Cassano, i5l.
Nicolas, év. de Cotrone, XXXI.
Nicolas d'Otrante, io3, 164.
Nicolas, primicier, 81.
Nicolas IV, pape, i3.
Nicolas, arch. de Reggio, XII, 87, 1 55.
Nicolas (Saint-), eccl. du Patir, 20, 22.
Nicolas (Saint-) des Grecs, égl., Altamura,
XXXVII.
Nicolas (Saint-) des Grecs, égl., Bari, XVIII.
Nicolas (Saint-) des Grecs, égl.,Bénévent,
XVIII.
Nicon, m., XIII.
Nicon (Saint-), XIV, i4.
Nicotera, II, IV, IX, XXXII, IL.
Nil (S.), XVI, XVII, XVIII, XXI, XXII,
XXIII, 2, 3, 9, 46, 88.
Nil, ab. de Carbone, 11.
Nil, cop., 5l.
Nil, autre cop., 88, 90, 107-
Nil Doxapatri, XVIIf, XXVI, 93.
Nil, m. du Patir, 22.
Nil, autre m. du Patir, 23.
Nimphus, ab. du Patir, 21, 24, 95.
Niphon, m. de Calovito, g5.
Niphon, ab. de Reggio, 86.
Niphon, cop., 97, i65.
Noa, XV.
Noël, 39, 40, 75-77.
Noha, XXVIII.
Noto, 157.
o
Ofanto, II, III.
Onufre (Saint-), égl., 20.
Oppido, XXV, XXXII, 25.
Oria, II, XXII.
Oriolo,XXIX.
Otrante, II, III, IV, VIII, XXXIII, XXXIV,
XXXVII, 97, 98, 106, 164.
Otton Ier, emp., XX, XXI.
Otton II, emp., XV, XXI, 88.
Otton III, emp., XXI, XXII,
Oursoulos, tourmarque, XIII.
P
Pacôme, ab.de Stilo,93, 160.
Pacôme, cop., 55, i52.
Padoue, XXXV.
Paëz de Castro, 37, 3g.
Paléocastro, IX, XII, XXV, XXXII,
167.
Paléologues, XXXI.
Palerme, VI, VIII, IX, XXVI, XXVII,
XXXI, XXXIV, 4, 11, 106.
Palladius, 64, 70.
Pancrace (Saint-), eccl. du Patir, 20.
Paphlagonie, XIII.
Paphnuce, ab. d'Areua, 94, 161 .
Paris (Université de), XXXV.
Pascal II, pape, 6, 16, 20, 60, 61 , 164.
Patras, IX, XIV, 166.
Patù, XXVIII.
Paul, ab. de Carra, 55, 94, i52.
Paul (Saint-) hors-les-murs, XIX.
Paul, cop., 92, 1 58.
Paul, autre cop-, 96.
Paul Diacre, II.
Paul, cl. de Naples, XX.
Paul, arch. de Rossano, i63.
Paul, ab. de Saint-Adrien, 166.
Paul II, pape, 19.
Paul, al>. d'Arena, 161.
Paul, ab. de Carra, 161.
12
178
INDEX DES NOMS PROPRES.
Paul, ab. du Patir, 22, 24.
Paul, m. du Patir, 23.
Paul de Samosate, 3g, 75-77.
Péloponèse, IX.
Pentedattilo, XXXII, 93.
Perruccio (Jean), 68.
Perses, VI.
Pertoso, 12.
Pétrarque, XXXV, XXXVI.
Petrucci (Ant.), 23.
Pierre, négociant d'Alexandrie, VI.
Philippe II, roi d'Espagne, 27, 37.
Photius, VII, 4-
Pie II, pape, XXXVIII.
Pie VI, pape, 46.
Pierre (Liturgie de S.-), XI, 5l.
Pierre (S.), év. d'Argos, IX.
Pierre, cop., 83.
Pierre de Sicile, VIII.
Pierre de Strongoli, 21.
Pierre des Vignes, XXXIV.
Pierre (Saint-), égl. , Corigliano, 16.
Pierre (Saint-), égl. , Policoro, 12.
Pietro (San-) in Galatina, XXVIII, g5,
97, 162, i65.
Platon, XXXIV.
Policastro, II, XXIX, 106.
Policoro, 12.
Polidoro (Pierre), 95.
Praxitano, 108.
Polieucte (S.), 70.
Porphyre, 95.
Proclus, m. du Mont-Mercure, XVII.
Procope, IV.
Psellus, 97, i65.
o
Quintus de Smyrne, XXXIX.
R
Racanello, 23.
Radelgis, XVIII.
Rametta, 88, 90, 157.
Randa (Ant.), 117,
Raparo, XV, II, 12.
Rapolla, XV.
Ravenne, I, IV.
Raynald, arch. de Tarente, XXVIII.
Reggio, II, IV, VII, IX, XI, XIV, XXII,
XXIV, XXXI, XXXII, i5, 85, 86, 87,
90, 93, 96, 106, 159, 160.
Rende (Dom M.), 1,17, 24, 3o.
Rivello, XXIX.
Rhosos (Jean), cop. 98.
Robert Guiscard, XXVI, 2, il, 12, 17,
18.
Robert Grosseteste, XXXIV.
Robert le Sénéchal, 11.
Robert, év. d'Umbriatico, 19.
Robert, cop., 92, i58.
Robert, autre cop., 97.
Rocca Felluca, XXX.
Rocca di Santa-Severina, 18.
Roccelletta, XII, XXXIII.
Rofrano, XXIX.
Roger, comte, XXIV, XXV, 2,4,5, 14, i5.
Roger, roi, XXVI-XXVIII, XXXI, 4, 8,
9, n-19, 25, 35, 94, 161.
Roger de Durci, 19.
Roger de Sangineto, 23.
Roger, arch. de Santa-Severina, 22.
Romania, XIX, XXVI.
Romain, emp., 33.
Romain, cop., 102, l63.
Romain, m. du Patir, 22.
Romain, autre m. du Patir, 23.
Romain, arch. de Rossano, XIII, 35.
Rome, I, IV, V, VI, VII, XIV, XVI,
XVII, XXI, XXII, XXVII, 6, 8, 12, 29,
29, 37,40,41, 45, 78.
Rossi (Dom Jean), ab. du Patir, 68.
Rotondo, 12.
Ruffo, ab. de l'ordre de S. -Basile, 29.
Ruffo (Dom Jean), m. du Patir, 54-
Rossano, II, IV, VIII, XI, XII, XIII,
XVI, XXI, XXIII, XXV, XXX-XXXII,
2, 3, 4, 6, 9, 11, 16, 18, 20,
22, 23, 24, 27, 28, 29, 35, 42, 44,
52, 53, 54, 57, 59, 64, 68, 95, 99, 102,
106, 116, 117, i63.
S
Sabinus, cl. de Rome, IV.
Sages (Roman des Sept-), XX.
Saintes (Cl. de), 39.
Salerne, II, XVIII, XIX, XX, XXIX.
11,88.
Salomon, cop., 92, 157.
Salonique, XVII, XXXV.
Santorio (Paul-Em.), 10.
Sanza, XXIX.
Sapri, XXIX.
Sarrasins, III, VII, VIII, IX, XIV, XV,
XXII, XXIII, 88.
Sassano, XXIX.
Sauveur (Saint-), eccl. du Patir, 20.
Scala-Oliveri, 14.
Scanzano, 12.
INDEX DES NOMS PROPRES.
79
Scarfb (Dom J.-C), 44, 45-
Scilla, i5.
Scioramari (Dom B.), 3o.
Scorso (Fr.), 36.
Seminara, XXXH, XXXV, 44.
Sergius, pape, VI.
Serrapotamo, 10.
Senise, 12.
Severina (Santa-), IX, XII, XXIV, XXX,
XXXIV, 22.
Severino (Bern. de San-), 24.
Siacca, 14.
Sibari, 32.
Siginulfe, XVIII.
Sila, II, XXX, 3, 21, 3l.
Silvestre (Saint-), couv. à Rome, 92.
Siméon (S.) de Chios, 57, l53.
Siméon (S.) Stylite, 92.
Siméon (Saint-\ égl. , Bari, 1 1, 12.
Siméon, év. de Gerace, XXXIII.
Siméon Boulcaramos, 92, 1 58.
Siméon, cop., 67, 1 54*
Siméon, autre cop., g3.
Siméon, autre cop.. 87, 1 56.
Siméon, autre cop., 94, 160.
Simeri, XXX, 1, 3.
Sinaï, XVII.
Sinni, 10, II.
Sirgivanni (Dom J.), 42,
Sirleto (Card. G.), 2, 17, 18, 19, 39, 40,
64,65.
Sixte IV, pape, XXIX, 12, l3.
Sixte-Quint, pape, 72.
Soleto, XXVII, XXXVII, 97.
Sophronius, 3g.
Sorrente, XX.
Sottano (André), 92.
Souabes, XXXVI, 12, 14.
Spatafora (Annibal), 92.
Squillace, II, IV, V, VIII, XII, XXIV,
XXV, XXXII, XXXIII, 27, 106.
Squillacium vêtus, XII, XXXIII.
Staletti, XXXIII.
Stefano (San-), XXVIII.
Stilo, XII, XXI, XXV, XXXI, XXXII,
XXXIII, 27, 44, 95, 107.
Stoudion, XVII, 80, 81.
Strabon, 62.
Strongoli, 21 .
Syracuse, IV, VII, VIII, IX.
Syrie, V, VI, XXVIII.
T
Taberna, XXIX, 94, 99, i53, 161.
Tancrède, XXXI, i2. '
Taormina, VII, VIII, IX, XXXI, 87, 90.
Tarasius de CP., VII.
Tarente, II, III, VII, VIII, XIII, XXIV,
XXV, XXVII, XXIX, 108.
Tauriano, II, IV, VIII, IX, XI, XVII.
Taurisano, XXVIII.
Teana, 12.
Tempsa, II.
Terracina (Dom Marcel-), 107, n5.
Terrisius, év. de Cassano, 21.
Thalassium [Quœstiones ad-), 63.
Théobald, ab. du Mont-Cassin, 91.
Théoctiste, év. de Rossano, 64, l54-
Théodoli (Laur.), 92.
Théodore (S.), pape, VI.
Théodore (S.) Stoudite, XVII, 64, 70, 94.
Théodore, pr. de Cassano, i5l.
Théodore, ab. du Patir, 23, 24,
Théodore, év. de Squillace, XXIV.
Théodore, cop., 64.
Théodore, autre cop. 87, 1 55.
Théodoret, XVII, 5o, 70.
Théognoste, m. de Vallelucio, 88, 157.
Théophane Cérameus, arch. de Rossano,
XXXI, 9, 35,36.
Théophano, imp. d'Ail., XXI.
Théophylacte, 94.
Thomas, bourg, de Rossano, 56.
Thomas, cop., 66, 67.
Tiriolo, XXII, XXX.
Timothée, ab. du Stoudion, 80.
Torraca, XXIX.
Torres (Fr.), 3g, 76.
Toscani, bourg, de Rossano, 29.
Toscano (Nil.), m. du Patir, 68.
Traîna, 14, 93, 159.
Trani, XVIlî.
Trecchina, XXIX.
Tricarico, III.
Troia, III, XXIII.
Tropea, II, IV, VIII, IX, XXIV, XXXII,
94.
Tryphiodore, 38.
Tuchi, XXXIII, 14, i5.
Tursi, III.
Tusculum, XXII, 106.
Tzetzes, 97.
u
Umbriatico, IX, XII, XXIV, XXX, 14,
Urbain V, pape, XXXVII.
Urbain VI, pape, XXXVII, i3, 87.
Urbain VIII, pape, 41.
i8o
INDEX DES NOMS PROPRES.
V
Vaste, XXVIII.
Vallelucio, 88, 90.
Verchio (Dom J.-C.),52.
Venise, X, XXXVIII, XXXIX, 39.
Venosa, XXV.
Vibo, II, IV, VIII, IX, XXXII.
Victor (S.), ab. de Casole, XXIX.
Violante (Jules), 110.
Virgile (Légende de), XX.
Vital (S.), XV, XVI.
Vital, ab. de Carbone, 11.
Vitali (Dom J.), 46, 72.
Vossius (Isaac), 76.
z
Zacharie (S.), XVI.
Zelada (Card.de), 46.
ZolHno, XXVIII.
MONASTÈRES BASILIENS
Saint-Adrien, Rossaao, XIII, XXV, XXXI,
44, 108, 114, 116, 117, 166.
Saint-Ananias, Orioli, XIII.
Saiut-André, Gerace, XIII.
Saint-André, Rotondo, 12.
Saint- Antoine de lo Carnpo, 112, 116.
Saint-Barbaros, Demenna, 14.
Saint-Barthélemy, Tarente, 12.
Saint-Barthélemy, Trigona, XXXIII, 36,
44, 106, 108, 1 1 5 , 1 16, 166.
Saint-Barthélemy le vieux, 111.
Saint-Basile, Scamardi, 44, 107, li3.
Saint-Basile, Reggio, m.
Saiut-Basile, Traîna, 14.
Saint-Basile de Temuento, 106.
Saint-Biaise, Mammola, XXXIII, 11 3.
116.
Saint-Basile délia Torre, 1 r 5.
Saint-Conon, 14.
Saint-Conon de Muro, m, n5.
Saint-Constantin, Isola, XXX.
Saint-Elie de Calatio, XXXIII, 106.
Saint-Elie, Carbone, XXXI, n-i3, i5,
17, 26, 42, 43, 44, 94, 9.5, 96, 105,
1 16, 120.
Saint-Elie de Embola, 14 •
Saint-Elie-le-Jeune, voy Saint-Philarète,
Seminara.
Saint-Elie, Melicucca, XXXIII, 1 16.
Saint-Elie, Galatrano, 108, 1 1 5.
Saint-Elie, Scala-Oliveri, 14.
Saint-Elie de Spelunca, 110, II 5.
Saint-Etienne, Umbriatico, 19.
Saint-Fantin, Bova, 112, 116.
Saint-Fantin, Seminara, XXXIII, i5, uo,
Il5.
Saint-Georges de Piscopio, XXV.
Saint-Georges, Siacca, 14.
Saint-Georges, Troclo, 14.
Saint-Grégoire, Gesso, 14, io5.
Saint-Grégoire, Staletti, XXXIII, 108,
1 1 3, 116.
Saint-Jacques de Cala, 14.
Saint-Jean, Calovito, XXXI, 117.
Saint-Jean, Castaneto, XXXIII, 106, m,
n5, 1 16.
Saint-Jean in Motta, Reggio, 86,93, 112,
116.
Saint-Jean, Frulizano, i4-
Saint-Jean de Lauro, XXXIII, l5, 108,
1 10, 1 1 5.
Saint-Jean, Piro, XXIX, 42, 106.
Saint-Jean de Psichro, 14.
Saint-Jean, Stilo, XXXIII, 43, 44, 93,
94, 96, 102, 107, u5, 160.
Saint-Julien, XV.
Saint-Laurent, Arena, XXXIII, 116.
Saint-Léon, Gerace, XIII.
Saint-Léonce, Stilo, XIII.
Saint-Léonard, Catanzaro, 107, 114» 1 16.
Saint-Martin de la Messa, III, Il5.
Saint-Maur, Gallipoli, XXVIII, Iû5.
Saint-Mennas, Rossano, XII.
Saint-Mercure, Traîna, 14.
Saint-Michel, Brolo, 14, 106.
Saint-Michel, Castronuovo, 12.
Saint-Michel, Maida, 114.
Saint-Michel, Raparo, 12.
Saint-Michel, Tiriolo, 114, 116.
Saint-Michel, Traîna, 106.
Saint-Michel, Vallelucio, XVIII, 88, 167.
Saint-Michel, Tuchi, XXXIII, ni, 116.
Saint-Nicandre, Messine, 14.
Saint-Nicandre, Santo-Nico, 14, i5.
Saint-Nicodème, Galalro, il 5.
Saint-Nicodème, Mammola, XXXIII, 44»
107, 1 13, 1 16.
Saint-Nicolas, Bruxitano, Il 5, 116.
Saint-Nicolas, Calamizi, XXVIII, XXXIII,
14, i5, 27, 108, ni, 1 1 5.
l82
MONASTÈRE
S B A SILIENS.
Saint-Nicolas, Casole, XXVIII, XXIX,
95, 97, 106, 125, 162, 164, i65.
Saint-Nicolas, Drosi, XXXIII, 14, i5.
Saint-Nicolas de Flagiario, XXX.
Saint-Nicolas de la Fico, 97, 106, i65.
Saint-Nicolas de Magliotis, XXXIII, ro8.
.i3, 116.
Saint-Nicolas de Molochi, 110, 1 1 5.
Saint-Nicolas, Monopoli, XIII.
Saint-Nicolas, Morban, XXV.
Saint-Nicolas, Tauriano, Il5.
Saint-Nicolas de Pellera, 14.
Saint-Nicolas de Pergolis, io5.
Saint-Nicolas, Pertoso, 12.
Saint-Nicolas de Prato, 11 3, 116.
Saint-Nicolas, Senise, 12.
Saint-Nicolas de Yse, 14.
Saint-Onuphre del Chao, XXXIII, 43, 116.
Saint-Pancrace, Scilla, XXXIII, i5, 16.
Saint-Pancrace, Umbriatico, 14.
Saint-Pantaléon, Gerace, Ii3, 116.
Saint-Pantaléon, Messine, 108.
Saint-Philarète, Seminara, XXXIII, 28,
43, 98, 108, 110, 1 15, 116, 124.
Saint-Philippe, Fragalà, 14, 106.
Saint-Philippe, Gerace, XXXIII, 11 3, 116,
167.
Saint-Philippe, Messine, 14.
Saint-Philippe de Mirrisii, 112, 116.
Saint- Philippe, San-Chirico, 12.
Saint-Philippe, Teana, 12.
Saint-Pierre, Agro, 14, io5, 143.
Saint-Pierre, Arena, XXXIII, 42, 44, 94,
96, 109, n5, 116, 123, 164.
Saint-Pierre, Bragalla, XXV.
Saints-Pierre-et-Paul, Ciano, XXXIII.
Saint-Pierre de Deca, 14.
Saints-Pierre-et-Paul, Itala, 14, 43, io5,
106, 128, 143.
Saint-Pierre de largo flumine, 14.
Saint-Pierre Impérial, Tarente, XIII, XXV,
XXVII.
Saints-Pierre-et-André, Tarente, XXVIII,
106.
Santi-Quaranta, Cerchiara, 12.
Santi-Quaranta, Reggio, III, il 5.
Saint-Sauveur, Bordonaro, 106.
Saint-Sauveur de Calamano, XXXIII, 108,
m, 1 1 5.
Saint-Sauveur de Calanda, m, 11 5.
Saint-Sauveur de la Chilena, 108, n5.
Saint-Sauveur, Messine, XXVIII, XXXI, 9,
i3-l5, 26, 38, 42, 43, 45, 70, 9a, 93,
97, io5, 128, 164.
Saint-Sauveur, Païenne, 4, 126.
Saint-Sauveur de Plaga, 14, io5.
Saint-Sauveur Scholarii, 14.
Saint-Théodore, Milazzo, 14.
Saint-Théodore, Nicotera, 14.
Saint-Vit, Buzzano, 14.
Saint-Vit Pizzo, XXVIII, 106.
Saint-Zacharie, Mont-Mercure, 88.
Sainte-Anastasie, Reggio, ni, n5.
Sninte-Anne, Gerace, Ii3, 116.
Sainte-Anne, Monforte, i4.
Sainte-Catherine, Bova, 112, 116.
Sainte-Catherine, Motta-Felluca, 114, 116.
Sainte-Dominica de Galligo, m u5.
Sainte-Fébronie, m,u5.
Sainte-Jérusalem, 14.
Sainte-Marie, Calzano, XXVIII, 106.
Sainte-Marie de Cantatsedri, XXVIII,
106.
Sainte-Marie, Carra, XXXIII, 27, 55, 94,
96, 99, 108, 112, l52.
Sainte-Marie, Cerchiara, 12.
Sainte-Marie de Ferratis, XXXVIII, io5.
Sainte-Marie, Gala, XXXIII, 14.
Sainte-Marie de Grotta, Palerme, 106.
Sainte-Marie de Kur Zosi?>w, XIII, XXV.
Sainte-Marie de Lovito, XXVIII, 109, 1 1 5-
Sainte-Marie de Mallimachi, 14.
Sainte-Marie de Mandanice, 106-
Sainte-Marie de Massa, 14.
Sainte-Marie de Matinea, n3, 116.
Sainte-Marie, Melicucca, 43, ï 1 5.
Sainte-Marie, Mili, 96, 106.
Sainte-Marie de Molochiy 108, il 5.
Sainte-Marie de Pertusia, XXV.
Sainte-Marie de Pergolis, 112, 116.
Sainte-Marie Montis-Arati, XIII.
Sainte-Marie de Pesaca, 114, 116.
Sainte-Marie de Popsi, XXXIII, io5.
Sainte-Marie, Rofrano, XXIX.
Sainte-Marie, Rovito, XXXIII, 43, u6.
Sainte-Marie, Scalito, 18, 20, 3o, 43.
Sainte-Marie, Scanzano, 12.
Sainte-Marie, Tireto, XXXII, XXXIII,
107, 108, 112, 116.
Sanite-Marie de Toxa, 110, 11 5.
Sainte-Marie, Trapezometa, XXXIII, 43,
112, 116.
Sainte-Marie de Tridetti, 112, 116.
Sainte-Marie, Trigona, 110, n5.
Sainte-Marie de vetere Squillacio, XXXIII,
113, 116.
Sainte-Marie de vitis, XXIX.
Santa-Venere, 1 16.
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